Journal de bord n°13 Mai

01/05/17
Journée consacrée à la mémoire. J’ai pu bien y penser. Je manque un peu de pratique méditative pure.
Visite de Nikko avec les parents de ma famille d’accueil : le lac, la chute d’eau, la villa impériale, différents temples. Il faisait très très froid. Et il pleuvait. Mais ce temps donnait à l’excursion un caractère agréable, quelque chose de hâtif et d’intensif. Particulièrement apprécié l’architecture de la villa impériale, les estampes japonaises sur les murs, les perspectives, les multiples cloisons. Mangé des soba pour le déjeuner, soupe de pâtes de blé noir. Très bon et réchauffant !
Autre version détaillée (je l’ai écrit deux fois…)
Visite de Nikko le 1er mai. Belle journée bien que très froide. J’étais dans un état de fatigue extrême je pense parce que je ne mangeais pas suffisamment. En même temps la journée précédentes je saturais de barbecue et de viande. Mais je pèse toujours 65 kilos, tout va bien.
Visite de plusieurs sanctuaires shintoïstes, dédiés parfois à la montagne. L’esprit de la montagne. Structure environnementale qui a la force de briser l’équilibrer. De détruire le corps. Les corps. D’où importance de la défense de l’équilibre. De la foi dans l’âme de chacun, dans la capacité de l’énergie pure à être stabilisée, préservée dans les structures face à l’entropie sauvage. Prier pour l’équilibre. Demander la clémence de la montagne…
Appris le salut shintoïste. On jette une pièce dans un tronc puis on s’incline deux fois, frappe deux fois des mains et s’incline encore une fois. Le salut, c’est important, emmène tout le haut du corps dans une même ligne. Pas seulement la tête, c’est impoli.
Les sanctuaires shinto sont aussi entourés de temples bouddhistes, les deux sont très liés, bien que la philosophie soit très différente.
Déjeuner dans un restaurant de pâtes de blé noir, soba. Après midi, toujours dans le froid, direction la grande chute d’eau. Impressionnant. La violence, la puissance de la nature. Force l’humilité des structures face à celle de l’environnement. Possibilité de puiser dans cette énergie pour me recharger. Mais difficile de ne pas se faire aspirer, surtout avec le froid qu’il fait (loi classique de la thermodynamique). Chute d’eau + froid = propice à la décharge extrême. Important donc d’exorciser ce déséquilibre de l’environnement en épousant sa puissance et en honorant sa manifestation. Pour finalement l’utiliser comme source de recharge. Détruire démon déchargeant et se positionner pour aimer, absorber. Prudemment. M’ouvrir dans la continuité.
Skype avec les potes. Ro, Vi et Fr. Plaisir de discuter de Sciences Po, d’avenir, de bêtises… bref des amis.
Skype avec la famille. J’ai vu Grand-Mère. Quel plaisir ! Elle connaissait le nom des lits japonais, les futons. J’étais étonné car elle n’est pas une grande voyageuse. Mais elle m’a dit que c’était grâce aux mots croisés et au scrabble. Ces jeux entretiennent vraiment l’esprit. Je pense que c’est une bonne occupation pour les personnes âgées et seules. Un moyen de rester actif dans sa tête. Fou rire quand Grand-Mère m’a dit qu’avec ces lits là au moins je ne risque pas de tomber de haut. Beau moment partagé avec elle. Maman aussi, qui m’a parlé de sa retraite à Ourscamp. On a parlé de la vie des moines, comparé les croyances relatives aux fantômes du japon, et les conceptions chrétiennes. Notamment les saints… Avec Papa il fut question des présidentielles et de la mairie entre autre. Rire au récit de l’ambiance au bureau de vote. La veille il y avait une soirée antillaise à la salle des fêtes, avec bière. Et Ol L a eu la bonne idée de finir la bière de la pompe au bureau de vote. Ils servaient à boire aux électeurs qui passaient, tous bourrés. Si bien que le temple républicain est devenu en peu de temps un vrai bistrot de campagne ! Papa est finalement arrivé pour remettre tout cela en ordre. Mais voilà pourquoi j’aime Neufvy ahah. Le petit village gaulois.
A ajouter rituels :
Je constate que le contact avec mes proches, notamment amis, crée une forte angoisse chez moi, et me déconnecte de la simplicité et de la clarté de mes idées. C’est agréable, mais je mesure à quel point nous sommes éloignés dans nos états d’être. Je ressens une très puissante angoisse chez eux. Energie noire. Ambition démesurée. Insatisfaction. Je ne veux pas retourner à cet état. Comment faire pour éviter ça ? Je crois que ce qui détruit vraiment c’est le langage. Le fait de parler parler parler sans cesse. Pour ne rien dire. Le langage crée une tempête dans la tête, la conscience est trimballée dans tous les sens. Peur du silence. De l’être ensemble simplement. Mouvement qui finalement ne va nulle part. Je pense qu’il faudrait que j’arrive à beaucoup moins parler. Beaucoup beaucoup beaucoup moins.
Je dois aussi préciser la définition de mes rituels. Continuer à améliorer. Vivre plus intensément dans la connexion à l’énergie. La sensibilité. L’équilibre. Cloud hands, Taiji, standing méditation. Je pense que je vais me faire une cession demain. Permet de remettre les compteurs à zéro. De stabiliser chaque structure dans le corps.
Equilibre essentiel entre énergie et entropie, le mouvement s’inscère entre les deux. Mais domination mystérieuse de l’entropie. Il n’empêche, nécessité de mettre nos espoirs dans énergie, d’invoquer la clémence, de reconnaître énergie dans chaque structure. C’est le sens des lieux sacrés, des temples… souvent accentuation de la structure mémorielle. Les phénomènes naturels sont la manifestation de l’énergie dans l’environnement. A honorer.
Sensation de l’épuisement absolu hier soir. L’extrême des dépenses. Les déséquilibres. L’addiction à l’activité. Le manque de sérénité. Je dois retrouver foi dans énergie, cf bleach zanpakuto. Confiance. Travailler avec. Ecouter. Respecter.
02/05/17
Je lève le pied sur ma recherche. J’ai terminé la réorganisation de la partie sur la concentration et je ne peux être plus précis dans mon approche. Gagner en précision impliquerait que je sois aidé par un prof plus intensément, que je lise beaucoup plus de documentation. Bref ça sera pour une autre fois. Mais je suis satisfait ! J’ai réussi à traiter de manière très satisfaisante l’association intention et attention dans les actions rituelles, c’est-à-dire qui permettent une progression par la répétition. Une amélioration. Cette association est essentielle pour pouvoir à la fois servir la préservation de l’énergie manifestée dans les structures, et son expérience jouissive. L’amour de la vie, de l’équilibre. Permet de pratiquer la juste action. Et de gagner en connaissance et en contrôle de ses structures. Absolument fondamental. L’état d’unité sans uniformité témoigne d’une communion avec l’âme spirituelle. L’énergie pure. Clé de voute des structures. A la fois dedans et dehors. A terme, il s’agira peut-être de pouvoir l’utiliser par-delà les limites des structures. Non pas pour agir sur les structures elle-même (sauf peut-être cas extrême, menace extrême), mais simplement pour être capable de cette grande maîtrise (rappel : trop de pouvoir est toujours néfaste, cf l’anneau du SDA).
Entraînement de kendo en fin de matinée avec Eiki san et les autres au dojo. Tout s’est bien passé ! On y est allé avec sa sylvia nissan bleue. Il change de chaussure dedans pour conduire plus souple ahah. Dans sa jeunesse il faisait du drift, et participait donc à des courses de rue. Je suis dans fast and furious 3 !
Déjeuner incroyable… chez Akusa ou quelque chose comme ça. Un restaurant japonais de luxe c’était une grande surprise. Ambiance traditionnelle, tout en bois. Au milieu de la salle, deux piscines pleines de poisson… prêt à être mangés ! On ne peut pas faire plus frais. Les Masushige ont réservé un plateau repas. Assorti de différents petits mets. Je ne connais pas le nom de tout. Il y a de la viande, du poisson, mais surtout des légumes et du tofu. Très fin, délicieux. Une grande diversité. Les cuissons parfaites… On a pris des photos. Le dessert était sublime. Une mousse de thé vert sucrée. Et un thé vert. Simple mais parfait. Belle expérience j’y reviendrai avec ma famille.
Après-midi à l’UCIA. Continué la traduction.
03/05/17
Mochi = pâtisserie délicieuse simple japonaise qui se décline à toutes les sauces (genre boule coco) :
Warabi mochi
Kachiwa mochi
Sakura mochi
Journée entraînement génial. Réussi hier à bien avancer avec le corps. A équilibrer le corps.
Entraînement kendo magique. Je me sens progresser. Je développe mon corps pour servir l’environnement. Pour exorciser les déséquilibres qui y sont sont de surdécharge soit de surrecharge. L’épée le peut. Elle dégage une très forte énergie dans l’environnement. Je donne cette énergie là où il le faut. J’ai enfilé les gants. Retravaillé le kirikeashi, et les frappes particulières. Travaillé l’avancée du bassin, et le slap du poignet gauche. Le travaille des pieds, garder le gauche dans l’axe, rentré légèrement. Et surtout fait mes étirements à la suite de la pratique. Bonne suée. Mais bien plus simple que le soir, car je suis déjà plus souple, échauffé. J’en garde de sacrées courbatures. Mais je pense que je progresse. De toute manière à force de forcer mon corps à maintenir l’ouverture, j’imagine qu’il finira par ne plus se fermer entre chaque séance.
Rituel du corps dans l’environnement pendant que j’étais à vélo et que je croisais des passants (penser à ma pression sur eux, cette relation), dans le dojo… pendant l’échauffement j’ai réussi à donner beaucoup à l’environnement pour le recharger. Dégagement de puissance explosif. Puis il a fallu aussi apprendre à cibler le dégagement dans la pratique. plaisir de dépenser pour équilibrer environnement. Corps dans raison, dans imagination (perception physique associées à imagination par exemple. Le fait de se sentir écrasé quand présence d’une forte concentration d’énergie dans une structure, déséquilibre…) et dans mémoire (cours d’EPS, entraînement de cette année). Savoir aussi le reposer, recharger le corps = matinée.
Approfondissement spirituel pur… marcher avec le flux de l’énergie. Ichida. Matérialiser énergie spi pure, puiser dans la source infinie non manifestée. Technique ultim. Implique communion parfaite avec âme spirituelle. Difficile car âme plus expérimentée cf zangetsu, plus vieille, plus forte. Mais je dois prouver ma sagesse. Montrer que je sers le bien dans ma structure classique = conscience ordinaire. Indépendance dans le respect et l’unité. Unification sans réduction… Montrer que je suis certain de mes choix. Que veux-je protéger le plus ? L’équilibre de mon être élargi. Mais pas seulement mes proches et l’environnement. Chaque cellule de mon organisme. Chaque quantum d’énergie. Faire un avec elle dans ce monde.
Puis après midi UCIA.
Dîner dans un restaurant de barbecue. Dégueulasse encore une fois. Cette fois spécialisé dans les abats de porc… Eiki san adore cela. Mais j’ai dit que je n’aimais pas. Ca va bien 5 minutes ahah !
04/05/17
Journée visite haute en couleur ! Mangé pour le déjeuner des soba.

Puis Ashikaga Gakko. La première université du Japon, aujourd’hui fermée. Et surprise… elle est dédiée à l’apprentissage de la sagesse confucéenne. Le lieu est splendide. Il a été entièrement restauré, si bien qu’il admire les bâtiments et jardins tels qu’ils étaient il y a plus d’un millénaire. Evite le côté épave occidental, où il faut toujours conserver tel quel, même si il ne reste plus que trois cailloux. Mais je ne suis contre non plus la philosophie historique occidentale. Je dis simplement qu’il y a du bon aussi à, comme les japonais, reconstruire pour éviter que le passé soit seulement le passé. Lui donner une valeur présente.

La bibliothèque, remplie d’ouvrages de philosophie asiatique et occidentale. L’école, grand bâtiment qui fait aussi cuisine. Architecture traditionnelle, bois… Eiki san m’explique que le bois a l’avantage d’être facile à entretenir, rénover, façonner, mais que du coup les bâtiments sont sensibles aux incendies… la majorité des lieux historiques du Japon furent ainsi perdu. Ca explique aussi leur philosophie architecturale. Pendant la seconde guerre mondiale, les américains n’ont pas bombardé Tokyo, mais comme au Vietnam ils ont arrosé la ville de napalm. Car le feu pouvait tout détruire (constructions de bois).
Un objet symbolique de la philosophie confucéenne, mais plus généralement de toute la philosophie de l’humanité et de la spiritualité asiatique (les religions occidentales sont bien trop simplistes pour cette conception), c’est le bol balance. En équilibre entre deux chaînes, il s’agit de le remplir d’eau au maximum, en évitant qu’il ne se renverse. Jusqu’à un certain point l’équilibre est maintenu, mais à une goutte près tout bascule. Ca exprime l’importance du juste milieu. L’idée qu’il faut de tout, de manière raisonnable.
Visite ensuite de plusieurs sanctuaires shinto.
Enfin, direction le parc floral d’Ashikaga… très célèbre au Japon. Un grand parc avec principalement des glycines, dirigées pour créer soit des immenses toits, soit des boules tentaculées, sortes de squelettes d’animaux fantastiques, voilés d’une cascade de fleurs mauves ou blanches. Balade, photos… beaucoup de monde. Le Japon est un pays chargé. Comme dirait Eiki san, les japonais aiment les files d’attentes !
Soirée : dégustation de jeunes pousses de bambous récoltés par Hirato pendant sa journée club nature. Délicieux, et simple puisque les bambous poussent partout, et se multiplient chaque année… Je vais en planter à Colibris, avec des haricots azukis ! La culture est possible chez nous. C’est génial !
Visionnage du débat présidentiel. De la haute voltige. J’ai adoré Macron. Le Pen était bien évidemment lamentable, rien à faire à cette place. Macron s’est défendu comme un roi… bien que ses idées restent fondamentalement à chier.
05/05/17
Visite de Tokyo ! Me permet de faire une reconnaissance avant d’y aller avec ma famille. D’abord le parc Meiji. Plutôt cool, une grande forêt au cœur de la ville. Je m’attendais à une atmosphère un peu à la ville chinoise, très chargée. Mais en fait c’est une ville qui, malgré la modernité de ses bâtiments, est très aérée et naturelle.
Direction ensuite le musé samouraï. Petit lieu très bien organisé, avec visite guidée en anglais gratuite, démonstration de tate, photos costumées… Vraiment à faire. J’y retournerai avec la smala. Déjeuner dans un bon restaurant de sushi. Pas cher et fait devant nous ! Virtuosité des chefs. Mais je reste pas fan de ces trucs là. Le poisson et la viande, c’est vraiment dégueulasse.
Aperçu sur un quai de métro trois femmes en kimono traditionnel avec leur ombrelle. Au milieu de la vie urbaine moderne, du Japon occidentalisé, le reste des traditions (je remarque à quel point c’est une tenue pas pratique pour marcher). Balade dans Kagurazaka, un peu décevant.
Tokyo est réputé pour ses tours de kart à la mario. On loue la voiture et on se déguise comme dans le jeu… Le métro est très compliqué à utiliser ! Les prix sont élevés, mais pas plus je trouve qu’à Utsunomiya. Presque moins cher en fait. J’ai dégusté une crêpe japonaise… roulée en cône et remplie de fraises, bananes, pâte de haricots, mangue, glace, chocolat… et surtout de crème chantilly ! Délicieux.
Journée bien fatigante, mais j’ai apprécié, évidemment ! Surtout pour la gentillesse de ma famille d’accueil de m’avoir accompagné. Je sais un peu mieux m’y orienter.
06/05/17
Journée agréable ! Travail le matin, notamment sur mes rituels. Précisé ma théorie de la recharge et décharge.
Visite du musée d’art d’Utsunomiya. Très beau lieu ! J’ai beaucoup aimé. Expo sur l’art fantastique belge. C’est des tickets que kurosaki san m’a offert, celle qui m’a déjà donné le sac, l’étui à shinaï… Vraiment généreuse ! Je vais lui donner des bonbons de Tokyo et une carte postale de l’expo en retour. Maigre consolation j’en conviens !
L’expo a beaucoup inspiré ma compréhension du jeu des structures. Et de l’illustration du mouvement par imagination. Inspection tableau par gardes… grand sérieux, ils auscultent sans cesse les tableaux pour s’assurer qu’il n’y a aucune trace de doigts… Japon. Exemples d’oeuvres marquantes :
Jean delville red death
Félicien Rops
Not enough brain to survive Lerooy
William degouve canal black Swan
Thierry de cordier crazy Woods
Jan brueghel
Toujours une partie de l’énergie perdue
Hieronymus Bosch
Georges bigot Japon
Leroy, infini.
Fabre chapter xiv
Pretzel, 2006 sculpture
Parabal et 7 péchés Pieter Bruegel
Exposé de mouvement, souvent extrêmes, accentués grâce à imagination. Parfois justes parfois injustes. Souvent desequilibres. Domination souffrance en occident. Peur du mouvement, du changement. Incapacité à être dans équilibre mais recherche de lui. Les moments de basculement vers déséquilibres. Points de passage. Important dans l’art. Ainsi que gigantisme environnement mis en scène.
Les 7 péchés capitaux = déséquilibres d’une ou des structures.
Foret lieu de l’incertain. Fascination. Lieu du déséquilibre potentiel car liberté. Plus de cadre bien sage social. D’où peur. Mais en même temps sagesse. Lieu des possibles
Soirée Jazz… nuit spéciale à Utsunomiya. Festival. Ainsi une vingtaine de bras partenaires accueils toute la soirée des groupes. On achète un ticket et ça donne le droit d’entrer dans le bar pour écouter le concert, et pas obligé de consommer. On est d’abord allé au Lucifer avec la famille, en vélo. Puis je suis allé seul au Lion’s head. Spécialisé dans la bière Guinness, dont j’ai bu une pinte avec une bonne assiette de frites. La chanteuse était excellente. Plaisir intense. Quel dépaysement familier. Des japonais fans de jazz. Des japonais qui jouent du jazz. Je ressens vraiment l’occidentalisation. Mais étrangement je trouve celle-ci belle. Raisonnée. Justifiée.
Le jazz : la musique noble de l’équilibre des structures. Le respect des 80%. La musique de la sagesse… ! L’équilibre parfait. Le passage extrême. Toujours dans la retenue et en même temps la puissance. Fleur de peau. Complexité. Le classique va plus fleurter avec l’extrême. MUSIQUE JAZZ symbole du système des 5 :
They long to be Close to you Carpenters
Save your love for me nancy wilson
Close your eyes Stacey Kent
Blue river standard (Teagarden interprétation)
Ella Fitzgerald – Misty
07/05/17
Que veux-je pour mon futur ? Pour notre futur ?
En cette période d’examen pour mes amis, je prends toute la mesure de la distance à laquelle je suis. Distant de cet univers des grands du monde de demain. De ceux qui développent une capacité de travail immense. Et qui l’investissent dans les structures en changement d’aujourd’hui. Je les admire. J’ai un jour travaillé beaucoup dans ces cadres, mais le temps passe et cette période de ma vie devient peu à peu un souvenir brumeux. Et puis, jusqu’à quand pourrai-je utiliser cette époque comme comparaison. Ce que mes amis vivent actuellement est je pense très différent. Bien plus intense. Le fait est qu’ils ne se sont pas arrêtés après la terminale, mais ont continué à travailler autant, et de plus en plus. Ainsi, ils ont atteint un niveau que je ne peux qu’imaginer. Repoussant sans cesse les limites de ce qu’on appelle à tord l’impossible.
Je voyage vers un horizon différent. Pas opposé, simplement différent. Mais lequel ? Vais-je prendre à bras le corps les défis de la société de demain ? Comment résoudre cette équation impossible du grand et du petit ? Agir par le bas, vraiment. Renaissance à la racine, tout comme la communauté de l’Anneau est née de rien. Colibris. C’est là que tout a commencé. C’est là que tout doit terminer. Associé au modèle de la troisième révolution industrielle de Rifkin, ce mouvement peut enflammer le monde. Il s’agit d’œuvrer à accélérer et à enrichir la relocalisation de la société, la réassociation des voisins pour des modes de vie plus écologiques.
Il faut penser un modèle d’émissaires à envoyer sur les territoires. Non pas pour créer uniquement des cercles d’entre soi avec des convaincus. Mais pour pénétrer les consciences et les territoires sauvages. Parce que l’enjeu est l’association de voisinage, pas les clubs où les membres vivent à 20 kilomètres les uns des autres. Oui les clubs d’émissaires sont important, mais il ne doivent pas se tromper de mission. Il s’agit bien d’évangélisation. Pas d’une égoïste recherche de progrès personnel. Il faut donc établir un plan d’action pour concrétiser la TIR colibris par le bas. Déployer le réseau. Faire que chaque territoire renferme les cellules clés de la politique, de l’économie, de l’éducation… mobiliser les réseaux numériques pour permettre le partage de savoir, de méthodes…
L’échange n’est plus une dépendance, mais une progression dans l’indépendance. Le paradoxe du grand et du petit est alors résolu : nous sommes ensemble par notre indépendance. Par le partage d’un désir de localité, de diversité, de simplicité, de richesse écologique. L’autre est mon ami parce qu’il est l’autre. Il me ressemble parce qu’il est l’autre. Et quand je partage avec lui, ça n’est pas pour retrouver ce que je suis, former une masse indistincte, grasse et orgueilleuse. Mais pour découvrir ce que je suis dans ce que je ne suis pas. Me rendre compte que la différence n’est pas l’inconnu et l’étrangeté. Que l’unité n’implique pas l’uniformité. Qu’il y a du commun dans la différence. Et que le véritable amour est la fusion choisie, contingente, libre, sans réduction des êtres.
C’est la politique horizontale, le multilatéralisme par excellence. L’émissaire local veille à une seule et unique chose : la collaboration dans l’indépendance des territoires. La stricte localisation de l’économie. Il faut réduire au minimum et définir très précisément les matières premières que l’on échange entre territoire. Encore une fois, l’échange principal est celui des expériences, des savoirs… ainsi on se ressemble par la symétrie de nos structures. Mais pas par leur fusion. Penser cependant le statut particulier des villes, soumises à des flux malheureusement plus importants.
Nouveau dojo découvert. Désormais un entraînement en plus chaque dimanche ! Je passerai en juin mon Qiu, qui est un diplôme d’avant le dan. Belle nouvelle. L’entraînement devient vraiment sérieux.
Notamment :
Importance du verrou main droite quand frappe mais c’est la main gauche qui donne le slap. Fondamental. La main gauche guide.
Pour men sur le côté bien frapper avec la lame mais main gauche reste centrée. Oblige cependant à obliquer un peu.
Distinction entre le petit et le grand men. Le petit pour frappe men seule. Et combat. Le grand pour kirikaeshi. Le grand implique un petit pas. Levée shinaï. Et frappe grand pas. Le petit implique frappe sans réelle levée. On glisse avec le pied et en même temps on longe le shinaï adverse. Pied slap !
Dans les déplacements glissés, bien garder taille au même niveau.
Pour grand men levée shinaï ne pas trop tomber derrière, laisser relativement vertical au dessus de la tête. Soutenir main droite et main gauche pas trop haute. Niveau du front.
Aprem cours de français. Un jeune prof originaire d’Orléans, qui a créé sa propre méthode. C’est son métier, d’enseigner le français aux étrangers. Il se débrouille super bien je trouve. C’était passionnant de comprendre la pédagogie. Je me rends compte à quel point enseigner est difficile. A quel point s’adapter à ceux qui ne savent pas quand on sait est difficile…
Soirée particulière : je cuisine un dîner « français » pour la famille d’accueil. Direction les courses puis début des préparatifs avec l’aide de masami san et d’Hirato (pétrissage du pain). Défi : faire une farce sans viande pour les tomates ! Menu :
Entrée :
carottes rapées + raisins sec + noix + huile d’olive herbes balsamique assaisonnement
oeufs mimosa et ciboulette
Plat :
Tomates farcies vin blanc fèves écrasées oignons fins fromage chèvre (moutarde à part)
Faire cuire à l’eau lentilles puis même eau patates épluchées puis précuire léger intérieure tomates vidées four puis farcir et cuire (faire farce huile vin blanc sel poivre ajouter farine ou mie de pain si pas assez sec.
Huile olive dessus. Garder sauce évidemment pour arroser pendant cuisson.
faire purée avec patates bien cuites (beurre et crème). Verser jus sur patates. Ajouter poivre et herbes
Salade verte
Fromage :
morbier ou camembert ou… du très fort ! Sur pain MAISON avec beurre
Dessert (mais pas eu le temps de réaliser) :
Tarte aux pommes avec cannelle et miel !
Ingrédients liste :
2 carottes
4 moyennes grosses tomates
5 petites moyennes patates
2 moyens oignons
1 salade verte
4 pommes moyennes dont une verte (aussi pour moi)
300 grammes de fèves diverses ou seulement lentilles à voir.
300 gr farine pour pâte tarte
6 oeufs pour mimosa et pâte
300gr de beurre
huile d’olive
vinaigre balsamique
poivre français
moutarde (essentiel)
mayonnaise
crème légère
fromage chèvre et morbier
cannelle poudre
miel
raisins sec
noix
ciboulette/oignons asiatiques (mimosa patates) + thym ou similaire (farce)
vin blanc 1 seule bouteille
levure pain !
08/05/17
J’ai envoyé ma recherche pour relecture finale à Monsieur Lacroix ! Attente d’un retour. Direction ferme de fraises l’après midi avec masami san, tenue par une amie à elle. Je suis reparti avec un panier rempli, offert par la maison ! Et on a mangé une glace seulement lait fraise, faite maison.
Soirée karaoké ! J’ai découvert le visage off du travail de Chin, le boss de Kazumi à l’UCIA. Vraiment cool et fan de métal ahah ! On a d’abord mangé yaki dans un restaurant en plein air avec aussi 4 français, dont Nathan et Pierrick qui sont ici en VIE. Puis direction le karaoké. Le logiciel est plutôt moins bien qu’en Chine, moins de choix et pas les clip officiels. Mais cool quand même. J’ai kiffé ATC, Titanium, Ed Sheeran, Polnareff (tout pour ma chérie)… J’ai amené les fraises de la ferme, mais avec le trajet en vélo c’était plutôt de la confiture en fabrication.
09/05/17
Kendo le matin. POUR LA PREMIERE FOIS J’AI ENFILE LE MEN !!
Après midi travail à l’UCIA. Sur le retour dégustation d’une bonne glace !
Dernier dîner, dans un petit restaurant italien délicieux. Mais vraiment petit ! Un vieux chef japonais qui cuisine italien, sur fond d’opéra du pays… magique.
10/05/17
Y a-t-il des choses que je vis durant cette troisième année que je ne peux raconter dans ce journal ? Oui, bien sûr. Il y a des choses dont je suis fier, et dont pourtant je ne parle pas. Il y a aussi des choses dont j’ai honte, et sur lesquelles je travaille dans le secret de ma conscience. Malgré l’importance que je donne à l’honnêté, il est évident que toute vérité n’est pas bonne à dire. Et chacun a le droit à sa part de mystère. Je me moque des conséquences de mes actes sur ma propre vie, mais en revanche je ne veux pas influer sur celle des autres outre leur volonté.
Ce matin réflexion, encore, relatives à mon choix de master… Administration publique ou pas ? Je n’arrive pas à me décider. Si je tente l’ENA, ça veut dire deux années bien particulières qui m’attendent à mon retour…  Mais en même temps pourquoi ne pas tenter ? J’en ai l’occasion. Ca ne pourra pas me faire de mal. Et franchement finstrat… dans le genre pipo c’est bien aussi. A voir donc, à méditer…
Aujourd’hui changement de famille d’accueil ! Cérémonie interminable à l’UCIA. J’étais fatigué aujourd’hui, et j’ai du beaucoup beaucoup prendre sur moi pour supporter le verni social japonais, les photos, les planifications deux mois à l’avance inutiles puisque ça ne se passe jamais comme prévu et qu’il faut tout revoir le moment venu… C’est particulier, mais au moins on s’ouvre à une expérience de la vie différente.
J’ai passé un mois merveilleux chez les masushige. Presque trop… la cuisine de Masami san était incroyable, et cela chaque jour. Les visites furent mémorables. Mais avec autant d’activité, difficile parfois de trouver le temps de travailler comme je veux sur mes projets. La nouvelle famille dont je n’ai pas encore mémorisé le nom est super cool. Le mari est alcoolique léger (deux bières tous les soirs), comme la famille masushige. La mère semble ok. Dîner okonomiyaki !!! Crêpe japonaises ou tu mélanges tous les ingrédients à la pâte avant de cuir. Délicieux. Différence radicale avec Masushige. Yumi san n’aime pas cuisiner. Céréales au ptit déj, et « on ira souvent manger dehors le soir ». Je réalise aussi que Masami san a cuisiné les déjeuner alors que ça n’est pas compris dans le tarif. Juste dingue de gentillesse.
11/05/17
J’ai enfin fait mon choix !
Je renonce à AP et donc à l’ena au profit du développement et de la diffusion par le bas d’une éthique écologique. Ca sera donc finstrat, avec un souci particulier apporté à la communication.
La difficulté de cette voie, c’est que le chemin vers la réussite est moins « quadrillé », institutionnalisé ». Et j’en ai souffert cette année, la liberté c’est le risque du laisser aller. Mais comme un jour ou l’autre il faut se prendre en main, je pense que l’ena ne sauve personne. Et que trop nombreux finissent par devenir comptables pantouflards faute d’avoir su assumer un vrai projet d’entrepreneur politique. Je vais en finstrat comme je préparerais le concours de l’ena. Je veux révolutionner les consciences.

J’estime que les structures économiques et politiques élitistes actuelles n’ont plus la capacité d’apporter le changement rapide qu’il nous faut. Nous avons besoin d’une nouvelle méthode. D’un nouveau mouvement.

J’ai la conviction que les grandes structures politiques et économiques actuelles sont prisonnières d’un système hypercomplexe, fondé sur une idéologie ancrée dans chacun de nos esprits. La force de son idéologie et sa complexité rendent le système actuel trop long à changer par transition. Le défi est trop grand pour se passer de révolution. Par transition, le changement arrive, mais il est d’une lenteur effroyable. Car il faut reconvertir presque toutes les branches de notre économie, toutes nos instutitions, toutes nos formations et cela sans accoup, en donnant l’impression qu’en fait rien ne change… NOUS N’AVONS PAS LE TEMPS de cette douce transition. NOUS N’AVONS PUTAIN DE PAS LE TEMPS.
Je suis contre la révolution par le haut, car elle utilise la force pour briser les coeur. L’ena ne me conduira qu’à un poste où je devrai négotier avec des gens qui ne cesseront de me dire : « on fait comme ça car d’après notre étude de marché, c’est ce qui est tendance ». « on développe cette stratégie politique car d’après notre sondage… » Mais qu’est-ce qu’une étude de marché ou un sondage sinon une vision synthétique de vos intentions ? Que pensez-vous que les professionnels de la haute étudient quand ils prennent leurs décisions ? Nous. Nous sommes leur repère premier. Les petits points du graphiques qui déterminent la taille du nouveau téléphone et du nouveau snack à l’huile de palme.
Je suis pour une révolution par le bas, c’est à dire la manifestation d’un courage citoyen qui poussera les grands de ce monde à s’adapter à notre nouvelle volonté. Une insurection des consciences, voilà ce que je souhaite. Car si les consommateurs et les travailleurs manifestent la demande d’une changement révolutionnaire, les grands s’adapteront. Ils dépendent de nous, et c’est donc de nous que vient la rigidité. Nous qui sommes effroyablement lents à changer. De nous qui avec nos grandes gueules de mécontents faisons dans notre froc dès qu’il s’agit d’acheter des lentilles plutôt qu’un steak. Faut-il qu’on nous supprime les sacs plastiques en supermarché pour qu’on arrête de les utiliser ? Qu’on taxe le CO2 pour qu’on réduise nos trajets en voiture ? Je refuse de croire que nous sommes débiles à ce point. La politique et l’économie des grands, ça a toujours été le service intéressé de la bêtise populaire. Notre démocratie est aujourd’hui une chimère ou des pantins votent une journée et travaillent en gueulant les 5 années suivantes. Tu parles d’hommes. Le XXIème siècle sera fait de consciences citoyennes justes et libres dans leur choix écologiques quotidiens, où ne sera pas. Et cela, je répète, implique une action par le bas, et non par le haut. Implique un apprentissage de la communication directe, et non de l’équilibrisme dans les couloirs des commissions.
Toutes les décisions qui partent d’en haut s’adaptent à l’opinion générale… du bas. Et la marge d’influence sur cette opinion est, de part la rareté des attentions et la surcharge d’informations médiatiques, extrêmement faible. Le haut dépend entièrement du bas. Pas d’entreprise sans obéissance relative aux travailleurs et aux consommateurs. Pas de politiques sans électeurs. Les grands n’ont pas le temps de nous ouvrir l’esprit, alors ils nous confortent dans notre maladie civilisatrice. Après l’ena on ne peut que gérer des statistiques généraux, le suivi et l’adaptation à la tendance dominante. On actionne des petits leviers dans les contraintes structurelles d’une système obscolète, et ainsi la courbe oscille sans jamais changer de direction. Or la direction actuelle est celle d’un mur. Et tout le monde le sait.
Si les pdg et les présidents peuvent manipuler un peu, ils vous disent surtout ce que vous voulez entendre. Une bonne étude de science politique confirmeraient c’est certain que les médias véhiculent avant tout ce que l’audience souhaite entendre. Et si on manipule, c’est pour passer d’une berline à un SUV. Vive la révolution… Pourquoi ? Comme je l’ai dit, ils n’ont pas le temps et la liberté qui leur permet de faire plus. Ils dépendent de votre satisfaction, et la compétition est telle pour leur poste qu’ils ne peuvent prendre le risque de jouer contre vous !
Je suis donc pour la vraie et audacieuse manipulation. Celle de Socrates et des Lumières. Le manipulation révolutionnaire. Celle qui, après une argumentation construite et progressive, vous fait adhérer à ce que vous auriez refusé quelques jours ou quelques mois auparavant. Voici ce que je veux faire. Et cela implique un travail de communication approfondi, suivi, de proximité. Un travail de structuration sur le terrain d’un réseau militant et éducatif. Avec une réelle compréhension de nos spécificités individuelles. Nous menons beaucoup de débats, mais les discussions s’arrêtent souvent à un échange. L’enjeu est de prolonger l’échange. De permettre un changement de fond dans chaque conscience. Et tel un microbe salvateur qui se répand, de faire de chaque éveillé un éveilleur. Je n’ai pas besoin de l’ena pour cela. Les lois, le Conseil d’Etat et la Constitution sont impuissants pour cela. Au même titre que la télévision et la radio, avec leurs émissions jetées au lance pierre. Internet et l’action concrète, voilà ce qui nous relie vraiment aujourd’hui. L’action locale et contagieuse des colibris sera suffisantes.
Quel changement proposer ?
A l’image de Pierre Rabhi et de la sagesse philosophique, j’estime que l’ennemi et la violence sont en chacun de nous. Ce qui fait le monde que nous connaissons, ça n’est pas d’abord les meeting politiques auxquels on participe, les associations pour lesqelles on donne son temps, les messages facebook qu’on poste ou les dons aux ONG… tout cela est un verni aussi luisant que toxique, qui donne l’illusion du changement mais en fait ne fait que brasser de l’air. Ce qui fait la réalité actuelle, ce sont nos habitudes de consommation quotidiennes et nos déplacements physiques. La matière et l’énergie, voilà la réalité. Quelle matière j’achète, quelle énergie je consomme. Il y a aujourd’hui une prise de conscience écologique. Mais les grands de ce monde ne parviendront pas, malgré leurs sacrifices sincères et immenses (et je suis prêt à débattre à ce sujet avec n’importe qui), à convertir notre économie mondiale avant les catastrophes du changements climatique. Car les grands naissent des petits. Ils sont votre reflet ! Ils proposent une offre économique, politique, culturelle… qui dépend essentiellement de votre demande. Je l’ai déjà dit. Vous pensez qu’ils vous manipulent, mais en vérité ils ne font que proposer ce que vous désirez. Le monde va mal parce que vous choisissez le mal. Vous choisissez de donner votre argent au mal. Et aussi longtemps qu’une pub de soda ou de basket de merde auront plus de succès auprès de vous qu’un exemple d’action écologique, et bien le soda et les basket de merde gagneront. Aussi longtemps que les modèles de voitures à essence auront plus de succès que les voitures électriques ou hydrogènes, le pétrole gagnera. C’est nous qui faisons le match. Nous sommes la racine du problème. Et c’est pour cela que je souhaite travailler avec vous, parler à vos consciences.
Or, l’économie est et a toujours été le ciment de la société. Notre civilisation repose sur les systèmes techniques et théoriques de la deuxième révolution industrielle : énergies fossiles, concentration, capitalisme, consommation. Ce systèmes fonctionnent par nos choix de consommation. Le monde d’aujourd’hui et de demain est entre nos mains. Nous avons un pouvoir immense.
Il n’y aurait pas de voitures à essence si la majeur partie d’entre nous achetait ou manifestait le désir d’acheter, de l’électrique. Il n’y aurait pas de problèmes de malnutrition et de manque d’eau aux suds, de cancers, de souffrance animale, de gestion des déchets, d’agriculture chimique et d’agroindustrie si nous mangions 2 fois moins de viande et achetions par ordre de priorité des aliments locaux, sans emballage jetables, non transformés et biologique. Il n’y aurait pas de travail inhumain d’enfants miséreux dans des pays qui le sont tout autant si nous achetions nos vêtements plus localement, en moins grande quantité et de meilleure qualité. Tous ces changements ont un coût supérieur, mais grandement compensé par un gain de durabilité et de qualité. Au-delà, combien dépensons-nous dans des objets farfelus qui finissent dans des greniers ? Combien dépensons nous en cigarettes et en alcool pour nous détruire la santé ? Combien dépensons nous sous l’impulsion de publicités mensongères et le salut de marques inhumaines ? N’est-il pas logique d’arrêter de confier notre argent à ceux qui menacent notre avenir et ne pensent qu’au profit ? De dépenser plus pour ce qui est juste, bon et essentiel. Nécessaire à l’équité, la santé, la paix et l’avenir de notre société ?
L’offre suivra la demande. Le monde ne manque pas d’entrepreneurs prêts à sauter sur la moindre occasion de développer une nouvelle activité. C’est vos petits choix quotidiens, répétés l’air de rien qui définissent le monde d’aujourd’hui et de demain. La barre grasse et sucrée que vous achetez chaque soir, comme des millions d’autres personnes sur terre, au distributeur automatique de la station de métro du coin. Parce que vous cédez à la stratégie perverse des grandes entreprises, qui profitent de vos défenses mentales affaiblies pour vous faire rêver et manger de leurs produits toxiques jusqu’à l’excès, ou la frustration.
Il faut changer nos habitudes de vie, au quotidien. C’est de cet élan d’éthique citoyenne que naîtra la société de demain. De cette insurection des consciences. Je ne parle pas de grand soir, mais simplement de vos achats et trajets du quotidien. Où vous allez, comment et ce que vous avalez et possédez. Parce qu’on peut être le meilleur ministre, ingénieur, bénévole de l’UNICEF… et en même temps graisser la patte des grandes banques, de l’industrie du pétrole, d’Apple et de Macdonalds. D’un côté on donne des crayons de couleurs, et de l’autre on prend des vies et un futur. Les grandes entreprises et les politiques manipulent parfois la demande des consommateurs, mais ils n’en restent pas moins dépendant : quelle marque de dentifrice j’achète ? Pour quel candidat je vote ? Tout ce qu’ils cherchent, c’est notre attention, notre adhésion. Sans nous ils ne sont rien. Alors montrez-leur l’exemple, manifestez votre volonté de justice et d’harmonie par vos actes, et vous aurez justice et harmonie. « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde ». Et si vous l’êtes déjà, diffusez le message plus largement. Convertissez ceux qui refusent d’admettre qu’ils sont les acteurs de leur propre misère. Le gardien de leur prison. Le bourreau de leur suicide.
Chacun doit faire sa part. Il n’y a aucune raison que des hommes et des femmes politiques sacrifient leur vie à des causes, tandis que d’autres jouent les victimes, se vautrent dans l’irresponsabilité, les excuses faciles et la médiocre complaisance. Faire sa part, ça veut dire avoir le courage de concrétiser son éthique, et de l’imposer aux autres quand il faut, avec pédagogie et flexibilité. Je prends un exemple : je suis actuellement au Japon. Ici on mange de la viande matin midi et soir. Et beaucoup de famille ne boivent pas l’eau du robinet, pourtant parfaitement propre. C’est un désastre écologique. Parfois je m’adapte poliment, mais il est aussi de mon devoir d’être fidèle à mon éthique écologique. Et de transmettre mon message à mes frères. Ainsi, j’ai demandé à ma seconde famille d’accueil de ne me donner de la viande que deux fois pas semaine. Et de ne pas m’acheter de bouteilles d’eau en plastique. Ainsi je peux expliquer pourquoi je fais ces choix. J’ouvre des regards. Je fais ma part du changement. Et je répète, je ne compte pas me sacrifier pour vous faciliter la vie. Il n’y a pas de raison que je me batte pour vous imposer par le haut, c’est à dire principalement par les pdg, les lois et les médias, vos nouvelles habitudes. Arrêtez d’attendre qu’on vous dicte la marche à suivre. Car les grands ne sont qu’une réponse aux mouvements des masses, à la marche de l’Histoire. Les grands ne révolutionneront pas notre conscience collective. Et en son état actuel, cette conscience conduit à notre disparition prochaine. Révolutionnez-vous dès maintenant. Devenez un colibri.
Bon, ma nouvelle famille d’accueil, les Kato, est très gentille, et généreuse. Je ne vois cependant jamais le mari qui travaille de 6h du matin à 11h du soir. Yumi san la maman me fournit le repas du midi, trois jours par semaine, alors qu’à l’origine ça n’est pas compris dans le prix. En revanche je sens qu’on attend de moi une petite contrepartie… Yumi san a un fils de 4 ans relativement hyperactif et je suis sollicité pour jouer avec lui. Ca prend du temps et de l’énergie. Et j’avoue que ça n’est pas une de mes spécialités d’origine. Mais ça me fait du bien aussi d’apprendre la patience, l’insouciance. Bref de m’ouvrir à l’enfant. Ce soir par exemple, nous avons allumé des petits feux d’artifice. On termine par un qui brule lentement en faisant des petites étincelles. Le but est de le garder allumé le plus longtemps possible. Symbolise la fin des feux.
Entraînement de kendo aujourd’hui, difficile. Je suis très fatigué du changement de famille d’accueil et des cérémonies d’adieux/bienvenues. J’ai un test de kendo le 11 mai. Les premiers entraînements avec le men (casque) sont difficiles. En plus des petits désagréments type sueur, il y a le fait de recevoir des coups. Parfois douloureux, notamment le cote. Concernant le déroulé de l’entraînement, il faudra que je me documente (probablement demain après-midi) plus en détail sur le nom des différents exercices. Et aussi sur le bushido en général. Il est grand temps que je m’y mette, mais jusqu’à présent ma recherche académique et mes soucis d’orientation de master me bloquaient.
Pas réussi à faire jusqu’au bout mes étirements de yoga, même en y passant une heure et en introduisant par une méditation. Effort trop intense. Je tenterai une nouvelle séance après l’entraînement de kendo de demain. Je constate que malgré mes efforts, la souplesse ne se stabilise pas. Toujours aussi difficile d’atteindre le grand écart, et douloureux. Quand mes tendons vont-ils s’adapter ?
12/05/17
Nouvelle journée qui commence. Programme (que j’ai au final très peu suivi faute de temps et d’énergie) :
Penser à mes structures rituelles. Jour de l’environnement. J’ai peu pratiqué cette semaine. Importance d’équilibrer en intention et en attention. De ne pas se vider trop vite. De savoir protéger en ciblant l’attention et l’intention.
Ecrire article UCIA, court et laisser place pour photo !
Créer évènement Colibris Neufvy 2 sur facebook et envoyer invitation par mail également. Réserver agneau Seb.
Documentation sur le kendo et le bushido : liste vocabulaire entraînement notamment.
Entraînement kendo sérieux. Je me suis encore laissé embarquer dans un truc de fou avec cet examen que je passe dans un mois. Il s’agit d’un niveau équivalent à 5 ans d’entraînement. Certes mes cours sont intensifs. Mais quand même, je vais devoir travailler dur.
Fatigue infinie. Mon corps est complètement engourdi. Monter un escalier est difficile. Bouger le moindre muscle est un combat. Je ne sais pas ce que j’ai. Je n’arrive pas à évaluer objectivement la situation.
Oui, Hiro le gosse de 4 ans de la famille est épuisant et je pense hyperactif. Oui, la vie japonaise est épuisante. Je ne sais pas comment ils font pendant toute une vie. J’en ai parlé avec Yumi san sincèrement aujourd’hui. Elle m’a confirmé que l’UCIA m’aimait peut-être un peu trop, et que certains membres manquent probablement d’occupation. J’ai l’impression qu’ils gèrent l’agenda d’un ministre. Les familles d’accueils me permettent de comparer, et de confirmer ces dires. Ni Masami san ni Yumi san n’ont le temps de se prendre la tête à ce point là. La vie sociale japonaise devient très vite ingérable si on n’est pas pleinement engagé. Car les attentes d’intentions et d’attention sont élevées et le moindre faux pas est remarqué.
Le Japon est vraiment caractérisé par l’absence de toute limite du soi. Je donne jusqu’à la mort. Je ne compte pas mes efforts. Ne jamais montrer qu’on est fatigué, ou agacé… Manque de bol je suis un peu comme ça aussi. Du coup si je ne fais pas attention je finis vite à genoux ! Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, le Japon n’est pas le pays de l’équilibre. La pop culture en témoigne. C’est l’excès en permanence. Excès de paraître en forme en société, excès d’addictions dès qu’on est face à soit même, excès de travail, excès d’éducation pour les enfants… Paradoxalement, l’occident apparaît plus équilibré. C’est comme si, parce que notre culture collective et superficielle, de surface, pense un monde tiré par des extrêmes dualistes (Dieu et le diable) toujours noir ou blanc, nous pouvions trouver en privé un équilibre. Au contraire en Asie, parce que le verni est l’équilibre, le privé tombe dans l’extrême. L’extrême est dehors en occident et dedans en Asie. Personnellement je souhaite penser un équilibre en mouvement, une alternance d’équilibre et de déséquilibre, interne comme externe.
Article pour la newsletter (je suis très limité car ils me demandent d’écrire dans un anglais simpliste, pour les étrangers) :
Konnichiwa Japan,
Each month, I write an article to tell you about my stay in Utsunomiya. This is the second one!
Little by little, the French student that I am gets a deeper understanding of your wonderful culture. The only problem is maybe that punctuality and organization are not french qualities… However we like wine and revolution. That’s not bad, is it?
In Paris, we have a famous marathon, a race of 42 kilometers. But we also like the « barathon », that means going with friends from bar to bar all the night along. I’m happy to see the Ustunomiya invented the “jazzathon”, where you can listen to several jazz bar concerts in one night!
Thanks to my host family, I’ve visited Ashikaga, Nikko, museums, a strawberry farm, the Nissan Tochigi plants… We have been to Tokyo during the golden week. It’s a good timing, since many tokyoite are enjoying the countryside for holydays. By the way, I wish you had a goodtime.
My kendo training is getting harder because my sensei wants me to pass the ikkyū exam on june 11th, after only 3 months training. What a challenge! Will I succeed of fail? The answer in the next article…
To listen on the roads of Japan: https://www.youtube.com/watch?v=9IIPGYnuEoY
Arigatou gozaimasu,
Léopold.
13/05/17
Les derniers jours furent vraiment difficiles. A cause de la fatigue, des changements de famille et du renforcement de l’entraînement de kendo, je n’arrivais plus à contenir la demande en énergie de l’environnement et je me suis donc déchargé de partout pour le remplir, jusqu’à l’extrême. Surcharge environnementale. Je dois donc briser le lien et ressourcer mes autres structures, notamment le corps et la raison. Je vais commencer ce matin par une séance de vrais étirements.
J’ai grandi dans l’effort et la compétition, j’en ai fait mon dieu et mon bourreau. Je dois désormais apprendre à vivre et à communiquer dans plus de bienveillance et de douceur. De calme. De confiance. Mon rapport à l’autre a toujours été violent, angoissé. Un rapport fondé sur la peur. Je veux changer ça. Mon ton a toujours été illuminé, unilatéral, déjanté. Je veux l’apaiser. Respirer profondément. L’autre travaille avec moi car nous avons tous au fond de nous la même ambition. Je ne joue pas contre mais avec. Chaque action mérite d’être comprise. Chaque comportement est fondamentalement légitime. Il contient toujours une part de vérité. Communication non violente !!
14/15/16
A mesure que mon retour approche, la motivation et la liberté d’esprit que j’avais pour conduire ce projet disparaissent. Pourtant, ça n’est pas parce que j’ai envoyé ma recherche académique que mon travail est terminé. Je dois encore beaucoup, au kendo club d’Orléans, à mes contributeurs en général. Je n’ai pas écrit une ligne sérieuse sur le Japon. Et mon essai personnel n’est qu’un plan général. Le problème, c’est que je me fais beaucoup de souci pour mon avenir, avec ce choix de master qui, probablement de manière très artificielle, précipite un peu les choses. Ca n’est pas la même chose d’être formé pendant deux ans par des administrateurs de ministères que par des manager d’entreprises du CAC40. Ainsi, le choix est difficile. Raison d’Etat ou feu d’artifice économique ?
Mes « rituels » me paraissent d’une futilité immense comparé à l’enjeu de me former à un métier, et de contribuer à la société d’aujourd’hui comme un adulte. Aident-ils vraiment à quelque chose ? Dans tous les cas, je ne me sens pas de les utiliser professionnellement. Non. C’est pour moi un loisir, et ça ne signifie pas qu’ils sont futiles. Aussi je retire ce que j’ai dit. Ils sont un loisir au même titre que le sport, la musique et les jeux de rôle. Je souhaite pouvoir consacrer au moins 2 heures de chacune de mes journées à ces loisirs. Mais le véritable enjeu est de pouvoir partager ces loisirs, avec mes amis et ma famille. En faire don. Arrêter de développer ces compétences uniquement pour moi.
Il y a l’antagonisme fondamental : vie dans la haute ou vie dans la basse société. Je suis pris en tenaille entre le domaine du château et Paris. Je suis pris en tenaille entre deux modèles de société. Solution ? Le juste milieu intégral.
Je rachète au moins la partie maison bulot et maison presbyt du château (pour Olivier) afin de continuer les activités colibris (et rituel) et d’avoir toujours un vrai espace à exploiter. Je viens le weekend. Je peux éventuellement gérer une activité économique locale, ferme et commerce…
Je fais le master communication et je balance tout en politique, pour Colibris et Mélenchon. Organisation de campagnes marketing viral (opération Génération, ultra liste…), de marketing ciblé (consulting compagnies). Action dans le groupe coeur local.
Entraînement kendo :
Je dois maintenant parler plus en profondeur de ma pratique du kendo. Contrairement à mes autres expériences de sagesse asiatique, je mets du temps à rentrer dans ma pratique, et surtout dans la théorie qui y est associée. Il n’empêche que mon entraînement progresse.
Un entraînement classique commence par un salut collectif en cercle, en position seiza avec salut drapeau, sensei (discours) groupe.
Puis kata, bokuto éventuellement.
Puis échauffement collectif au rythme compté. Puis échauffement avec shinaï toujours collectif. Ici il d’agit de faire des coupes droites d’avant en arrière. Puis de côté, puis très rapide avant arrière. Cardio.
Puis on enfile le bogu et début des formes de combat classiques : kirikaeshi etc…
Fin avec combats puis on retire les men, cercle et à nouveau salut.
Quoi d’autres ? Je suis accueilli comme un roi dans les dojos et le sensei saïto me prend sous son aile en plus de Kusaka san. Il insiste pour que je passe le 1er kyu, qui correspond au niveau le plus élevé avec le 1er dan. C’est un véritable honneur. Et j’en mesure la portée. Je vais tout faire pour réussir.
J’aborde le kendo de manière intéressée, mais aussi objective. Je progresse vite avec ce détachement, peut-être plus que quelqu’un qui se prendrait la tête sans arrêt, ou serait tremblant d’excitation avant chaque séance. C’est un sport difficile, très exigeant mentalement. Et par conséquent très intéressant.
17/05/17
Je me suis décidé pour le master affaires publiques !! Fierté. Je souhaite servir l’Etat par le haut, mais je n’abandonne surtout pas l’action par le bas. Ni la promotion de mon système d’équilibrisme. Dans lequel je crois dur comme fer.
L’entraînement de kendo avance. Je fais pleins de gaffes du type je prends deux gants pour la main droite, mes nœuds d’armure ne tiennent pas… Je travaille à améliorer cela, car ce qui entoure la pratique est aussi important que la pratique elle-même ici. C’est cela le rituel.
Je suis bien décidé à réussir le test. J’ai pour la première fois fait du combat. C’est vraiment intéressant, et ça demande une concentration exceptionnelle. Je suis étonné de la fatigue causée par les entraînements. Rien qu’une heure de pratique suffit à me mettre à genoux.
Je travaille en ce moment beaucoup sur la fête que j’organise avec N à mon retour à Neufvy.
Je prends mes marques dans ma nouvelle famille, mais j’ai du mal à suivre le rythme des emplois du temps japonais. Tout doit être planifié à l’avance, hors il est impossible que tout se passe toujours comme prévu. Alors au fil des changements de planning, les gens se frustrent, se fatiguent. Tout cela pour rien. Il suffirait de me laisser plus d’autonomie, et d’accepter de ne pas toujours savoir ce que je fais ou compte faire. Tous se mettent en quatre pour me servir comme un roi, mais je ne demande pas ça. Si je dis que je souhaite plus de liberté, on me dit en sous entendu que j’avais qu’à choisir d’être à l’hôtel.
La culture japonaise est vraiment difficile à intégrer. Et je ne souhaite pas vivre comme eux. Ils fondent toute leur fierté sur le service de l’autre. Autrement dit, ils ne s’estiment que dans la qualité de leurs relations sociales et donc aussitôt que quelqu’un ne répond pas à leurs attentes, ils se sentent blessés, heurté dans leur ego. Ils disent qu’ils n’attendent rien en retour de leurs gestes, mais c’est complètement faux. Ils ne font pas les choses pour faire plaisir, par amour véritable. Mais uniquement pas convention sociale. C’est très triste. Tout est calculé pour l’image.
Au-delà, tout absolument tout est contrôlé par des règles. Chaque comportement est ritualisé. Et c’est là que je mesure la limite des rituels. Lorsqu’on n’est plus capable de vivre sans rituel, il y a un problème. Car la vie est faite d’imprévus. Les règles posent problèmes car elles forcent les individus à rentrer dans des cases en permanence. Et ne laissent aucune place à la liberté individuelle. Je suis en famille d’accueil, je dois jouer au parfait grand frère et être au service de la famille à 100%. Sinon, je vais à l’hôtel. Peu d’adaptation possible. Tout est rigide, près décidé. Et donc jugé. Le jugement est énorme, et toujours dissimulé. Aucune tolérance. La personne en position dominante fixe les règles du jeu, et celui qui ne les suit pas est nécessairement une merde. Car le dominant est nécessairement toujours légitime. On est dans l’extrême de rigueur là où l’occident est soit dans l’équilibre, soit dans l’extrême de laxisme.
18/05/17
Je suis loin d’être parfait, ou libre de mes démons. Mais quel égoïste je ferais à attendre de l’être pour faire ma part dans le monde.
A partir de maintenant et jusqu’au 23 mai, les entrées de ce journal relatent principalement un conflit entre mes besoins personnels (relatifs à mon projet de recherche et mon emploi du temps ici) et ceux de ma famille d’accueil, les Katos (pourtant pas catholiques du tout). J’écris cette introduction après coup, et donc avec du recul. En revanche les textes qui suivent témoignent à vif du conflit. J’y accorde une importance immense, car cet évènement est probablement l’expérience humaine la plus riche que j’ai vécu cette année. Je me suis demandé si c’était lié à la culture japonaise, mais c’est bien la famille chez qui je réside, et notamment la mère, qui est complètement folle. C’est les valeurs japonaises poussées à l’extrême, tellement que tout le monde les détestent dans la ville. Voisins, UCIA, écoles… La mère est consciente, elle le dit, mais elle s’en tape. Très spécial.
Je mesure la complexité de gérer des conflits avec des personnes en déséquilibre mental. Impossible de lui expliquer que son comportement n’est pas normal… Que ses remarques ne sont pas rationnelles. Elle est absolument incapable de concevoir un échange culturel. Comme je viens ici avec un objectif et un programme prédéfini d’activités, je ne peux me soumettre 100% à sa folie…
Par respect pour elle, je coupe les passages concernant cette histoire ! Malheureusement c’est une grande partie de mon mois de mai que vous ne verrez pas. Les histoires sont liées. J’utilisais ce journal comme sas de décompression.
Mais impressions sont très subjectives. Je n’aime pas les gens qui se permettent de parler d’une culture en général après avoir seulement rencontré quelques individus du pays. Je ne connais pas le japon, je connais quelques japonais. Ne pas faire d’un cas une généralité. Ainsi quand je dis que la politesse est malade ici, ça ne vaut que pour certaines personnes qui, par exemple manquant de confiance en elles, tournent à l’extrême des règles sensées apporter l’équilibre. La famille mashushige par exemple est adorable. Et mon séjour n’a posé aucun problème. Tout comme le sont chin, kazumi et nobby. Je crois que cette nuance mérite d’être apportée. J’ai rencontré aussi des gens formidables. Qui savent faire la part des choses. Qui comprennent que je ne peux pas être traité comme un touriste de 4 jours quand je reste 3 mois dans le pays.
19/05/17
Entraînement de kendo !
Très bonne pratique. Le test kyu1 que je vais passer intègre kirikaeshi, combat et les 9 formes au bokuto. Finalement pas la mer à boire. Je progresse en combat et surtout je m’habitue à l’armure, probablement la partie la plus difficile (poids, sueur, coups, enfilage…). Par contre je suis inquiet, douleur qui se réveille dans le poignet gauche, tendinite. Il est très très sollicité.
Importance des rituels de préparation ! Le fait de prendre son temps !! Importance d’arriver en avance. Pour pouvoir soulever la motivation tranquillement.
Importance d’y aller comme à la guerre. Chaque entraînement est vécu comme une vraie bataille.

21/05/17

Rituels ? créer du contenu. Je n’arrive pas à gérer l’exploration diversité. Mais en même temps je suis au Japon donc vite limité. Je devrais y consacrer plus de temps. Et il faudra que je le fasse une fois à Paris. A reprendre en plus, je pense. Mon organisation n’est pas la bonne. Je devrais me focaliser plus géographique. Genre Asie, Europe, Amérique et Moyen-Orient. Ca serait beaucoup mieux. Et je m’efforce de parcourir les grandes époques. Et de focaliser thématique sur les rituels. Oui oui oui !
Chaque continent source a une civilisation antique… A aborder en priorité. Comment articuler les différentes sources dans la trame rituelle générale ? Faut-il les distinguer d’une quelconque manière ? Par un code symbolique peut-être ? Pour souligner l’origine. Créer une classification ultime. Oui oui oui ! La création ultime.
Rituels du corps à traiter nominativement uniquement dans la partie guide pratique. Je reste général sur la théorie.
Très bien travaillé à mon système rituel. Revu notamment les inspirations de l’écologie de l’humanité. Il faut encore que je mette au propre les rituels et commence le travail de référencement.
Après midi épuisant avec un festival de l’UCIA. J’avais mal aux joues tellement je devais sourire sans arrêt. La vie sociale est horriblement difficile à gérer ici. Ca demande une telle énergie. Tant de démonstrations, de faux sourires… J’en pouvais plus. A part a, jolie festival autour des cultures du monde. Scène avec différentes danses, notamment hawaïennes et africaines. Dommage encore une fois que ça soit… au Japon. Avec le côté hyper coincé des gens. Toujours faux.
22/05/17
Noms japonais importance du nombre de traits, forme de superstition. Yumi san qui me dit qu’elle a souvent des visions et qu’elle peut voir les fantômes. Elle pense aussi que depuis qu’elle a changé de nom de famille avec le mariage, son nom est moins équilibré et que du coup elle a moins de chance dans la vie.
A part ça, testé le beuf japonais au dîner !! Très gras, je plaints la pauvre bête. Mais expérience intéressante. Sauf que j’ai mangé tout seul pendant que la folledingue boudait dans une pièce à côté, porte fermée, avec son gosse déjanté.
23/05/17
Très longue discussion avec Maruyama san et Nobi san. Ils m’ont emmené au restaurant. J’ai expliqué les problèmes relatifs à la famille d’accueil. Ils comprennent très bien. Et semblent sincèrement me croire et admettre qu’elle a un gros souci. Ils vont l’appeler. Elle même m’a dit aujourd’hui qu’elle n’allait plus reprendre d’étranger chez elle car elle est incapable de ne pas s’emporter. C’est particulier car elle se défend en disant que je suis très impoli et qu’elle incarne la culture japonaise. Mais c’est faux. Elle est felée. Oui je fais des erreurs. Mais comme l’explique Nobi, c’est de l’ordre de la normalité quand on est à l’étranger. Et c’est à elle de rester calme et de m’expliquer comment je dois me comporter.
A part ça ? ^^
Entraînement kendo !! génial. Mon corps se renforce. Je gère ma tendinite avec des compresses mentolées. Et j’ai changé de shinaï. Celui que j’avais été bien trop lourd… Ca va beaucoup mieux. Espérons que je vais tenir la semaine. J’ai d’abord travaillé les 9 formes au bokuto pour mon test. Puis entraînement classique. Sauf, c’était intéressant, nous avons repris en vitesse réelle les 9 formes.
24/05/17
Entraînement de kendo excellent. Mais particulièrement difficile. Et mon poignet ne s’arrange pas (enfin c’est pas très étonnant). J’ai enchaîné les kirikaeshi et les combats sans relâche. Sensei m’a poussé loin, je suais plus que jamais. Il m’o offert un tissu pour la tête, made in Utsunomiya. Génial !
J’ai reçu des précieuses sagesses. La première c’est qu’il ne faut surtout pas penser « après coup ». C’est-à-dire ruminer pendant le combat sur les coups qu’on vient de donner. Car c’est là qu’on laisse l’ouverture à son adversaire. Quand on se fait frapper par l’adversaire, on doit le remercier car il vient de nous révéler un de nos points faibles. Enfin il y a 4 étapes pour un coup classique parfait. Le premier niveau c’est de frapper avec les bras. Le deuxième avec les jambes. Le troisième avec le hara et le dernier avec le cœur.
Différence yeux asiatiques occidentaux : les asiatiques sont moins sensibles aux lumières claires, mais aussi moins sensibles aux lumières sombres. Inverse pour occidentaux. C’est pourquoi en occidentaux on aime les ambiances tamisées. Pas en Asie.
Champs de riz entourant la maison des Katos. J’entends les grenouilles chaque soir. Beaucoup de moustique aussi… On se balade dans les petits chemins entre ces risières. De nombreux canaux d’irrigations partagés par les fermiers, qui se battent pour qui remplira en premier son champ…
Au Japon, les jours correspondent… aux 5 éléments chinois ! Avec en plus la lune et le soleil (je crois). Juste oufissime.
Fabriqué des avions en papier avec Tohru, le mari de la famille d’accueil. C’était cool, il est un vrai pro. Je trouve que les avions en papier c’est quelque chose de très japonais.

 

25/05/17

Entraînement de kendo ok. Je m’améliore en combat.
26/05/17
Ce matin étirements. Je sens des véritables progrès. Même si ça arrache encore beaucoup. J’ai réussi à claquer tous mes grands écarts en 45 minutes, avec échauffements. Incroyable la puissance énergisante du yoga. Hallucinant. Ca redonne vraiment du mouvement à la structure corporelle. Ca la développe.
27/05/17
Bref aujourd’hui séminaire d’anglais avec un niveau avancé. Je leur ai proposé de traduire un discours de Macron. J’ai enchaîné avec le salon international de l’UCIA. J’ai fait une présentation de 10 minutes sur mon voyage. Les gens parlaient très peu anglais donc j’ai du adapter. Et valoriser les photos, les démonstrations de yoga etc… Finalement c’était cool, ludique et sans prise de tête. Les membres de l’UCIA semblaient contents, c’est l’essentiel.
Anecdotes :
Au Japon il est interdit de montrer ses tatouages dans les piscines ou les spas.
Maruyama san m’a expliqué qu’une partie de sa famille a du rester à Utsunomiya pendant la Seconde Guerre, et que la ville a beaucoup souffert des bombardements au napalm de l’armée américaine (comme toutes les maisons sont en bois c’était plutôt efficace…). Les habitants étaient parfois obligés de passer des nuits entières dans la rivière pour se protéger des flammes, dont sa mère et son frère.
Les oiseaux dans la maison apportent la chance.
Aucun moment à moi pour ma recherche, encore moins pour me reposer. Ce mois est un fiasco total à ce niveau. A cause de la famille d’accueil.
28/05/17
Je commence à réfléchir à ma newsletter. Je suis embêté car impossible de travailler à ma recherche correctement. Trop de sollicitations de l’environnement… Mais d’un autre côté je ne me plains pas. C’est cela le Japon, même si j’en ai eu une présentation extrême avec cette famille d’accueil démoniaque.
Pas de réponse d’Alexandre Lacroix. Il faut que je le relance. Même si je n’ai pas envie de reprendre cette deuxième partie de mémoire, son silence m’inquiète.
Aujourd’hui entraînement de kendo spécial dans le dojo de Kusaka san (qui a perdu son beau père cette semaine désolé pour elle…). J’ai vécu un vrai parcours du combattant. L’autorité et le niveau sont élevés. J’ai enchaîné trop sessions avec trois différents sensei. Avec très peu de poses entre chaque. Je devais enchaîner les kirikaeshi et les men sans arrêt. De bons conseils : Frapper plus sec et fort. Ne pas trop lever le men. Pour le Kirikaeshi, bien lever le men et priorité force et amplitude plutôt que vitesse. J’ai aussi fait un combat contre un gars qui va passer le kyu en même temps que moi. D’une grande agressivité ! Ca m’a obligé à m’adapter à son rythme. J’ai réalisé que jusqu’à présent les sensei me ménageaient bien comme il faut ahah. J’ai du retirer deux fois mon men tellement j’étais transpirant et épuisé. Je n’arrivais même plus à marcher. Le kendo fait travailler le cardio d’une manière selon moi proche du badminton. Petits déplacements rapides et répétés. Le poids de l’armure (10 kilos) ajoute bien sûr à l’effort.
Suite à cela visite du centre équestre de la fille de Kusaka san, Momo. Puis direction maison de Kusaka san. J’ai une chance immense d’être autant immergé dans la culture japonaise. Sa maison est géniale. Deux chiens adorables, des oiseaux et un lézard. Son mari est très gros. Il tient un restaurant de poulet grillé et il est prof en primaire la journée. On a partagé un déjeuner ensemble et pour le dessert on a fait un milkshake de fraises. Beau moment de légèreté après les problèmes avec la famille d’accueil. Plaisir d’être avec des gens qui ne se prennent pas la tête.
29/05/17
J’ai repris en main ma recherche ! Je veux dire, j’ai d’un côté mes rituels et théories personnelles que je reprendrai au propre à mon retour (j’ai tout l’été). Et de l’autre l’annexe à mon mémoire que je dois écrire sur le Japon. J’ai mon plan, qui tient franchement la route. Et je commence d’ores et déjà la rédaction, en faisant des recherches sur les origines historiques du Japon et du kendo.
Fatigue plus qu’immense. Je ne peux croire que c’est normal. Vraiment étrange.
Journée de randonnée dans la montagne avec Yumi san.
Les forêts montagneuses japonaises sont vraiment magnifiques, je me croirais vraiment dans princesse Mononoké ou le voyage de Chihiro ! Pris pleins de photos.
Au sommet après la visite du sanctuaire shinto, dégustation de délicieuses soba dans un petit café, avec terrasse et vue sur toute la ville d’Utsunomiya ! Super moment.  Gâteaux de riz (Yuzu Dango), Kuromitsu (miel noir), kanako (poudre de sésame sucrée) avec mochi… Sasami yakitori, Yasai…
Traditionnellement, les mamans japonaises qui veulent avoir un bébé peuvent se rendre dans des sanctuaires spécialisés, elle apportent des œufs qu’elles brisent, donnent de l’argent… Viennent une fois avant et une fois après la naissance. Yumi san l’a fait.
Le long de l’escalier qui mène au sanctuaire, il y a de nombreuses pierres gravées et des drapeaux. C’est les noms des gens qui donnent de l’argent pour l’entretien.
Etrange mélange d’inspiration shinto et bouddhiste. Les deux sont en fait très liés. Dans un temple shinto on trouve par exemple la cloche qui permet de purifier les 108 désirs terrestres (tradition bouddhiste).
Le shintoïsme peut être perçu comme très superstitieux. Il l’est en fait. Les japonais le sont. Ils confondent imagination et pensée magique. Rituels de matérialisation des structures et réalité. Ils réduisent la physique à l’imagination. Mauvais. Exemple des gens qui lancent des malédictions sur des « ennemis » en clouant une poupée d’eux sur un pin. Yumi a déjà vu cela à Nikko. On se croirait dans Tintin et le temple du soleil ahah.
30/05/17
Etirements ignobles. Cette fatigue. Ma cuisse droite est complètement bloquée. Douleur insoutenable. A reprendre plus tard… C’est étrange car je n’ai pas le sentiment d’avoir forcé plus que d’habitude la dernière fois. Au passage, pas de circuit training cette semaine. Trop de fatigue. Je dois garder mon énergie pour le kendo.
Entraînement kendo à mourir de fatigue. Très intéressant cependant sur le plan psychologique. Mais mon corps ne suit pas. Je dois me reposer. Je comptais chaque minute. Chaque mouvement je pensais que j’allais m’effondrer. On peut voir cela de manière négative. Mais je préfère penser le positif : j’ai tenu bon. Je tiens toujours bon.
Après midi de réflexion générale :
développer Livre des 5 origines (chapitrage pour chaque tradition par structure fondamentale) utilisé pour obtenir les infos associées au lien référence dans le texte rituel et théorique (code particulier pour retrouver le passage type œuvres classiques, préciser si matérialisation ou pas). Les ressources constituent de la matière objective, brute, non dérivée dans le système. Comment le développer ? Dès que je lis un rituel et que je sens une référence, je crée un lien et un point information dans les origines (avec citation externe si nécessaire). Il ne s’agit pas faire une encyclopédie sur le Japon. Seuls les informations mobilisées dans les rituels sont listées. Cependant, LISTE d’idées inspiration à la fin de chaque chapitre.
valoriser matériellement les quelques références et rituels essentiels : habits, objets, livres et vidéos (le numérique gravé sur des amulettes en bois). Pas besoin d’aller chercher d’autres sources. Quand j’ai besoin il suffit de valoriser et développer celles que je possède déjà.
éthique de l’information :
ne plus jamais aller sur youtube pour autre chose que TELECHARGER des musiques/vidéos à revoir (rituel)
ne plus jamais aller sur facebook (utiliser messenger sur portable et diffuser mes projets autrement, pour de vrai)
J’ai pris ces résolutions in extremis. J’avais plus beaucoup de ressources mentales. Il faut vraiment que je fasse plus de méditation pour renforcer mes défenses. Et ma capacité de traduction équilibriste.
développer Livre des 5 origines (cf fichier 2.8 grand public)
reprendre méditation soir et matin rituel !
Très bonne soirée de méditation. Très positive. Apprendre à maintenir le cap dans la difficulté. Parce que c’est là qu’on reconnaît quelqu’un de grand. Dans la difficulté.
31/05/17
Aujourd’hui on plante une carotte, demain (le film) deux, après demain trois. Et ensuite quoi ? Ces petits gestes changent le monde. Un temps sur facebook je publiais chaque mois la somme de ce que j’économisais en ressources par mes gestes colibris. C’est colossale rien que pour une personne. Comme dirait mon cher père il y a ceux qui font ce qu’ils disent et ceux qui disent qu’ils font.

Journal de bord n°12 Avril

01/04/17
Le temps passe. Voilà le mois d’avril et le printemps bien installés.
Journée qui commence très bien. Enfin non, plutôt qui commence mal comme chaque matin. Sentiment de vide, de lassitude, de non sens… Mais cette fois ci j’ai décidé d’accepter, d’accueillir, et de me satisfaire de ce que j’avais, vivais. D’arrêter de vouloir toujours l’expérience optimale, la grande sensation, l’émerveillement. Accepter le creux de la vague. Et tout de suite, même si je reste maussade, tout va beaucoup mieux. Je ne suis plus dans la lutte permanente.
Spikes le chien renard a failli mourir ce matin, prise de convulsions. Bave, état de choque, refus de boire… Elle a probablement la rage. Le staff de l’école l’a emmené loin d’ici… Bye bye Spikes.
En fait non, quelques heures plus tard Spikes revenait de chez le vétérinaire (je n’y croyais pas trop en Chine, je me disais que veto = barbecue mais comme quoi…). En forme !
Bon entraînement. Tranquille. J’ai fait ma muscu le matin plutôt que l’aprem car la journée est chaude, presque trop !
Départ de Lewis, qui va à Chengdu retrouver sa famille (ça me rappelle quelque chose ahah).
J’ai terminé de lire le livre Flow de Csik machin. J’ai bien décortiqué sa théorie, critiqué, commenté. Très riche.
Soirée à l’auberge, partie d’échec avec Hg d’Allemagne. Il est bon le bougre ! Je me suis fait détruire. A la fin on a échangé de couleur pour que je puisse jouer avec ses pièces. La honte absolue. Mais bon, c’était intéressant. J’ai réussi à retourner la situation une fois, après qu’il met coincé dans une double fourchette avec cavalier qui m’a fait perdre ma reine et mon cavalier…
02/04/17
Discuté HP, Tolkien et GoT au déjeuner. Les gars, notamment Hg et Wlt (guatemala puis Allemagne) s’y connaissent ! Wlt est en plein dans Hp5, comme moi !
Journée d’entraînement chouette. Mon coach est parti pour deux jours. Du coup je termine avec un nouveau, qui est très bien car il parle plus anglais. Et chaque coach a une vision particulière, du coup il reprend certains de mes mouvements, notamment dans le Taiyi. J’ai fait beaucoup de progrès. Je travaille les détails, comme la position des doigts.
Fait un taiji magique en flow intégral avec G¨ et Ald. 10 minutes qui se sont envolées comme 2. La clé est la lenteur. J’ai pris conscience du moindre petit mouvement. Comme si mon attention était de plus en plus continue. Magique, c’est ça le flow optimal. L’engagement ultime de l’attention. La concentration très intense. Travaillé en Taiji le fait de garder le dos droit dans le pas de côté, et les directions.
Un monsieur qui est là, la cinquantaine, américain… s’est à nouveau révélé être quelqu’un de particulier, mais qui ne paye pas de mine. Il a servi dans les forces spéciales américaines, combattu dans les commandos d’élite antiterroriste en Irak, en Afghanistan… Aujourd’hui c’est un ours très calme, bon vivant, qui adore discuter de tout et de rien. Il pèse 107 kilos. Bref qui se serait douté ?
Discussion avec Jhntn d’Israël. Il a seulement 16 ans. A 13 ans il a peté un câble et ses parents ont décidé pour l’aider de lui faire suivre une thérapie par les chevaux… Il a fait un séminar avec klaus ferdinand hempfling, au Danemark. C’est le courant des murmureurs, comme Monty Robert que je connais depuis longtemps. Les nouvelles approches sont incroyables. En fait, le travail sur la relation cheval/être humain est un chemin d’éveil intérieur. De connaissance de soi. Bref intéressant, surtout que ça rejoint de près l’approche de G¨. Envie de remonter à cheval. De retourner au contact de ce grand animal.
Chanté avec Dawei qui lui jouait de la guitare, sur une chanson dont j’ai réécrit les paroles pour décrire brièvement la vie ici, et remercier les gens qui ont compté pour moi. Je ne voulais pas partir sans faire quelque chose ! Voici les paroles (sur youtube : 罗大佑 – 恋曲1990)
Maybe it’s kind of crazy
to dance with the Qi
Once upon a time far east, I’ve met you brothers
People run without seeing
What we feel blowing
Stretching Fan Mabu Taiji, hostel and snickers
Every morning at 6
I’m deeply asleep
Dreaming of the breakfast’s bread, so good for pubu
Mystery of the 5 powers
I know Ting Gur knows
By sharing some rituals, I’ve met you my friends
There’s no farewell cause I fly with your niiice wisdoms
One day we will find a cave, but not toooday
Small measure of peace in this simple but very true life
« Rhinoceroses find no place to pitch their horns »
03/04/17
Dernier jour dans le Wudang… il pleut. Je pars serein. Je vais avancer mes recherches sérieusement. Je dois me remettre au travail, mais surtout profiter du temps que j’ai là pour me former. MOOC. Comparaison des théories… A entreprendre sérieusement pour l’avenir. Ecrire dans l’optique passeur. Préparer le terrain. Suivre plan livre du rituel.
Je ne me suis pas entraîné, j’ai contemplé l’entraînement, les gestes, je me suis laissé imprégner du lieu, de la sagesse. Et j’ai lu le synopsis d’Inheritance, le dernier tome d’Eragon, série que je n’ai jamais terminée.
J’ai chanté avec Dawei mon morceau d’au revoir pendant le dîner. C’était puissant, et simple surtout… Avec G¨ auberge échange de pierre pour charger énergétiquement. Les pierres sont très symboliques dans le taoïsme. Les maîtres en portent des précieuses, celle de maître Yuan a le prix d’une voiture. Le bois également, des colliers de boules de bois. Les maîtres les font rouler dans leurs mains, à tel point que le bois se poli et le collier devient très brillant. Plus il est brillant, plus il a de valeur…
Soirée avec Dawei, j’ai ramené des boze. Joué à Skyrim !! Génial… quel univers. Les décors… les souterrains de la guilde des voleurs, avec cette voute. La discussion au bar, la quête du livre où il faut aller parler au sorcier… tué le dragon aspiré son âme. Le calme, l’ouverture. Le réalisme ! L’inspiration des décors. Je veux ce moyen-âge à Neufvy.
Besoin de temps. De plus de temps pour construire une relation humain. C’est avec le temps que tout devient naturel. Il est inutile de vouloir lutter contre le temps. De forcer. Il faut être ouvert mais ne pas forcer.
04/04/17
Jour du départ ! Dernier ptit déj, puis rangement de ma chambre. J’ai juste eu le temps de noter une adresse d’auberge à Shanghai et de prendre en photo le plan de la ville. Je ne peux m’attendre à rien de connu : le gigantisme chinois doit, je pense, être vécu pour être cru. Je suis arrivé en Chine à Pékin, mais je n’ai pas eu le temps de visiter la ville. J’aurai cependant une journée à Shanghai pour m’imprégner de l’atmosphère (au-delà de la pollution).
J’ai mon certificat d’entraînement pour Sciences Po. Mon « diplôme », même si, il faut être honnête, tout reste à faire concernant la pratique du Taiji et du Taiyi.
Emotion du départ alors que je quitte l’école, passant à travers mes frères de Kung-Fu ave mon sac à dos. Je les serre tous dans mes bras. G¨ me donne un tissu de prière qu’un moine lui avait confié dans la montagne. La veille, je lui avais confié ma pierre ramassée sur les plages du débarquement, pour qu’il la charge d’une énergie, d’une intention.
Je trouve sans problème ma place dans le train. Couchette du bas. Atmosphère agréable. Je vois l’école passer, avec le temple. A cette heure, mes amis sont probablement entrain de déjeuner !
05/04/17
Il y a quelque chose d’initiatique dans la traversée d’une terre sinotisée. Des colossaux complexes industriels défilent les uns après les autres, flanqués de cages à lapin géantes en construction ou habitées par les ouvriers. Le sol est percé comme un gruyère, sucé jusqu’au dernier gravier ou grain de sable. Impression futuriste ou apocalyptique, ou les deux. La profondeur de champ est limitée par le nuage de pollution, de manière à ce que les lapins ne puissent rêver plus loin que les barreaux de leur clapier. Si vous vous demandez où sont les 7 milliards d’humains et ce qu’ils font de leur vie, je crois avoir trouvé.
Jusqu’à présent, j’ai beaucoup cherché des souvenirs captivants à vous raconter, des histoires dépaysantes et originales. J’ai le sentiment que moi même, je cherchais dans mon voyage l’expérience transcendante, l’intensité et la puissance. Bien sûr, j’ai écrit conclusion générale pour ma recherche, enflammé avec un concitoyen une soirée karaoké dans une chambre dédiée grâce à Stromae, perdu toute notion de temps et d’espace dans une pratique du Taiji 28, débloqué mon bassin en méditation, acquis mon grand écart facial, poussé des chants et des cris de liberté en transe au milieu d’un parc public, mangé avec les gardiens d’un temple dans la montagne, choisi d’étudier la finance et la stratégie pour les deux ans à venir, défini mes projets à Neufvy, parlé de shamanisme et de murmureurs, fait au moins deux rencontres inoubliables… mais tout cela n’est pas la preuve d’une compréhension des sagesses asiatiques.
La dao n’est pas quelque chose d’exceptionnel qui se provoque et se fabrique. C’est un chemin à apercevoir, à comprendre et à suivre. Et cela commence dans l’acceptation du très simple de la vie. Disons alors simplement Shian Ke, Jaioyuan Chinkula ! Pinyin approximatif signifiant « le cours est fini, merci professeur ». Paume gauche ouverte contre poing droit fermé, mains au niveau du visage, je salue l’empire du taoïsme et des arts martiaux, ou la brume du matin se mélange aux fumées industrielles.
Grande fatigue. J’essaye de rédiger ma newsletter mais c’est laborieux. Les idées se mélangent dans un goût général de fadeur. Le temps passe et je n’avance pas. Ou peu. Et pourtant, je l’accepte. Je suis dans un état normal, l’extase ne doit pas être ce que j’appelle la vie. Je vis en ce moment intensément.
Réussi à gérer correctement ma soirée. Après avoir mangé un KFC, parce que je crois dans l’équilibre… direction les arrières rues de Nanjing road pour acheter une carotte et un concombre ahah. Incroyable contraste. Deux rues parallèles juxtaposées, l’une du monde du rien, du faste vide et déshumanisé, l’autre du petit, de la relation humaine et locale. Plaisir d’avoir senti le contraste et réussi à intégrer les deux.
Pas de lecture HP. Quelques nouvelles aux proches. Méditation et étirements, taiyi pour se détendre. Je suis heureux d’arriver à accepter cette simplicité.
06/04/17
Les idées milles fois plus claires. J’ai bien dormi. Travail sur ma recherche personnelle ce matin. Plaisir d’avoir une très belle structure. J’espère la définitive. Quatre grandes parties, ça va être du tonnerre. Limpide, efficace. Vrai.
Visite de Shanghai en bus, le moyen le plus rapide. Ville gigantesque, 5x NYC. Mais pas grand-chose à voir malheureusement, à part des immenses building de banques et des grands magasins. Plus tellement d’authenticité, moins qu’à Chengdu par exemple. Atmosphère stressée, orientée fric. Pas charmé.

Départ pour l’aéroport. Et là… avion annulé. Voici une copie de la news letter que j’ai envoyée, qui relate dans les grandes lignes cette journée et la suivante :

Chers amis de tous les horizons,

Comment allez vous ? Je suis un peu retard sur le mois de mars. Excusez moi… ça n’est pas que les vapeurs printanières (ou les belles chinoises) m’ont tourné la tête, mais j’ai eu quelques aventures imprévues (les meilleures).

Je suis actuellement à Hangzhou, une petite ville chinoise à l’écart de Shanghai, dans la province de Zhejiang. C’est un bout de campagne au bord d’un lac, hier prisé des artistes chinois, aujourd’hui des touristes, comme lieu de tranquillité. J’ai quitté léger comme un nuage le wudang le 4 avril. Je maîtrise désormais les 5 animaux en qigong, le wudang taiji 28, et le taiyi wuxi. Certains de vous pratiquent ils ces disciplines ? Je serais intéressé de connaître vos expériences. L’enjeu est maintenant pour moi d’intégrer ces pratiques et les autres rituels que j’ai développé à un cadre de vie plus actif, car j’ai quitté le wudang monastique et mon voyage au Japon intègre un étage dans une asso culturelle.

Après mon départ du Wudang direction Shanghai pour décoller au japon le 7 avril. Enfin ça c’était le plan A, qui fut impossible à concrétiser car mon vol fut annulé pour cause de mauvais temps (cad de pollution). Ainsi avec Daniel (un compagnon de voyage improvisé canadien), on retourne sur le Bund, le coeur de Shanghai (et de HSBC), à 2 heures du matin. Tous les hôtels et auberges sont complets. Je commençe en toute logique à chercher un coin de rue pour finir la nuit… quand finalement on trouve un petit hôtel bien caché grâce à l’aide de jeunes barman.
Décision le lendemain de partir pour Hangzhou, puisque pas de nouveau vol possible avant le 12. Après une nuit paisible dans le dortoir de l’auberge « le voyage de Fiona », visite des alentours du lac, d’une grande pagode tapissée de gravures sur bois, de parcs aux jardins chinois féeriques. Cette ville est la cité perdue de l’Atlantide au milieu du trou noir environnemental que représente la Chine. Je me repose de mon entraînement au kung-fu, c’est une belle alternative à la folie de Shanghai.

Concernant la recherche. Monsieur Lacroix, mon référant pédagogique, a revu la première partie de mon travail. S’il reste bien sûr des choses à modifier, son commentaire est positif voire élogieux. Soulagements ! Je vais profiter de ces quelques jours de battement à Hangzhou pour avancer. Quelles que soient les modifications à faire, j’ai pu terminer la deuxième partie et écrire la conclusion générale !

Mes recherches plus personnelles ont aussi progressé. Je ne peux malheureusement les présenter maintenant, mais ça va venir ! Bonheur stoïcien, sobriété heureuse de pierre rabhi, écologie… ces sagesses invitent à faire de la simplicité un royaume. Il ne s’agit pas de faire moins, mais de faire parfaitement l’essentiel. Je retiens du voyage et des sagesses indiennes et chinoises le pragmatisme individuel. Mieux vaut faire que dire. Chaque geste du quotidien change le monde. J’apprends à mettre en pratique la philosophie à travers des attitudes et rituels. Enfin rien d’extraordinaire, j’imagine que j’apprends à vivre, comme nous tous. Ce soir, je vais envoyer cette newsletter, discuter un peu avec les gens de l’auberge. Je ferai ensuite des étirements yogic et ma série de taiji, avant d’aller rêver de vous, qui me manquez bien !

Exploration environnement, corps, mémoire, raison, imagination. Richesse de l’expérience humaine. Chaque jour et jusqu’au dernier, manipuler et ressentir simplement le mouvement, l’énergie. Agir et contempler. Pouvoir et acceptation. Intention et Attention.

En complément :

Mon journal de mars (je recommande les journées du 02,03,05,06,10,15,18,23,25,27,31) : https://pardelaleconnu.wordpress.com/2017/04/08/journal-de-bord-n10-mars/

Ma recherche pour SciencesPo complète, première version, avec une ouverture « exclusive » sur le confucianisme : pièce jointe

Mes photos seront postées sur le drive quand je serai au Japon, je vous redonnerai le lien).

À bientôt, puisse la force être avec vous, et en espérant que la prochaine newsletter parlera du Japon,

Léopold.

Ps : 10/03/17
Jour à marquer d’une pierre blanche. Je viens de franchir une étape fondamentale dans la progression dans la maîtrise de la structure corporelle. J’ai associé le côté étirement du Yoga à la pratique du Taiji. J’ai donc, plutôt que de faire les basics rapides et violents, pris le temps grâce à l’initiative de G¨, de m’étirer dans une grande lenteur, une grande douceur et une grande écoute de mon corps. Pour sentir mes besoins, relâcher les tensions profondément. J’étais bien. Je faisais du bien à mon corps. Je ne dépassais jamais un certain stade de douleur.
Puis Taiji. Etant complètement ouvert, l’énergie circulait à fond. Et les mouvements coulaient, dans une immense lenteur. Ma perception était décuplée. C’était facile. Bon. Ca coulait. J’étais presque aussi émerveillé que dans la prise de conscience vers un rêve lucide…
 
Nous avons vécu de sacrées aventures avec Daniel. La journée du départ pour Hangzhou fut folle. On s’est pointé à la mauvaise gare pour prendre notre train. Du coup on a sprinté pour changer les billets avec le départ. Puis direction l’autre gare. Dans le métro Daniel se rend compte par un grand et heureux hasard que cette fois les billets étaient pour la gare qu’on venait de quitter… demi-tour. Et on arrive finalement à monter dans le train. Ca fait beaucoup après un avion annulé. Mais le fait d’être deux permet vraiment de vivre le voyage différemment. Seul, je suis déjà relativement détaché de ce qui m’arrive. C’est nécessaire. A deux on peut plus en rire.
La visite de Hangzhou à vélo le 9 fut magique. Bien que c’était samedi, et qu’il y avait beaucoup de touristes ! J’ai pris des photos, qui parlent mieux que mes mots je pense.
Je dois filer en urgence jusqu’au centre de visa de Hangzhou car l’auberge ne veut pas me garder sans un justificatif (mon visa se termine le 8 mais cela ne pose pas de problème légalement car c’est du à une annulation de vol). Problème réglé. J’ai un toit sous lequel passer la nuit. Je me pose un instant au bord d’une rivière pour finir d’écrire ma newsletter. Que j’envoie dans la foulée !
Départ de Daniel. Ami d’un jour. Ainsi va le voyage.
09/04/17
Journée studieuse où je reprends la fin de ma première partie. Je ne suis pas satisfait de ce que je fais, mais du tout. Mais je pense que ça suffira pour sciencespo. A mes yeux, ma recherche était terminée. Le fait que mon référant me demande de la reprendre me mine un peu. Mais je fais de mon mieux, et on verra bien. J’ai souvent eu la surprise de recevoir des retours très positifs pour un travail que je n’apprécie pas.
Fais ma muscu très laborieusement. Je suis épuisé, ou bien j’ai pris du poids, ou bien j’ai perdu du muscle. Mon circuit training est un repère de forme. Il sera à refaire une fois au Japon pour vérifier le diagnostique. La fatigue semble être l’explication la plus logique.
Skype avec la famille ! On a bien discuté. Je vous avais dit qu’ils viennent me voir au Japon en juin ? C’est une belle nouvelle. Ce dimanche c’est le repas breton à Colibris, ce petit mouvement garde la pêche. Contre vents et marrées.
Soirée Hotpot maison, avec le staff de l’auberge. Magique. Une des filles n’arrête pas de dire que je suis handsome. Elles sont un peu folles (pas de moi) mais géniales. On a regardé leurs photos d’un voyage au Tibet.
10/04/17
Recherche à nouveau. Laborieux. Pas de motivation. Je manque cruellement de matériel empirique et théorique pour avancer. Ce que je dis est pauvre. Ca manque de références. Berk.
Taiji, Taiyi pour garder le rythme et ne pas oublier. Puis étirements de yoga. J’ai réussi à faire mes grands écarts ! Je suis satisfait de ça. Je referai une séance au Japon.
Répondu à des mails, notamment concernant le Japon.
11/04/17
Décidé de faire mon rituel méditatif ce matin. Cela fait trop longtemps que je n’arrive pas à les faire. Le problème est que ça prend du temps. Mais j’en ai marre de ne pas faire ces rituels, qui sont essentiels à mon équilibre.
Importance de l’autosuggestion comme méthode méditative générale
Bien avancé sur ma recherche. Je suis plus satisfait de ce que j’ai. Allongé la partie sur la concentration, ainsi que les parties décrivant le processus d’apprentissage et de maîtrise d’un asana. J’ai ajouté quelques références et il m’en reste encore à intégrer. J’ai gagné 5 pages word, en simplifiant la démonstration, et en expliquant que la continuité de l’attention est aussi une continuité de l’intention. Parfois je pense à cette recherche comme à un sport de haut niveau. Finalement les penseurs professionnels (ce que je ne suis pas pourtant) jonglent avec une telle complexité de réflexions qu’ils doivent pratiquer chaque jour pour rester familier avec leurs disciplines. C’est pareil partout où il y a une grande maîtrise
Retour vers Shanghai ! Au revoir au staff de l’auberge. Je fais mon sac… j’avale un bol de nouilles dans une petite rue près de la station de bus et go. La conductrice du bus a du avoir son permis dans une pochette surprise, jamais vu quelqu’un conduire aussi mal. C’était peut être son premier (et son dernier) jour.
J’achète du thé pour offrir à Kazumi. J’ai des sucreries genre boules coco pour la famille. Le minimum syndical quand on voit comme ils se démènent pour arranger mon séjour !
A Shanghai, direction un ciné pour regarder la belle et la bête. Je peine à trouver, demande à dix personnes, mais finalement arrive dans la salle. Beau film, vraiment. Ou plus beau conte. C’est du pur Disney, mais j’ai apprécié car l’histoire est pleine de sens, humainement parlant. La bête est punie pour son arrogance. Et dans sa malédiction elle apprend à être un homme… à renoncer à son égoïsme pour mesurer la valeur du monde. Si bien que quand l’amour se présente, elle n’en a pas besoin réellement. Elle ne se souci plus d’elle en soi. Là est la clé. La destruction de l’ego. Vivre sa vie dans une forme de service, et renoncer au bénéfice personnel.
En sortant de la salle, traversée d’une grande pièce de réception complètement vide, au cœur de Shanghai. Je n’emprunte pas le parcours habituel. Sentiment surréaliste. L’ascenseur est en verre avec vue sur toute la ville, illuminée dans la nuit. Tandis que je descends encore bercé par l’énergie du film, je fais mes adieux à la Chine.
12/04/17
Jour de mon arrivée au Japon. J’imagine que je pourrais écrire un roman… Atterrissage sans encombre à l’aéroport d’Haneda, Tokyo. Un nouveau monde s’ouvre à moi. Non pollué. Je suis déjà touché par la culture japonaise du respect. Les responsables des départs de bus, travailleurs de bas étage qui chargent les bagages dans les soutes, s’inclinent devant le départ de chaque bus. Beau à voir.
Après 2 heures de bus depuis l’aéroport, arrivée à Utsunomiya. La campagne japonaise est agréable, comme dans les mangas. Des fils électriques un peu partout, pleins de petites maisons relativement modernes, modestes. Le tout très propre. Toujours la vue sur des montagnes au loin. Je remarque peu d’agriculture, du moins à grande échelle. Beaucoup de petits champs. Mais pour le reste j’avoue avoir dormi pendant la majorité du trajet, cette nuit aérienne fut mine de rien fatigante, sans parler des évènements des dernier jours !
Accueilli en grande pompes par tous les membres de l’UCIA dès la sortie du bus. J’avais appris à dire Je suis Léopold (Léo de su) et heureux de faire votre connaissance (Hazimemasite). Ca fait toujours son impression. Mais ils vont vite remarquer que mon japonais s’arrête là. Direction un restaurant pour le déjeuner. Je suis invité… Repas délicieux, très classe, à la française étrangement mais sans baguettes (pain inclus !) : beaucoup de crudités en entrée, poulet en plat avec petit gratin dauphinois, pina cota en dessert avec thé. Juste génial. Une dame dans la soixantaine semble prendre en main la cérémonie d’accueil. Je dis cérémonie car ils ont posé par écrit tout un protocole de présentations. UCIA, quelques mots de ma part… j’espère ne pas avoir dit trop de bêtises. Kazumi est très gentille, mais je l’avais senti par mail. Un monsieur responsable du jumelage d’Utsunomiya avec Auckland me dit qu’il a vécu 4 ans à Paris. Tous sont très gentils, d’une incroyable humilité. La dame m’offre un livre en français/japonais sur la culture japonaise. J’offre en retour mon thé de shanghai. Masami (je crois) est là, c’est la maman de ma famille d’accueil. J’ai aussi une lettre de Kato san, la mère de la deuxième famille d’accueil.
Nous discutons de mon programme. Il semble que tout doive être défini précisément. J’aurai une alternance d’entraînement kendo et séance de travail à l’UCIA selon des demi-journées. Programme chargé mais qui promet d’être intense. L’Utsunomiya City International Association gère les échanges culturels de la ville, l’accueil des étrangers (notamment en famille). Elle donne des cours de langues. Je participerai aux leçons de japonais, de français et d’allemand (les deux derniers pour aider). Je vais aussi réfléchir à une conférence de présentation de ma recherche. Pourquoi pas ?
Mon programme personnel est toujours le même. Je reste fixe à mes rituels, qui rythment mes journées. Je dois continuer à les enrichir d’idées, de techniques. Aujourd’hui c’est l’imagination ! De loin mon préféré. Je pense peut être ajouter une excursion dans la ville pour découvrir la vie japonaise, notamment le soir, la vie étudiante, la cérémonie du thé… cela aurait bien sa place dans la semaine, notamment le weekend. La famille d’accueil a aussi un piano. Ca serait l’occasion de reprendre ma pratique. Mais je dois rester fondamentalement concentré sur ma recherche, sinon académique au moins personnelle. Je souhaite tenter quelques MOOC de psychologie. Enfin j’hésite, l’idée est aussi de profiter du Japon. En divertissement pur de l’imagination, lecture hp et visionnage du manga Bleach… souvenirs fréro !
Après le déjeuner direction la maison avec Masami san. Sa voiture, une belle nissan fournie par le boulot de son mari, est garée dans un parking en hauteur. Une plateforme mouvante « va la chercher » et on la voit descendre sous nos yeux. Pour gagner de la place ! Avant la maison, balade dans le parc du centre ville. Tous les cerisiers sont en fleur. Le festival n’est pas terminé. C’est très beau car il y en a beaucoup, c’est comme une mer de blancheur à perte de vue. Des japonais pique nique tranquillement sur l’herbe.
La maison est grande, pour le Japon. Retirer ses chaussures à l’entrée, chaussons. Chaussons spéciaux pour les toilettes également. La douche se fait en deux temps si l’on souhaite prendre un bain : d’abord se laver à l’extérieur, puis dans le bain. Car toute la famille utilise la même eau. Nous à la maison il y a quelques années on se baignait et se lavait dans la même eau en mode rien à foutre. Ahah. Les toilettes hightech… lunette chauffante, petit jet chaud pour se nettoyer les fesses (attention de ne pas appuyer sur le bouton « pour les femmes ». J’ai une pièce à moi comme chambre, grand luxe. Lit japonais, au sol. Je ne sais plus quel est le nom. Dîner avec le père qui vient de rentrer du travail. On est aussi allé chercher Hirato, le fils de 9 ans. Il est adorable. Il m’a montré tous ses jouets, on s’est amusé un peu ensemble. On a fait du piano aussi. La maman en joue un peu. C’est une famille très cultivée, équilibrée. Vraiment agréable à vivre. Je me demande si c’est ainsi dans tout le japon ? Ou est-ce des gens privilégié ?
Bref, journée chargée, en émotions et en échanges humains.
Mots appris :
Konnichiwa = bonjour
Alligato = merci
Dōitashimashite = you are welcome
Hazimemasite = Nice to meet you
どうぞめしあがれ (douzo meshiagare)
= ‘enjoy your meal’ – said by the cook/chef
いただきます (itadakimasu)
– said before a meal by those eating it
ご馳走さまでした (gochisōsama deshita)
– said after a meal by those who have eaten it
Watashi wa Léo de su = je suis Léo
Anata wa Léo de su = tu suis Léo
Kare wa Léo de su = il est Léo
Kanojho wa Masami de su = elle est masami
Watachi tachi wa desu = we are
They are = karera wa de su (ils), kanozhora wa de su (elles), sorera wa de su (it).
13/04/17
Première vraie journée japonaise. Croissants au petit déjeuner, Masami san est fan de la France. Puis direction UCIA. Avec Kazumi on a discuté un peu de ce que je pouvais faire. Je vais aider pour les classes d’Allemand et d’Anglais, faire de la traduction anglais/français. J’écris aussi un petit article sur mon arrivée, pour la newsletter de l’association. Je réfléchis à d’autres activités possibles.
A 11h, direction le dojo ! Arrivée du professeur, Kusaka san. Une dame qui parle bien anglais, et semble être géniale. Je commence déjà l’entraînement. Elle va me prêter le matériel. Je fais du « shadow » de kendo, déplacements avant/arrière et droite gauche face à l’adversaire. Pour apprendre à me déplacer. Il y a aussi le salut de début de combat, de fin de séance, d’entrée sur l’espace d’entraînement (salut du drapeau japonais). Après tout c’est logique, toute la tradition samouraï est née et a existé pour la protection de l’île nippone. J’ai des progrès à faire concernant la terminologie.
Voici un lexique des termes utilisés dans le pratique, bien utile : http://kendo.nklec.fr/le-kendo-de-a-a-z/
Déjeuner dans un resto de ramen avec Kazumi, Masami, la mère de ma troisième famille d’accueil et enfin une dame dont je ne me rappelle plus la fonction. Menu : soupe de nouilles. Mais particulier ici car nouilles servies dans un bol chauffé à 300°C, et l’eau est versée devant nous. Très bon.
Direction dans l’après-midi le magasin de bogu, l’armure de kendo. Boutique géniale, celle où Ptck G, le président du club de kendo d’Orléans, a acheté son propre bogu. Je ne vais pas en acheter un pour le moment, ou du moins si j’achète ça sera une occasion. J’achèterai peut être le casque dans ce magasin, qui de toute évidence propose de la grande qualité. Le vendeur a pris mes mesures, avec rapidité et efficacité. Ses mains son celles d’un artisan. Je me sentais comme Harry chez Olivanders. Pièce après pièce, il m’a fait revêtir le bogu. Jusqu’au casque. Les femmes qui m’accompagnaient prenaient plein de photos. Je n’étais pas super à l’aise. Finalement donc on conclut que je reviendrai pour le casque. Et le vendeur m’offre le tissu que l’on met sur sa tête, sous le casque. Belle expérience !
Soirée tranquille, petit tour dans une rue du festival hanami (voir les fleurs), sous les cerisiers. J’ai mangé une petite crêpe de haricots rouges sucrés. Hirato (le fils de 9 ans) a lui préféré les beignets de poulpe !
Soir, j’ai fait mes étirements. Difficile. Je n’ai plus mal à la jambe droite (le fessier était un hyper extension depuis quelques temps, mais la gauche me fait mal depuis la dernière séance). Je gagne des millimètres de grand écart à prix fort. Agréable cependant.
Mangé du poisson délicieux pour le dîner… Le non m’échappe.
J’ai rêvé que je demandais à Papa si on pouvait faire une réunion avec lui et mes oncles pour discuter de l’avenir du château, et que je puisse présenter mon projet. Signe que cela approche !
14/04/17
Journée chargée, je suis fatigué de l’adaptation culturelle mais très heureux. Le Japon est véritablement une culture infinie, quelle richesse ! Elle se manifeste essentiellement dans les relations humaines, qui sont sacrées. Comme Bob me l’avait dit, alors que l’hindouisme cherche une libération, les japonais et le shintoïsme cherchent à incarner leur existence dans l’harmonie la plus parfaite. On trouve cela en Chine également, mais bien moins pratiqué qu’ici. Tout doit être défini en harmonie, discuté, pesé. Une ouverture et une curiosité étonnantes. Du moins ici à Utsunomiya, dans le cercle des membres de l’UCIA. J’imagine que c’est un environnement propice à l’échange culturel. Il n’empêche. C’est beau.
Travail sur ma recherche toute la matinée, j’ai terminé de reprendre ma première partie. J’espère que ça conviendra. Je dois maintenant attaquer la seconde partie. J’aimerais finir rapidement pour pouvoir me consacrer au kendo, et à mes travaux personnels. Il y a tant à faire. Je dois vite commencer à étudier le kendo pour apprendre la terminologie et les principes fondamentaux. Mes cours me permettent de pratiquer, mais la barrière de la langue limite l’apport théorique.
Maruyama san, un homme âgé de l’UCIA, m’a accompagné au dojo dans l’après midi, après que j’ai dégusté de délicieux sandwich préparés par Masami san, ma maman d’accueil ! Surprise à l’arrivée : mon professeur, Kusaka san, m’offre un bogu ! Il est usé, je pense qu’il était à elle il y a quelques années. Mais encore parfaitement utilisable. Quel honneur. Je n’en reviens pas. D’une manière générale, il ne se passe pas une heure depuis mon arrivée sans que je sois émerveillé par leur générosité. C’est presque difficile pour moi, je ne sais pas quoi faire. J’essaye de dire que c’est trop, que je ne peux tout accepter… mais c’est impoli de refuser et ça semble être pour eux tellement naturel… Elle me prête aussi un shinaï et un katana en bois pour les katas (oublié le nom). L’entraînement peut commencer.
Les pratiquants sont des hommes adultes, plutôt âgés. D’une générosité folle. J’ai lu que le kendo et les arts martiaux en général donnent une grande importance à l’entraide dans le groupe. Les étudiants se conseillent mutuellement. Ainsi je suis enseigné par tous. Position des mains pour tenir le shinaï, position des pieds, manière de se déplacer en avant, en arrière, à droite à gauche…
L’entraînement commence par des katas. Il y en a 7. C’est des simulations de frappes, que l’on fait par deux. Chaque kata implique donc d’apprendre deux rôles. Kusaka et les autres m’ont montré les deux premiers katas. A chaque frappe, on doit pousser un cri particulier (encore une fois je vais bientôt intégrer la terminologie adéquate), selon la partie du corps touchée. Mais pour les katas il n’y a que deux cris, un pour chaque combattant. C’est impressionnant à entendre la première fois. Je peux vraiment percevoir l’histoire samouraï de cette discipline. Une chose marquante est aussi le fait de devoir regarder l’adversaire dans les yeux, par exemple pour le salut. Ce contact est profond, et le cadre combattant oblige à avoir dans son regard une certaine détermination à vaincre l’adversaire, du moins si je ne pense pas ainsi je me sens bête, à éprouver de l’affection pour quelqu’un que je dois frapper avec un shinaï !
Après les katas c’est l’échauffement collectif, étrangement similaire aux jibengong du kung fu chinois (basics) mais fait bien plus rapidement. On sent que l’objectif ici est vraiment le combat, moins la préparation physique au combat qu’on trouve dans le yoga et le taiji par exemple. D’où l’importance de l’approche multiple !
Après l’échauffement on enfile l’armure et on commence à exécuter des formes de combat, je n’ai pas encore bien saisi la différence avec les katas. J’ai travaillé avec le seinsei car Kusaka san ne peut rester qu’une heure. Il m’a parlé en japonais, je ne comprenais pas tout mais globalement ça fut très riche. Encore une fois, je n’arrive pas à croire cette générosité japonaise… J’ai fait des attaques sur la tête (men si je ne m’abuse), en avançant et en reculant, puis en alternant avant arrière gauche et droite. J’étais gêné de devoir frapper le seinsei des dizaines de fois. Au début je n’osais pas frapper, mais à force qu’il me dise d’y aller plus fort j’ai fini par envoyer un peu. Heureusement le shinaï est fait des quatre morceaux de bambou assemblés de manière à créer à amorti lors de la frappe avec effet rebond, très intelligent. Et le casque est bien sûr rembourré.
A la fin, après le salut au drapeau, on m’a appris à ranger mon bogu et mes armes. Je suis sur un nuage, tout cela ne peut être vrai… Je ressens un véritable aboutissement, et perçois toute la pertinence de mon projet. Pratiquer ces disciplines ensembles, yoga taiji et kendo, permet vraiment de développer son corps et son esprit en harmonie. Complétude. Connaître leur philosophie permet ensuite de l’appliquer à d’autres sports et à la vie quotidienne. C’est l’art d’habiter son corps et de l’utiliser… le kendo se distingue par le rapport à l’autre, l’environnement, le sens du respect et de l’honneur qu’on trouve dans le bushido. J’aurai l’occasion d’approfondir cela.
Maruyama san a insisté pour m’emmener manger des Gyoza, les dumplings japonais. On a discuté de sa famille, de son travail (pour l’administration de la ville), des villes jumelles d’Utsunomiya… Puis visite de shrine shintoïste avec lui et « Chérie » san, la mère de ma troisième famille d’accueil. Et enfin achat de chaussettes et de caleçons (avec un lot de 4 jusqu’à présent je serai vraiment passé pour un gros dégueu, que j’étais je l’avoue en Inde et en Chine, mais il me fallait voyager léger !)… offert par Maruyama.
Le soir, dégustation de sashimi, des sushi sans le riz. Donc simplement des lamelles de poisson cru. Délicieux vraiment. Avec des salades et des sauces, soja et wasabi… plus un morceau de tofu. Je ne reviens pas de la qualité de la gastronomie. A quel point c’est pur, bon pour la santé. On a bu du vin de riz aussi. Rien à voir avec l’arrache gueule chinois. Très léger, proche en fait du vin blanc ! Discussion ensuite à propos de la rencontre de Eiki et Masami san. Ambiance joyeuse.
15/04/17
Samedi. Belle matinée. Le temps est magnifique depuis mon arrivée. Réveil fatigué, je sens vraiment la fatigue. Etrangement j’ai pris du poids, je pèse 65 kilos ! Et je le sens. Je ne sais pas si c’est du muscle ou du gras. Toujours utile que c’est le jour de mon circuit training. Du coup avant le petit déj direction le central park, juste à côté de la maison… véritable paradis japonais. Cours d’eau, rochers, cerisiers en fleur, ponts, jardins japonais. Les pétales des fleurs blanches de cerisiers qui tombent avec le vent, se déposant sur l’eau brillante avec les rayons du soleil matinal. Il neige. Un canard qui s’ébroue. Des vieux qui font leur marche et gym matinales. Je m’échauffe. En fait je sens que la fatigue accumulée est plus psychologique. Le footing d’échauffement est difficile, très difficile, je suis à bout de souffle pour rien. Mais je sens que j’ai simplement besoin de me dérouiller. Je révise ensuite mes katas de kendo. Puis circuit training. Difficile, mais bon de le faire correctement.
Journée folle à nouveau. Départ après un déjeuner copieux pour le village natal de Masami san, où vivent toujours ses deux parents. C’est vraiment dans la montagne. Me rappel les Alpes. On aperçoit cependant des singes (les mêmes qu’en Inde) sur le bord de la route, qu’il n’y a pas chez nous ! Ses parents tiennent un petit supermarché. J’ai fait une blague au père en entrant dans le magasin et en achetant une bouteille de vin blanc japonais, pour lui offrir juste après.
Hirato est un peu malade du coup il reste dans la maison se  reposer. Dans le salon il y a une table chauffante, qui est en fait reliée à un petit chauffage électrique, et couverte d’une couverture sous laquelle arrive l’air chaud. Permet d’avoir les pieds au chaud. Très pratique ahah ! La maison n’est pas dans le style japonais traditionnel sauf une pièce, qui abrite un autel de prière et les photos des ancêtres de la famille. Masami san m’explique que le magasin est dans la famille depuis plus de 4 générations.
On part en direction d’un autre petit village, là pour le coup très traditionnel. Je me croirais dans le dernier samouraï l’hiver. Magique. Les maisons ont des toits en chaume. Quand on arrive, un petit moulin à eau tourne, il servait à nettoyer le riz. Il y a un petit musée municipal qui rassemble des objets du travail montagnard traditionnel. La pièce centrale est constituée de deux âtres, pour se réchauffer et cuisiner. Les cloisons sont coulissantes, constituées de ces feuilles épaisses bien connues. Tout cela a des noms qui m’échappent pour le moment. Bref, belle visite.
Ensuite direction une source d’eau chaude, ou l’on peut se baigner, mais à poil. Comme il y avait un homme avec sa femme, j’ai évité. Ils auraient été terrifiés par la pilosité occidentale, peut-être !

Retour à la maison. On attaque le dîner. En mode plancha. Donc plaque chauffante au milieu de la table, sur laquelle la grand-mère ajoute viande et légumes au fur et à mesure qu’on mange. Elle a préparé une sauce délicieuse à base de pomme, de sauce au soja, d’ail et de vin de riz. C’est délicieux. Le grand-père est un sacré buveur ! Il s’enfile des whisky sans pause, entre deux verres de vin de riz (sake). Le père me dit que sa mère est toujours en vie, elle a 106 ans ! L’art de vivre japonais ? L’ambiance est top, Masami san rigole sans arrêt. On termine la soirée en discutant du travail au Japon avec Eiki san, le père d’Hirato, puis de l’avenir du monde… je parle d’écologie. Faisant ainsi ma part de colibris.

J’ai une chance immense. Je ne serai jamais suffisamment reconnaissant. Merci à tous.
16/04/17
Dimanche de pâques ! Il a fallu que je skype ma famille pour m’en souvenir. Ici pas d’œufs en chocolat ou d’ascension divine. Mais plutôt des haricots fermentés gluants au petit déjeuner (très bon pour la santé mais rappelle un peu notre roquefort !) et une prière aux esprits des ancêtres. Masami san a montré ses kimono à Maman, Papa a montré des baguettes encore chaudes et un gros œuf en chocolat !
Journée de repos. Fait un Qigong 5 animals rapide. Joué au loup avec Hirato derrière la maison des parents de Masami san. Puis retour vers Utsunomiya. Le grand-père a insisté pour que j’emmène son shinaï (il faisait beaucoup de kendo). Masami san m’a dit que je pouvais accepter, mais qu’il valait mieux que je le laisse chez eux et pas que je le ramène en France. C’est difficile de trouver la juste mesure entre ce qu’on doit accepter par politesse, ou refuser.
Retour Ustunomiya. Après-midi de recherche, mais surtout de mise à jour concernant la campagne présidentielle française. J’ai regardé les meetings de mélenchon, le pen et macron. Mélenchon est, de loin, le plus éloquent et sa campagne est, de loin, la mieux organisée. Il m’a personnellement convaincu. Big up à A !
Le Japon se distingue vraiment pas la recherche permanente du juste milieu dans les décisions. Bob avait raison, le non n’existe pas. C’est incroyable. Eiki san (le père) a dit quand je lui ai demandé si je pouvais venir à son travail : « peut-être compliqué ». C’est une réponse plus juste que le non, signifiant qu’il va essayer, mais qu’il y a plusieurs raisons pour lesquelles ça ne sera peut être pas possible (dont éventuellement celle qu’il ne veut pas). Quand j’ai proposé un bout de kiwi à Masami san, elle a répondu « un petit peu ». J’ai compris que ça voulait dire non, elle m’avait dit avant qu’elle n’aimait pas trop les fruits. Du coup j’en ai rigolé et j’ai dit que j’étais sûr qu’en fait elle n’en voulait surtout pas ! C’est bon de penser comme ça, car cela permet d’éviter les extrêmes dans la prise de décision, de ne jamais dépasser le 80%.
Mangé dans un restaurant type hotpot barbecue pour le dîner, balade en vélo jusqu’à cet endroit, très agréable. Prêt à entamer une nouvelle semaine japonaise.
17/04/17
Journée très riche que je ne pourrais que faussement retranscrire ici en détail.
Au Japon, chaque jour correspond à une planète. Le samedi c’est la lune, le dimanche c’est le soleil. Dans mon système philosophique et psychologique, chaque jour correspond à une structure informationnelle. Le lundi c’est la mémoire. Alors je me souviens. Je me souviens des toiles d’araignées qu’on « tissait » avec mon frère dans notre salle de jeu (qu’il fallait toujours ranger le dimanche soir, car lundi Mireille venait faire le ménage. Souvent on se contentait de fourrer tous les jouets sous les meubles ahah, maman n’aimait pas ça du tout). On y grimpait sans arrêt, je faisais Spiderman.
Par association je me souviens de Cécile, notre baby-sitter qui était bien plus que cela, une véritable amie (et David également). Elle n’aimait pas trop les cordes en toile d’araignées auxquelles on se balançait. Nous jouions à cache-cache comme des fous. C’était toujours un plaisir si bien qu’il venait nous garder même quand nous n’en avions plus besoin !
Plus tard dans la journée j’ai pensé au petit prince grâce à une édition pop-up magnifique de Masami san. Puis par association au petit prince audio que j’écoutais dans les voyages en voiture dans la xantia break de Papa, ainsi que Pierre et le loup. Et les cassettes de contes dans la 106 de ma chère maman quand on revenait du Poney, dans une odeur mélangeant poils de chevaux et frites de macdo (quand on y avait droit !).
J’ai donc vraiment bien travaillé sur ma structure mémorielle aujourd’hui. C’est important d’exercer ces structures. Et encore, concernant la mémoire, j’ai peu pris le temps de la traduire dans les autres structures (par exemple corps par la mémoire et corps dans la mémoire). Il faut vraiment que j’arrive à étoffer comme cela ma théorie, que je l’enrichisse progressivement de manière à être prêt à l’affirmer à mon retour. Qu’elle soit parfaitement fonctionnelle.
J’ai pris conscience, même si ça n’était pas le jour, des dangers de la structure imaginative, par son côté simplificateur. Elle a un pouvoir de clarté, mais contient par conséquent un risque de réduction. Ne pas mélanger les idées et caractères soulevés dans les fictions avec la réalité.
Matin : article pour la newsletter de l’UCIA

 

First glimpse of Japan, a french report
Bonjour/Konnichiwa,
The following words are dedicated to you and I hope you will enjoy them. Sorry for writing in English, but it’s the best I can do so far. This letter is the first part of a string of 3. Let the story begin !
I’m Léopold d’Arrentières, a 21 year-old french student who arrived in Japan on April 12th. I’m conducting a research project for my university about Asian rituals practices. It started last September in India whith Yoga and Buddhism, as well as sacred cows and masala chai. In december, I entered China to study Taiji and Taoism and here I am now, in Utsunomiya. If I miss India and China, I enjoy the island of the sunrise even better.
I haven’t met Mister Abe, Nausicaä or Samouraï but true people of Utsunomiya. And this is awesome ! I’ve tasted your generosity and efficacity through the UCIA social network, as well as “oishi” gioza, sashimi and nihonshu… I hear konnichiwa instead of namaste or ni hao, see more Samsung than Huawei and wasabi than chilli. But as a little french bunny in the Japanese world, I have everything to learn.
So far, I’m glad I managed to use high tech toilets and house slippers. You could meet me by chance, as I’m riding a bike on my way to the Syokuin-kaikan or Tochigi Gym dojos (wearing a shinaï instead of a “baguette”). Besides my volunteering within the UCIA, studying kendo and the spirit of bushido is, because of my research and great interest, a purpose of my stay. See you then and thank you for being such a nice people,
Léopold.
Ps : If you want to practice foreign languages, I give free English, french and german discussion. 1 hour. Private or collective. About western culture, travelling, philosophy, asian wisdoms or whatever you want. CONTACT : leodarrentieres@gmail.com
Après-midi : direction la maison d’Ichikawa san, une amie du cours de chant de Masami san qui est maître (sensei) de l’art du thé (sado). C’est sa mère qui notamment lui a appris, elle était elle-même experte. La maison est magnifique. Neuve, mais entièrement construite dans le style japonais traditionnel. Avec tatamis au sol, et cloisons coulissantes couvertes de feuilles de riz semi transparentes (shoji). Magique. Tout en bois. Ichikawa m’explique qu’il ne faut pas marcher sur les lignes de tissu qui séparent les différentes parties du tatami, car c’est « délicat ». Elle a une pièce entière consacrée à la cérémonie du thé. Vous pourrez regarder les photos. Ambiance magique, d’une pureté pénétrante.
On entre dans la pièce par une série de saluts. Saluer la calligraphie, la fleur… La cérémonie commence par la dégustation d’un gâteau sucré. Politesse extrême, considération des voisins… Puis le thé. Les bols ont une grande importance. Ceux là appartenaient à la mère de la dame. Ils sont magnifiques, on ne doit pas boire du côté du dessin, pour ne pas abîmer. Tout est mesuré.
Ichikawa san m’a fait revêtir le kimono de son mari, ayant avant appartenu à son grand-père… le sous kimono, robe de soi précieuse, porte un tigre brodé dans le dos. Magnifique. Bon par contre moment de honte monumental quand je suis obligé d’interrompre la cérémonie. Mes jambes meurent dans la position assise à genoux. Plus de circulation du sang. Je ne sentais plus du tout mes pieds. Très particulier comme sensation. Je pouvais me faire mal sans le sentir… J’ai donc terminé assis sur un coussin, puis sur un tabouret. Pour me consoler, Masami san m’a expliqué que c’était difficile pour elle aussi.
Dîner délicieux, poisson cuisiné par Masami san. Réponse à de nombreux mails, et planification d’une visite de l’énorme usine Nissan d’Eiki san.
Je dois trouver une idée de cadeau pour la famille. Réfléchir.
Idée révolutionnaire pour le projet de permaculture. Je pense créer une boisson à infuser, comme le café ou le thé, pour remplacer le café. Avec des vertus différentes. Je ne vous communique pas la recette… secrète. Mais j’ai trois plantes fondamentales qui poussent chez nous qui pourront faire l’affaire ! De quoi se distinguer avec un produit.
18/04/17
Sacrée journée ! Travail sur la recherche le matin. Je vois le bout. J’ai intégré des références à Confucius à partir du cours de chinese thoughts que j’avais suivi il y a presque deux ans, et qui a beaucoup inspiré ma recherche (donné par l’excellent Edward Slingerland sur EDX). Je suis en relecture, et articulation de la deuxième partie par rapport à la première. J’aurai terminé définitivement d’ici la fin de la semaine. Ce qui me permettra d’envoyer ma prose à mon référant pour une dernière relecture et commentaire, que j’espère positif.
Direction le dojo en fin de matinée… à vélo. Sale aventure. Je ne connais pas la ville, je pensais pourtant avoir bien mémorisé mon trajet, mais pas du tout. Je me perds une première fois. Puis retrouve finalement ma route mais j’arrive en retard et Masami san m’a cherché dans toute la ville. Les japonais sont de nature pour le moins… anxieuse.
Entraînement court mais intéressant. Je n’en peux plus de la générosité japonaise. C’est magique mais ça devient presque lourd à la fin, car je sens bien que c’est des dons qui ne sont pas gratuits, qui attendent en toute logique quelque chose en retour. Du coup ça me force à rendre la monnaie. Et quand je dis des dons, c’est pas un porte clé. Non. Demain je vais recevoir un bogu entier, avec casque et gants, seconde main mais quand même ! Un homme de l’entraînement dans l’autre dojo vient aussi de me donner deux sous vêtements traditionnels de kendo, un blanc et un bleu, magnifiques. Tout va bien. Une femme du cours m’offre un étui pour mes sabres (eux-mêmes donnés par on professeur Kusaka san) et me dit qu’elle veut broder mon nom dessus. Je manifeste ma gêne, mais comment refuser quand on te met l’étui dans les mains ?
Entraînement bilan :
Habillage. D’abord le haut, puis le bas (jambe gauche la première). Ensuite resserrer le haut en le glissant bien dans le bas. Armure du bas, puis partie principale.
Entrée sur le dojo : commencer toujours par un salut au groupe, et au drapeau japonais. Le shinaï se tient dans la main gauche, lame vers le haut. Quand on engage le combat, un salut à l’adversaire en regardant dans les yeux. Puis on colle son shinaï à sa taille et on fait trois pas en avant. Arrêt. On sort un peu le shinaï de son fourreau imaginaire en grippant bien de manière à le sortir lame en avant avec la droite. Puis on se met en garde. Salut à croupi. Puis go !
Exercice de frappe sur le men (tête). Importance de la prise sur le sabre : annulaire et auriculaire gauches à la base du sabre, vraiment à la base. Les droits sur l’autre extrémité de la garde. Les trois autres doigts relâchés. Il ne s’agit pas de passer en force. Mais d’être juste et rapide. Le pouce vient couvrir le majeur. Bien aligner les deux mains. Face au fil.
Penser à : pieds bien droits, pied droit devant, pied gauche légèrement en suspension jambe presque tendue chargée en énergie, pas avant par glissée énergique pied droit APRES avoir levé le sabre au dessus de sa tête si frappe du men adverse. Abattre le sabre en refermant les poignets et en donnant un petit coup sec des poignets. Suspendre un instant pour sentir la réaction de l’adversaire puis réagir en levant à nouveau le sabre… bien anticiper le déplacement de l’adversaire. Coup tête droit + alternance gauche droite avec jeu du poignet gauche.
Révision des deux premiers katas.
Retour du dojo terrible. Je me suis complètement perdu alors que j’étais certain de connaître le chemin. Incompréhensible. Les japonais n’aident pas dans la rue. Impossible d’emprunter un portable. Tous me disaient d’aller au bureau de police. Putain mais franchement, qui fait ça aujourd’hui ? Aller dans un foutu bureau de police juste parce qu’on a besoin de passer un coup de téléphone !? Fondamentalement tout est de ma faute, mais les japonais n’aident pas à s’en sortir en toute simplicité. J’ai du me trimbaler mon vélo qui pèse une tonne avec l’équipement de kendo, je crevais de faim. Ca a duré au moins trois heures, et je ne pouvais joindre Masami san qui, morte d’inquiétude, m’a dit après coup m’avoir cherché dans toute la ville en voiture. Bref, la prochaine fois j’ai intérêt à mieux connaître mon chemin. Et à avoir sur moi au moins les numéros de téléphones de l’UCIA.
Très bon déjeuner une fois rentré. Riz genre cantonné avec muzo soupe et salade d’une espèce de céleri moins fort avec crème. L’aprem, on est allé acheter des cadeaux pour ceux qui m’offrent toutes ces affaires de kendo… Le minimum. Je vais devoir retourner dans le magasin. J’ai acheté des livres du petit prince en japonais. En espérant qu’ils ne l’ont pas.
Soirée magique grâce à un skype et une discussion par message très marquants. Beauté de la relation humaine. FFMC musique… Je ne citerai pas de nom ! Je suis convaincu qu’il existe une dimension de la réalité avec laquelle nous pouvons interagir, mais que nous ne connaissons pas, ou à peine. Ce soit il y avait une connexion très puissante, magique. Je ne sais ni pourquoi elle s’est établie, ni comment. C’est un mystère, mais ça existe. C’est beau, et source d’espoir. J’utilise l’imagination et je pense aux auras, aux traces énergétiques… le corps dans l’environnement, l’adéquation des fréquences.
19/04/17
Pensé à mon retour à Paris. Anxiété. Je ne veux pas revivre les mêmes vides existentiels que l’année dernière. Il s’agira de mieux s’investir dans rolling dice, dans les cercles de jeu de rôle, et dans le mouvement colibris de l’Oise. En plus de cela, bien créer mon intérieur rituel, avec mon autel et pratiquer selon programme château ambulant (donner exercices à Colibris ?). Faire mon activité sportive régulière ET par-dessus tout fixer des déjeuners et dîners réguliers avec des amis proches. Avoir de points de rendez-vous définis (faire liste des options et arranger au mieux). Plus prendre le temps de cuisiner. Et enfin, le plus important, travailler avec Papa au développement du projet château et permaculture : création de l’association, voir avec les frères, création d’un business plan (penser au Mugifvy !), voir si je peux intégrer un truc de sciences po pour cela. Voilà le plan

 

Passé la matinée à apprendre à enfiler et ranger mon équipement de kendo. Déjeuner (pâtes de blé noir) puis direction un deuxième magasin de bogu. Le vendeur a proposé de me donner non pas un mais deux tenues complètes… Heureusement j’avais le dvd (her) et le livre du petit prince pour le remercier. J’ai également acheté mon shinaï et katana en bois. 45 euros pour tout cela…
Entraînement niquel. J’affine ma maîtrise de l’enfilage de bogu. Pratique des deux premiers katas, révisions et apprentissage du rôle leader. Puis frappes sur men, avec ajout des gants. Enchaînement…
Importance de garder la garde bien haute quand on dépasse l’adversaire après frappe au men
Importance de bien frapper le sommet du crane et non le front
A la fin j’ai pu observer les combats. Tout est une question de rapidité, et de réflexe. Le monsieur adorable qui a proposé de réparer un peu les deux men que le vendeur m’a donné m’offre en plus un shinaï… Masami san me dit que j’ai beaucoup de chance, je veux bien le croire ! Elle me dit que les gens m’offrent car j’aurais « un cœur pur ». Du moins c’est ce que je dégagerais. Pourtant je ne me sens pas pur du tout. Enfin insha allah !
Retour maison. Je termine l’entraînement en faisant 5 animaux, taiji et taiyi dans le parc. Endroit magnifique plein de petits jardins japonais, d’un grand plan d’eau…
Le soir, j’ai fêté mon retour sur facebook mais une newsletter en avance et le postage des photos de la Chine. J’ai décidé de limiter au maximum mon utilisation de ce réseau. Je passe le plus possible par les mails ou whatsapp pour les messages. Il s’agit avant tout d’un moyen d’être informé d’évènements et d’en organiser. La newsletter :
Salut la compagnie ! Vous m’avez bien manqué… Une newsletter en avance, pour fêter mon retour sur ce mur :
Je me souviens… la dernière fois que j’écrivais sur facebook, j’étais à New Delhi en Inde. Je suis maintenant à Utsunomiya au Japon, après 4 mois merveilleux passés dans le Wudang en Chine. En juin je serai de retour à Neufvy sur Aronde, en France. Autrement dit, la boucle de mon voyage est presque bouclée. Hier quelqu’un qui se reconnaître peut-être me demandait ce que je retenais de l’aventure jusqu’à présent. J’ai répondu le silence. Mais c’était orgueilleux de ma part car où que je sois et quoi que je fasse, je constate qu’il y a toujours quelque chose à entendre. Ouep, même la brume des montagnes du Wudang n’est pas silencieuse. De l’Inde et de la Chine, je retiens donc qu’écouter le silence donne une voix à ce que l’on croit muet.
Prana, Qi et Ki,
Des traditions la magie de l’énergie embrassée, croire.
Mouvement,
De la magie le savoir complété, traduire.
Eau, métal, bois, feu et terre,
Des sagesses 5 éléments annoncés, m’inspirer.
Environnement, mémoire, corps, imagination et raison,
Du voyage 5 structures engendrées, me retrouver.
Attention des sensations et Intention de la puissance,
Pour le mouvement parmi les 5 vitalisés, m’engager.
Entendre leurs voix et accorder cette symphonie,
Le savoir par-delà le connu, apprendre.
Silence ! Embrasse Musique… Faites de tout bruit naître l’harmonie,
Espérer !
… un ton qui se veut poétique, pardonnez cet arrangement ! C’était pour faire comme dans un meeting de Mélenchon. Mais restons dans l’émotif : j’ai reçu et je reçois en Asie bien plus que je ne pourrai jamais rendre. Je pense à mes amis indiens et maintenant aussi chinois. A mes frères de kungfu, chercheurs de sagesse. Merci du fond du coeur, où plutôt Arigatou gozaimasu ❤ Car fort de mes chinoiseries, je poursuis ma route au Japon.
Oui, alors que les pâtes de poulet grillées s’éloignent, le soleil se lève. Rouge comme le sang versé par mon shinaï depuis qu’à commencé mon entraînement de kendo à Utsunomiya (merci à l’UCIA et à M. Gannat).
Dans un océan de sushis fraichement roulés, ma recherche pour Sciences Po touche à sa fin (j’ajouterai une partie annexe sur le bushido). Je cherche aussi pour vous et moi, développant en théorie et en pratique le poème ci-dessus. Et puis comme cela ne suffit pas, je bois du saquet avec ma famille d’accueil, me perd en vélo dans des jardins urbains, regarde Bleach, prends des nouvelles de vous autant que possible, pense à l’avenir d’un certain château et essaye d’apprendre le Japonais.
A suivre !
avec la hâte de vous revoir,
Léo.
20/04/17
Nouvelle journée qui commence. Je suis fatigué car cela fait deux soirs de suite que je me couche vers 11 heures. Il faut dire que quand on dîne à 21h ça n’aide pas. Ce matin, après mes rituels sur le corps (mercredi), travaille non pas sur ma recherche mais sur le japonais. J’ai commencé un cours memrise. Le problème c’est que je ne sais pas si je me lance vraiment… Je ne tiens pas particulièrement à apprendre cette langue, c’est-à-dire à chercher mon esprit de ces nouvelles informations. Du coup je pense réduire au strict minimum. Par contre je suis très intéressé par les alphabets. Qu’il s’agisse des idéogrammes, du sanskrit, des runes… Je voudrais les utiliser pour en faire des langages imaginatifs, servant à donner du corps aux prières rituelles.
Entraînement kendo ok. Amélioré le pas en avant lors de la frappe du men. Bien pousser avec la main droite, fouetter avec le poignet gauche, bien viser le « coco » (crâne).
Kurosaki san m’a offert, en plus de mon très bel étui à shinaï vert, le sac pour porter le kendogi et le bogu ! Elle a fait broder mon nom dessus en ajoutant Orléans, la ville grâce à laquelle je suis ici. C’est magique. Je dois lui envoyer un mail avec des photos et des musiques.
Direction l’UCIA en vélo. J’ai aidé à faire de la traduction de l’anglais au français. Participé à la réunion de relecture de la newsletter, et notamment de mon petit article qui a fait impression. Je resterai chez Masami san jusqu’à 10 mai, ce qui m’arrange bien car je commence tout juste à m’habituer aux trajets en vélo.
Soirée étirement ! Très fatigué du fait de me coucher tard… mais j’arrive finalement à me motiver après une sieste. Je termine par les grands écarts qui sortent parfaitement, je les tiens. Cette fois j’ai bien élaborer un programme motivant, avec un temps de tenue des positions. Et j’ai beaucoup plus pris mon temps, notamment pour les tendons des genoux toujours les plus douloureux. Je termine par une démonstration de mon grand écart sagital à Masami san.
21/04/17
Douleur dans le fessier droit, suite aux étirements de la veille. Fait chier. C’est en voulant montrer mon écart à Masami san que je me suis fait mal. Mais ça reste raisonnable.
Très bien complété mes rituels et traité. Ajouté au traité le concept de paradoxe de l’équilibre et le problème de la motivation. Ajouté aux rituels le poème 5tructures pour ouvrir la méditation systémique. Ajouté la partie calligraphie dans le rituel, en mode kido de bleach : matérialiser l’imagination en calligraphiant les 5 éléments et structures par idéogrammes et runes.
Entraînement de kendo. Fatiguant mais positif. J’ai appris un troisième kata. Je n’ai toujours pas le « droit » de mettre le men (casque). Je dois être meilleur pour cela. Mais quel est fondamentalement le sens de cette pratique, de mon choix ?
Le kendo c’est l’utilisation externe de l’énergie. Du mouvement. Certes, je ne vais pas avoir à défendre la vie et mes proches réellement avec un katana… mais c’est une pratique symbolique. Dont les enseignements peuvent se décliner dans toute action orientée vers l’environnement. Il s’agit de prendre ce dont on a besoin, et de respecter le reste. De défendre de manière responsable. Humble. De vivre tout projet d’environnement, métier, activité économique, négociation, comme un combat de kendo. Chaque défi, mauvais esprit… est l’expression d’une souffrance passée que je dois libérer, réharmoniser, rééquilibrer. Bleach, shinigami. Ma mission envers l’environnement est de pacifier le passé, la mémoire, en soignant les plaies qu’ils nous laissent dans le présent. Donner une juste place à chaque structure dans l’environnement. Importance mémoire. Partout, en chacun, on observe des énergies/esprits qui n’arrivent pas à partir en paix. Qui hantent le monde parce qu’ils n’ont pas eu une vie satisfaisante, qu’ils ont le sentiment que leur voix ne fut pas entendue. Mon rôle de traducteur est d’entendre leur voix. Et de forcer le rééquilibrage avec respect. Pour les libérer. Voici ma vision. Cela demande un engagement, un service. Shinigami. Avoir la force et la détermination, la maîtrise de l’énergie, mais l’humilité et la pureté du cœur car les esprits sont des signaux, des guides vers l’harmonie. Ils détiennent la sagesse. De savoir être fort, chaque jour. De savoir compter sur la puissance du mouvement qui nous anime. Source infinie comme dans Ichigo. De savoir s’entraîner rigoureusement. Et enfin de savoir économiser, être juste et observateur comme Urahara.
Garder la pureté de son coeur. A l’heure où je sens mes amis et moi même préciser le chemin de l’avenir, ne pas laisser la pression de la vie adulte nous perdre dans l’ambition, la hâte, les sacrifices de la santé et du bonheur. Garder un cœur pur, et toujours savoir lire Harry Potter, regarder Bleach, et se sentir innocent. Dans l’innocence de l’enfant, le modèle ultime, réside la garantie de la pureté, l’intention naturelle du corps. La bienveillance. Ne pas avoir besoin de sublimer son image social, ne pas avoir honte d’être humble et d’oeuvrer à petite échelle. Parce que c’est là que le plus important réside, et que tout peu commencer. Un grand homme fera de grande chose, où qu’il commence. C’est là que se trouve la lucidité, la vérité. Se méfier dans grandes gueules, des beaux parleurs et de ceux qui jettent de la poudre aux yeux. Rester lucide, et prudent.
Rappeler discussion skype avec M. La mauvaise discussion, le mauvais état d’esprit. Commencer par aimer les gens. Le réseau vrai, d’amour véritable. La famille, Colibris, les amis. Voici la vraie vie, les vraies valeurs. C’est dans cet amour qu’on peut construire durablement. Pas dans les projets de startup à la con. Où on lâche des millions pour des obsédés de l’argent, des addictes de l’activité mentale et du pouvoir.
Imaginer… moi face à quelqu’un du monde du show. Il se mettra à parler, à parler de ses projets, des enjeux, des urgences, des opportunités. Je ne dirai rien, et je commencerai pas sourire. Ressentir. Puis j’entendrai le vent dans les feuilles. Et je soupirerai de bien être. Après peut-être je commencerai à parler. Du beau temps. Prendre le temps. Refuser les projets à taille inhumaine. Construire dans la proximité. Le vrai. Commencer petit, vrai. A la racine. Mon village.
Je dis cela, mais mon avis est biaisé. C’est tout simplement ce que je suis, mon histoire. Les choix des autres sont très légitimes et je les accepte. Cependant je ressens leur mal être et leur détresse intérieure. Je ressens leur angoisse, leur surpression. Et je ressens la paix de la vie rurale. Oui on peut aimer le stress, la pression. Les grands manager y sont accrocs, comme les grands sportifs. L’adrénaline. Mais est-ce là le signe d’une santé mentale ? D’une humilité ? D’une lucidité ? Qui paye cette suractivité ? Je maintiens que l’homme reviendra tôt ou tard à la simplicité rurale. Que c’est ce pour quoi nous sommes fait. Qu’un jour les villes se videront et les campagnes renaîtront. Telle la comté.
respecter les rituels, oeuvrer d’abord à son développement intérieur. A la richesse de son expérience. Penser l’environnement. Penser l’imagination. La raison. Le corps comme l’enfant… Amour. Mouvement. Humilité. Equilibre.
Je me sens comme Uruhara. Ou gandalf. Je suis celui qui, caché dans le monde des petits, est grand en silence. Reste ouvert au monde des grands, à la vie folle. Mais en retrait. Ne s’enferme pas. Est lucide. Attentif et détaché. Assidu, s’entraîne, est le meilleur dans le secret de son coeur. Dans l’endurance, l’absolu secret et humilité. Et qui le moment venu frappe. L’équilibre absolu. Contrairement aux moines, je ne renonce pas à l’amour de l’autre, du plaisir du corps, de la joie simple. Contrairement aux leader, je ne renonce pas à l’humilité et au développpement intérieur… Uruhara. Cf bleach importance fondamentale épisodes 15 et 16 !!! Etre humain avant tout. Mais le vrai humain est équilibré. Notre plus grande qualité est l’adaptation, mais nous ne savons pas encore parfaitement l’entretenir. Trop de simplification.
Résolution à reprendre l’entraînement. Après avoir fini ma recherche sciences po me consacrer entièrement à la pratique. A la sensation et la déclinaison de l’énergie dans les structures. Valoriser ainsi le temps qu’il me reste ici. Insister sur le kendo en particulier. Tel Ichigo qui s’entraîne pour Rukia. M’entraîner pour mes proches. Pour rayonner. Devenir un maître. Tel Urahara. Pour sauver ceux que j’aime. Le monde. Par ma grande maîtrise et compréhension de l’énergie.
CF mouvement dans traité de systémique !!
Achat d’un petit goûter sur le trajet du retour. Réponse de mails l’après-midi.
22/04/17
Samedi. Ptit déj délicieux, Masami san a fait des pancake… avec confiture, miel et chantilly. Que demande le peuple ?
Pas de recherche aujourd’hui. Réponse de mails… je voulais enfin me mettre à jour parce que j’en avais marre d’être sans cesse
La difficulté parfois à s’adapter à la vie de la famille japonaise.
Les repas à différentes heures, la très grande quantité de viande et poisson, matin midi et soir… Mais j’apprécie l’expérience. L’adaptation est une qualité essentielle.
Demander à mamie de livrer tous les secrets de cette maison. Elle est l’esprit du château, et cela à jamais. Elle l’habite. Imagination, mémoire.
Amour fondamental du shintoïsme à ce sujet, définitivement la religion asiatique qui me plaît le plus. Comme me le disait Maruyama san, ici tout est sacré. Chaque objet, chaque geste… à travers eux s’exprime une tradition, une mémoire. Chaque espace est habité par une énergie, un esprit. Il s’agit de préserver l’harmonie du monde, de faire honneur aux esprits qui en ont pris soin avant nous. Et aux éléments qui ont fait naître la vie à l’origine. Comme une immense chaîne d’efforts, conscients et inconscients, pour nous permettre de profiter de ce que l’on a. A respecter. Parfois, ces esprits/énergies agissent contre nous. Mais n’est-ce pas nous qui plutôt ne comprenons pas assez précisément l’histoire de la personne, de l’objet auquel nous avons à faire ? Je pense que c’est ainsi qu’il faut voir les choses. Les mauvais esprits sont le fruit d’une souffrance passée qui demande à être libérée.
J’ai regardé les photos du blog de Stéphane, un cousin issu de germain. Incroyable travail. Il vit à Tokyo du coup c’est très intéressant, je découvre le Japon à traver l’œil d’un artiste. Voici le lien de son blog : http://blog.stephane.photo/
Après midi à l’UCIA pour un salon d’échange international. J’ai rencontré deux français, Nathan et Pierrick ! Ils vont à Tokyo demain pour voter… moi je n’ai pas réussi à aboutir dans les démarches. Sympa de discuter avec eux. Ils m’ont appris l’expression mystères et boule de riz. Pour mettre un peu d’animation dans le groupe du salon, très timide à la japonaise, et coincé, j’ai proposé un pictionnary. Succès incroyable ! C’était cool.
Après le salon direction un restaurant avec la famille de Masami san. Spécialisé dans les grillades à base de poulet, enfin grillade… toutes les parties de la bête sont mangées… plutôt ignoble. Et aussi bien cru que cuit. J’ai pas aimé. Le foie, les intestins… Du coup j’ai commandé un ramen pour me caler. Masami san s’est enfilée les verres de sake. A la fin elle était complètement bourrée. Si bien qu’elle a perdu son téléphone ! Elle répétait bourrée « I’m sorry I’m sorry ». Ce qui exprime bien je trouve la force de la culture japonaise, respectueuse et humble même ivre mort. On a pris l’évènement plutôt à la rigolade.
Retour maison et skype avec M qui est à Compiègne en ce moment mais repart à Nantes demain. Il prépare pour son stage une croisière de luxe, qui sera un colloc pour « construire le monde de demain » avec des personnalités influentes. Plutôt intéressant ! J’aime son énergie. Sa vitesse de pensée. La qualité de son information. On peut toujours compter sur lui pour les bons plans.
23/04/17
Journée excursion ! Hirato participe, entre cours du soir, piano et arts martiaux, à un club nature avec lequel il fait des sortie une fois par mois. Aujourd’hui c’est dans un grand parc, avec des jardins, des étangs, des piscines, du sport… bref des activités de plein air. Ca fait toujours très artificiel et organisé, mais c’est le Japon. On s’est baladé avec Masami san. Personnellement je me suis entraîné à percevoir les échanges énergétiques des structures. Les jardins étaient fragiles, en bonne santé de recharge mais malgré tout à la limite de la décharge, à cause de tous les humains déchargés qui viennent leur pomper leur énergie. Une nature contrôlée, exploitée. Mais mieux quand même que des champs agricoles par exemple, ou qu’un parc urbain ! Du coup j’ai donné de l’énergie corporelle, rationnelle et imaginative. Beaucoup d’imaginative. Je me suis aussi un peu rechargé, mais je restais quand même très fatigué à la fin. Mais je suis fier d’avoir nourri l’environnement. Apaisé les esprits qui y résident, rétabli des équilibres. Mon rôle de shinigami. Trop peu par contre ressenti le mouvement pour lui-même, j’étais trop dans l’intention.
On est ensuite allé dans des spas. Au Japon c’est systématiquement à poil, séparé homme femme. Il me faut vous le dire : le mythe de la petite b*** asiatique est bien un mythe. Ou bien c’est moi qui en ait vraiment une petite, ce qui je veux bien admettre. Je précise cela parce que se balader nu devant des vieux inconnus, c’est toujours une expérience. Que j’apprécie. On assume son corps, on se sent égaux, non jugés car tous obligés de manifester cette humilité.
Puis direction Mashigo ! La ville des potiers. Dans la rue principales, des dizaines de magasins de poteries magnifique. Force de l’environnement dans cette ville. Energie mémoire très présente aussi. Les objets sont chargés des corps qui les ont façonnés. Mais trop peu. Trop dilué, trop grande quantité, trop peu de qualité. Etrangement, le style local n’est pas ce qu’on pourrait attendre du Japon. Vaisselle épaisse, motifs grossiers, couleurs chargées, sombres. Ca fait très occidental en fait. J’ai acheté une tasse à thé pour Kusaka san, ma professeur de kendo. Je lui donnerai à la fin du séjour. Rien pour moi. Je préfère me fabriquer mon bol idéal moi-même !
J’ai dormi sur le trajet du retour. Masami san a retrouvé son portable qu’elle a perdu hier quand elle était bourrée ahah. Bonne nouvelle. Pour le dîner, direction un bar à sushis ! A ma demande. Endroit incroyable. Des grandes lignes de tables. Avec le long des tapis roulants sur lesquels défilent des petite assiettes de couples de sushis. La majorité coûtent seulement 100 yen soit 1 euro. On commande via un écran à la table. Et rapidement l’assiette passe devant nous, il n’y a qu’à se servir ! On rend les assiettes vident par une petite trappe. Pas de serveurs. Toutes les 5 assiettes, petite animation sur l’écran. Si on est chanceux on gagne un cadeau pour enfant, une petite boule avec une surprise à l’intérieur qui descend d’une machine suspendue au dessus de la table. Bref. L’excentrisme japonais ! J’arrive à ne pas manger de viande ni de poisson. Miracle (vu que je suis libre de choisir ce que je veux).
Au retour skype avec mon fréro Titouan et A. Plaisir ! Que de dépense pour l’environnement aujourd’hui. Et de recharge aussi. Mais bien d’être fatigué, la nuit est la recharge interne la plus efficace.
Peu de travail sur la recherche. En revanche pris des résolutions : je ne me mets pas à l’apprentissage du japonais. Pas le temps. Mais quand j’aurais terminé la recherche sciences po, je me consacre pleinement à mes exercices rituels et ma pratique du kendo. Je veux revenir en France avec une très grande maîtrise. Me permettre d’enrichir d’idées ma recherche personnelle. Je vais travailler à sa mise en forme sans pour autant rédiger.
Réflexion organisation : je dois trouver un système innovant de narration. Efficace. Mieux que les sommaires traditionnels. Gérer correctement les démonstrations. Faire modèle « observation, problème, hypothèse, exemple, résultat, interprétation, conclusion (ophéric) ». Bien s’appuyer sur la psychologie moderne, les neurosciences. Les sagesses asiatiques. L’anthropologie. La philosophie. Mon voyage.  = les axes d’exemplification et de justification principaux. Intégrer au fur et à mesure.
Avoir toutes les déclinaisons dès le début et préciser de se rendre à la description imagination par raison pour avoir une présentation rationnelle de la structure !
Ajouter un paragraphe : autocritique
Faire document de trame, encore plus général, uniquement les intitulés, pour définir l’ordre dans lequel aborder les concepts.
24/04/17
J’apprends le résultat des élections avec un jour de retard J Quel bonheur ! S’il était certain que Mélenchon ne passerait pas, c’était tendu entre Macron et Fillon. Et Macron est passé ! Magique. Ca veut dire pas de droite au pouvoir pour les 5 prochaines années (car il est impossible que le FN passe le deuxième tour). Ca veut dire un peu d’écologie dans le débat politique. Ca veut dire du progrès malgré la crise, et des solutions intelligentes plutôt que bestiales. Primitives, réactionnaires.
Matinée commencée par étirements rapides du matin, et notamment le rêve indien partiel pour réactiver la circulation. Toujours aussi efficace. Puis long moment consacré au rituel méditatif sur la mémoire, journée dédiée. J’ai appliqué la calligraphie mais j’avais de nombreux problème à régler. Pour faire simple l’idée est d’accorder le dessin au cheminement intellectuel lié au service et à l’expérience de la structure. Qui est soit en décharge soit en recharge. Il s’agit de rétablir l’équilibre et de ressentir ce rétablissement. Puis de vivre la journée en y déclinant la mémoire dans les différentes structures.
Pour le reste, journée consacrée à ma recherche. J’ai terminé la reprise de la conclusion générale. Je vais peut-être modifier un tout petit peu l’introduction, mais sinon je passe en mode relecture générale et composition de la bibliographie. Avant de renvoyer à mon référant. Je dois aussi penser pendant la relecture à corriger ses remarques de forme !
Déjeuner original : que des pâtisseries ramenées par Masami san. Un peu space, on voit que l’on est pas en France. J’ai cependant apprécié, notamment le anpan, pain brioché fourré à la pâte de haricots rouges.
Je suis allé en fin d’aprem m’entraîner au taiji et au kendo dans le parc. Bel entraînement. Après l’échauffement j’ai réussi à faire un taiji très pur, bien en conscience des mouvements du corps. J’ai rechargé ma structure corporelle en fluidifiant les énergies. Bien même si il y a encore des hésitations. Manque d’entraînement. Les katas de kendo progressent mais je devrai encore répéter 30 minutes demain avant l’entraînement. Je rappelle que le kendo est l’utilisation du corps pour l’environnement, l’extériorisation de l’énergie.
Importance de bien équilibrer le service de chaque structure. Le service de l’environnement est souvent sur mobilisé. On oublie que le corps par exemple a aussi une mémoire, qu’il est aussi habité par des énergies noires, esprits mauvais… et qu’il mérite notre attention pour l’équilibrer. Le shinigami ou passeur n’est pas seulement orienté vers l’environnement ! Chaque structure mérite d’être soignée. Nous sommes chaque structure.
Soirée dîner presque français, avec couverts français (mais au Japon ils sont plus petits, parce que tout est plus petit…), un bon bordeaux à 20 euros la bouteille, et un bri qui a du coûter cher également. Ambiance cool. On parle de la société japonaise, du fait que les inégalités se creusent. De la politique de Shinzo Abe, des élections françaises. Eiki aime bien la politique. Masami san un peu moins !
25/04/17
Eiki san le mari de Masami san travaille chez Nissan, dans une des plus grandes usines de la marque. Nous sommes allés visiter ce lieu cet après-midi. Claque incroyable. Visite très bien organisée. J’ai compris en pleine face la complexité de l’économie d’aujourd’hui, la perfection des stratégies d’économie d’échelle et de satisfaction de la demande. Quelle intelligence, quelle folie.
5000 employés sur le site. C’est là qu’ils produisent la GTR, qui est construite à la chaîne contrairement à ses concurrentes, d’où son prix plus abordable. Zone industrielle pour le moteur, le corps de la voiture, la peinture et enfin l’assemblage final. Des énormes bâtiments. Sur les routes du site, on voit passer des chariots robots, sans conducteur. Des camions, des ouvriers, la cantine… un vrai écosystème. Dans le bâtiment de la fabrication du corps, des centaines de robots sont réunis autour de la ligne d’assemblage. Les carrosseries défilent, pivotent en bout de ligne pour repartir. Etape après étape, tout prend forme. Une voiture est terminée toutes les 2 minutes. Cadence de folie.
Arrivée bâtiment assemblage final. Ici que des ouvriers. Deux étages : au dessus des lignes, les composants (roues, moteur, siège, fils électrique, poignées…) se déplacent. Apportés régulièrement par des chariots robots. Les voitures sont fabriquées en cohérence et synchro avec la demande de chaque consommateur (carnet de commande), qui depuis la révolution toyotiste personnalise sa voiture. Ainsi, chaque assemblage est particulier. D’où les ouvriers plutôt que les robots, qui s’adaptent plus facilement. Ainsi un ouvrier peut successivement fixer le moteur d’un crossover, puis d’une berline. Les chaînes sont modulables. Crée une complexité incroyable dans l’approvisionnement des pièces. Chaque ouvrier a un petit chariot à lui, qui est automatiquement rempli avec les pièces de la voiture qui arrive sur la ligne. Il assemble, puis voiture suivante avec éventuellement des pièces différentes. Ils travaillent à toute vitesse. Vertigineux et complètement inhumain.
Finalement, on arrive aux tests. Pollution, vitesse, eau, freinage… toujours à la chaîne. Les ouvriers conduisent donc déjà les voitures à peine assemblées pour les tester. Les modèles les plus chers subissent une inspection particulière, hors chaîne. Voilà. Je n’en reviens pas. On nage dans un océan de pièces, robots, de gestes, de postes de production… Tout est optimisé pour que les ouvriers n’aîent pas à porter de lourdes charges. Les outils sont parfaitement accessibles. Dingue.
Je ne sais pas quoi en penser. Je pense que les processus d’optimisation de la production sont à garder. Mais c’est l’extrême concentration des entreprises et le gigantisme des usines qui est mauvais. Je pense qu’on peut profiter des économies d’échelle avec des structures beaucoup moins grandes.
Et enfin dans le monde de l’automobile comme des appareils technologiques, le problème fondamental est l’obsolescence programmée et l’absence, pour le consommateur, de possibilité de réparer lui-même ses engins. Sans parler du problème du pétrole évidemment. Des structures plus petites permettraient une spécialisation moins extrême des travailleurs. Peut-être que chaque famille n’aurait pas sa voiture (coût plus élevé), mais cela encouragerait le partage, la collaboration. C’est possible, Sieben Linden le fait ! Voilà donc la solution : déconcentration, meilleure qualité, réparabilité, artisans plus qu’ouvriers et durabilité.
Masami san au piano, musique d’une beauté… voir enregistrement. Le morceau est d’autant plus beau qu’il n’est pas maîtrisé parfaitement, le côté répétition par un après midi paisible à la maison est sublime.
26,27/04/17
Manqué de rigueur avec ce journal. C’est que les jours furent intenses. J’ai tenu à jour mon journal d’entraînement de kendo cependant. L’entraînement avance bien, très bien. Mais j’avance aussi beaucoup sur ma recherche personnelle (la recherche académique étant au point mort, terminée mais pas glorieuse). Je fais des découvertes très riches, notamment en symbolique. J’intensifie également beaucoup ma pratique quotidienne des 5 structures. Je profite de mes trajets en vélo entre l’UCIA et le dojo pour méditer « activement ».
Côté nourriture… j’ai découvert la pate de riz, à partir de laquelle sont faites les boules coco. Délicieux à manger avec des graines de sésame et un peu de sucre. Ou du sirop de sucre noir (très brun). Mangé du Wasabi en salade (une des plantes de la famille, qu’on trouve dans la nature).
Skype avec mon pote F ! Parlé un peu politique. Mais aussi philosophie et projets d’avenir, comme d’hab J Grand plaisir de le retrouver.
Pratiqué mes étirements. Très difficile même en y allant avec une extrême lenteur, je pense à cause de la fatigue notamment. J’en garde de sacré courbature. Mais c’est aussi le signe que j’en avais besoin. Et c’est les séances difficiles qui font avancer.
Confirmé date pour ma fête de retour : weekend du 1 et 2 juillet. J’ai mis à jour le programme. Je vais bientôt créer l’évènement facebook. Il y aura avec certitude l’équipe de l’asso EMTT, qui organisera un jeu de rôle grandeur nature au château pour l’été 2018 (mais il ne faut pas s’emballer, je n’ai pas encore demandé l’autorisation aux propriétaires ! Mais je les connais je pense pour les savoir d’avance motivés par le projet… à suivre).
Je suis fatigué, car je regarde 2 épisodes de bleach chaque soir et qu’on dîne parfois tard, vers 21h. Et je me lève à 7h. Mais j’ai une très bonne énergie, portée par mes rituels notamment, qui avancent je le répète. Voici un exemple de création d’objet personnel, projet à faire à mon retour. Cérémonie pour m’intégrer à ma propre religion (au risque d’être pris pour un fou) :
1.       Pratiquer pour la première fois la  5alutation rituelle : expirer (Qi, mouvement). Lier poings devant soi main droite couvrant main gauche devant poitrine. Enchaîner en formant le 5 avec les mains, angle avec main droite (Qi5). Pivoter mains en Qi5 vers l’avant à l’horizontal et frapper l’angle main droite avec arc main gauche = Environnement. A FAIRE AVEC MON GUIDE en mode 5alutation fraternelle (cf paragraphe ci-dessous). Puis directement reformer le poing et laisser tomber la tranche des paumes contre ventre (hara) = corps. Geste explosif d’élévation mains jointes en prière au dessus de sa tête bras tendus = imagination. Laisser à nouveau tomber mais cette fois contre l’arrière de la tête mains toujours jointes mais poings fermés doigts croisés = mémoire. Puis décroiser doucement paumes contre crâne et sans toucher oreilles venir placer ses mains verticales paumes côtés crâne au niveau des tempes, sans toucher la tête cependant = Raison.
Méthode 5alutation fraternelle (endosser le statut de traducteur en plus d’invoquer l’environnement). Le 5alut que l’on fait avec un guide ou ami traducteur est celui de montrer sa paume devant soit bras légèrement tendu en formant l’angle pour celui ayant le plus d’ancienneté. L’autre, le jeune, vient cogner la paume avec l’arc (cf 5alutation pour explication angle et arc).
2.       rituel d’association corporelle : sélectionner la main intention et la main attention. Placer ses deux mains ouverte tranchant paume vers le bas paume vers l’intérieur, brans légèrement levés devant soi. Sentir quelle main a tendance à tomber paume contre sol, et quelle main est plutôt paume vers le ciel. La plus lourde sera l’angle, la plus légère sera l’arc du 5.
3.       Passer « l’habit », bien sûr. Composé : d’une tunique mis cuisse. Toile de lin épaisse marron foncé (couleur terre). Peu se porter ouverte ou fermée, en mode kendogi mais un peu plus long et fin. Le col est blanc cassé sur toute la longueur. L’intérieure est doublé vert feuilles nouvelles. Il y a une grande capuche. Manches longues et relativement amples.
+ une cape de voyage pour la pluie, en laine bouillie (version la plus étanche possible). Couleur vert foncé (forêt).
+ chaussures à définir.
+ verni à ongles sur un majeur (alterner) : points couleurs des 5 structures
4.       Il s’agit maintenant de donner au nouveau traducteur (chinois 译者 = yi zhe) le totem (译者工具 = yi zhe tsuru (outil en japonais)) qui l’aidera à développer ses pouvoirs structurels, énergétiques. Cet outil est spécial car il porte en lui les 5 structures. Se composant de 5 parties détachables. Il tient dans une poche, classique ou secrète. Il s’agit d’un tissu imaginatif brodé, enroulé autour de la deuxième branche contenant la symbolique (et indirectement la logique) de 5tructures et notamment le pentagramme complet et les symboles fondamentaux), un fragment de pierre environnementale fixé au sommet de l’axe (galet débarquement), du bois corporel qui forme un compas et peut être utilisé comme règle et équerre, un ensemble rationnel lame et mines amovibles (stylo ou couteau, rangés dans le tissu) + une gravure mémorielle = nom réel du traducteur. Développer l’art de manier le t5uru : le t5udo.
Le nom du t5uru est celui de la conscience du traducteur. Sa substance fondamentale qui tient ensembles les 5 structures. On peut parler d’âme. C’est le centre de la force du traducteur. Le nom est révélé dans un état de conscience particulier, une expérience transcendante (méditation, rêve lucide…). Il n’est révélé qu’en situation ou ça semble nécessaire.
5.       Tracer le pentagramme des 5 avec le t5uru… puis l’effacer
6.       Conclure par 5alutation rituelle et fraternelle.
28/04/17
Matinée à l’UCIA (travail de traduction), après avoir travaillé sur mes rituels. Aujourd’hui est une journée consacrée à l’environnement. Il m’a fallu décider comment appréhender les journées dédiées. Soit l’environnement décliné dans les autres structures, soit les structures déclinées dans l’environnement. Faire les deux prend trop de temps, et crée une répétition. Du coup j’ai opté pour la seconde option.
Après obento de masami san, et la dégustation d’une pâtisserie traditionnelle (pâte de riz fourrée aux haricots rouges), direction le dojo.
Bilan entraînement kendo :
kata : bien être dans l’axe quand on lève le katana au début du 3 pour élève. katana toujours à un poing de la tête quand levé.
Echauffement au shinaï : moulinés, coups droit avant arrière lent, puis rapide. Avec levée et baissée du shinaï à chaque avancée, recul. Puis pareil avec coup sur le bord du men droite gauche.
Entraîné au jeu de jambes. Petits pas (avancée d’un pied). Avant arrière droite et gauche. En déplacement latéral importance de ramener les pieds pas trop écartés (un poing entre). Garder pied gauche en interne.
Tous les coups se donnent en restant bien droit, dans l’axe.
Insisté sur le coup de fouet qui doit être donné par la main gauche. Entraîné à frapper uniquement avec la main gauche qui tient le shinaï. Bien frapper le men sur le dessus, pas la grille. Bien verrouiller les deux bras. Et casser en avant le poignet droit.
Rédaction newsletter, sacré travail. Expérience unique de méditation. Approfondissement du rituel d’initiation. Mais le mieux est que je place ici une copie de cette newsletter :
Eiki san m’explique au dîner qu’il regrette que le caractère japonais soit aussi obstiné au travail. Il reconnaît que plus de travail ne signifie pas mieux. Et qu’il vaut mieux souvent se détendre que rester la tête dans le bureau. Il aimerait que cela change au Japon. Intéressant de voir qu’il en a conscience. Je lui dis qu’il y a aussi du bon dans ce sens du devoir et de l’effort.
 Une soirée karaoké avec mes potes français et Kazumi se profile. Ainsi qu’une virée à Tokyo la semaine prochaine avec la famille d’accueil ! 🙂
29/04/17
Ce matin rituel muscu. Très difficile, fatigue et bouffé par les moustiques (qui commencent à se réveiller… !). J’ai cependant bien réussi à mobiliser la théorie des 5. Idée que j’offre mon énergie corporelle à l’environnement. Je laisse mon énergie être absorbée. Je recherche le fait d’être aspiré. Remarqué à ce titre de points particuliers de l’environnement qui sont des trous noirs énergétiques, probablement du à la mémoire du lieu. Et bien dans l’optique de décharge du corps, je me vide pour soigner ces trous noirs, les rééquilibrés. Apaiser leur souffrance. INTERPRETATION IMAGINATIVE ICI. ATTENTION A NE PAS TOUT REDUIRE A L’IMAGINATION. La sensation de vide physique c’est L’ENVIRONNEMENT et la MEMOIRE dans le corps… Je décharge le corps pour l’environnement, don à la nature. Et en même temps je préserve ma vie, crée le mouvement, gagne en amplitude. Me débarrasse de la crasse. RAISON DANS LE CORPS ICI. RAISON AUSSI QUAND je prends conscience des interprétations trop déterminées dans certaines structures : esprit critique.
Mais aujourd’hui je veux insister sur structure rationnelle. Difficile de la cibler. Je pense que c’est en raison de sa nature. La structure rationnelle crée du lien entre les autres structures. C’est elle qui met dans l’ordre dans le mouvement des structures, par le langage logique. Dès que je formule un raisonnement, une démonstration logique, je suis dans la raison.  L’intention rationnelle est un désir de compréhension relationnelle. L’attention rationnelle est une tempérance, prise de recul, compréhension relationnelle, mais elle-même peut devenir extrême. Elle permet de mieux s’orienter dans les structures par la raison, en construisant un système logique de l’expérience plus riche. La raison est l’outil connecteur de la traduction (terre), après bien sûr le Qi5, qui est le carburant.
Ptit déj japonais, Nato et riz. Délicieux. Mais j’ai refusé l’œuf cru sur le riz. Pas dès le matin quand même y’a des limites ! Masami san qui s’occupe du linge… tout en fredonnant le thème du château dans le ciel… je suis au Japon <3.

Journal de bord n°11 Mars

01/03/17
Journée de repos ! Enfin… de travail sur ma recherche. J’ai plutôt bien avancé. Je compte bien boucler cette première partie demain. J’ai cependant un problème de longueur… Mon travail est trop long d’au moins trois pages. Je vais réfléchir à une solution. Dans l’absolu ça n’est pas mortel, mais je préfèrerais respecter l’équilibre de mes parties. Il suffit de passer un raisonnement dans la deuxième.
En fin de journée, étirements puis direction la ville. L’animation dans la rue ! Des vendeurs à la sauvette (qui ici n’ont pas à se sauver…) partout, beignets, pains vapeur, nan chinois, dumplings, pâtes… belle animation. Les rues vivent. J’atterri à l’auberge pour dîner, regarde Ph et L jouer au billard (ils sont bien trop forts pour moi !). Soirée tranquille.
02/03/17
Journée de réflexion intense sur mon avenir. Pas très agréable à faire, difficile. Mais j’ai trouvé la solution parfaite. Du moins je pense.
J’ai créé un modèle pour le projet château, auquel je tiens vraiment. Qui sera le cœur du projet, sa raison d’être. Ainsi, à la rentrée, je vais pouvoir créer l’association et commencer à recruter pour le projet du château. Il s’agira aussi de terminer ma vulgarisation de recherche, qui sera très liée à ce projet. J’ai maintenant un concept génial à proposer pour motiver. Développer tout ça avec MF + parents MF + mes parents. A concrétiser. Si je n’arrive vraiment pas à motiver/recruter avec le pré projet, attendre…
J’ai aussi bossé sur ma recherche. Terminé la relecture de la première partie ! Je suis moyennement satisfait. Mais bon, maintenant je dois vraiment commencer la deuxième, quitte à reprendre la première ensuite. Mais je dois laisser décanter la première partie. Envoyer à Lacroix.
Il faudra que je pense à ma newsletter aussi.
Un français est arrivé, G. Il est d’un calme étonnant, une sérénité certaine. Les pieds sur terre.
Différence entre Yoga et Taiji sur la position du dos, je ne sais plus si j’en avais parlé. Yoga = dos cambré notamment partie haute alors que taiji = dos droit voire bossu partie haute. Choisir ? Varie selon les besoins de la personne. Besoin des deux approches évidemment. Prouve que les pratiques sont trop orientées, incomplètes…. D’où l’intérêt de mon approche comparative. Je mesure la trop grande spécialisation des disciplines. L’absurdité du cloisonnement des traditions.
03/03/17
Discussion avec shifu autour de la table dehors, constituée d’une ancienne « meule », avec tous les gars. Magique. Discussion sur le « mauvais  entraînement » classique de nombreuses écoles, que shifu a suivi dans sa jeunesse à sans casser les os. Celui shaolin qui consiste à durcir le corps face aux coups : bouteilles et briques cassées sur la tête, taper tête mur, s’entraîner contre son corps. Durcir les os mais en même temps les tuer. Exemple de shifu : ses jambes étaient fortes certes mais très raides = il avait des douleurs terribles face au froid, plus mauvaise circulation. Mauvais en tout point, sauf pour les spectacles car ça impressionne. Mais là on n’est plus vraiment dans la sagesse taoïste ou bouddhiste.
Niveau recherche, je suis passé au taiji, enfin ! Ca avance bien, même si cette phase est la plus fatigante. Je dois fonder tous les raisonnements, créer de l’idée. Réfléchir à partir de rien. Je vais continuer ça cet après midi, puis il s’agira d’aller chercher des références, et enfin de reprendre la structure, pour finir par la rédaction.
Entraînement lamentable. J’étais affreusement fatigué, et pollué par les idées de ma recherche qui m’ont complètement bloqué… Je dois faire mieux demain ! Jour de ma série musculaire………
04/03/17
Matinée difficile, grande fatigue. Entraînement musculaire qui fut étonnamment bon, m’a permis de réveiller la journée ! Je turbine toujours relativement à mes recherches. Difficile de savoir si l’on est dans la bonne. J’entraîne mon corps, c’est certain. Je soigne l’environnement autant que possible, parfois pas suffisamment (relation à l’autre etc…) et pas suffisamment rituel. La mémoire ne fonctionne pas suffisamment de manière rituelle non plus, idem pour l’intellect et l’imagination. Il serait bon que je reprenne mes rituels méditatifs. Mais je dois les réécrire car ils ne correspondent plus forcément à ma cosmologie. Quoique… je suis énergie, je dois lutter contre l’entropie en défendant ma structure, la diversité, honorer l’énergie sous toutes ses formes et conserver ma sensibilité grâce au rituel dans les 5 structures. Tout se tient toujours. C’est juste pas toujours très clair l’engagement des séries dans les rituels. Je ne les distingue pas correctement.
J’ai écrit le premier jet de ma newsletter en soirée. Plutôt satisfait. J’y expose un peu mes idées personnelles sur le rituel et la diversité des structures/sources d’information.
Il me reste un fond d’insatisfaction permanente. Mais je pense qu’une grande partie pourrait être virée si je reprenais mes rituels. Et pour le reste, je dois me focaliser sur ce que j’ai à faire. Ouvrir mon attention et accepter la vie comme elle se présente.
05/03/17
Toujours beaucoup de fatigue, qui plombe mes entraînements et ma recherche. Mais ça va un peu mieux, je pense que demain je pourrai repartir droit. De toute manière je ne suis pas dans une colonie de vacances ! Concernant l’entraînement, il faut que je commence à apprendre une nouvelle forme.

Dîner en ville avec Ph, Lw, P et G¨ ! Bouffé des pâtes bien grasses, mais c’était cool. J’ai du rentrer vite pour faire un skype. Et il faut mentionner le fait que la ville de Wudang shan est sans dessus dessous, ils reconstruisent tout pour un festival taoïste l’année prochaine.

Allé, temps maintenant pour la méditation, que je suis décidé à reprendre assidument. Pour améliorer mon engagement mental, intentionnel et attentionnel dans mes actions
06/03/17
Entraînement incroyable. J’ai retrouvé mon énergie ou plutôt la juste sensation de mon énergie physique (attention à elle). Car je n’ai jamais vraiment été fatigué, c’est juste que je n’arrivais plus à mobiliser mon corps, j’étais en retrait. Sans volonté. Un premier déclic fut de retrouver une cohérence dans la structure intellectuelle au niveau des structures fondamentales en plaçant correctement la dimension émotionnelle (relative au degré d’équilibre/déséquilibre) de l’expérience du mouvement et en reprenant ma pratique des rituels mentaux = m’a permis d’engager correctement pleinement l’attention dans la structure physique, objet de l’action. Montre l’importance de répondre au besoin fondamental. La structure intellectuelle me pose le plus de problèmes en ce moment, car elle est particulièrement instable et demande beaucoup beaucoup d’attention. Normal. Période de vie. Un deuxième déclic fut tout simplement de me secouer, d’aller dans l’effort en soufflant ma race. De manger le mouvement physique, d’engager de l’énergie dedans. D’extraire l’énergie des cellules pour la jeter dans le mouvement. De sentir l’énergie dans tout son corps et pas une contraction/décontraction du corps accompagnée du souffle, développer l’effort maximum dont je suis capable. Ce fut comme de décoincer une porte rouiller depuis des années car cela fait plusieurs jours que je suis mou, sans volonté, sans impulsion. Il s’agit là d’engager l’intention dans l’action physique. D’agir intensément.
Discussion avec G¨ sur le fonctionnement des vertèbres/disques. Importance de s’étirer vers l’arrière autant que vers l’avant. Cf parallèle yoga et taiji.
Envoie de ma newsletter et mise à jour de mon blog. Il me reste à revoir l’article de présentation. Je dois aussi envoyer un mail à Mn et lire le texte de Fl.
Mise à jour de documents relatifs à ma recherche perso, écriture de synthèse (dont l’article du blog) sur l’art de soigner les 5 structures par le rituel et la diversité.
07/03/17
Illustration de l’intérêt de la diversité pour nourrir des 5 structures :
Discussion passionnante avec G¨!
J’ai pris conscience des parallèles faisables entre les 5 structures et la médecine chinoise. C’est incroyable que je sois tombé également sur le nombre 5. Peut-être pas une coïncidence ! Savoir qu’il y a ces cinq éléments, cinq mouvements différents liés à eux et intégration au cycle de la journée, ça éclaire considérablement ma théorie de cinq structures. Dois-je l’abandonner au profit de la médecine chinoise ? Ca serait pratique, car il y a plus de livre sur les cinq éléments que sur mon système… Mais encore une fois, le taoïsme n’est pas le yoga, le christianisme, la science moderne… Il est limité. Un exemple de différence entre mes 5 structures et les 5 éléments :
Les 5 éléments prennent le corps, dans lequel ils se répartissent. Chez moi, le corps (structure physique et émotions) n’est qu’un bout de l’organisme et un seul élément à lui seul. Le reste de l’organisme est composé de l’environnement, de la raison etc… Ainsi, j’ai défini d’autres structures fondamentales de l’existence, que le taoïsme ne mentionne pas. J’ajoute un méta couche supplémentaire au système. Le corps du taoïsme devient un élément, et non seulement le contenant des 5. Si je descends au corps (physique et émotions), on retrouve une déclinaison des 5 structures/éléments à l’intérieur, mais quand je parle du corps, je ne parle pas de tout l’organisme humain. Ici est la nuance. Ainsi, utiliser le taoïsme pour comprendre comment fonctionne le corps est très pertinent. Cependant, se limiter au taoïsme peut conduire à négliger les autres structures de l’organisme, comme par exemple l’environnement. Le principe que quand on prend un élément, on retrouve en lui l’influence des 5 autres est également une originalité. Mais le débutant ne peut penser à trop de couches à la fois. Il doit commencer par corps/environnement/raison/mémoire/imagination.
08/03/17
Je n’ai eu une enfance malheureuse. Pas orphelin, pas battu par mes parents, pas mauvais à l’école, pas victime à l’école. Parfois je le regrette presque. Le malheur nous donne à connaître la vie et à grandir. Je dois avancer avec un passé glorieux. Et ainsi continuer à m’élever dans la joie. Ca m’oblige à viser plus haut ! Une chance, mais aussi une responsabilité.
Je veux agir contre cette tendance française à se résigner, à se complaire dans le négatif, la critique. C’est trop facile. Et ça gâche des vies. C’est trop facile de se placer en victime des autres, de l’état, du patron. Oui, certains on eu moins de chance que d’autres, mais toute situation est une opportunité vers un meilleur. Ca n’est pas une question de connaissances, mais de détermination, d’énergie. Il est faut de penser qu’il est plus difficile d’être heureux quand on naît fils d’ouvrier que quand on naît fils de ministre. Je connais des ouvriers très heureux, et d’une grande sagesse. Ont-ils fait de grandes études ? Non.
Discussion avec G¨ d’une richesse impressionnante. Sur l’importance de la lenteur dans les étirements, sur l’écoute du corps, l’importance de jouer avec et de le laisser trouver lui-même ses tensions. G¨est capable de se relâcher de partout, simplement par la pensée. Qualité de la relation au corps, que je veux étendre aux autres structures de l’existence. Ainsi la vie s’équilibre éthiquement.
Je ne sais toujours pas pour mon master… C’est terrible. Le choix du cœur avec com ou le choix de la raison avec stratégie. Aujourd’hui je pencherai plutôt vers stratégie. Hier c’était com… Je vais regarder à nouveau les maquettes pédagogiques. Si je choisis stratégie, je vais devoir jouer un double rôle. Mais comme j’ai déjà tendance à partir facilement dans mes idées et projets fous, c’est peut-être bien d’avoir les pieds sur terre avec ce master. Rien ne m’empêche de développer à côté. Ce master apportera l’équilibre. Mais je dois demander à Martin son avis. Il le faut. Maintenant.
09/03/17
Pas envoyé de message à Martin. J’aurais du. A faire demain !
Balade dans la cour du temple, discussion passionnante avec G¨. Conscience bien plus clairement du jeu de balance entre noir et blanc, ciel et terre, yin et yang, enfant et vieux, intention et attention, couleurs matière et couleurs lumière. L’importance de la fusion dans l’équilibre. La possibilité d’éviter de souffrir le passage à l’extrême (de recharge ou décharge) pour exister pleinement. En trouvant la balance dans l’intention et dans l’attention.
Discussion aussi sur la relation homme femme et la nouvelle génération de couples où il n’y a plus un rôle masculin féminin mais une complétude des deux partenaires, unis dans leur complétude.
Peu avancé sur ma recherche. Peu satisfait de ce que je fais. Je dois trouver des références, quand j’aurais terminé d’écrire la partie relative à l’aperception de l’effort et de la circulation, la fluidité. Trouver texte classique taiji + Que sais-je + workbook + textes généraux un peu + discussion avec shifu.
Longue réflexion sur mon avenir. Peu relative au projet château. Exemple inquiétant de l’association terre du ciel. Pris conscience de l’importance d’un rachat et non d’une location + de faire passer l’aspect culturel en verni secondaire, pour soutenir le socle = hébergement, cérémonies et agriculture + taverne.
10/03/17
Jour a marqué d’une pierre blanche. Je viens de franchir une étape fondamentale dans la progression dans la maîtrise de la structure corporelle (1/5). J’ai associé le côté étirement du Yoga à la pratique du Taiji. J’ai donc, plutôt que de faire les basics rapides et violents, pris le temps grâce à l’initiative de G¨, de m’étirer dans une grande lenteur, une grande douceur et une grande écoute de mon corps. Pour sentir ses besoins, relâcher les tensions profondément. J’étais bien. Je faisais du bien à mon corps. Je ne dépassais jamais un certain stade de douleur.
Puis Taiji. Etant complètement ouvert, l’énergie circulait à fond. Et les mouvements coulaient, dans une immense lenteur. Ma perception était décuplée. C’était facile. Bon. Ca coulait. J’étais presque aussi émerveillé que dans la prise de conscience vers un rêve lucide.
Ouverture (et renforcement) du corps puis canalisation de l’énergie sans extrême, en prenant le temps de sentir. Voilà les trois composantes fondamentales de la structure corporelle en décharge d’énergie équilibrée.
Les jours comme ça sont rares. C’est un cadeau de l’énergie. Je l’en remercie. J’ai pu avoir une attention très engagée, très continue, très riche. Une attention au mouvement de l’énergie.
Dîner à l’hostel avec G¨, bonne pizza. Quelques courses dans la ville, d’une animation folle tous les soirs. Avec vendeurs de légume, de pâtes, de viande ambulants + beignets, pains, galettes à déguster dans la rue. C’est véritablement un lieu vivant. Bien plus cool que chez nous, où tout est rangé, morne. C’est un marché de Noël permanent, sans les décorations.
Skype avec mon cher ami Fr ! Prépare son voyage en Iran. Quel plaisir de le « revoir ». Il viendra peut être me rendre visite au Japon.
Demain c’est le début du weekend. Je suis dans une attention particulière sur le corps. Cela correspond à ma coque de coco. Je dois trouver un rituel à faire avec. Boire dedans me semble être la meilleure idée !
Toujours ces réflexions sur mon avenir… je doute à mourir. Je me sens capable de tirer autant profit sans master qu’avec. Je dois construire mon corpus de connaissances relatives au droit, à la stratégie économique, à la communication et surtout au management = gestion de projet, timeline, animation de réunion, crises, cnv… En tout cas si je fais un master c’est fin strat avec certitude.
11/03/17
Discussion avec Lobi, l’allemand étrange, peu sociable, que je soupçonnais être un prof d’université. Je n’avais pas manqué ma cible. Il est prof en université en american studies, spécialisé dans la culture alimentaire américaine… c’est super intéressant de discuter de ce thème avec lui !
12/03/17
Journée très difficile. Le temps est pluvieux et froid. J’ai passé tout l’entraînement du matin et la pause du midi à réfléchir à mon avenir. Master ou pas ? Que faire au mieux pour le projet château ?  Hantise de la vie parisienne, pollution, excitation, dispersion… Mais finalement je reste sur le master. La césure aurait signifié fin des études et je pense qu’il vaut mieux valoriser les opportunités d’ouverture que je n’aurai plus après. Il n’empêche que je vais devoir trouver le temps de lancer le projet ferme bio taverne épicerie, et de visiter des lieux d’inspiration. Se promet chargé !
Soulagé l’après-midi après avoir posé mes idées par écrit, et pris une décision. Je ne peux pas vivre dans l’indécision. Quand je suis dans une telle crise existentielle, la meilleure solution est de poser par écrit. Ce qui m’a ramené au master fut de lire le programme en ligne et de réaliser que je pouvais lancer mes projets tout en faisant le master.
13/03/17
Le froid est revenu ! 4 degrés et une pluie glaciale. L’entraînement est plus difficile. Mais je suis tellement soulagé d’être plus serein face à mon avenir.
Après-midi d’étirements. Bel entraînement malgré le froid. Complet et équilibré. La recherche s’est bien passée également. J’ai une trame plus que correcte pour le taiji. Je crains un peu la réponse de M. Lacroix sur le Yoga qui sera déterminante.
On est allé avec P et G¨à la boutique de couture. G¨a récupéré sa commande et moi j’ai demandé un super haut, fermeture côté qui peut se porter ouvert, avec capuche, doublé… un peu en mode tenue jedi. Acheté un petit boze en ville, retour à l’école de nuit.
14/03/17
Période étrange. Tout va bien, mais pas hyper bien. Je suis dans une sorte d’équilibre, de routine bien huilée. Chaque jour a son lot d’efforts, et de plaisirs. Le tout en harmonie. La vie est satisfaisante. Ma recherche avance, mon entraînement est bon. Demain soir on va faire du karaoké avec les gars, LE divertissement asiatique.
Mon système rituel personnel se met en place dans ma tête, bien qu’il me faille le reprendre entièrement par écrit, associant mon travail d’Inde, mon mémoire et mes réflexions récentes. Je peine cependant à l’appliquer correctement. Manque de rituels méditation matin et soir. Manque également les immersions culturelles, mais je préfère commencer ça à la rentrée. Ou cet été. Difficile de poser des actes rituels. G¨ y parvient mieux que moi. Travaille beaucoup à partir d’objets.
Séance de mail. Je dois encore répondre à N, A, relancer M¨, F
Je viens d’apprendre que mon grand cousin E va être Papa pour la première fois ! Avec le deuxième de J également programmé, la famille s’agrandit vraiment. Les renforts arrivent. Génial !
15 et 16/03/17
Weekend génial (mercredi et jeudi). Intense. Recherche mercredi matin. J’ai écrit « conclusion générale ». Ca ne signifie pas que c’est terminé, mais au moins j’ai une structure qui tient la route à partir de maintenant. Reste à améliorer, affiner. Préciser.
A nouveau recherche mercredi aprem.
En fin d’aprem direction l’auberge. Là, pains au sucre brun et beignets achetés en ville puis pizza. Moment de pur bonheur, simple. Puis direction… la boite de karaoké ! Avec Mia, une norvégienne qui est ici depuis 5 ans. Qui étudie à l’université de sport/kungfu de la ville. Qui veut ouvrir son école de kungfu. Un caractère incroyable, très fort. Rencontre aussi de Th, un français qui vit en Chine depuis 14 ans ! Il a un gîte dans la montagne depuis 3 ans. Il traduit des textes classiques et donne des conférences en France à l’institut Confucius. Il est venu aussi au karaoké, une initiative de Mco à l’origine.
Magasin au rez de chaussée. On monte un escalier. Un gardien nous accueil dans un couloir avec différentes portes, comme un hôtel. On entre dans une « chambre ». Là grand canapé rouge, deux écrans. Mco, P, Thr et J de Londres, J , Lw et Viv sont déjà entrain de chanter. Un écran pour les paroles et le clip, un autre pour choisir la musique. Justin et Lw nous on fait un Till the end de Linkin Park génial. J en mode hard métal. Halo de Beyoncé avec tout le monde qui crie sa race à n’en plus pouvoir. Mco nous fait O sole mio comme un chanteur d’opéra… Et avec P on fait lever et danser tout le monde pour… un stromae Alors on danse enflammé. La salle se transforme en boite de nuit. Hangover de Taio Cruz, c’est de la folie. Une ambiance incroyable, sans alcool. On va chercher les chinois de la salle d’à côté. On danse avec eux. Sacrée expérience !
Le lendemain direction le temple du dragon, un vieux temple non rénové, le plus ancien de la région, qui date du VIIème siècle environ. Un frère de kungfu de Shifu fait des travaux d’aménagement pour l’ouvrir aux touristes. Shifu nous y a emmené exceptionnellement bien que ça soit pas encore ouvert. Visite des lieux, rencontres des moines taoïstes qui vivent sur place, dans la montagne. Avec leurs propres jardins, leurs petites maisons de terre. Déjeuner avec eux. Découverte du tofish. Du tofu mis en forme de poisson pour faire genre. Aprem, direction le sommet de la montagne la plus proche ! Bel aménagement, escalier de pierre tout au long de l’ascension.
Discussion avec G¨sur les chevaux, l’éthologie, la magie de ces animaux. Le débourrage éthologique… puis sur les projets d’avenir, maison, famille… bref du recul, de la tranquillité, de la sagesse. J’ai appris que les feuilles dorées des arbres de Chengdu sont des feuilles de Gingobiloba ! Un arbre incroyable. Martin RPZ.
Au sommet de la neige cependant entrain de fondre doucement parmis les bambous et les sapins, un arbre au milieu d’une petite marre, des points de vue magiques, des grottes d’ermites (vide cependant)… retour avec accueil par panier de fruits : banades, kakis séchés, tomates cerises, oeils de dragon, dates… corne d’abondance pour qui vient de faire une longue marche.
Extrait d’un mail :
C’est difficile paradoxalement à Paris. Il y a tellement de choses à faire que j’y étais perdu. Je ne suis pas habitué à cette ville folle… Mais j’espère bien réussir à créer un bel équilibre l’année prochaine entre mon master, le développement sérieux de colibris et l’approfondissement des idées et pratiques que j’ai découvert cette année. J’ai aussi envie de faire plus de jeux de rôle, et je peux compter sur Maël pour m’y aider (entre autres choses).

C’est important les retraites, mon prof de bouddhisme le disait. Je pense en faire aussi que je rentrerai. Ca permet de remettre les pendules à l’heure. Mais je pense qu’il faut au minimum une semaine pour installer quelque chose. Ici, à Wudang Shan, je mesure tout le bénéfice d’une vie équilibrée, où l’emploi du temps est régulier, pas chamboulé sans arrêt. Il y a des moments d’imprévus, mais on sait qu’on pourra retrouver un équilibre après pour se recentrer. Ca donne beaucoup plus d’énergie, d’ouverture aux autres, aux choses importantes… J’ai rencontré un français Thomas qui vit ici dans la montagne depuis 14 ans ! Il traduit des classiques chinois et a ouvert un gîte. Il n’avait pas internet pendant longtemps et il m’a dit à quel point ça permet de créer, d’explorer en profondeur la vie. Il a calligraphié à la mode chinoise les fables de la fontaine ! Quand tu n’as pas de divertissement faciles à portée de main, tu dois bien en créer de toi même… du coup je pense ne plus aller sur facebook (que je n’ai pas actuellement), sauf nécessité pour un projet ! C’est un outil vicieux, trop pensé pour nous déposséder de notre lucidité.

Mercredi soir c’était soirée karaoké, les chinois adorent. C’est comme un hôtel, sauf que chaque chambre contient un grand canapé, une table basse, un écran avec les clips et les paroles et un autre pour choisir ses morceaux parmis une playlist immense. Du coup tu viens en groupe et tu te fais une soirée karaoké privée. Tu manges, bois et chante. A la fin tout le monde était fou, à danser et chanter sans fin. On a envahit la chambre voisine et dansé avec les chinois. Et personne n’avait bu d’alcool. Je pense que c’est un autre effet secondaire positif de la vie simple et pure : tu deviens plus sensible aux plaisirs et tu n’as plus besoin d’alcool pour être « high ». Les ricains ont particulièrement aimé Alors on danse de Stromaé 😉

Hier, c’était excursion dans un temple taoïste perdu dans la montagne, qui date du VIIème siècle. Des moines y vivent, avec leur propre jardin. On a randonné, jusqu’à atteindre la neige. C’était très beau, au milieu des sapins et des bambous 🙂 Au retour en fin d’aprem, une corbeille de fruits nous attendait : kakis séchés, dates, bananes, pommes, oeils de dragon… Une corne d’abondance.

Enfin voilà, les journées passent tranquillement. Concernant le master, je vais en finance et stratégie (mention stratégie et management). C’est un comble pour quelqu’un comme moi, mais j’ai entendu trop de mal du master comm… et j’ai besoin pour mon projet de connaissances en compta, management, droit des contrats. Je suis enthousiaste, après beaucoup d’hésitations !

Il faut absolument que je prenne le temps de répondre à certains mails. Viva !
17/03/17
Belle journée d’entraînement ! Fatigue immense le matin à cause de la veille. Mais j’ai malgré tout fait l’entraînement et étonnamment, j’ai réussi à me sentir mieux après. Notamment après les 5 animaux. Ca m’a dérouillé. Du coup aprem étirements. Je suis allé très loin, en prenant beaucoup mon temps, par série de trois. Faire des étirements comme une série de muscu ou de cardio. C’est le secret. On n’y passe jamais suffisamment de temps.
Mon Taiyi progresse. Discuté avec G¨de l’importance du temps d’intégration. De laisser reposer un savoir quelques jours et de le reprendre après. Le cerveau travaille inconsciemment.
Lu pour ma recherche, mais pas suffisamment longtemps. Je suis dans une période transitoire, je ne sais pas trop où me placer. Je peaufine avec des références, mais je ne me sens pas de reprendre tous les raisonnements. Peut-être qu’il faudrait que j’en risque quelques uns à part puis que je vois si je dois intégrer. Dans tous les cas l’important là c’est de lire. De m’informer. Je compte passer la majorité de mon temps à cela. Et si j’ai des creux, je commencerai à réfléchir à mes recherches personnelles. Mais doucement. Très doucement. Je dois remettre en ordre. Me décider sur ce que je veux dire, montrer. Sur une structure. Avant même de penser au contenu. Importance des questions et des exemples.
Commencé hp5.
18/03/17
J’ai choisi mon master. Finance et stratégie. Donc je dis définitivement adieux à l’ENA. De toute manière je ne me sens pas d’entrer dans ce monde sclérosé. J’ai bien plus foi dans la dynamique Colibris. Et le réseau selon moi se construit sans avoir besoin d’être assis sur les mêmes bancs, et à faire copain/copain juste pour l’intérêt personnel. Je suis heureux de me lancer dans le monde de l’entreprise éthique.
J’ai fait mon circuit training. Violent mais bon, comme toujours. Je tiens le coup physiquement.
En partant d’un débat sur un documentaire de Nassim Haramein (personnage très controversé), longue discussion avec G¨ sur l’importance de la diversité des approches, et le rejet des réductions qui uniformisent le monde, comme les tentatives d’unification scientifiques, qui rejettent les autres approches, efficaces dans le sens qu’elles donnent aux individus = analogies… :
traduction pour l’unité dans la diversité plutôt que la réduction pour l’uniformisation dans l’unicité.
Exemple de la traduction de texte. La possibilité de décrire une même chose de différente manière avec un seul langage, ou d’un langage à un autre. L’importance de ne pas simplifier une description à un seul discours car peut être que le détail d’un discours insignifiant aujourd’hui se révèlera très important demain. Donc être ouvert à tout, même si ça n’est pas directement pertinent pour la situation vécue dans l’instant.
Une nouvelle découverte scientifique ne signifie pas qu’il faut mettre de côté les interprétations spirituelles du phénomène. Les deux restent important car ils agissent sur des structures différentes (imagination vs raison par exemple).
Etape du progrès où on est tenté de tout réduire à un seul discours, par exemple la science. Mais la beauté de l’existence réside dans la diversité des discours, des approches, des visions. Et la possibilité de les associer. Exemple de la manière dont travail G¨.
Il y a une substance commune dans tous ses discours, mais les essences diffèrent. Pas nécessairement des réifications.
D’où l’importance de vivre et d’agir en alternant entre différents discours, pour qu’ils se nourrissent les uns les autres. Et que l’un complète l’impuissance de l’autre. Ils ne se marchent pas dessus, car ils portent sur des structures irréductibles. Les mathématiques n’auront jamais le même effet qu’un conte merveilleux sur un cerveau. Cf Strauss.
L’étape ultime est d’arriver à associer les différents discours dans une même expérience. De les superposer sans les fusionner. D’être le multiple.
J’avance dans mes réflexions personnelles. Je pense écrire un essai sur la vérité traductrice, l’intention, l’attention appliquées dans le rituel et la logique moraliste. Pour présenter ma vision des outils fondamentaux. Puis je balancerai un essai « Livre des rites » où je présenterai pour moi mon système rituel et moral. Avec les cinq structures etc…
19/03/17
L’étau se resserre pour mon choix de master. Je vais bientôt ne plus pouvoir changer d’avis, et devoir renoncer à une préparation optimale pour faire l’ENA ou autre fonction administrative, renoncer à servir l’Etat (via le master administration publique). Peut-être que j’y reviendrai un jour, mais je ne pourrai pas entrer par la grande porte. Je vais vers le privé, le monde de l’innovation, du progrès rapide, de demain. Des opportunités, de la liberté. Qui tend de plus en plus vers un respect du bien commun.
Pas d’entraînement cet aprem ! Je me suis fait happé par mes réflexions philosophiques, que je partage avec F. J’ai lu ses textes sur Spinoza, et commenté. Les 2 heures se sont envolées. C’est bel et bien une forme de passion. Etirements reportés à demain.
Skype avec les parents. Hâte de revenir, relancer des projets. La ferme. Vivifier
Retour sur des forums de rêve lucide. Plaisir de retrouver cet univers. Envie de pouvoir en faire très bien, de maîtriser. Je dois reprendre les RC.

 

20/03/17
Calme plat à l’entraînement. Peu de motivation. Après-midi spécial avec balade dans la montagne, coach et tout le groupe. C’était cool, étonnant mais cool. Du coup je ne me suis pas étiré, à faire demain absolument. Pas plus mal me permet de laisser se refaire les tendons.
Soirée magique. Shifu fait des tables pour manger dehors avec des vieilles meules de moulin. Qui pèsent près d’une tonne. Il a fallu en déplacer deux dont une à travers toute la cours d’entraînement. On s’y est mis à 15 autour de la meule, c’était super lourd. Avec des points de pause le long du parcours. On ne pouvait pas faire plus de 4 mètres en une fois. Finalement on a réussi le déplacement, avec des grands cris de soulagement. Le genre de scènes qu’on peut vivre dans un habitat collaboratif, avec une dimension collective.
Commencé à relire attentivement ma recherche, pour terminer les citations et les corrections. Je réécris certains passages. A poursuivre.
Je veux vraiment reprendre les rêves lucides. J’active le souvenir de rêves et les tests de réalité. Autosuggestion à prévoir, et se remémorer l’objectif : se téléporter et traverser le monument aux morts vers le jardin d’eden.
21/03/17
Belle séance d’étirements cet aprem et réflexions riches relatives à mon éthique et à ma morale.
Dîner dans un hôtel grand luxe pour célébrer avec shifu (le maître) le départ d’un grand nombre d’occidentaux : P, Ph, Lw, A et Aa, Th et Jy… bref un sacré noyau. Buffet incroyable. Du hotpot aux pâtisseries raffinées. Il y avait vraiment de tout. Salades, Glaces, Gâteaux, Fruits, Frites, Pâtes, Huiles exotiques, viandes, boissons… Tout à volonté. De la folie. Pour 10 euros… C’était vertigineux. J’ai testé à trois reprises la réalité pour vérifier que ça ne soit pas un rêve. Contraste immense par rapport à la simplicité de la vie quotidienne dans l’école. Confirme qu’on apprécie d’autant plus les plaisirs quand on simplifie son mode de vie. Je n’aurais peut-être pas été aussi émerveillé en France. Résolution de maintenir une simplicité de mode de vie. Mais une joie malgré tout. Pour vivre des joies encore plus grandes à toute occasion. Belle ambiance avec les coach (un peu bourrés). Retour dans le coffre d’un pick up arrêté en stop.
Discussion intéressante mais délicate si pas tolérance et bienveillance et humilité et ouverture, avec P sur le dark side des gens et la sensation qu’on peut en avoir. Les jugements sur des impressions… Quelle est ma connaissance de l’autre, du danger potentiel qu’il représente selon qu’il se maîtrise et se connaît ou pas, et comment le juger relativement à ma morale ?
Les quatre dangers dans la sensation du niveau d’autrui dans la maîtrise de son énergie/mouvement/puissance :
  1. Le faux jugement = impression erronée
  2. Le jugement réducteur = fusion cognitive, simplificateur
  3. Le jugement définitif = rejet de la personne sans effort de soutien/découverte
  4. L’absence de jugement = risque de mauvaise surprise, de se faire absorber, naïveté
Il faut distinguer les personnes qui ne connaissent pas et ne maîtrisent pas leur éthique/morale, celles qui connaissent mais ne maîtrisent pas et celles qui connaissent et maîtrisent. Quelqu’un qui ne connaît pas est entièrement imprévisible, soumis aux forces qui l’habitent. Mieux vaut éviter de lui donner du pouvoir, importance de le cerner. Quelqu’un qui ne maîtrise pas mais qui connait peut au moins savoir qu’il doit éviter le pouvoir. Quelqu’un qui connaît et maîtrise peut utiliser l’énergie de manière lucide. Il est prévisible, justifié. Il sait appliquer son éthique et sa morale.
Il y a des différences de systèmes éthiques et moraux. De finalités et de méthodes au service desquelles est mise l’énergie. Le dark side est le pire des systèmes. Celui qui est dans son dark side est doté d’un pouvoir, mais il ne connaît pas et ne maîtrise pas l’éthique et la morale qu’il poursuit. Il n’a pas d’identité. Ainsi, son pouvoir est sauvage, manipulable, imprévisible. Bref c’est une bombe à retardement. Le dark side est une négation de la puissance subjective, du contrôle et de la connaissance de soi, de la responsabilité et de la liberté. C’est le système qui n’est pas choisi mais subi. C’est le côté de la soumission, de la jouissance et de la souffrance sans garde fou. De l’inconscience. De l’impuissance de la volonté. Chaque personne a un dark side plus ou moins fort, c’est à dire des pulsions énergétiques (mouvements de structures existentielels) et donc une éthique et morale plus ou moins hors de contrôle. Le dark side, c’est l’énergie déchaînée.
Pour quelqu’un qui souhaite exister en tant que sujet conscient et puissant, maître de son existence, l’enjeu est de réussir à mettre le dark side sous contrôle, voire de réussir à l’utiliser de manière positive (mais très risqué cf. gandalf). De choisir son éthique et sa morale, et de les respecter en maîtrisant le pouvoir énergétique que la vie nous offre. Mais un individu peut choisir la folie. Rien ne prouve que c’est contre nature. Et ça n’est donc pas parce qu’un individu sans dark side est sans danger pour moi. S’il choisit un système éthique et morale opposé au miens, par exemple la volonté de détruire la vie, alors il a beau être très lucide sur son éthique et sa morale, il est un danger et je dois m’en protéger. L’avantage, au moins, c’est qu’il est possible de discuter avec ces personnes, de dégager une logique, une stratégie. De connaître leur position (pas comme Jack Sparrow).
Les personnes les plus dangereuses sont celles qui croient connaître et maîtriser leur système, mais qui en fait sont possédées par le dark side, c’est à dire qui ne savent pas vraiment ce qu’elles font. Elles parviennent alors à donner l’impression de savoir et de maîtriser, et donc d’acquérir le pouvoir, mais en fait ça n’est qu’une illusion. Cependant, encore une fois, ces personnes ont le droit, dans l’absolu, de choisir de ne pas être responsables. Elles doivent cependant en assumer les conséquences face aux hommes raisonnés.
22/03/17
Je souhaite avant mon départ, le 4 avril, terminé un certain nombre de lectures, finaliser mon premier jet de la deuxième partie de ma recherche, continuer les réflexions créatives relatives à mon éthique et morale. Je vais attendre d’être au Japon pour rédiger ma nouvelle newsletter, de manière à poster toutes mes photos sur le drive en même temps.
Journée de travail sur mes rituels et sur ma recherche. Presque terminé la relecture. Il y a des points de faiblesse, qui mériteraient éclaircissement. J’attends aussi la réponse de mon référent pour aviser.
Fin d’aprem direction la ville avec G¨ ! Achat de graines et de fruits pour refaire les stocks. Puis on a regardé une conférence d’un scientifique controversé, Nassim Haramein, qui veut réussir à formuler une théorie du tout en physique. Ca sent très très fort la pseudoscience, et l’imposture de vérité scientifique. Je ne peux donc pas le croire. Mais les concepts qu’il présente, et le personnage lui-même, sont intéressants. Ca ouvre l’esprit à de nouvelles manières de percevoir l’univers, qu’elles soient imaginaires ou réelles.
Dîner à l’auberge, puis partie de billard avec Wt. Jeu génial où si on est par exemple trois, on peut diviser les boules en trois et chacun doit, plutôt que de rentrer ses numéros, les protéger et détruire ceux des autres. Puis jeu de carte ramené par Hg l’allemand qui apprend la médecine chinoise. On peut toujours compter sur un allemand pour un bon jeu de société ! Le jeu s’appelle Wizard, c’était cool.
23/03/17
J’ai finalisé ma recherche, en écrivant notamment une conclusion détaillée. Ma plus grande peur serait que Lacroix me demande de tout reprendre. Je refuserai le cas échéant. Je préfère accepter ce fondement de réflexion, ce premier essai, quitte à lister les problèmes qu’il contient (forcément) et à repartir sur un autre plus tard.
J’ai proposé une ouverture sur le confucianisme, et donc sur l’application politique de l’exercice rituel.
Couru dans toute la ville pour trouver la couleur du tissu que je voulais pour un habit stylé. Impossible à trouver. J’ai finalement renoncé, pris en photo l’habit en question avec la ferme volonté de le faire moi-même avec l’aide de Mj quand je serai rentré en France !
Soirée loufoque. Dw Zh, le mongolien réalisateur, nous a montré un de ses films, sur les USA. C’est tout ce qu’il y a de plus mauvais. Très sincèrement, l’impression que ça donne c’est qu’il filme tout, absolument tout ce qui est le moins intéressant possible. Voilà le concept. Mais cette critique n’est pas négative, au contraire… Son art est paradoxalement intéressant car comme nous sommes habitués à regarder des choses impressionnantes, des histoires, des choses belles… Là c’est exactement tout ce sur quoi ton œil ne s’arrêtera pas lorsque tu voyages ou séjourne quelque part. Il visite les clochards, il filme quelqu’un entrain de travailler à l’ordinateur, entrain de dîner, entrain de préparer à manger, entrain de conduire, un cuisto sur un trottoir, des gens entrain de lire dans une bibliothèque… Le concept n’est pas à rejeter. Ca ouvre l’œil à une nouvelle dimension, une nouvelle manière de regarder un film. En fait, quand on t’impose les images de choses banales ou moche, parce qu’il te faut bien les regarder et dans l’idéal passer un moment agréable, tu as le réflexe de chercher le beau dans ce que tu vois. Et ça fonctionne !
24/03/17
Journée de mauvais temps, le même depuis maintenant deux semaines. Mais tout va bien. J’arrive très bien à développer mes rituels sur les nouveaux fondements pensés récemment. Une structure par jour. Stimulant, pertinent. Sain. Equilibré. Ca fonctionne bien. Par exemple aujourd’hui je suis sur la structure environnementale. Et en plus des méditations, ajout de l’ouverture spatio-temporelle relative à la saison. D’une richesse incroyable ! Je lis les news de colibris, et tente de plus m’ouvrir à l’autre
Conférence de Shifu ! 2h30 de réponse à nos questions. J’ai pu mesurer sa sagesse. Qui ne vient pas de livres, mais de son expérience de vie, d’entraînement. Il a véritablement saisi l’importance d’une part de l’équilibre dans l’existence par l’intention, et d’autres part du travail sur la sensibilité, le développement de l’attention. La quête d’une plus grande compréhension, maîtrise, expérience de la vie. Extrait sagesse :
« Le dao est une sagesse. Quand on devient sage, on comprend tout. L’esprit n’a plus à chercher. Il trouve. Et le meilleur chemin pour commencer, c’est le corps et l’esprit. Comprendre ses besoins, son fonctionnement. Le corps est un univers en miniature. Qui comprend son corps comprend l’univers. Le dao implique de suivre mais suivre implique d’abord d’accepter. Accepter les lois de la Nature, du monde. Commencer par accepter et suivre, pour comprendre et agir »
« Pour avoir une vie complète, satisfaite, il ne s’agit pas de chercher le bonheur. Mais une voie, c’est-à-dire un rêve à porter tout au long de sa vie, à incarner. Le bonheur n’est pas une voie, c’est un résultat de la voie ».
« Chacun vient au monde avec une mission. Il faut la trouver. Moi, je sais que dans quelques années, je partirai dans la montagne. Voici ma mission absolue. Mais pas pour le moment, je dois enseigner dans mon école. C’est ma fonction, pas ma mission. Ma fonction dans la société, ça on doit l’accepter. Accepter sa place, telle que la vie l’offre. Il ne s’agit pas de choisir mais d’accepter à partir d’où l’on est. Si on attend le choix parfait, on ne sera jamais satisfait. Etre satisfait, c’est accepter ce qu’on a, arrêter d’être insatisfait. Mais je sais que ma mission absolue (légende personnelle), c’est de me retirer.
L’essentiel, c’est de ne pas changer radicalement de voie et de fonction. De prendre ce que mon passé, mon histoire me lègue. Continuer, persévérer dans la voie qui permet de vouloir la vie en tout temps et tout lieu, et la fonction qu’on accepte comme nécessité. Attention à ne pas confondre la persévérance avec l’aveuglement et l’obstination. Il faut s’adapter, bifurquer, mais pour mieux revenir.
Une fonction stable et acceptée permet de se libérer pour la voie. D’une certaine manière, ma voie est celle de l’éveil de la sensibilité. Aujourd’hui je peux lire les gens. Je vous connais, chacun de vous. Mais j’ai encore besoin de progresser. La question n’est pas de compléter sa vie, mais de progresser sur une voie claire, identifiée ».
« Pour obtenir le sentiment de non effort, le flow… il faut répéter longtemps, de nombreuses fois. Au début on ne comprend pas pourquoi, on n’a pas le sentiment d’entrer dans le mouvement. C’est comme pour la course d’endurance. Dans toute activité, on peut atteindre cet état d’effort sans effort, mais il faut tenir longtemps, pour que le corps s’adapte parfaitement à l’exercice. Tenir pour comprendre. Quand j’étais jeune, j’ai fait beaucoup d’entraînement externe. Quand je suis arrivé dans le Wudang, j’ai commencé la méditation debout et c’était très difficile, bien que moins impressionnant. Comment cela peut améliorer quelque chose ? L’effet se révèle dans la persévérance, la durée ».
Illustration de la méthode traditionnelle (peut-être trop rigide malgré tout, même les fondamentaux doivent s’adapter petit à petit) : « Un professeur voulait supprimer les fondamentaux. Impossible. S’il veut enseigner dans mon école, il doit suivre. Certaines choses peuvent changer, mais pas les fondamentaux. Si on change les règles fondamentales, on ne s’en sort plus. Il faut une discipline. Accepter de s’adapter. La vie est une question d’adaptation. Sinon, on est dans le combat permanent. Car des forces plus grandes que nous règles cette existence».
25/03/17
Entraînement magique, retour du soleil. C’est incroyable de constater à quel point le temps a une influence sur l’énergie physique et mentale. Du coup je me demandais, les gens du sud sont ils plus heureux ? Je comprends qu’ils aient peur du nord. Mais j’ai aussi la conviction qu’il est possible d’apprendre à vaincre l’absence de soleil, bienvenu chez les chtis est un bon exemple…
Réussi à débloquer ma hanche, qui faisait que j’avais une jambe plus grande que l’autre et qui me tordait dans toute position. Grâce à la posture de l’arbre, une méditation debout. Au moment où j’ai relâché l’articulation, un flot de chaleur est monté de ma jambe droite. Comme si les flux pouvaient à nouveau circuler correctement. Poursuivre ce travail, veiller à maintenir débloquer. C’est le travail dont parle G¨, réussir à se soigner soi-même par l’attention et l’intention.
Journée de muscu ! J’ai hésité à faire le rituel vendredi, car au fond de moi j’ai toujours peur de cette activité. Mais quand j’utilise le truc de l’intensité d’existence, de l’élan vers l’expérience de vivre, de la sortie de la zone de non être, alors j’ai envie de le faire, et je ne suis plus pressé de m’en débarrasser. Les choses que l’on redoute sont les choses qui d’une certaine manière nous stimulent le plus.
Départ de Harry, il m’a laissé un pantalon. De quoi étoffer un peu ma garde robe limitée. Skype avec A et la famille ! Papa sème dans les champs, Maman enseigne le cathé (elle a parlé de la samaritaine, évangile que j’ai lu par grand hasard il y a trois jours !), Simon est dans ses assos ,et part bientôt en stage, Titouan ça roule au lycée, les animaux semblent en forme…
Un grand plaisir, même si c’est très frustrant de ne pas pouvoir vivre avec les gens qu’on aime, d’être loin. Réaffirme mon désir de vivre dans une petite communauté au château. C’est au quotidien que la vie est vraiment belle. Et je pense qu’on peut rêver un peu plus grand que sa simple famille.
26/03/17
Réponse à plusieurs mails. Organisation de mon arrivée au Japon. Désabonnement d’internet ici. Le départ se profil mais je n’y suis pas encore.
Séance d’étirements intensive.
27/03/17
Fatigue à l’entraînement.
Lecture pour la recherche, poursuite des réflexions. Constat des limites de la rationalité intentionnelle, ce qui établi une critique du livre Flow. Et donne un point au rêve de Florent.
Départ de Marco. Je dois vous parler de Marco. Quelle personne incroyable… Il parle je ne sais pas combien de langues. Italien de Sicile. A arrêté ses études d’informatique, pour commencer à travailler, et surtout à voyager. Il a bossé dans tous les pays du monde ou presque. Aujourd’hui il gère une auberge de jeunesse en Italie, qu’il a monté lui-même de A à Z. Il la fait décorer par les artistes qui viennent y séjourner, contre hébergement gratuit. Il joue de la guitare et chante pour ses hôtes. Il organise un festival de musique écolo (burning men version Sicile) en Octobre. Il compte changer de projet dans quelques années, pour lui la vie est ce mouvement permanent. Il est poussé par une énergie surnaturelle. Hallucinante. Il a la liberté d’un enfant. Il est très chaleureux, importance du contact tactile !!!
Son départ fut d’une émotion impressionnante. Marco c’est des centaines d’intentions à chacun, d’initiatives de partage, d’activité. Jamais un côté paternaliste, qui cherche à montrer qu’il sait. Ne se permet pas de dire, il fait. Contrairement à Ph. Un concentré de joie de vivre, d’énergie.
Dawei à la guitare les larmes aux yeux, les adieux, la révérence de Marco avec son chapeau béret. Grande classe. Chapeau bas l’ami, GOMPA ! Tu resteras dans mon cœur. Tu m’as appris à devenir humble. A dire : voilà quelqu’un que j’admire. Qui est au dessus. De loin. Qui a tout compris de la vie. Proche de sa famille, baroudeur, humain. Un vivant. Ce qu’il y a de plus beau de l’Italie. Merci !
Moment de grâce avec G¨
RENOUER AVEC L’INTELLIGENCE DU CORPS. DE L’EMOTION. L’INTENTION émane EN FAIT des 5 structures. Pas seulement cette putain de rationalité. On est prisonnier de la rationalité. C’est le piège de l’adulte. L’enfant est spontané. Il fait. Aussi une intelligence dans l’imagination (pressentiment, démon, esprit…) ! La spontanéité est ce qui caractérise les autres formes d’intelligence, comparé à la rationalité. L’expression externe spontanée est ce qui caractérise l’intelligence du corps et de l’environnement.
Travailler chaque type d’intention selon structure du jour !!!!!
Rituel de l’intelligence/intention non rationnelle du corps :
Vivre sans auto censure. EXEMPLE ICI AVEC CHANT (corps) :
Retrouver son âme d’enfant. Instant de chant libre, à partir de mantras. Catharsis, thérapie par le son.
Poser une intention rationnelle. L’intention magique de G¨de faire que ce moment soit un instant d’expression pure, comme des enfants. POUR TRANSITION. L’intention dans la structure de quitter la structure (ici rationnelle).
Les trois OM d’ouverture.
Et commencer le mantra de base avant de…
Lâcher putain de prise. Mon plus grand problème, ce qui fait que je ne suis pas Marco ou Olivier, bien que je veuille l’être, que j’inspire à ça, c’est ma peur de l’autre. Du jugement. Etre toujours dans le calcul, la non sincérité. La retenue. Ne pas me faire confiance, ne pas dire ce que j’ai sur le coeur. Ne pas oser faire la démonstration de mon énergie, la crier. Voilà ce que j’ai fait, j’ai crié. Crié ma douleur, mon poids sur le coeur. Mon oppression quotidienne du jeu social. L’horreur de ces pressions.
Besoin de cette soupape, le chant peut-être ? L’expression dans tous les cas. Réussir à cultiver ces moments pour lâcher prise. En faire une performance peut-être. Oublier le poids du regard de l’autre. Vivre.
Comme un enfant. Cette spontanéité. Suivre son instinct. NE PAS FAIRE CE QU’ON DOIT, CE QUI EST « bien » MAIS FAIRE CE QU’ON VEUT sincèrement, purement. Flagrant pendant le chant, ces moments de « est-ce que je suis juste » « est-ce que je dois maintenir le rythme » « est ce que je dois relancer ? » NON ! Simplement faire ce qu’on veut. Laisser couler. Laisser se poser. ON A LE DROIT MAINTENANT. GO et même si j’ai pas le droit à un moment j’affirme ma liberté. Parce que j’existe. Ne plus avoir peur. Visualisation de l’énergie en moi, bouclier. Force par dessus tout. Sentir son coeur battre. Inspiration et cri !!!!!!
mantra shamanique, variations, le cri, les cris tribaux de liberté, le cri Harry de liberté absolue (avec la vision quel moment magique, avec le soutien de G¨), les râles graves, les sons en rythme soirée avec les mains.
Et si ça doit mourir que ça meurt. Si je dois m’endormir que je m’endorme. Si je dois sauter et danser que je le fasse. Faire vraiment vraiment ce que je veux. Et si je m’allonge pour dormir et que l’instant d’après je veux danser et crier que je le fasse. Ecouter l’instant, nourrir petit à petit. Liberté totale. Renouer avec son instinct. Enfant. C’est ainsi que né la créativité. Cf danses avec Rachel collège. Laisser la tendance couler. L’autre fait le reste, donne l’opportunité. Inspiration pure. Marco.
Quand on s’exprime sincèrement auprès de l’autre, quand on laisse couler son énergie, qu’on s’ouvre, ça ne peut que bien passer. Au contraire, celui qui est sincère, qui exprime grand, libre, est sécurisant pour l’autre car il montre qu’il se sent en confiance, qu’il ose se lâcher, se dévoiler en sa présence. C’est une preuve d’amour, de pureté. Faire sortir son énergie. Ne plus avoir peur. Suivre son intuition. L’essentiel est d’exprimer. Que ça soit joyeux, triste, fatigué, noir… exprimer tout. Balancer. Oser rire, oser pleurer. Cf le geshe bouddhiste à Tushita ! Laisser sortir l’émotion.
Symbolique des sons en médecine chinoise. Symbolique énergétique/imagination des vibrations engagées, des réactions.
Hug à la fin… Constater qu’on est bourré sans avoir bu, fête sans alcool. Euphorie. Acheté un barre de bon chocolat, des amandes, dégusté en se baladant un peu. La spontanéité de l’enfant. Le petit prince.
28/03/17
Journée d’étirements intense. TERMINE LE TAIYI ! J’ai donc apris trois formes pendant cette formation. Quatre si on compte le Qi Qong de G¨. Je peux ainsi dire fièrement : Sian Ge (le cours est fini) et Jaio Lian Chinkula (merci professeur pour le temps investi) ! Reste à perfectionner.
Vu le film Slacker, 1991. Conseillé par Dawei… Très spécial. A « life in a day » dans la ville d’Austin, Texas. Très beau pour la description de la jeunesse américaine au début des années 90. A voir, pour cet input culture.
29/03/17
Début du dernier weekend que je passe dans le Wudang. Dégusté ma dernière pizza BBQ Chicken non épicée. Aussi mangé un beignet aux pommes de terre dans la rue, des gâteaux sucrés fourrés à la pâte de haricots rouge, un paquet entier de cookies, une banane, des boze (pains vapeurs) dont un au sucre brun très bon… Bref je ne me laisse pas mourir de faim. Le mercredi c’est cheat day !

Terminé de regarder documentaire de Nassim Haramein avec G¨. Je ne peux absolument par adhérer avec ses idées… Pseudo-science puissance mille… Il faut vraiment éviter de mélanger science, philosophie, imagination, espoirs émotifs… On peut inspirer les uns avec les autres, mais il faut éviter de mélanger.

 

30/03/17
Deuxième jour de weekend. J’avance la lecture du livre Flow. C’est intéressant, ça me permet de préciser, critiquer mes conceptions. J’attends toujours une réponse de mon référent pour me remettre à ma recherche. C’est inutile de modifier tant que je ne sais pas s’il valide ou pas.
Soirée The last samouraï ! On a tous regardé le film dans la salle commune. C’était beau de le voir ici, en Asie. Dans une école d’arts martiaux.
31/03/17
Dernier jour de mars. Le printemps est là. Je sais qu’en France aussi ! D’ailleurs les colibris se réunissent dimanche pour un skype avec moi et discuter de la nouvelle saison. La semaine d’après c’est repas Breton !
Je suis serein face à mon avenir. On en a reparlé avec G¨. Le projet ferme/colibris et châteaux sont plutôt bien définis. Ca va dynamiser un peu la vie du village. J’ai vraiment envie de donner vie à ce lieu.
Je ne fais plus suffisamment mes rituels. Je constate à quel point ça me change. Les méditations sont plus que nécessaires. Je dois reprendre ça. En attendant j’ai quand même redéfini tous mes rituels en fonction de mes nouveaux concepts. Donc j’avance, je précise, j’améliore. Reste à pratiquer. Il ne s’agit pas de finir comme Umbridge dans hp5, à n’avoir que de la théorie et pas de pratique ! il n’y a que la pratique qui vaut au final.
Au passage, « la philosophie c’est créer un nouveau langage », Emil Cioran, référence de Dawei. Un roumain qui est devenu philosophe en France.
Période du départ ! Ecriture d’une chanson sur une musique de Dawei (罗大佑 – 恋曲 1990), pour marquer mon départ et remercier le Wudang :
Maybe it’s kind of crazy
to dance with the Qi
Once upon a time far east, I’ve met you brothers
People run without seeing
What we feel blowing
Stretching Fan Mabu Taiji, hostel and snickers
Every morning at 6
I’m deeply asleep
Dreaming of the breakfast’s bread, so good for pubu
Mystery of the 5 powers
I know Ting Gur knows
By sharing some rituals, I’ve met you my friends
There’s no farewell cause I fly with your niiice wisdoms
One day we will find a cave, but not toooday
Small measure of peace in this simple but very true life
« Rhinoceroses find no place to pitch their horns »

 

Journal de bord n°10 Février

01/02/17
Entraînement le matin. Problèmes cosmologiques, bloqué bien que j’ai réussi à pratiquer toute la série des 5 animaux. Je vais mieux physiquement. L’après midi est libre, et la journée de demain aussi. Je commencerai ensuite le taiji 28 !
Aprem de travail sur ma recherche. J’ai terminé la première sous partie de la partie 2 et écrit ma newsletter. Puis discussion avec M, et visionnage d’un film d’essai adapté d’une nouvelle de Lovecraft (the call of cthulu). Manu m’a aidé à étoffer ma newsletter :
Bonjour à tous,
Je vous écris depuis la chambre d’un ami, à peine chauffée par un petit chauffage électrique, la neige tombant à gros flocons sur la Chine du Wudang.
Le mois de janvier est derrière moi, et avec lui quelques nouveautés dans mon parcours. J’ai quitté la province du Sichuan et la ville de Chengdu le 21 janvier, plus mou et fin qu’une nouille chinoise après un passage à l’hôpital pour des infections diverses. Les risques du voyage exotique et de l’imprudence d’un jeune esprit. Arrivée dans le Hubei, province à l’est du Sichuan, le 22 janvier après une courte nuit dans le train. La Wudang Daoist Traditional Kungfu Academy qui m’accueille est située dans les montagnes Wudang, grand centre taoïste qui a connu son âge d’or sous la dynastie des Ming. Selon la légende, le Taiji en serait originaire, découvert par le maître Zhang Sanfeng lorsqu’il fut témoin de la victoire d’un serpent sur un oiseau, c’est-à-dire de la souplesse sur la rigidité… version orientale de la fable du chêne et du roseau.
Voici maintenant une semaine que j’ai commencé mon entraînement, entre travail sur ma recherche, discussions avec les étudiants et surtout festivités du nouvel an chinois. Chaque matin à 8h10, premier coup de sifflet. Je m’habille et me perds dans mes pensées. A 8h20, deuxième coup. Je sursaute et file me mettre en ligne avec mes vaillants camarades. Début de l’entraînement sous le vent et la gelée. Je donne des coups de pied dans le vide et m’étire dans tous les sens au rythme des « Hi ! Oh ! Ah ! Se ! Chan ! » du maître. Déjeuner à 11h40, reprise de l’entraînement de 15h à 17h. Dîner, puis séance du soir de 19h à 20h.
J’ai le temps de travailler sur ma recherche pendant les jours de repos et la pause du midi. Le Taiji développe l’attention au mouvement et l’économie du geste. Tirer profit des forces existantes, épouser le cours des phénomènes avant de vouloir le manipuler… Se forcer à la répétition rituelle des gestes, plusieurs heures par jour, affine les sens et ouvre l’esprit à des perceptions plus subtiles, à une énergie de vivre nouvelle, gratuite et universelle. Pour plus d’information sur les mystères de l’exercice rituel du corps, vous trouverez en pièce jointe la première sous partie de la suite de mes réflexions. Sachant que je développe toujours dans l’ombre pour le moment une étude plus libre, moins académique. Mon journal est également disponible sur mon blog :
Mon ami québécois M, qui a fait une belle partie de son parcours en Chine ; m’a offert entre conseils de taiji, histoires sur l’empire byzantin ou encore œuvres géniales de H.P. Lovecraft, une petite chinoiserie à consommer avec modération : « Rappelle moi ton expérience du chien en Chine ? » je demande. Il commence : « Ah ! Et ben la première fois que je mange du chien… bon, c’est mon patron qui m’invite pour un hotpot [fondue bourguignonne si j’ose dire] chez lui. Il me dit que dans le hotpot c’est du chien. Bon, c’était l’hiver et il me dit le chien est supposé te garder au chaud, et c’est une délicatesse… alors j’y suis allé. Ca ne goutait rien de particulier. Puis j’en ai mangé plus du chien. Dans le Guizhou, à 7 ou 8h le soir avec des amis on se ramassait des nouilles au chien en jouant au Majong et là là j’ai commencé à kiffer ça le chien.
Enfin bon, ça reste trop gras le chien. Si c’était émincé ça serait meilleur… et c’est là qu’arrive le chien de mon beau père. Je ne sais pas comment dire meilleur que délicieux. Lui il l’émince son chien et là on parle. Ca c’est de la bonne bouffe. La consistance du steak et le goût du poulet braisé… Mais il ne faut pas en abuser. Tiens anecdote intéressante, mon beau frère a tapé un chien a priori errant avec sa voiture un jour. Il a invité tout  le village : on va bouffer du chien ! Pour en bouffer j’en ai bouffé. Toute la soirée du chien… j’en avais marre, oh que j’en avais marre. 4h30 de chien en hotpot, tu vois le truc toi ?
Et sinon, ai-je l’impression d’avoir fait quelque chose de mauvais ? Franchement regarde, les escargots vous en bouffez bien ! Non mais regarde moi ça c’est dégueulasse là. Un chien je peux comprendre. Tu le regardes et tu vois y’a de la viande là, au moins. Mais qui est ce qui regarde une limace et se dit Mhmm ça semble bon ça ? Elle te le dit déjà en le regardant que c’est dégueulasse ». Je défends la gastronomie française en disant que la sauce sublime l’escargot. Manu n’est pas convaincu : «  Ouais bon, vous m’excuserez mais je crois que je vais m’en tenir au chien ».
02/02/17
Journée de repos bien méritée. J’ai posé par écrit toute ma cosmologie qui se tient. L’enjeu fondamental est d’avoir réussi à défendre la vie mortelle et respectueuse d’autrui face à la vie immortelle et destructrice de l’environnement. Pas évident, mais intéressant à faire. Car au nom de quoi faudrait-il accepter la mort ? Se sacrifier pour autrui ? Voire vivre plutôt que se suicider comme se demande Camus ? Voilà ce que j’ai défini. Le choix de la vie humble et mortelle constitue le bien, l’opposé le mal. Je définis précisément les deux.
Regardé whisperer in darkness avec Manu. Il y a quelque chose, mais je trouve le film fondamentalement mauvais. Un truc ne va pas. Trop plat. Mais l’ambiance est agréable. Pas de lecture de HP.
Répondu à mes mails et envoyé ma newsletter. J’espère que ça ira. Que je n’ai pas fait d’énorme erreur dedans.
03/02/17
Poursuite entraînement, journée particulière car réflexion très profonde sur ma cosmologie pendant l’entraînement, de manière à mieux développer mon attention à l’énergie physique que est mobilisée, mieux m’imprégner de cette force. Mais également savoir la canaliser. Source d’un fort sentiment de bonheur, de liberté, de puissance, de respect de la vie. J’ai encore à ajouter la visualisation pour renforcer la compréhension.
Discussion avec M pendant un déjeuner en ville, dans la rue. Magique tous les vendeurs ambulants qu’il y a. Une famille avec son chariot qui fait des frites épicées, des brochettes en tout genre, des beignets… Ca a un succès d’enfer. L’homme avec son four ambulant à faire cuire des patates douces qu’on mange à la petite cuillère… M se fait faire des uniformes traditionnels par une tailleuse. Beaux matériaux naturels. Coton, lin… artisanat. Simplicité.
Terminé le film whisperer in darkness, intéressant comme expérience !
J’ai réfléchi à un manteau-cape, qui pourrait faire office des deux par quelques systèmes ingénieux de réduction, rentrée de manches et cintrage. Idée à la Martin !
Impatient de recopier cosmologie et de commencer recherche taiji, il serait temps. Mais j’ai préféré aussi donner du temps à M. La relation humaine, l’expérience… aussi essentiel.
04/02/17
Temps magnifique, soleil d’hiver. J’ai pu me mettre en tee-shirt et j’ai fait mon rituel de muscu ! C’était difficile. J’ai perdu en bras, en jambes et en cardio. Enfin en tout. Content de le maintenir. C’est la référence pour connaître mon état de santé. Entraînement sublime avec la présence de maître Yuan. J’ai bien avancé le taiji avec Jack.
On a pris une photo de groupe, tous en position particulière. Il faut encore que je la récupère, mais voilà un bon souvenir.
Surtout écrit le texte le plus fondamental de toute ma recherche personnelle entre midi et deux. Je dois encore le terminer et mettre au propre la cosmologie qui en découle. Mais je tiens ce qu’il faut.
Soirée dumplings dans la ville avec M, P et Ad. Je suis rentré relativement tôt pour avancer Harry Potter. Savoir varier les plaisirs. Essentiel. Ca va être différent quand M sera parti. Son goût de la vie, son esprit d’initiative, sa culture, son expérience chinoise… mais bon, on fera sans.
05/02/17
Entraînement avec enregistrement des exercices principaux pour les avoir en mémoire. Réflexion très intense, toujours, sur les fondements de ma cosmologie, qui bloquent l’entraînement ou du moins me font faire le double d’effort. Mais j’avance. J’aurai je pense terminé demain de mettre au propre ma feuille de brouillon. Il faut que je commence à reprendre ma partie sur le yoga. A moins qu’il soit plus intéressant de commencer le taiji pour avoir des outils de comparaison ? Difficile à dire. Dans tous les cas du brouillon s’impose pour poser les idées.
Appel de la famille. Belles discussions. Nouvelles. Colibris a maintenant un beau compost fabriqué par R¨ ! Les poules mangent et le terreau se fabrique. Grâce aux déchets alimentaires de la cantine de Gournay.
Soirée sublime. Commence par cérémonie du thé dans la salle commune, car une des étudiantes tient un salon de thé en Chine (elle est chinoise). Elle nous invite à sa table. Sa manière d’exécuter ses gestes. Ce sentiment de paix qui m’envahit immédiatement. Précision, calme. Lenteur. Le thé est délicieux. Elle nous dit que c’est du « poor the ». Je ne sais pas si c’est la bonne orthographe mais ça ressemble au thé noir en plus parfumé. Le thé est vieux de plus de 20 ans. C’est une variété qui se bonifie avec le temps comme certains vins.
Ensuite direction l’autre bâtiment pour visiter Manu quand j’entends un son de harpe à l’étage. Je monte. J’entre dans la salle et je vois la fille de maître Yuan jouer d’une grande harpe chinoise (instrument horizontal) avec son long manteau de coton rouge. Je précise qu’elle est très belle, sublime en fait. Tous les étudiants sont sur les genoux devant elle. Sa manière de jouer… c’est envoutant. J’ai pu enregistrer. Puis arrive master Yuan qui s’installe dans la même salle à sa table de calligraphie et commence à tracer des idéogrammes à l’encre de Chine et au pinceau. Au son de la harpe. Scène magique. Simplicité, art, maîtrise de l’énergie.
Discussion avec Manu sur les blasons. Ca m’amène sur la page du village d’Arrentières ou j’aperçois l’existence d’un Jean d’Arrentières. Mais si l’histoire de la famille qu’on m’a raconté est vraie, nous avons acquis ce nom plus tard que ce chevalier du moyen-âge, donc il ne serait pas mon ancêtre.
06/02/17
Je suis un peu malade, chiasse. Du coup peu d’énergie, les entraînements sont un supplice dans la mesure où je ne peux pas tout faire et que du coup je m’emmerde. Mais en même temps j’ai juste suffisamment d’énergie pour faire certains trucs donc je ne me sens pas de rester dans ma chambre… Pourtant je suis en retard sur ma recherche. Je n’ai toujours pas terminé de reformuler ma cosmologie. Ensuite je dois reprendre ma partie sur le yoga. Et enfin continuer le taiji. Ca n’est pas rien.
Rien de spécial aujourd’hui. Dernier jour pour Jack. Du coup on change de coach, ce qui est un grand changement car il devient chinois et un coach différent a des méthodes différentes. J’ai donc du modifier un peu ma forme de taiji. Mais ça n’est pas un souci, au contraire c’est enrichissant de comprendre les différences de style.
Départ de Manu tôt demain matin. Un peu de nostalgie. De fatigue aussi. Due à mon estomac en vrac. J’ai peur aussi de ne pas avoir suffisamment à dire philosophiquement sur l’attention dans le taiji. On verra bien.
07/02/17
Toujours problèmes de digestion mais vraiment rien d’inquiétant, une toute petite infection. Diarrhée limitée.
Très bon entraînement. Matinée sublime malgré le froid saisissant, il neige à nouveau. J’ai réussi à très bien sentir l’énergie dans le taiji dont l’apprentissage avance grâce au nouveau maître qui se révèle en fait excellent, il ne parle pas anglais mais il montre parfaitement. La communication non verbale est presque plus efficace. Il est bienveillant.
Sentir l’énergie, pure énergie, dans le geste. Juste sentir l’énergie. Et une fois qu’on la sent, on peut délicatement la contrôler sans aller contre elle. Je constate cependant que la sensation de l’énergie est difficile au début car il faut plus contrôler ses mouvements. Le contrôle prend donc le pas sur la sensation. Mais j’imagine que cela change avec le temps.
Repris la cosmologie, je suis en pleine rédaction d’une version entièrement nouvelle des fondements de la puissance. Coûteux, mais riche.
Idée de faire une forme de one man show pour restituer mon projet, en mêlant la mise en scène d’expériences de mon voyage et des parties théoriques.
Terminé HP3 ! Magique. La fin notamment, une bombe d’émotions. Rowling est dingue.
08/02/17
Journée de repos. Réflexion très intense sur mon avenir presque toute la matinée. Projet d’une année de cesure à mon retour de 3A pour mûrir ce que je veux faire. Beaucoup d’options s’offrent à moi. Continuer un master, arrêter… Je veux profiter de l’année de césure pour faire des stages. Si possible 6 mois en consulting et 6 mois chez Colibris. Ne pas faire de master a l’avantage de me faire gagner du temps et économiser de l’argent pour le projet du château. Je peux me consacrer 100% à ce que je veux vraiment. Me former de manière adaptée à mes projets. La seule utilité du master serait une sécurité si jamais je n’arrive à rien par moi-même. Une sécurité pour m’installer confortablement dans une entreprise qui paye grassement et qui fait pas chier. Je ne vois pas d’autre utilité. Je sais à quoi m’attendre pour avoir discuté avec de nombreux master. Pour faire ce que je veux, y compris développer ma méthode de perfectionnement éthique et moral qui pourrait devenir source d’argent une fois au point (livre, cours…), je peux être autonome. Tout cela est en réflexion. Très bien si j’ai l’option année de césure.
Après midi sur mon système cosmologique, moral et éthique. Bien avancé. Un travail qui me semble de qualité. A poursuivre demain.
Début de soirée en ville. J’ai fait quelques achats, notamment du miel, des clémentines et des dates. Puis je suis allé voir les autres à l’hostel de la ville, point de chute occidental. J’ai gouté les « yeux de dragon ». Des espèces de litchi rond et jaune clairs. J’ai commandé une bonne pizza aussi. Les gars parlaient du film 10000 BC qu’ils comptent regarder ce soir. P m’a raconté les histoires autour de la fille du maître, un cliché de beauté et d’intouchabilité, c’est la princesse de la seigneurie qui joue de la harpe pour les gueux le soir venu (sans exagération, si l’on accepte de me qualifier de gueux à côté d’elle). Un des profs est fou amoureux. Personnellement, je préfère ne pas me frotter à ce jeu là, on pourrait m’assassiner aux coin d’une rue marchande pour moins que ça ! La petite ville de Shiyan est pleine de rumeurs entre les élèves des écoles de kungfu, les commerçants, les professeurs… J’ai pris aussi un encas au petit restau de rue qui fait des frites avec du tofu, des brochettes… Elle cuisine les patates et le tofu sur une plaque de métal qui chauffe. Les brochettes sont frites dans l’huile. Les frites sont assaisonnées d’herbes, de sauces, de sel. C’est vraiment bon. Elle a un succès fou. Son restau tient sur une carriole de vélo. On voit cela partout, en Inde comme en Chine, les commerces ambulants. Je suis certain que ça marcherait du tonnerre en France.
Le temps passe très très vite. Je suis ici depuis deux semaines. C’est une caractéristique commune à tous les rythmes monastiques que j’ai expérimenté. Y a-t-il un moyen de ralentir le temps ? J’imagine que non. Que dès lors qu’on est heureux, ou occupé de manière satisfaisante, le temps file… Il faudrait que je devienne malheureux. Mais quelque chose me dit que même en prison je serais encore capable de trouver à m’occuper. C’est une qualité qu’on développe à force de vivre dans le rien à longueur de semaines. Des mouvements, des pensées, du riz. J’exagère bien sûr un peu quand même. Commençé HP3 film. « Le bonheur peut se trouver même au plus profond des ténèbres. Il suffit de se souvenir d’allumer la lumière ». Cela fait échos à mon idée que le plaisir ne dépend pas de l’expérience vécue, mais de la manière de la vivre.
09/02/17
Journée de repos à nouveau. Continué réflexions sur avenir et recherche éthique et morale. Voici les 5 axes sur lesquels je dois travailler pour un moment :
– mes amis/familles, soutien essentiel, le vrai sens de la vie
– projet pour l’année prochaine de stages pour enrichir connaissances et réseau
– continuer recherche pour le mémoire
– continuer recherche personnelle éthique et morale
– développer le projet château (lié au projet de stages)
Discuté avec M, un italien qui est arrivé il y a quelques jours. Il tient une auberge en Sicile. Incroyablement bon vivant, drôle, social. Il organise en octobre un festival burning man du type de celui qu’il y a chaque été dans le Névada, bien sûr en moins énorme. Une sorte de carnaval en mode woodstock. Il a du mérite de faire un tel projet. Tant de gens se donnent corps et âme dans des projets, tant de belle énergie dans le monde. Tous les hommes sont bons, du moment qu’ils agissent à une échelle humaine. Trop de moyens, trop de pouvoir… et il n’y a plus personne de bon. Je pense souvent au modèle de la démocratie antique, ou au système féodal. Des petites échelles, qui ont durée dans le temps bien plus que notre système… mais le prix à payer était la guerre. Trouvera-t-on un jour une solution ?
J’ai fait un skype avec F en soirée, bien discuté ! Direction Edimbourgh avec F pour lui ce weekend. Me rappelle qu’il faudrait que j’appelle V et A que je n’ai pas eu depuis bien longtemps.
Ecrit quelques mails, mais il m’en reste beaucoup à faire pour demain soir.
10/02/17
Continué à travailler sur cosmologie et éthique. J’espère terminer demain, ça devrait le faire. Mais il me reste ensuite à reprendre, revoir. Ca n’est pas encore très précis. Trop complexe. La première fondée sur la préservation de l’énergie était un peu plus limpide, mais trop bancale. Cependant je suis plutôt satisfait !
Répondu à de nombreux mails. V, N, F, P, M, A… Prends du temps mais c’est beau, et essentiel. Du coup je suis allé au lit direct après ma séance mail.
11/02/17
Journée ensoleillée. Soleil d’hiver, mon préféré. On a chaud au soleil, mais on sent la vigueur du froid quand même. Déjeuner assis dehors, depuis quelques jours en compagnie des deux M, du chinois fou qui sort des blagues sans aucun sens à longueur de temps (il se dit grand maître du taiji en haut de la montagne) et des londoniens.
Tenté d’approcher fille du maître pendant l’entraînement de l’aprem, mais je n’étais pas certain que ça soit elle… le con. Après quelques regards indiscrets, je m’approche. Puis-je te demander ton nom ? Elle me répond. Je tente le tout pour le tout : joues-tu d’un instrument de musique ? Elle me dit… non. Et ensuite, avec un sourire malicieux : « tu me confondrais pas avec quelqu’un d’autre ? ». Foutu. A bien y réfléchir et en discutant un peu, je réalise qu’elle doit avec près de 40 ans. Les chinois sont difficiles à âger… ahah.
Terminé le premier jet de toute ma morale !!!! Je devrais le célébrer en grande pompe ahah. Il reste du travail, car ça manque de clarté, je dois intégrer des concepts que j’ai pour le moment laissé de côté. Notion de service d’une cause supérieure, le Grand être. Mais globalement très bien ficelé. Clair.
12/02/17
Discu sur les drogues au déjeuner avec M et Ph. Ils ont une sacrée expérience… M m’a raconté une fois où il a plongé dans l’eau sous LSD. Tout était au ralenti, il pouvait distinguer chaque bulle d’air dans l’eau et percevoir des films à l’intérieur de chaque bulle… sur la plage de son festival il pouvait distinguer chaque mouvement, chaque phénomène plus clairement. Du moins en avait il l’impression… Ph m’a parlé de l’ecstasy (mdma) qui décuple l’empathie et la libido… ils sont fous, mais c’est pour cela qu’ils sont géniaux. Ils vivent la vie de A à Z. Plus du côté Z que A, mais c’est un choix.
Terminé de relire toute ma cosmologie. Toujours ce manque de limpidité qui me gène. Manque de cet aspect mission de gardien de l’énergie face à l’entropie. Certes, on peut dire que je suis responsable de ma structure et donc que je dois économiser l’énergie, mais ça n’a pas une porté suffisamment universelle. Je ne suis pas satisfait. Pas du tout. Possible de réécrire du point de vue de gardien de l’énergie qui transforme en information l’énergie qu’il ressent pour la préserver ? + l’humilité car on reste dominé de toute manière mais champ d’action relativement aux élastiques ? Oui. Et je vais le faire. Aujourd’hui. Nouvelle morale. Ne m’empêche pas de dire que cette morale est source de plaisir (accomplir sa morale) et de durée (protéger l’existence et éviter l’excès). Aussi de dire que ça passe par une alternance entre contrôle et sensation. Sensation pour honorer et connaître, contrôle pour informer et préserver. D’un autre côté le rôle de serviteur est foireux. Trop peu motivé… et je peux le retrouver dans ma morale du plaisir car ressentir le plaisir existentiel c’est ressentir l’énergie fondamentale et donc la servir, la préserver l’honorer pour préserver mon existence. Je contrôle pour obéir, servir l’environnement. Non pour décider.
Bonne journée d’entraînement. 5 animals ce matin de 25 minutes grâce à A d’Argentine + taiji nouveaux mouvements. Je ne cherche pas à répéter sans arrêt car je préfère faire peu mais bien. Le début de ma forme commence à devenir vraiment fluide. Mais je manque encore d’entraînement. Je suis physiquement beaucoup plus résistant. Avant le dernier break, j’avais des courbatures sans arrêt, je n’arrivais pas à finir les exercices. Désormais ça me paraît presque facile. Je retrouve ma force d’antan ahah.
13/02/17
La fatigue de la fin de semaine se fait sentir. J’ai un peu mal aux genoux… les basics du kungfu ne me font pas de bien aux articulations, bien que ça soit bénéfiques pour la santé. Trop violent. Du coup je ne les ai pas fait l’après-midi. Mon taiji avance. Pas d’évolution notable, je suis toujours dans le contrôle beaucoup. J’apprends à faire la forme en étant un peu plus haut sur mes jambes pour moins me fatiguer. Plus raisonnable. Et pouvoir répéter plus de fois.
Je ne sais toujours pas ce que je fais en master… Mon père m’a mis un mail pour me conseiller de faire un master… je doute. 30000 euros d’économies et une formation en autonomie, bien plus efficace que si je reste à Sciences Po c’est certain. MOOC… Tout cela mérite le doute. Il y a le problème des prêts. Mais ça n’est pas comme si j’étais seul dans ce projet et que je ne pouvais pas demander des prêts de particuliers et de demander à un proche d’emprunter à ma place. Là maintenant je déciderais d’arrêter. Enfin de prendre une césure pour conventionner les stages. Dépend aussi de la décision de mes amis. S’ils peuvent me soutenir ou pas. J’ai besoin d’eux.
Rien de particulier sinon. Lu un livre d’un psychiatre allemand. Docteur frank quelque chose, qui a passé plusieurs années en camp de concentration pendant la seconde guerre. Il y a développé une méthode, la logothérapie fondée sur la recherche d’un sens à l’action. Méthode pour garder la forme psychologiquement. Très similaire à mon approche morale, source d’inspiration nouvelle fondamentale. Et découverte complètement par hasard ! Le livre s’appelle « Man’s searching for meaning » un truc comme ça.
Les gars ont fait une petite soirée après avoir regardé le film d’un réalisateur amateur chinois de l’école. Il paraît que c’était bizarre, pas ouf. Il faisait souvent passer l’image en négatif, ce qui rendait impossible de distinguer les personnes. Bref de l’art. J’étais trop fatigué pour me joindre à eux. Et le vin chinois à 42% m’aurait achevé !
14/02/17
Discu avec P de Londres. Il a pris quelques mois pour voyager et bientôt il va partir pour Los Angeles… la Californie. « Je pars en Californie Bro, à LA. Je connais un gars qui m’a trouvé un job. Je veux vivre ma vie chaque jour comme une aventure ». C’et dingue comme, bien que je sache qu’il s’agit de la source de nombreux problèmes et d’une forme d’endoctrinement, le rêve américain m’attire. Je suis malgré moi conditionné par les films que j’ai vu. Les ambiances de campus US, l’ambition sans limite, la conquête de l’ouest avec le côté cow boy du Nevada ou du Colorado, les produits phares de consommation, la station service au milieu du désert, l’atmosphère street life avec les cinés, les bars, les fast food, le rap et la drogue, le soleil de la côté ouest… tout cela est grisant. C’est l’impression qu’il n’y a pas de limite à développement, pas de peur d’échouer. Oser le risque, pousser la machine, braver les interdits.
De l’autre côté, la majeure partie de moi est européenne, ancrée dans l’histoire. Amour du petit, du local, du vieux. De la conservation. De la morale et de la sagesse prudente. De l’humilité. Du contentement. De la transmission du patrimoine. L’art de vivre parisien dans la culture. Les grandes familles de chevaliers. Le moyen-âge. Le paysan ardéchois. Le montagnard tanné. Le vieux marin d’un pub irlandais. Les problèmes de famille. La romance. Le questionnement existentiel. Les Noces de Camus…
Soirée consacrée à la cérémonie du thé, deuxième édition. Enseignement incroyable, chaque geste est appris, pensé. Rien n’est négligé, gaspillé. Tout doit être cercle, harmonie, respect des gens et de la matière. Donner du sens au geste en le fixant, manière de ne pas le laisser au hasard, de se concentrer dessus. De l’honorer. Les gestes du quotidien sont en Chine plein de sens. La vi ne s’épanouit vraiment que dans l’exercice rituel. Là où, dans la répétition et la conservation, l’esprit critique est débranché, laissant place à la pure sensation. Energie. Mouvement. Maîtrise. Art. Kung-fu.
15/02/17
Journée de repos. Enfin… Matinée difficile. Réflexion relative à mon hésitation entre faire un master ou arrêter mes études pour me consacrer à 100% à mon projet. Arbitrage très difficile.
Puis grosse prise de tête sur cosmologie et éthique. Obligé de revoir tout mon système. Passé 3 heures à réfléchir, allant de problèmes en problèmes. L’obstacle principal tient dans l’application de ma méthode théorique. L’idée qu’il faut éviter de surcharger ou de surdécharger nos structures existentielles dans l’action. Mais concrètement comment réguler ? Je m’en suis sorti grâce à l’intégration de 2 nouvelles catégories relatives à l’éthique/spiritualité, méta structures et expériences. J’ai aussi intégré quelques règles fondamentales, comme l’unité des structures dans la direction du mouvement pour l’action malgré des spécificités dans sa forme. La domination d’une structure dans l’action mais le besoin du soutien/de la validation des autres structures. Et aussi la distinction entre sensation éthique = immersion éthique dans la sensation et l’information induite par l’action = le flow. Et l’information éthique = détachement pour induction de l’action éthique. Finalement réussi à pondre une théorie plus cohérente, réaffirmée. Plus solide. J’avance dans la douleur, mais j’avance.
16/02/17
J’ai fait le grand choix ! Le choix de l’équilibre, de la sagesse et de l’ouverture maximale. Choix du master. Mais optimisation extrême du temps de ce master pour combiner tous les avantages. C’est reparti comme en terminale. La machine redémarre. Après trois longues années de recherche et de développement. Il s’agit maintenant de concrétiser les fruits de mes découvertes. Je me suis décidé après avoir posé par écrit les avantages relatifs au master, choix qui s’est révélé être le meilleur très clairement.
Réponse d’Etienne concernant un stage chez Havas ! Je me réjouis à cette idée. Il me faut juste savoir si l’emploi du temps à Sciences Po permettra ce stage. J’espère vraiment que oui. Il faut que je regarde combien d’heures de cours j’ai. Le programme s’annonce chargé.
Revu ma cosmologie un petit peu. La structure rationnelle pose quelques problèmes. Résolus si je place tout acte d’information du côté de la volonté éthique. Il est logique que tout ce que j’informe soit motivé par mon éthique. Complètement logique ! Mais du coup la sensation rationnelle doit être purement une sensation. Là en cet instant je parviens à ressentir l’action de ma raison. Je réfléchis tout en ressentant. Et ça fait du bien. Oui, je pense qu’il faut mieux placer l’information du côté de la volonté éthique. Donc trois changements possible : la manière dont je fais l’action, le sens de charge/décharge des structures dans l’action, et enfin la nature même de l’action c’est-à-dire la structure dominante.
Bossé un peu sur ma recherche académique. Ca avance mais je dois réussir à distinguer plus précisément la nature de l’attention statique (aller vers un point) ou dynamique (accomplir un mouvement).
Balade géniale dans la montagne avec A d’Argentine, P de Londres et Luis du Colorado. Aldo nous a emmenés sur des pentes sans sentier. Je trouvais ça absurde mais finalement on s’est bien amusé. A descendre en se tenant à tous les arbustes qui longent la pente. On a croisé la route de plusieurs fermiers. Qui ont des vergers de pommiers. Au sommet de la montagne, quelques maisons en torchis, figées dans le passé. Une famille travaille le bois. Quelques chiens viennent à notre rencontre méfiant. Des oies, des poules. Des jardins en escaliers. Ils cultivent même ce qui ressemblent à du blé. Une vie entièrement reclus. Isolée du monde et de ses folies. Sourire que j’ai pensé à Donald Trump depuis cet endroit.
17/02/17
Entraînement : nouveau coach. Reprise des cours intensifs après les vacances du nouvel an qui m’ont permis de me remettre en forme en douceur. Le coach a corrigé beaucoup de choses dans ma position. C’est bien pour moi d’en avoir eu 3 ils ont chacun une vision particulière.
Bossé sur ma recherche académique. Clarifié le nature de l’attention selon le niveau de pratique.
18/02/17
Je suis très fatigué. Je ne sais pas pourquoi, peut-être un contrecoup de quelque chose, des traces récalcitrantes de mononucléose. Ou le stress de mon choix de master. Ou tout à la fois. Ce putain de choix… quelle horreur. Je pense en faire un… mais je vais devoir prendre sur moi pour mener de front et le master et mon projet et ma recherche.
Ca devrait le faire. Le master me donnera l’occasion de faire des stages et rencontres intéressantes malgré tout. Dans tous les cas, je dois créer l’association à la rentrée. Et gérer le site web, fondamental pour la communication et la construction du réseau. Avec la partie tempere memorias etc… Si les collaborateurs initiaux ne sont pas les définitifs c’est pas la mort. L’essentiel est qu’il soit facile pour tout les gens intéressés de saisir la nature du projet, son évolution…
Le nouveau coach est relativement impatient et par conséquent mauvais professeur. Mais il a l’envie de nous faire travailler donc ça va. J’apprends plus de mouvement, ça va plus vite. Rien à dire sur la sensation, toujours dans cette phase d’apprentissage. La pratique des premiers mouvements n’est pas très excitante ou intéressante. Je ne fais pas suffisamment l’effort d’engager une attention substantielle.
Des français sont arrivés il y a quelques jours, ils viennent du nord de la France. Un père, N, et ses deux fils. Ils sont très sympas. Les frères s’engueulent un peu parfois, en compétition pour le kungfu ? Ca me rappelle un peu Simon et moi il y a quelques années !
19/02/17
Le temps passe tellement vite… J’ai skypé mes parents, ils reviennent de la montagne, en forme. Tout va bien à la maison. Je suis de mon côté plus serein sur mon avenir mais j’hésite toujours entre les deux master… difficile de choisir entre le cœur et la raison. De plus, si Florent est motivé pour le grand saut je ne dirai pas non.
Je ne fais plus du tout mes rituels, car mon système a perdu toute cohérence et donc il ne me motive plus. Je n’y crois plus. J’attends de finir ma recherche pour reprendre tout ça, mais il faut que j’insiste plus sur le service de l’énergie, le côté mission pour l’existence, amour de l’existence. Que j’insiste sur l’importance du rituel pour vivre dans l’intention de l’attention. Et il faut ensuite que je développe la mythologie et les rituels associés.
On est allé manger des dumplings avec les french, P et quelques autres. Ca fait du bien de sortir un peu de l’école. J’espère qu’avec mon élan vers l’avenir en équilibre entre master/projet/recherche/colibris/jdr, j’arriverai à m’entraîner de manière plus sereine. Peu importe ce qu’on fait, l’important c’est comment on le fait.
20/02/17
Entraînement correct. Je me suis bien étiré, en utilisant la machine de torture ahah, un siège qui permet d’étirer les adducteurs pour le grand écart facial, avec une manivelle. Je maîtrise de mieux en mieux mon taiji, ce qui me permet d’être plus dans la sensation continue et donc de vivre l’existence pure et d’honorer l’énergie à sa source.
Moment de grand grand plaisir ce soir. J’ai bien avancé ma recherche, bien repris ma troisième partie sur le yoga. Arrivé à des résultats intéressants, il me semble, pour la théorie de l’attention et ma recherche personnelle. Installé pour lire HP4. Ouvert le livre et découvert que je m’étais volontairement arrêté hier juste avant un super passage, celui où le nom des champions est tiré de la coupe de feu. Sacrifice hier, plaisir aujourd’hui.
21/02/17
Ptit déj délicieux constitué de pains vapeur fourrés avec des petits morceaux d’oignons fondants.
Entraînement difficile car j’ai un sale rhume qui me monte à la tête. Mais j’ai tenu malgré tout les deux séances. Je pense que ça ira mieux demain. Surtout que c’est le weekend, je vais pouvoir rester au chaud. Il faut que je mange plus de protéines.
J’ai commencé à lire sur le concept d’intentionalité comme me l’a recommandé mon référent. Histoire de référencer un peu ma recherche. Je dois faire attention de ne pas m’y perdre. Et je dois impérativement terminer cette relecture de la première partie à la fin du weekend pour attaquer le taiji. J’hésite à faire une pause en flippant sur ma recherche perso. Mais il ne me reste pas une masse de temps. J’aimerais terminer fin mars le premier jet. Ca fait deux semaines sur chacune des deux sous parties qu’il me reste. Loin d’être trop. Donc je pense enchaîner direct sur le taiji. Commencer par des lectures, lire les livres que j’ai apportés notamment ! Poser quelques idées… approfondir les concepts de la première partie.
Départ des français aujourd’hui, et d’Adrien le Suisse. Ils vont manquer.
Toujours en hésitation sur le master. Aussi l’option philo… ne coûte rien de candidater. Pourrais-je vraiment supporter fin strat ? Ne vais-je pas devenir fou ? Penser au stage colibris en fin de diplôme… aux stages possibles dans des oasis entre deux pour décompresser…
J’ai un besoin d’écrire ce matin, mais je ne sais pas quoi raconter. Peut-être que je fuis simplement ma recherche ? Je ressens un manque ici. Manque de contact avec mes amis et ma famille. Mais aussi manque d’un projet concret, collectif, humain. Cette période de ma vie est très particulière car je suis encore entrain de définir ma méthode philosophique/éthique/psychologique. Cela implique beaucoup de moments de solitude, pour réfléchir, conceptualiser, intégrer mes expériences. J’ai hâte d’avoir quelque chose de satisfaisant pour m’ouvrir.
Souvenir ressons sur matz. Collège. Magie de ces années… quelle magie en y repensant. Il y a du Poudlard là dedans. Ces voyages, ces activités… ces professeurs incroyables, généreux. Courageux. A quel point je leur suis reconnaissant… Ca n’est que plus tard qu’on réalise la chance qu’on a eu.
L’époque du collège… je faisais les choses principalement animé par un désir, une curiosité, une envie. Je n’étais pas angoissé dans l’action. Quand je me souviens par exemple du rubikscube, des cartes yugi, du diabolo, du sport, de la rédaction de mon « récit du moyen-âge » voire éventuellement du carnet de voyage poquelin en seconde… je répondais à une vraie passion. J’ai le souvenir de ce sentiment, ce profond désir de rentrer à la maison ou d’être en récréation, ou tel jour, pour jouer à telle ou telle chose. Mes débuts à l’escalade… La passion… j’en avais parlé avec Wilfrid. Comment la maintenir dans la durée, notamment dans son métier ? L’art de trouver la passion. De la maintenir, la retenir. Est-ce possible ? Je pense que oui, il suffit de l’entretenir en valorisant ce que je fais. L’enjeu à terme n’est plus de faire ce que l’on aime mais d’aimer ce que l’on fait.
Ne pas penser au passé avec nostalgie. Cultiver ma mémoire sans oublier de vivre au présent. J’ai pris plaisir à écrire des histoires par exemple. Pourquoi ne pas continuer ? J’ai pris plaisir à faire du théâtre, le jeu de rôle aujourd’hui ! Il faut continuer à vivre avec passion. Il faut injecter de la passion dans mes activités. Du plaisir. C’est à moi de rendre mes actions passionnantes, en unifiant mes cinq structures dedans.
22/02/17
Belle journée. Fatigante sur le plan de la recherche, car j’ai du commencer la réécriture de ma dernière partie sur le yoga, enfin partielle car il suffit d’ajouter des références, mais l’ajout de concepts et de référence entraîne de remises en question parfois difficile à intégrer. J’ai du travailler au moins 6 heures.
Fin d’après midi en ville, j’ai fait quelques achats. Notamment des graines pour les protéines. J’ai mangé une bonne pizza au poulet à l’auberge. Puis j’ai rejoint les gars qui voulaient regarder un film de kungfu chinois… « Catching the flying daggers » un truc comme ça. Bon… c’était une expérience. Proche de celle du film de bollywood que j’avais vu en Inde. Pour être honnête c’est nul à chier. L’idée de base c’est que le film n’a pas à être réaliste, il s’agit de poésie. Donc on voit des choses absolument absurdes à l’écran, mais il faut rentrer de la poésie de la chose. Se contenter de la beauté de l’image. Seulement c’est difficile car la cohérence de l’histoire entre en contradiction avec ses évènements.
Le pire de tout, c’est le screenplay en général. L’histoire était ce qu’il y a de plus banal et chiant. Hollywood ne fait pas nécessairement mieux, mais au moins ils essayent de ne pas enfoncer les portes ouvertes comme des taureaux, ils tentent de faire ça avec légèreté. Là c’est lourd, lourd à en crever. Les scènes d’amour sont horribles, répugnantes (les chinois embrassent comme des porcs), ils jouent avec les émotions de manière assommante, ils t’en balancent à la gueule par paquets de 1000. Après que la fille ait hésité quatre fois entre deux hommes qu’elle aime, qu’elle ait quitté l’un, puis qu’elle se soit fait rattrapée, puis quitter à nouveau, puis tuée par l’autre jaloux, puis qu’elle se soit relevée agonisante pour sauver le premier qui est revenu, puis que finalement elle ne tue pas l’autre, puis qu’elle crève dans les bras du premier qui lui chante une chanson niaise, j’ai pu aller me coucher.
Je ne regrette absolument pas cependant ! C’était sympa avec Ph, P, A, M, J. Et les performances des acteurs en termes de cascades sont remarquables en revanche.
23/02/17
Journée de recherche intense. J’ai presque terminé l’énième relecture de ma première partie. En espérant que ça conviendra cette fois. Je dois vite commencer la seconde désormais.
Le matin est toujours difficile, car je ne sais pas où je vais. Ma journée n’a aucune forme prévisible. Ainsi je me sens vide, perdu. Certes, il y a le plaisir d’exister, de ressentir. Mais je ne sais pas comment je vais exister. D’où la très grande importance pour moi de tenir à jour un programme, mon organisation quotidienne. Ca fait partie de mes rituels, de la structure rationnelle. C’est grâce à ces programmes que la journée de vague pas d’actions isolées et déconstructrices en actions isolées et déconstructrices.
Aprem sympa où P m’a parlé de la boxe et du MMA. Il m’a montré plusieurs vidéos. De Mike Tyson, Muhammed Ali, un cubain, mais aussi le fighter MMA Mcgregor. Ali est incroyable, il se démarque pas sa capacité à maintenir la distance entre lui et son adversaire, à esquiver parfaitement tous les coups. Il domine tout. C’est d’une grâce, d’une maîtrise magique. Les boxeurs sont fous, c’est d’une violence immorale. Mais d’un autre côté c’est beau que ça existe. Le combat. Un monde que je ne connaissais pas du tout. Encore une expérience qui me permet de m’ouvrir à la richesse de l’humanité.
Séance de réponses de mail en soirée, puis HP que j’étais content de retrouver !
24/02/17
Quand je suis arrivé ici, il y avait un américain, Ezra un truc comme ça. Il était venu avec un autre, un black bien bâti au caractère particulier, genre ténébreux déjanté. Les deux étaient sympas. J’ai pratiqué le Qigong avec eux, on a appris les cinq animaux ensemble. P avait demandé à Ezra ce qu’il faisait, il avait répondu vaguement « des jobs à droite à gauche, des voyages ». Puis Ph a demandé. Il a simplement dit… « you will see ». Ce soir, j’ai discuté avec P qui m’a dit qu’il avait discuté avec Ph qui a discuté avec le black. Le black, Rubi, est en vérité un garde du corps. Le garde du corps d’Ezra Miller, un acteur américain qui est sur le point d’exploser au grand jour car il a décroché le rôle du héro flash dans le prochain DC cinematic universe (je sais pas si c’est marvel ou pas) (2018). Bref, il est déjà très connu, il a joué dans les animaux fantastiques le rôle du gosse démoniaque Credence ! On lui prédit une immense carrière.
https://en.wikipedia.org/wiki/Ezra_Miller
J’ai travaillé sur ma recherche, relecture… mais je me rends compte que je vais devoir reprendre des raisonnements. Putain de merde. C’est dingue de voir à quel point c’est difficile. Le nombre de fois qu’il faut rectifier, reprendre, améliorer. Je ne connais aucun projet qui demande un tel effort. Quand tu as réécrit 15 fois des textes qui prennent des heures à rédiger, il y a de quoi devenir fou. Je manque aussi de méthode, à l’évidence. Je ne devrais pas rédiger le tout aussi proprement tant que je ne suis pas certain de la fiabilité de mes réflexions. Je vais en tenir compte pour ma deuxième partie. Ne pas refaire la même connerie. La rédaction doit venir à la fin.
Le concept de non soi, non ego… Agir pour former le monde autour de nous vers le bien, le bonheur durable et par là se remplir et s’épanouir par nos actes. La vraie manière de vivre. Ne pas vouloir exister pour soi. Satisfaire nos besoins fondamentaux, mais ne pas être dans une quête de plaisir ou d’accomplissement égoïstes. La beauté est dans ce qu’on donne au monde. Tout doit être une offrande. Toujours regarder autour de soi, et agir le mieux pour améliorer, servir. Dès qu’une occasion se présente. Faire la chose juste. Le moi juste. Le silence juste. Pour l’autre. Transformer nos compétences personnelles en aide pour les autres. Car seul le monde, le présent en développement, mérite d’être manifesté. Le passé trouve son accomplissement dans le présent. De même que le futur. Ce sont nos choix qui déterminent ce que nous sommes, pas nos capacités (Dumbledore).
Le plaisir de jouer. L’importance pour l’homme de jouer, même adulte. Bataille de boules de neige par exemple. Eviter les projectiles, se cacher, changer d’endroit furtivement, élaborer un plan d’équipe, viser juste… Un adulte qui ne joue pas n’est pas vraiment humain. Jouer doit faire partie d’une bonne éthique. Chaque structure doit pouvoir s’émanciper dans le jeu, c’est-à-dire l’action qui vise une finalité sans conséquences dangereuses pour l’autre et l’environnement, qui ne cherche pas d’autre récompense que de réussir à atteindre la finalité. Implique d’éviter les extrêmes. Je me demande parfois ce que les jeux olympiques ont encore de jeux.
25/02/17
Discussion incroyable avec Ph de Londres et P le français. Ph a 28 ans, il a eu une enfance sacrément difficile, venant des quartiers nord de Londres. Pas d’études. Cependant, il a réussi à tracer sa route. Il a travaillé pour des « gansters » de Londres, dans le domaine des salles de sport et ce qui peut s’y cacher (drogue…). Nous avons discuté de notre avenir.
Ph a un frère un peu plus âgé qui est à Los Angeles. Il a fait des études dans une grande école pour acteurs. Il a actuellement un des meilleurs agents d’Hollywood. Comme quoi Hollywood a la côte dans le Wudang… bref un acteur montant. Ph va rejoindre son frère l’année prochaine, et devenir son manager. Ca n’est pas comme si c’était un rêve désespéré, le frère est déjà dans les starting blocks de ce monde de fous. Ph est clair :  » I want power ». Son frère est en couple avec un mannequin qui va probablement finir chez Victoria Secrets. « LA est magique, parce que bourrée de gens qui veulent réaliser leur rêve devant le monde entier ».
Bref, une vie particulière qui se dessine. Et moi, qu’est-ce que je veux faire de ma vie ? Il me semble évident que m’épanouir dans les clubs hollywoodiens va être difficile. Bien que j’aurai plaisir à visiter Ph si j’en ai l’occasion… !
Je vois toutes ces opportunités, ces vies passer devant moi. Ces projets. Actuellement, je suis à un carrefour. Je n’ai jamais était aussi ouvert de mon existence. Je n’ai jamais eu la possibilité d’accéder à autant de mondes différents. Et dans un mois, je vais devoir choisir un master, ou pas. Commencer à fermer des portes. Quelque chose de difficile à faire. Car où veux-je aller ? Que veux-je découvrir ? Notre discussion a dérivé sur le monde de demain, et les changements à y apporter. Entre réalisme et idéalisme. De quel côté de l’échiquier se placer ? Faut-il commencer par le bas ou gagner le haut ? Faut-il construire à partir de rien comme Colibris ou se battre pour grimper les échelons d’un monument déjà établi, comme l’empire de la politique, de l’économie ou du cinéma ? Et qu’est-ce que je veux fondamentalement pour moi et le monde ?
La réponse : Commencer par assoir ma morale et mon éthique. Insister sur la notion d’expérience et de service existentiels de l’énergie, du mouvement. Face à une entropie dominante. Etre un guerrier du bien relativement à ma morale. Equilibrer les 5 structures par les rituels. Faire de mon mieux dans ce que je choisis, peu importe le choix. Suivre mon cœur. Paris n’est pas pour moi. Clairement pas. Ainsi, réussir à vivre et agir local après un master, car avec ça quand même un pied dans le grand monde avec les contacts. Local tout en vivant et en agissant intensivement. Ne pas se dire que parce que c’est local et petit, on peut se permettre de faire les choses à moitié. Il faut une grande qualité. Un réel investissement de temps et d’énergie. Pur. C’est ainsi qu’il est possible de créer quelque chose de viable. Voire ensuite d’étendre le modèle.
Bel entraînement, je commence vraiment à ressentir les mouvements en profondeur, à créer une fluidité. On approche de la fin de la forme 28. Ensuite je vais en apprendre une autre je pense. Importance du regard, j’ai travaillé mes défauts indépendamment, et le regard en corrige plusieurs à la fois. Bien lever la tête. Et penser que c’est la taille qui entraîne les bras dans le mouvement, pas l’inverse. Le haut du corps ne fait que suivre.
Peu de recherche en raison du prolongement de la discussion avec Ph, j’ai pensé à mon avenir. Je suis maintenant plus serein. Je crois que nos choix se construisent sur notre passé. En continuité ou en rupture avec lui. Je n’ai rien à rejeter de mon passé. La continuité me convient, même si je veux y ajouter une touche de grand, de pouvoir.
26/02/17
Journée tranquille, bonne dynamique d’entraînement. Skype le soir avec F et la famille. Plaisir d’avoir des news. Discussion philosophique passionnante avec F. Il est évident que lui et moi adorons la philo, que nous ne le faisons pas uniquement pour trouver une réponse, mais aussi pour le plaisir de chercher. De son poser des questions, d’être porté par un problème.
Je pense que la spécificité de l’homme par rapport à la nature, c’est qu’il a besoin d’un sens dans sa vie (logotherapie), c’est à dire, d’une direction vers laquelle se diriger, un pourquoi et/ou un comment. Autrement, nous avons d’un axiome moral pour trouver du sens.
Spinoza, et je le rejoins entièrement, nous encourage à valoriser ce que nous sommes par Nature. Cela implique deux choses : d’aimer notre substance la plus fondamentale de notre existence et d’en faire l’expérience, de se retrouver, de s’accomplir par le fait même d’avoir des affections + de respecter les lois de la nature dans nos choix, de planifier nos actions en adéquation avec elle = plus de l’ordre de la morale kantienne, mais qui devient associée aux principes de l’écologie la valorisation de la durabilité, du juste milieu (proche de ce que dit Aristote je crois), de l’équilibre entre nos différents besoin etc…
Dans cette logique moraliste particulière, la satisfaction existentielle est totale que je ressens l’action comme la manifestation parfaite de mon existence, mon accomplissement direct (il y a du mouvement, de l’énergie, je suis mouvement et énergie), et qu’en plus cette action est en adéquation avec les lois de la Nature (je suis aussi une structure qui cherche à se préserver face à l’entropie (vie/énergie vs entropie = univers) .
Dans cette école, il y a quatre classes : la soft, la traditionnelle avancée, tradi débutant et enfin les enfants (je fais bien sûr partie de la soft, il n’y a que des chinois dans la traditionnelle). C’est impressionnant de voir des tous petits s’entraîner. De même que de constater la rigueur et la difficulté du cours traditionnel. Ils commencent à 6 heures du matin, jusqu’à 9h du soir.
Discussion avec les gars au dîner. Comparaison des récents films sur l’espace : gravity, interstellar, the martian…
Demain direction la montagne pour faire figurant de taiji dans le tournage d’un documentaire sur le wudang !
28/02/17
Levé 6h pour partir vers les montagnes. Ici, la zone où il y a des temples est payante, c’est toute une organisation touristique. Le fait est que ça marche, de nombreux visiteurs sont là, même en semaine. On prend un bus avec des étudiants d’une autre école de kungfu/sport. Ils pratiqueront aussi devant les caméras, pour faire des cascades et autres figures impressionnantes. Arrivée devant le purple heaven palace. Complexe magique, énorme. Construit sur les pentes d’un mont. Vue magique avec le levé du soleil. Le palace est très ancien, malgré de nombreuses rénovations (on est en Chine). Temple taoïste, aujourd’hui géré par des moines. On se rend au sommet du palace, sur la terrasse du dernier temple. Le premier shot est pour la partie internationale de la chaine de télévision (cln something), il s’agit d’un live show transmis en direct sur facebook, twitter, youtube… Ils partent du bas du palace, filment les étudiants, puis remontent jusqu’à nous, avec une femme qui commente « voici des étudiants étrangers, ils viennent des USA, d’Angleterre, de France… Ils apprennent ici le taiji et le kungfu. Pendant ce temps on nous film entrain de pratiquer. Tout est faux, c’est-à-dire qu’ils font croire qu’on s’entraîne toujours dans ce cadre idyllique, alors que l’école est en bas de la montagne, mélangée aux vapeurs pollués de la ville. Mais la Chine entretient cette image des écoles perdues dans la montagne, bien évidemment. Deuxième shot cette fois ci pas en direct, pour un documentaire tv. Deux de notre groupe furent interviewés.
Déjeuner dans les hauteurs, petite balade puis retour en bus (dans lequel les chinois vomissent abondamment c’est immonde). La ville de Wudang Shan est en plein travaux, je veux dire plus encore que d’habitude car en mars se tient un festival taoïste célèbre. Tout doit être beau. Et comme les constructions sont d’une qualité pourrie, je suppose qu’ils doivent tout rénover chaque année… le carton pâte chinois.
J’ai essayé de travailler sur ma recherche après l’entraînement de l’après-midi mais trop de fatigue. Je dois référencer ma première partie, ce qui est aussi épuisant que de l’écrire car je dois prendre connaissance des théories existantes et les articuler avec mes idées. Je préfère faire de ce sens là que dans l’autre. Car si je commence par lire trop sur mon sujet d’étude, je ne fais que coller aux théories et n’arrive pas à innover. Je me pose quand même des questions de méthode. Dans tous les cas, je constate à quel point il est important de resserrer l’axe d’étude. Le miens est trop large pour être traité avec une rigueur maximale. Mais d’un autre côté à trop resserrer on tombe sur les chevaliers de l’an mille au lac de palagrue.
29/02/17
Dernier jour de février, il faut que je pense à écrire ma newsletter ! J’attends le bon moment, celui de l’inspiration profonde. Avant, j’aimerais vraiment finir la reprise de ma première partie. Je ne suis pas encore sorti de l’auberge. Cet après-midi et ce soir ne seront pas de trop pour revoir tout ça. J’ai juste à évoquer les références quand cela est nécessaire. Implique quelques lectures également… Avec détermination et intelligence, je devrais y arriver ! Comme ça vendredi je passe au taiji, la newsletter derrière moi.
J’ai terminé le taiji ! C’est-à-dire qu’il ne me reste plus de mouvements à apprendre. Mais je dois encore travailler, rectifier les positions, puis intégrer le souffle. Gagner en fluidité etc… Ensuite je dois réfléchir à une autre forme.
Cela fait longtemps que je n’ai pas travaillé à ma recherche perso, m’ai j’y pense en arrière plan, toujours. Je ne pense pas y revenir franchement avant d’avoir bouclé le taiji premier jet. J’ai aussi besoin de recul. Mais l’idée soulevée avec Florent d’association d’une éthique déontologique (le quoi faire) et d’une éthique de l’expérience (le comment faire) à la morale générale (le pourquoi faire) me semble la meilleure piste. Je devrai aussi veiller à reprendre mes rituels, et à intégrer mieux les disciplines auxquelles je me forme cette année. Et vraiment avoir des rituels pour la mémoire, d’autres pour le corps/affectif etc… plus préciser. A inventer. Et surtout trouver une manière ensuite de pouvoir les enseigner chaque semaine, diffuser.

 

Journal de bord n°9 Janvier

01/01/16
Nous y voilà, 2017. Une année de plus s’est envolée. Le calendrier est là pour nous rappeler que le temps passe. 2016 fut une belle année, une année où j’ai émergé peu à peu du mal être qui rythmait mes remises en question et réflexions pendant mes deux premières années à Sciences Po. C’est l’année où j’ai pu préparer intensément ce voyage de recherche que je vis. C’est aussi l’année de Colibris, du GN chez M et de la fête à Neufvy début septembre. Une année de vacances dans le sud, avec les cousins H. Abbaye, melons, vin, lettres… Souvenir notamment de cette baignade dans les gorges et les sauts de rocher. Paradisiaque. La moisson à la maison, j’ai peu aidé mais je suis content d’avoir malgré tout livré deux ou trois remorques. Année du weekend Guedelon avec la bande de potes, weekend Normandie, Neufvy ! Année du stop avec V vers Vienne, du ski chez F, encore et toujours… Que de magnifiques souvenirs, que de bonheur en y repensant. Importance des vacances, des voyages, des amis, de la famille. La base de tout. Année de l’accident de S, plus de saxo, cette voiture qui appartient au temps du lycée… Année de la perte de Ficelle et de Gromit. Avec du recul, on mesure que tout est bien. Comme il faut. Tant de moments de vie, tant de souvenirs. Merci aux forces qui m’ont permis de vivre tout cela. Merci à moi d’avoir eu l’entrain de le vivre. La fin d’année fut marquée par mon expérience indienne, puis chinoise. Un grand saut dans l’inconnu. La peur. Mais aussi l’expérience, la maturité. La lucidité. La clairvoyance. On s’éloigne pour mieux se rapprocher.
Les premiers jours de 2017 furent tranquilles. Je suis à l’hôpital et passe le temps comme je peux. J’ai terminé ma partie de recherche académique sur le yoga et m’ouvre maintenant au Taï-Chi. Lectures. Je vagabonde aussi sur wikipédia ça et là, guidé par ma curiosité. Beaucoup de contact avec les miens, grâce au téléphone et à whatsapp. Plaisir. Besoin. La solitude n’est pas pour moi. Je suis allé voir les animaux fantastiques au cinéma, c’était moyen, un peu déçu bien que je sois content de retrouver l’univers des sorciers. Aurait pu être mille fois mieux.
Je ne fais plus mes rituels rigoureusement, étant dérangé par les infirmières tôt le matin. Mais je vais méditer ce soir, essentiel de continuer. Je reste toujours aussi conscient de ma métaphysique et je profite de chaque instant. Mes théories me tiennent, c’est magique. J’en ai parlé un peu à F. Rêve de créer un triangle de l’écologie et de l’amitié entre Neufvy, Bois-Gérard et la normandie. 3 familles qui se complètent à mes yeux parfaitement. J’aurai besoin de demander conseil aux parents de M. Ils ont je pense beaucoup à m’apprendre pour mon projet.
05/01/16
Toujours à l’hôpital, le temps est long. Je n’ai jamais fait autant de tests : prises de sang, selles, urine, peau, scanners… j’ai appris ce matin que j’ai un staphylocoque, pour lequel ils me donnent des antibiotiques. J’aurai lundi, c’est-à-dire dans… 4 jours !.. les résultats d’un test à la tuberculose qu’ils pensent que j’ai. Si c’est ça, ça demandera un long traitement, chiant. Pourrait compromettre le reste de mon voyage… Croisons les doigts ! En attendant je suis bien en contact avec mes proches, par message et téléphone. Je lis beaucoup sur le taoisme et donc avance ma recherche. Je vais essayer de terminer au moins une partie avant lundi. Comme ça je ne prends pas le risque d’être en retard et je pourrai me concentrer sur mon expérience pratique dans l’école.
L’ambiance à l’hôpital est supportable. Ils font face à un nombre de patient énorme. Je m’en suis rendu compte en allant dans le centre de radios. La bouffe est dégueulasse mais pas pire qu’ailleurs, et au moins c’est pas trop gras et sans viande. Ce weekend je vais essayer peut-être d’aller voir star wars au ciné et de manger au redbeard burger. Histoire de me changer les idées. Faut-il que j’aille faire ma demande d’extension de visa aujourd’hui ? Tout dépend de combien de temps ils me gardent après lundi, sale dilemme. Mais si ça peut m’économiser un trajet à Leshan… Allons-y !!
… Bon il faudra que j’y retourne car il me manquait des papiers. Je ne sais pas si je trouverai le courage demain. C’est incroyable comme je me sens faible, notamment sur mes jambes. Symptôme pro tuberculose supplémentaire : sang dans les glaires… fait chier. J’attends lundi les résultats définitifs.
Je fais des concours de perfusion avec le papy qui est avec moi dans la chambre : qui finira le plus vite ?
06/01/17
Journée où j’ai pu commencer ma première sous partie de deuxième partie. Plutôt bien avancé, sans pression. Je suis retourné au centre de visa, mais le délai est vraiment trop long. Je ferai mon extension une fois dans le Hubei. Rencontre d’un français qui vit à Chengdu, donne des cours de français. Plaisir de parler à un frère de nation !
J’ai passé une bonne partie de l’aprem à écrire ma newsletter. J’étais content du résultat, et étonné de la facilité avec laquelle c’est venu. J’étais probablement porté par quelque chose à ce moment là. C’est quand on ne veut pas qu’on obtient. Ma satisfaction fut comblée par plusieurs retour chaleureux. L’art de manier la langue… c’est quelque chose ! Mon père est excellent à ça. Etonnant de voir comme finalement l’humour est ce qui fonctionne le mieux du mieux. On aime rire, sourire.
Je dois penser à envoyer ma première partie de recherche à AL. Je fais ça demain sans faute. Je voudrai aussi recontacter les potes, genre F, V, A et F.
07/01/17
Impressionné par la gentillesse des infirmières ici, la qualité de leur service. Elles me demandent chaque jour ce que je veux manger, m’apportent parfois du pain, des biscuits. Je suis comme leur bébé ! Elles m’ont emmené à une laverie pour mes vêtements… bref on s’occupe de moi comme il faut !
Journée studieuse, super bien avancé sur le Taï-Chi. J’ai aussi repris la partie 1 sur le yoga, parce que je l’ai envoyé à Lacroix. J’ai introduit le concept d’attention statique et rendu l’argumentation plus clair, articulé. Content de moi. Impatient de terminer ce mémoire, pour pouvoir revenir à ma recherche plus personnelle.
Fortes préoccupations politiques aussi… Peur que le monde sombre dans le chaos. Peur que les dirigeants ne parviennent pas à maintenir la paix… horreur du monde militaire, horreur des monstres économiques. Brulera-t-on tout le pétrole terrestre  comme le pense Etienne Klein ? Y a-t-il  un moyen, même infime, de créer un mouvement de révolution mondiale pour une transition écologique ? Si seulement les dirigeants pouvaient être éclairés…
Ma santé s’améliore, notamment au niveau du ventre. J’ai bon espoir. Quel plaisir ça sera pour moi d’arriver enfin dans l’école ! De pouvoir remonter la pente niveau santé !
10/01/17
Les jours passent, plutôt rapidement en fait. J’ai lavé mes vêtements, continué à travailler sur ma recherche. Je suis en plein visionnage du Retour du Roi. Bénédiction que je les avais sur mon ordi. Je relis aussi les harry potter, facilement téléchargeable sur internet en anglais.
J’ai eu mes résultats d’analyse hier, pas de tuberculose mais une mononucléose + typhoïde + staphylocoque. Il faut que j’informe le docteur william et Sciences Po. Je mettrai un mail en fin de matinée au docteur. Pour Sciences Po j’attends un peu. Ce soir je répondrai à des mails. Je ne sais pas combien de temps je vais rester bloqué ici. Mon état est plutôt pitoyable. Sueurs nocturnes, horrible mal de gorge, peu d’appétit, constipation, fatigue… je tiens à peine sur mes jambes. Le point positif c’est que mon estomac va quand même mieux. Les antibiotiques sont efficaces.
Je sais ce que je dois particulièrement travailler à mon école. Je dois apprendre à contrôler ma sensibilité, et sans la perdre savoir ne pas me laisser vider par elle, au contact des autres. J’ai tendance à trop engager d’énergie trop vite, et donc à tout perdre rapidement. Je ne sais pas doser mon attention, mon engagement. A travailler.
Aujourd’hui j’ai finalement déposé ma demande de visa, sachant que je devrai rester encore une semaine à chengdu après vendredi. J’ai du prendre sur moi, je n’étais pas en forme. Il faut vraiment que je reprenne des forces.
Repris la méditation ce soir. Magique. C’est fou comme c’est important, mais aussi difficile, je veux dire de s’y tenir. C’est toujours un grand voyage et souvent on n’a pas du tout le courage. Mais l’avantage c’est que comme dans un train, il suffit de se laisser porter et de regarder par la fenêtre.
Que verrais-je si je regardais dans le miroir d’Erised ? Difficile à dire. Mon enfance fut merveilleuse. Je sens que si je ne fais pas attention, je ferais partie de ces gens qui voient leur enfance comme un âge d’or, et le passage à la vie adulte comme le sacrifice de l’innocence, le début des ennuis, de la souffrance… c’est faux. L’enfant souffre également. Et ensuite, je pense que l’âge adulte multiplie les possibilités, pour peu qu’on ne devienne pas un grand borné, fermé à toute activité et qu’on vive adulte comme un enfant, capable de s’enthousiasmer de peu. De s’habiller le cœur d’envie et de joie. Je dois penser ainsi, voir l’âge adulte comme une continuation, une amplification. On gagne en force, en profondeur, en résistance, en diversité. On enrichit sa construction existentielle, on donne du sens. Tel mon système rituel. 5, cheval, LOTR, HP. Avancer, ne pas s’arrêter et ne surtout pas vivre dans le présent à partir du passé.
11/01/17
Gentillesse d’un autre de mes voisins et de sa femme ! Qui me nourrissent de biscuits et d’oranges. Je crois que je dois vraiment leur faire pitié. Malgré la sonnerie de téléphone insupportable du gars, et le fait qu’il fume dans la salle de bain, ils sont plutôt gentils. Mais c’est tellement difficile de ne pas pouvoir parler…
Pour le reste les mois passent, et ce projet m’emporte, toujours plus loin vers l’inconnu. Je n’ai pas l’impression de changer beaucoup. Je pense que mon destin est tracé et que je ne fais que l’emprunter tel qu’il m’est donné. Je n’ai pas à attendre une révolution. Je ne suis pas quelqu’un qui se révolutionne. MaDans la maladie, dans la prison du temps et du corps, dans le défi de maintenir son esprit clair et de ne pas se laisser aller, dans le désespoir ou la folie. Il en faut peu pour détruire le jeune garçon innocent que je suis. Je n’ai pas connu les tranchées, ni la violence d’un camp, ni la famine, ni la guerre civile. Comme tous ceux de ma génération, je suis un rêve éveillé. Je pense que la réalité se réduit à quelques post sur facebook et une vidéo bien tournée. Mais le sens du réel, le bon sens, il se perd dans le virtuel. Ce voyage a le mérite de me faire revenir un peu sur terre.
Mais ce que j’y vois me terrifie. Et plus j’avance, plus je me dis que le monstre est bien trop gros pour qu’on puisse l’abattre. Je ne vois pas d’issue heureuse à la crise mondiale, le futur me terrifie, comme tous. Encore une fois, nous allons regarder notre démon nous dévorer. Crise de la société industrielle, vouée depuis le début à mourir plus vite que toutes les autres. Le problème, c’est que cette fois ci le chute risque d’être définitive. On se moque de l’effondrement de l’empire romain. D’autres temps viendront, les cités seront reconstruites. Mais aujourd’hui, qui va reconstruire le climat et les terres atomisées ?  Empêcher la catastrophe… oui mais putain, quelle tâche. Quelle folie. Quel fardeau.
Terminé le troisième film du seigneur des anneaux. Emotions. Quelle saga ! « C’est ici, au bord de la mer, que prend fin notre communauté. Je ne dirai pas : ne pleurez pas. Car toutes larmes ne sont pas un mal ». Le réchauffement, une quête à la hauteur de celle de l’anneau, assurément. Créer des alliances, convaincre des hommes de s’engager. Se battre. Par les mots si ce n’est par les armes. Nous en sommes là. Le seul problème étant que l’ennemi est en nous. Et que quand il se manifestera en plein jour, il sera trop tard. Mais comment convaincre quelqu’un d’agir contre quelque chose qu’il ne soupçonne pas ?
13/01/12
Sorti de l’hôpital aujourd’hui ! Bonheur. Retour à l’hôtel, où les conditions de vie sont paradoxalement bien meilleures. Je dois me reposer, bien que je meure d’envie de faire des choses qui me sont interdites : visiter, faire du sport… hâte d’être dans le Hubei. Mais le temps ici n’est pas désagréable. Je mesure le temps, je le compte, je le sens.
En arrivant dans ma chambre d’hôtel, un soleil orangé qui descend sur l’horizon. Le soleil à Chengdu en hiver ! C’est un miracle. L’astre a vaincu la pollution. Je vois des bandes d’oiseaux passer dans le ciel bleu parsemé de nuages. Signe d’espoir. La guérison approche !
Et soudain, je prends conscience que je ne suis peut-être pas un leader. J’ai excellé à l’école, parce qu’on me disait ce que j’avais à faire. Je faisais mon devoir. Idem dans mes activités. J’ai toujours été fasciné par les héros, pris des grands en exemple. Je suis nourri par ce qu’on me demande de faire. Par des défis qu’on me donne. J’aime répondre à une attente. Montrer à l’autre que je fais ce qu’il attend de moi. Et mieux encore. Mais je meure quand je dois faire des choses qui n’intéressent personne initialement. Et je suis convaincu que si changement il y a, il doit partir d’une demande. Je dois donc arrêter de créer la demande, mais plutôt y répondre, quitte ensuite à l’orienter. Mais je veux retrouver le goût d’accomplir un devoir. Aider. Le plaisir d’aider. Voilà ce que je veux. Relever le défi. Voilà ce qui fait de moi un homme. C’est cette ouverture à l’opportunité qui crée ensuite le contexte propice à la création. Mais l’amorce est dans la réponse à un appel. Aider.
Peut-être faut-il que j’arrête de vouloir me faire tout seul. M’ériger en leader. Je n’ai pas ça dans le sang. Cela ne veut pas dire que je ne le deviendrai pas un jour. Mais j’ai besoin dans un premier temps d’un mentor. D’un guide. C’est sur les bases des conseils d’un guide, notamment dans le monde professionnel et politique qu’ensuite je pourrai tracer ma route. Aller chercher Cyril Dion, des gens comme ça. Travailler avec eux. Valoriser mes compétences à leurs côtés. Je suis quelqu’un de compétent, pas fait pour manager, mais pour valoriser mes compétences. Arrêter de vouloir impulser. Suivre. Et par cela je comprends et réalise le dao. Je m’adapte au monde et le guide sans le guider.
Cela implique de retrouver ce goût de l’exemple. Etre exemplaire dans ce qu’on me demande, personnellement et socialement. Saisir les opportunités dans mon entourage. Voir l’autre comme une force motrice, plutôt que comme un mouton à traîner derrière soi. Car l’autre est une force motrice. Plus que moi. Je ne suis pas un tracteur. Tracter me tue. Je ne sais pas encore mener sans m’isoler. Je dois donc suivre tout en restant parfaitement fidèle à mon éthique, désormais puissamment définie. Je ne créerai pas, je reprendrai. Sauf peut-être pour le château. Quoique, si je trouve un mentor dans les chambres d’hôte, dans quelle mesure aurai-je créé cela seul ? Si je trouve un partenaire dans le projet ? Je ne suis pas leader.
Ajouter une méditation relative à cette idée !
Un ami m’a suggérer une idée intéressante aujourd’hui. En me disant qu’il valait peut-être mieux se décentrer que se recentrer, comme le prônent les sagesses asiatiques. Je réponds qu’il est impossible de se recentrer sans s’être d’abord décentré. L’enfance, l’adolescence et la jeunesse sont des décentrages. On doit découvrir le monde, les autres. Se nourrir de toute expérience. Et on doit apprendre par imitation. Mimétisme. Faire ce qui est juste pour la société, ce qu’on me demande. Apprendre les règles, les méthodes. Sculpter son esprit dans une direction, des directions. Académique, sport, art… Puis ensuite, quand on prend conscience que toute cette agitation ne mène nulle part, parce que je ne deviens qu’un fourre tout sans identité propre, sans valeur, sans éthique qui le guide et le rend capable de créer, je réalise que j’ai besoin de me recentrer. Non pas pour oublier ce que j’ai vécu, mais pour passer ne revue, tout revaloriser, comprendre, mettre en place les pièces du puzzle pour y voir clair. Et quand j’ai touché le centre, je suis capable de retourner vers la périphérie, de saisir les opportunités, mais je réponds cette fois avec aussi mon propre regard critique. Je suis capable d’être moi-même tout en aidant l’autre. En le suivant. J’avance dans l’équilibre de l’obéissance au monde, sa découverte et sa sculpture à mon image.
14/01/17
Mon anniversaire dans 4 jours ! Ca va être quelque chose… je me réjouis d’avance. La seule chose que je peux faire c’est inviter ma pote chinoise. Elle aura peut-être une soirée à me proposer, un truc, n’importe quoi moi je ne sais pas. Oui faisons ça. Je vais lui mettre un mail. Histoire quand même de s’amuser pour ce 18 janvier ! 21 ans. Je ne pourrais plus sourire en attendant « c’est beau d’avoir vingt ans ». J’ai passé le cap, de cet âge entre deux eaux. C’est fou comme la transition est douce. Tout vient naturellement. A son rythme. Je n’ai pas de surprise, ni de regret. Je vis chaque instant aussi intensément que possible.
Réflexion sur le progrès : j’ai encore lu dans un texte hier qu’on doit tout à une poignée d’hommes qui ont fait le monde, la politique, la science, l’art… ces hommes glorieux qui ont sacrifié leur vie pour leur œuvre. Et bien moi je les vomis ces hommes là. Le peuple ne désire pas le progrès. Il ne désire pas le changement. Il ne désire pas la guerre. Les bouleversements sont toujours la conséquence de la folie des dirigeants. Le peuple subit. On subit le progrès technologique. Economique. Il est faut de dire qu’on a besoin de ce confort supplémentaire. Les gens d’hier n’étaient pas moins heureux. L’homme simple demande peu. Il ne crée pas de vague. Le plus infime évènement suffit à remplir son cœur de joie. Son village, sa famille, son travail modeste. Une vie parmi des milliards. Heureuse. Mais l’homme orgueilleux et ambitieux, lui, veut le changement. Il est toujours insatisfait, il veut plus, mieux. Et bien sûr l’homme simple n’est pas fou : si on lui propose le graal il le saisit. Mais de là à dire qu’il en avait besoin et que l’homme ambitieux est un sauveur…
Les sociétés meurent à cause des névroses de leurs dirigeants. On met au pouvoir des fous. La solution serait d’apprendre aux gens à croire ce qu’ils sont, et de leur apprendre à ne pas prendre les désirs mégalo des chefs pour leurs propres désirs. Le chef croit que ce qu’il veut est le meilleur. Il promet au peuple la victoire et la conquête. Le peuple pense que c’est bon pour lui. Mais demande à l’homme de sonder son cœur au plus profond. Il découvrira que ça n’est pas ce qu’il veut. Les hommes sont manipulés. On les force à aimer ce qu’ils ne sont pas et ne veulent pas. Par les discours, les films… La majorité ne veut pas être premier, meilleur, nouveau. Il faudrait donc une politique de la vie simple, une politique du contentement et de l’équilibre. Et du sage changement. Celui qui admet la continuité.
Soirée dumplings ! Raviolis chinois confectionnés en groupe à l’hôtel. Fidèlement à ma nouvelle éthique, je me suis laissé porté. J’étais ouvert. A la fin, discussion avec une australienne, parlé des animaux dangereux d’Australie. Poisson tout petit et mortel. Araignées énormes chambre, histoire de son frère qui a failli se faire amputer la jambe pour une petite infection en Malaisie… Relation Australie avec le reste du monde. Balade forêt amazonienne pleine d’araignées.
Aussi une danoise, fière de son pays. Groenland histoire. Manière de parler très noble, qualité de conversation. Fait très américain.
Impression que le monde est un village. Impressionné de l’insouciance des anglo-saxons et danois. Côté je conquière le monde, je profite de la vie. Le poids de la responsabilité écologique semble si loin. Vie normale. Différence de tempérament des français.
16/01/17
Hier, journée chargée ! Travail le matin, mais je lève le pied car j’ai le temps pour rendre mes travaux, et je ne veux plus me tuer à la tâche. La vie mérite d’être vécue avec amour. Déjeuner à Mike’s pizza ! Galère pour trouver. Finalement mangé énorme salade et énorme pizza au fromage bleu français, délice. Elle s’appelait le « prince des grenouilles », en référence à la France ? Rencontre un couple avec une française de Montélimar et un anglais. Ils mangeaient avec une collègue chinoise, et veulent développer ensemble un centre d’éveil aux nouvelles technologies pour les enfants. Ils sont dans un incubateur. Plaisir de nouer des contacts, facilité.
Aprem direction la gare pour acheter mon billet de train. Quel monde ! Quelle organisation, propreté. Ordre chinois. Quand on est aussi nombreux, il faut croire qu’on n’a pas le choix. Appel de Florent en soirée et de mes parents. Lecture HP tranquille.
Effaré de ma faiblesse. Mes jambes peinent à me porter dans les escaliers. Je dois me remuscler…
17/01/17
Journée épuisante mais riche, je ne me laisse pas abattre. Je culpabilise de ne pas profiter de cette immense quantité de temps dont je dispose pour créer quelque chose d’énorme. Un livre, un concept, un projet… j’ai le temps de le faire. Le problème c’est que j’ai aussi ma recherche et cela est énorme d’une certaine manière. Si je m’y consacre suffisamment. Il faut accepter que ça soit long. Et surtout être humble. Je ne cherche pas à devenir connu, où à être celui qui changera le monde. Je dois agir, là où je le peux. Et on verra jusqu’où j’irai. « Ce sont nos choix qui déterminent ce que nous sommes, pas nos aptitudes ».
Mise à part cela j’ai donc visité le parc des pandas avec une française étudiante en Chine, Elodie de Montpellier. Je me suis reposé l’après-midi. Je suis allé chez le coiffeur, coupe d’anniversaire ! Rien de bien particulier donc. Je suis porté plus que je ne porte. Marcher sur des œufs, ne pas se bruler les ailes.
Je compte faire de mon mémoire la première partie de ma recherche. Je soulignerai en transition qu’il me manque une unité de l’attention, une compréhension du pourquoi agir, du pourquoi une bonne santé et de la finalité de la quête, de l’action humaine. Bref pas suffisamment d’unité de l’attention. Lien vers le conflit. Et là je balance ma partie mentale. J’évoquerai à nouveau le corps quand j’arriverai à la partie 4 de la partie mentale, je lie les concepts. Puis je termine sur le kendo.
18/01/17
On y est, anniversaire ! Bon on s’en moque un peu, je veux dire ça n’est pas la révolution. Je me souviens de J qui y tenait plus que tout pour elle-même et de l’énervement que ça produisait en moi. J’étais si occupé en terminale que mon anniversaire était une formalité. Ou bien un projet de fou il est vrai que j’ai fait cette soirée de dingue au château…. Finalement l’anniversaire est peut-être important ! Amen. 21 ans, ma résolution ? Perfectionner et continuer mes rituels pour maîtriser ce temps qui passe tellement vite. Les partager, les enseigner. Mais aussi agir avec. C’est-à-dire saisir l’opportunité, soutenir l’action, aider à son développement. Suivre les sages, apporter mes compétences, saisir les énergies plutôt que d’aller contre. Le pilote n’est pas le navire. Développer l’idée de l’équilibre, c’est-à-dire du combat dans l’adaptation et l’humilité. Chaîne youtube, site internet démocratie ? Avancer.
Je peux me souvenir qu’il y a un an, j’ai médité une journée entière le lendemain de mon anniversaire. Je compte faire la même chose demain. Et déjà je mesure l’évolution. Il faut dire tout simplement que l’an passé j’ai cherché une logique cosmologique, sur une grande feuille de papier. Mais rien n’a abouti, j’étais perdu. Aujourd’hui, je possède toute ma logique cosmologique. Tout est clair dans mon esprit.
Départ pour le redbeard burger avec David ! On doit retrouver Holly là bas, l’amie chinoise qui était venue faire de l’escalade avec moi et Will. Quel plaisir de la revoir ! Et comme elle est charmante. Super déjeuner, original parce que David est plus âgé que nous. Ce donne un côté très sage, sérieux et en même temps agréable, spontané. Je me sentais vraiment avoir 21 ans, et plus 18 où on a peur d’être sincère. Nos discussions reflétaient une vraie maturité et un beau dynamisme, un amour de la vie, de l’histoire, des cultures, des gens… On a bien mangé, et il me restait un tout petit peu de place pour le dessert qu’Holly m’a offert. Je n’attendais pas un cadeau ! C’était génial.
Puis ballade dans le parc des bamboos près de l’université du Sichuan. J’ai voulu graver DHL sur un arbre mais juste après avoir commencé je me suis fait engueuler comme un chien par une femme, qui ne voulait pas qu’on abime les arbres. Beau de voir comme les gens osent ici rappeler quel est l’ordre à respecter. Ca n’est pas chacun laisse faire et tout le monde ferme les yeux, comme en France.
A ma grande surprise et pour mon grand plaisir, Holly est restée avec moi plutôt que d’aller à son dîner de famille éloignée. Direction le ciné ! D’abord un ptit snack, achat de provisions pour le film, puis taxi. On est allé voir Star Wars Rogue One. Plutôt cool, avec Holly qui sursautait à côté de moi. Après le film on a beaucoup parlé. C’était magique. De la Chine, de l’Europe, de l’avenir. Des cultures. Des rancoeurs historiques. Nos musés sont pleins de trésors chinois dérobés au début du XXème siècle. Des détails qui témoignent de blessures bien vivantes. Mais on a pu en parler tranquillement, c’était beau. Holly a de quoi être fière de la Chine. Je suis serein sur la politique de cette grande civilisation. Ca n’est pas de là que viendra une éventuelle menace militaire.
Je suis comblé de cette journée, grâce à David et Holly. 21 ans passés sans encombre. Il n’y a plus qu’à continuer. Seul regret, devoir quitter Chengdu bientôt, Holly notamment. Elle est habituée à rencontré beaucoup d’étranger à travers les cours de langue. Mais c’est un aspect difficile du voyage de faire des rencontres et de savoir que la distance sépare. Oser briser cette loi ? Folie.
19/01/17
Journée de travail et de repos. Enfin travail… j’ai du aller à l’hôpital le matin, mais pour rien car il manquait un papier de l’assurance. Ensuite j’ai essayé d’avancer ma recherche. Mais je suis un peu bloqué car je dois commencer la deuxième sous partie, sans être pleinement satisfait de ma première. Or je n’ai pas commencé à pratiquer le Taiji, je manque de connaissances, d’expérience et d’idées. Donc soit je lis sur le taiji, soit j’avance ma toute première recherche psychologique.
Réponse à mes mails et préparation d’une sorte de best of, sieste pour me remettre de la journée d’anniversaire. Le soir j’ai regardé hp1 ! Plaisir de le revoir. Beauté du film, des décors. Grande qualité. Ah oui avant cela j’ai aussi pratiqué le yoga, pour me remettre en forme doucement !
Réflexion sur le problème d’articulation mémoire/recherche perso : j’hésite à lier les deux, vraiment… Je perdrais la chronologie originelle. Si je ne lie pas alors rien ne m’empêche de revoir la partie sur le bouddhisme. Jamais du temps de perdu. Mais je dois définir l’orientation que je souhaite donner. Quelles modifications je veux apporter ? Je trouve le tout trop long. Raccourcir ? Je dois dans tous les cas préciser dans la description rapide de la série 4 que ma cosmologie est très proche du taoïsme, mais différente malgré tout car elle va dans un sens là où le taoïsme est relativement figé dans l’équilibre, comme le bouddhisme. Reprendre cette série 4. Donc c’est décidé, je ne retouche pas trop la partie bouddhisme. Juste éclaircir mes raisonnements, l’articulation générale, les transitions.
Ce qui est paradoxal avec la partie corporelle c’est que je parle de pratique mais que j’ai quand même une approche intellectuelle, philosophique de la discipline. Je dois vraiment trouver un meilleur système d’articulation des 5 structures. Il y a des faits fondamentaux : j’ai étudié d’abord les trois premières structures, chronologiquement. Mais ces structures ne peuvent se développer sans exercice physique. Je dois lier les deux. Je pense maintenir ma deuxième partie telle qu’elle est car cela correspond à ma personnalité, d’abord intellectualiser. Donc le mémoire vient en deuxième partie. Mais pose problème. Il faudrait avoir le mémoire en premier comme étude la plus objective possible du concept d’attention et de rituel. Ensuite je constate le manque de raison d’être de cette entraînement de l’attention.
J’ai une définition rigoureuse de l’attention et du rituel dans partie mentale grâce à mémoire. Reste à intégrer distinction rite interne et externe. Mais cela peut arriver après les 3 premières structures. Ne pose pas de souci. Donc… j’introduis la partie corporelle en disant qu’il faut s’intéresser à la base physique de l’esprit et à l’environnement. J’explique que le yoga et le taiji donnent une importance primordiale au corps, contrairement au bouddhisme. Taiji = art martial et yoga = science du corps. POINT commun fondamental : rituels internes. J’explique l’importance du mouvement d’intériorisation du rituel, passage d’externe à interne. Différent d’externe, comme le kendo par exemple. D’où grande proximité entre Yoga et taiji. Je les étudie ensemble, complémentaires. Je montre que ces cosmologies sont bien plus en cohérence avec ma cosmologie, car plus de valeur accordée au réel, aux sens, à l’énergie physique, à la dualité qu’il faut réussir à dompter, dans laquelle il faut s’intégrer. L’esprit n’est pas la source, c’est le réceptacle. Moins une logique spiritualiste que le bouddhisme. Mais yoga reste utilitariste = l’esprit est la finalité et Taiji immobiliste. Il s’agit donc de s’inspirer avec un regard critique. Puis enfin je balance la méthode rituelle en distinguant attention statique et dynamique : la force du hatha yoga = sculpter le corps = contenu pour ensuite mieux apprendre à faire ce qui constitue la force du taiji = canaliser l’énergie = le contenu. Tout en précisant que l’on peut apprendre à canaliser dans le yoga et à sculpter dans le taiji. Question de degré. J’ajoute pour les deux une partie relative à ma cosmologie = interprétation, sens de la méthode.
 
20/01/17
Bonne journée. J’ai réussi à réorganiser ma recherche au niveau du plan, cf ci-dessus. Je préfère me remettre au Taiji quand je serai dans l’école. Je pense que je vais être obligé de réécrire la première partie, en commençant directement par le Taiji et en intégrant à ce thème la philosophie taoïste. Ainsi ça me laisse deux parties pour vraiment avoir une approche philosophique et pratique. Mais l’objectif de demain c’est de commencer à intégrer le yoga, à faire la synthèse. Je préfère le faire maintenant. J’aurai tout le temps dans l’école de lire sur le Taiji. J’espère seulement qu’il y a internet. Sans ça je vais être embêté…
Concernant les autres occupations je vais essayer de télécharger les livres Harry Potter et les films. Disons au moins trois livres et trois films. J’ai aussi le tome 2 du LOTR. Mais je pense que le temps va passer vite. Mon objectif principal dans l’école est quand même de développer une réelle sensibilité attentionnelle. Et une gestion de mon énergie. Une retenue.
Sur mes activités du jour, hôpital le matin. Ils m’ont redemandé un test de selle… fait chier ! Mais content d’apprendre que tout est bon. Le médecin qui m’a accompagné est très gentil. Il m’a amené à la Tianfu square dans son gros 4×4 BMW. Il m’a dit qu’il avait une fille mais pas plus à cause du gouvernement, et maintenant sa femme ne peut plus avoir un deuxième (c’est autorisé depuis 3 ans). Il regrette. J’ai récupéré mon visa étendu au centre, puis retour à l’hôtel. J’ai beaucoup dormi l’après-midi, crevé. Puis rituel du matin que je n’avais pas pu faire, yoga et enfin réponse à mes mails. J’ai skypé François avec grand plaisir ! Puis HP 2, j’ai vu la moitié, toujours un plaisir immense. Je suis surpris par certaines scènes, je soupçonne la version chinoise d’être différente de la version occidentale, j’ai le sentiment qu’ils ont ajouté des scènes. Où bien simplement ma mémoire me joue des tours.
Cette quête identitaire d’Harry, qui ne sait rien sur son passé. Ce côté… je subie les évènements qui me tombent dessus. Je reste ouvert à l’aventure mais l’aventure vient à moi. « Who a I ? What am I ? ». Son goût de l’aventure s’explique par le fait qu’elle lui permet d’en apprendre plus sur lui-même. Dans sa traque de Voldemort, il se traque lui-même. Importance de l’idée que l’on se construit et se définit par nos actes, nos choix. C’est dans l’action qu’on apprend à se connaître. Mais dans le raisonnement abstrait. Rowling avait toute l’histoire en tête dès le début. Sa saga se développe selon un plan réglé au millimètre. Chaque élément conduisant aux révélations finales sont introduits dans l’ordre, logiquement. Chris Colombus est vraiment meilleur que Yates. C’est une certitude.
21/01/17
Dernier jour à Chengdu. J’ai aimé cette ville, qui respire le calme malgré la modernisation galopante. Les gens s’efforcent véritablement de préserver la tradition, le gouvernement local aussi d’ailleurs. En témoigne le musée de Chengdu, qui a ouvert en 2016. Magnifique scénographie. Beaucoup beaucoup de monde, et l’entrée est gratuite. Apprécie particulièrement la petite statuette sur laquelle sont gravés les méridiens de la médecine chinoise. Date du IIème siècle, peut-être même plus ancien… J’y suis allé avec l’allemande Rahel. Mangé des patates frites de rue. Reprend un peu confiance dans la nature.
j’ai réussi le matin à travailler un peu sur ma recherche. Surtout repris la partie 1 du mémoire. Mais je suis bien fatigué, ça n’aide pas à me concentrer. Surtout que les efforts à développer sont toujours aussi intenses. Au moins j’ai tous mes plans de construits. Ne reste qu’à rédiger.
Dernière dumplings party à l’hôtel ! David qui s’empiffre. Rahel qui parle d’elle comme d’habitude de manière bien narcissique. Je juge, je suis méchant. Ils sont formidables, tous. Adieux à Ken, Jenny, du staff. Et direction la gare en taxi. Un groupe de jeunes chinois est venu s’assoir à côté de moi, m’a posé pleins de questions dans un anglais approximatif. Offert des oranges. Heureusement qu’ils furent là car j’attendais dans le mauvais hall. Ils m’ont aidé à trouver la bonne entrée. Arrivée dans le train… un monde fou. Obligé de rester dans mon wagon. Contrôleurs très strictes. Et j’ai vite compris que ticket sans place assise signifie vraiment pas assis. Impossible de trouver un espace pour poser ses fesses. Plein à craquer. J’ai essayé, mais dérangé sans cesse par des gens qui passent. Couloir enfumé par les clopeurs chinois, nombreux. Insupportable. J’ai craqué au bout de 2 heures. Direction le wagon restaurant. Là un contrôleur a vu ma tête et m’a dit qu’il était possible d’acheter un ticket couchette. Il aurait pu me le dire plus tôt ! Je remarque que les wagons couchettes sont presques tous vides. Je comprends pas pourquoi on m’a dit qu’il n’y avait plus de place. Bref je paye et enfin je peux dormir.
22/01/17
Arrivée à Wudang Shan après une courte nuit. Paysages très particuliers. On sent la pauvreté mélangée à une industrialisation encore sauvage. La nature est mangée de tous les côtés, extraction de sable, de pierres… tout est en construction, comme si tout venait de naître. On se demande comment il est possible de vivre dans les petits groupements de maisons qui longent les usines, entrepôts et carrières.
La ville de Wudang Shan est agréable, bien que très peu esthétique et pleine de béton. Moins agité que l’Inde, bien qu’on soit proche de l’atmosphère de Daramshala par exemple. Plus développé dans tous les cas. Nancy, l’assistante de maître Yuan le directeur de la Wudang Daoist Traditional Kungfu Academy où je suis, avait réservé un taxi pour moi, qui m’a conduit de la gare à l’école. Un gars très joyeux, qui n’arrêtait pas de crier « let’s go !! ».
Arrivée dans l’école. Choque positif. Je vois quelques étudiants au loin, s’entraîner dans une grande cours. Cette cours introduit un immense temple, où à lieu les entraînements quand le temps est correct. D’après site web de l’école, le lieu est très ancien, bien qu’il fut plusieurs fois reconstruit. On palpe l’histoire. Je prendrai des photos. Nancy m’emmène dans ma chambre. J’achète des gamelles pour les repas, puis direction la salle à manger. Riz, pommes de terre frites, légumes. Tout végétarien, ils récupèrent l’eau du riz pour faire une sorte de soupe. Très bon. Là je rencontre les étudiants. Certains on des look très particulier. On sent la force de leur caractère et la richesse de leur histoire. Cet afro-américain avec ses piercings et sa barbe rouge, son long manteau noir… un chinois en tenue traditionnelle noire, long cheveux queue de cheval, le jeune black des quartiers nord de Londres, qui a grandi dans la rue et les combats. L’américain est aussi un spécialiste du MMA, le free fight. Il y a un français ! Né en Thaïlande, parents expatriés, puis retour en France jusqu’à 14 ans, puis départ pour le Cameroun jusqu’à 16 ans puis Lille jusqu’au BAC. Depuis plutôt que d’étudier il est parti en Chine, apprendre le chinois pendant 6 mois. Il a travaillé à Taïwan 5 mois pour se payer sa formation de Kung Fu ici, c’était son rêve d’enfant. Il fait du Kung Fu depuis qu’il a 9 ans et il veut ensuite partir aux USA. Son projet ? Devenir un fighter professionnel de MMA… Dingue. On a beaucoup discuté.
J’ai appris que le Taiji peut être très violent pour les genoux. Certaines formes. Le style Wudang est spécifique, différent du Chen et du Yang. Toujours une querelle pour savoir quelle école fut la première. Mais probable qu’il y ait eu différents berceau de naissance. Cet aprem pas d’entraînement. Je commence demain matin. Tout va très vite. Mais inutile de perdre du temps. J’espère trouver du temps pour avancer ma recherche. Cette formation s’annonce intense ! Il faut que je me refocalise sur mon mémoire et sur le taiji. En attendant, direction les toilettes et la douche. Je dois changer de vêtements car je commence à me momifier dans ceux là. Me raser. Etre propre pour saluer le maître de l’académie, master Yuan. Un autre monde, j’ai parfois peur de la force de cet autre. Quelle richesse que l’humanité.
Achat de mon uniforme blanc. Je vais devoir me trouver aussi des chaussures adéquates. Direction la cour d’entraînement. Un immense espace parallèle aux bâtiments d’hébergement et aux bureaux. Entouré de hauts murs. C’est un lieu très ancien, avec un temple appelé palais. Reconstruit plusieurs fois. Il y a deux grandes cours, une à l’entrée et une devant le temple au fond. Au milieu un grand parc où de nombreux locaux et touristes viennent se détendre. Beaucoup d’enfants. Très vivant. Les étudiants de l’école se mélangent aux néophytes, qui admirent leur pratique des arts martiaux. Mouvements de Taiji, épée, bâton, boxe, Qigong, il y a de tout. Je suis impressionné par la pratique de Pierre, mais il m’a dit qu’il avait des problèmes de genoux. Le canadien m’a dit au dîner que c’était signe d’une mauvaise pratique. Le fait de pousser trop loin les mouvements ? Il a 19 ans, et je sens à quel point il est motivé. Mais plus dans une recherche de performance que d’adoration humble de l’énergie. Je veux sentir simplement l’énergie physique qui coule en moi, muscles et fluides. Jouer avec elle comme deux amis dans une cour de récrée. L’aimer. Faire du beau pour son honneur. Mouvoir mon corps en totale harmonie, le haut avec le bas.
23/01/17
Discussion avec M de linguistique (spécialiste) chinoise, 221 unification du pays par l’écrit. Marié depuis 10 ans à une chinoise. Explique les difficultés de la relation avec la belle famille. « Le père comme tous les chinois de 50 ans, il boit et regarde des séries télés où les chinois butent des japonais ». Chinois = langue archaïque : 22 000 mots contre 200 000 en allemand et 120 000 en français. Parlé de l’influence culturelle des langues sur la vision du monde Chomsky. Ce canadien est définitivement brillant. Plein de vie. On a discuté une heure alors qu’il lavait ses chaussettes à la main dans un saut.
Tui shou, pushed hand = jeu incroyable qui consiste à déséquilibrer l’adversaire avec une main. L’enjeu est de sentir l’autre, son intention, de tirer quand il pousse et de pousser quand il tire. Aide pour le combat à main nue, comme la lutte. Pierre et Aaron on fait de la lutte. Aaron est très bon. Ca me rappelle le Sénégal.
Début entraînement. Magique. Beaucoup de répétition, physique car effort léger mais très long.
Mco, 22 ans. Discuté avec lui au dîner. Un allemand/italien incroyablement intelligent, fait de la sinologie à l’université de Munich, la meilleure d’Allemagne. Un cerveau qui tourne à 200% à l’heure je n’ai jamais vu ça. Il a deviné d’où l’afro-black venait (un quartier de New-York) comme Sherlock Homes. Il parle Français, Allemand, Italien, Anglais et Chinois. Peut-être un tout petit peu d’arrogance. Et une difficulté à s’adapter aux débiles dont je suis ? Je pourrais comprendre. Comment avoir la patience d’attendre ceux qui pensent en marchant quand on peut faire la même chose en courant, et donc créer deux fois plus dans une vie ? Je pense que c’est une source de souffrance pour lui aussi. Il est trop puissant pour se sentir à sa place avec les gens normaux, isolement… J’imagine que ça n’est pas forcément évident. Je note qu’il s’agit d’une intelligence particulière, que j’appellerais fulgurante et encyclopédique. Capacité à briller en conversation. Il veut faire de la recherche, ce qui est louable.
Qu’en est-il de son intelligence émotionnelle, de sa capacité à sentir l’autre, à agir par empathie, dans l’humilité, à valoriser les choses intrinsèquement, l’amitié, la famille… Il est plus difficile de mesurer sa soumission à la vie et son rôle de servant dans l’existence quand on domine intellectuellement le commun des mortels. Mon idéal n’est pas celui de la tête universitaire. Je reviens à Harry, Harry Potter. Où bien aux Hobbits du SDA. Ils  resteront à jamais mes modèles car ils vivent d’une sagesse émotionnelle, sincère. Ils aiment l’humain dans sa pure simplicité (les Hobbits par spécificité culturel, Harry par son histoire familiale) et choisissent par amour de l’autre. Ils se savent petit et ignorent qu’ils sont grands. Voilà le véritable sage et comme dirait Dumbledore, c’est-à-dire Rowling : ce ne sont pas nos capacités qui montrent ce que nous sommes vraiment, ce sont nos choix.
Entraînement du soir. Revu la forme du dragon, et ajouté la partie respiration avec le coach, Jack.
Lecture chapitre 1 HP3
Pas suffisamment de recherche académique.
24/01/17
Deuxième journée d’entraînement. Douleurs dans tous les muscles, mais surtout dans les jambes. Rarement eu autant de courbatures. Aussi du au fait que j’ai perdu en force à cause de ma maladie. Je dois me refaire une santé. Je connais maintenant trois animaux : dragon, tigre et grue. Chaque animal  soigne un organe particulier. Dragon = reins, Tigre = poumons et Grue = cœur.
J’ai réussi à travailler 30 minutes sur ma recherche académique. Demain j’essayerai de pousser à 50, soyons fous ! Je pense qu’il est sage de procéder ainsi. Je dois y aller progressivement. Monter jusqu’à 3 heures dans l’idéal.
Souhaité bon anniversaire à Violaine. Discuté avec l’entraîneur Jack de taoïsme. C’est un super professeur. D’autant plus super qu’il est occidental à l’origine. Donc il a la bonne pédagogie. Les chinois sont butés, hermétiques.
Allé au supermarché acheter des vivres car parfois ras le bol de leur bouffe dégueulasse. Enfin je veux dire qu’on se lasse vite du menu riz blanc et chou. Je n’ai cependant pas trouvé de confiture ! Qui aurait été salvatrice pour le petit déjeuner, histoire de mettre quelque chose dans leurs pains vapeur.
25/01/17
Le temps passe vite, en raison de la routine qui s’installe. Même sentiment dans tout système monastique. Je m’adapte au froid, et à l’entraînement. J’accepte mieux les douleurs musculaires. C’est incroyable comme l’esprit s’accoutume à la douleur. Supporte sans effort ce qui était insupportable.
Je me sentais mal le matin à l’entraînement, au début. A cause de la bouffe. Ils font cuire les légumes dans le bouillon de la viande, car étrangement ils servent aussi de la viande, je pensais que c’était uniquement végétarien. Enfin du coup tout a un goût de gras de viande immonde. A vomir. Enfin on fait avec.
Pierre m’a raconté que le bâtiment où on dort est un ancien hôpital, et qu’ils sont nombreux à faire des rêves hantés. A voir des esprits. Je suis étonné qu’il croie à ces bêtises. Il n’empêche que savoir qu’on dort à la place d’anciens malades agonisants, et que des gens sont enterrés partout autour de l’école n’est pas réjouissant. Enfin ma chambre est très confortable. Je n’ai rien à dire.
Mic, le néerlandais, nous cuisine un dîner pour dimanche, il est chef dans son pays et s’y connaît donc bien. Hâte !
Je dois envoyer un mail au Japon que j’aurai l’adresse et j’aimerais recevoir une réponse de Sciences Po sur la date limite de remise de mon mémoire. Anniversaire de Papa vendredi à ne pas oublier ! Ca lui fera 56 !… Putain de temps de merde qui passe bien trop vite.
Repris recherche, réussi à avancer une heure. Je suis lancé maintenant, c’est plus facile.
Allé acheter des provisions en ville car pas de ptit dej servi dans les trois jours à venir. Manu le canadien nous a accompagné. Il voulait acheter des bouteilles d’alcool pour préparer une espèce de vin chaud pour le nouvel an. Il est ensuite allé chez un médecin traditionnel chinois pour faire un traitement aux ventouses. Jeter de l’argent par les fenêtres je trouve mais bon.
Le sifflet vient de retentir. Je me prépare à lâcher prise. A entrer de le mouvement et l’économie de l’énergie, son adoration. Ils nous sifflent tous les matins pour commencer l’entraînement. Désagréable, mais acceptable quand on lâche prise et qu’on s’en remet à l’énergie. Reste la méthode la méthode la plus simple et écolo pour appeler tout le monde.
26/01/17
Entraînement seulement le matin. Appris le Léopard. Il me reste le Serpent. J’ai pratiqué sans excès, enchaîné mes quatre animaux en 30 minutes. Puis discuté avec Manu qui adore les anciens jeux vidéo, ceux de son enfance. Il a un émulateur Gamecube sur son pc pour y jouer ! Je m’habitue au froid, ça va de mieux en mieux. Réussi à enchaîner 3h de recherche ! Exceptionnel. La force revient. Après-midi consacrée au rituel du nouvel an : nettoyage des locaux ! Je trouve ça étrange comme rituel car ça sous entend, et ça semble être vraiment ça en Chine, que le reste de l’année on ne nettoie rien. On trouve la même chose en Inde pour le Dewali. Donc nettoyage. J’ai pu mettre en application mon savoir-faire tiré du Bihar. Quand on me dit de nettoyer, je nettoie. J’ai fait une salle de bain. Puis ma chambre. Enfin moi-même, il était temps que je me douche (ça demande un peu de courage par le froid qu’il fait).
Extrait d’une partie de ma recherche en cours de travail, pour montrer comment je fais pour me rappeler où je dois reprendre et ce que je dois faire :
« L’école neijia (interne) s’oppose à la tradition waijia (externe) des moines shaolin. Elle aurait été fondée en même temps que le Taiji au XIVème siècle (dynastie Ming) par le maître taoïste Zhang Sanfeng dans les montagnes Wudang[1]. Le premier véritable traité de Taijiquan est écrit par… On y trouve des références directes à la cosmologie chinoise. DEFINIR FINALITE DU TAIJI PUIS BALANCER : spécificité école interne ».
Un peu de mal à m’endormir. Mais j’ai pensé de manière intéressante à mon projet pour le château, qui se concrétise de plus en plus. Je dois fonder l’association, créer une plateforme de financement en ligne, notamment des travaux dans un premier temps. Puis monter le dossier EN COLLABORATION avec l’équipe projet, on doit être deux ou trois fondateurs de l’idéal. A trouver en priorité ! Distinguer les soutiens, et les vrais membres. Proposer aux gens potentiels d’aider à la rédaction du projet, en précisant que ça ne signifie nullement un engagement strict à s’y investir au-delà. Trois niveaux d’engagement : sorcier, apprenti sorcier, Rusard et Moldus (les anciens de Neufvy seraient plutôt à considérer comme des Rusards !). Donc je disais rédiger le projet avec l’équipe de manière à pouvoir le soumettre aux frères d’Arrentières dans un an. Essentiel. Les informer d’une rédaction en cours. En parallèle, multiplier les stages dans des chambres d’hôtes, des écovillages, des centres d’activité. Bref me former au maximum, réunir de nombreuses idées. Définir le fonctionnement de chaque projet. Chambres d’hôte et réceptions pour l’association et le commun en général. Projet central. Ecole des Sorciers : besoin de beaucoup d’aide, pas seulement mon projet. Lié à structure des cinq. Formation petits et grands (à voir) à la magie de la vie + sport + culture + développement personnel… Besoin au minimum en plus d’un projet jardin/AMAP + Taverne. Les membres peuvent aussi travailler à l’extérieur du domaine. Il faut bien sûr aussi une gestion administrative, financière, communication.
Mettre un message aux amis potentiellement intéressés dès maintenant ? Problème du manque d’investissement si pas projet définitif, si pas engagement de vie. Donc mieux vaut attendre. Il faut que j’arrive à convaincre de s’engager avec moi sur ce projet… Je suis prêt à arrêter Sciences Po pour partir avec lui étudier différents projets, réunir des informations.
Il faut que je définisse un près projet, rapidement. Je définis les grandes lignes, pour aider à la prise de décision de s’engager. Je diffuse le projet. A la rentrée prochaine, je demande un engagement. Niveau total ou extérieur (dons, coup de main). Je trouve deux personnes prêtes à se lancer, vraiment. Il faut qu’on signe un truc symbolique. Et qu’on se réunisse en vrai. Donner quelque chose de sérieux à l’engagement. Puis rédaction projet final, avec en parallèle réunion d’idées par stages, lectures… pour affiner le dossier projet.
La deuxième année, focalisation sur le rachat/location, et la recherche de financements/subventions. Installation et début travaux troisième année.
27/01/17
Anniversaire de Papa ! 56 ans. Je lui ai enfin dit que je l’admirai beaucoup. Une bonne chose. Maman lui a préparé une surprise avec des amis et de la famille. Une bonne chose aussi. Il donne beaucoup, énormément pour les autres. Il mérite qu’on lui rende un peu.
Journée off ici dans le Wudang pour le nouvel an chinois. Les pétards explosent partout. La plupart du temps il s’agit de longues bandes type mitraillettes qui font un bruit d’enfer. J’ai filmé celle qu’on a fait exploser pour l’école. On se croirait à Verdun. J’ai passé une bonne journée. Beaucoup de travail sur ma recherche. Travail fébrile, un peu dans la dépendance à l’exercice. Moi qui était tombé dans la flemme totale je suis maintenant dans la fièvre. Par contre moins de motivation pour ma recherche plus perso, que je n’ai de toute façon pas le temps d’avancer pour le moment. Mais il va bien falloir que je finalise le tout et aussi que je pense à écrire le livre de vulgarisation ! Je devrais avoir terminé demain la réécriture de la première sous partie. Et donc commencer dimanche la deuxième sous partie qui va m’autoriser à entrer vraiment dans la pratique du Taiji. Hâte.
Je suis allé à l’auberge de jeunesse de la ville, repère de tous les jeunes des écoles de kungfu du coin. Très occidental. Fait du bien. Difficile d’avoir un avis sur ces oasis au milieu de l’océan étranger. Empêche probablement une réelle intégration. Il faudrait que j’en parle avec L.
Entraînement rapide de Qigong. Mais oublié de faire mes assouplissements, ce qui est moyens. Je vais essayer de remédier à ça demain.
Soirée fête ! Les chinois ont préparé un festin, qui était dégueulasse évidemment. Désolé de le dire, mais leur cuisine n’est pas à mon goût du tout. Voilà. C’est froid, gras, viandard, acide, croquant, glissant, mal coupé, incoupable à cause des baguettes. J’ai régulièrement besoin d’acheter des choses à côté, et j’ai toujours une légère chiasse car l’hygiène de leur cuisine ne peut l’éviter. Mais bon ! On s’est malgré tout amusé. Surtout après le dîner grâce au vin chaud préparé par Met A, que j’ai pas mal aidé. J’aime aider. Je connais maintenant la recette, en fait toute simple. Ma question : par quoi replacer les bouts d’oranges si on ne veut pas de produit « importé » ? Difficile.
Ecouté du Daft Punk avec le portable de M. P adorait. Dans cette pauvre salle à manger glaciale, pendant que les chinois s’arracher la gorge sur leur karaoké larmoyant… Ambiance particulière. Avec le vin chaud ça faisait presque ambiance montagne l’hiver. A le Suisse m’a dit que d’ailleurs ils louaient souvent un chalet dans la forêt avec ses amis et faisaient des grillades et du vin chaud dans la cheminée.
Je ne suis pas resté très longtemps à cette petite soirée, car j’avais un besoin urgent d’aller lire HP… Une vraie maladie ! Il faut que je réduise. Demain je resterai avec les autres, ou je méditerai plus longtemps. D’ailleurs je précise au passage que je fais moins mes rituels. A reprendre.
28/01/17
Journée difficile car j’ai remis à jour toute ma cosmologie en fonction de ma lecture de HP 3 qui est très intéressant car il constitue la transition entre la période light et dark de la série. Le 4 étant le livre du retour de Voldemort. On sent dans le 3 une insistance profonde sur le thème de la mort et de la peur. Sur l’idée qu’on porte tous les mal en nous. Harry ne tombe pas dans le mal car il préfère créer et préserver la vie plutôt que de la dominer. Voldemort gère les difficultés de la vie en la dominant, en la contrôlant, en la détruisant. Harry accepte la souffrance en partie, et combat le mal par le bien, c’est-à-dire en essayant de le ramener sur le droit chemin, en travaillant en collaboration avec ses amis, en s’entourant. Il tente de ne pas répondre par vengeance ou colère. D’arrêter le mal en créant le moins de mal possible, c’est-à-dire en économisant l’énergie.
J’ai passé la matinée à détailler concrètement ma cosmologie. A développer mes concepts. A les illustrer. Pour les affirmer. J’ai eu du mal à accepter de passer du temps à cette activité. Frustrer de ne pas avancer ma recherche. Mais dans l’ensemble satisfait. Essentiel de l’avoir fait. Je ne peux me permettre de ne plus avoir foi dans mon penta système.
Déjeuner dumplings ! Dommage qu’ils soient à la viande, j’en ai mangé quand même. J’ai aussi aidé à la préparation avec les autres.
En soirée, je m’étais interdit la lecture d’HP, trop addictive. Direction chambre de M. Je n’ai pas regretté, il était dans le couloir comme un zombie à attendre que l’eau bout. Il a choppé une sale infection intestinale à cause de leur festin dégueulasse de nouvel an. Du coup on a pu discuter un peu, c’était génial. De Star Wars, il m’a parlé des bd de l’extended universe. J’adore son regard sur le monde. Toujours très juste. Impressionnant tout ce qui a été fait concernant Star Wars. Il m’a aussi parlé de son perroquet, qu’il a depuis peu et de l’intelligence de cet animal. De tous les jeux qu’il fait avec lui, les parcours, l’appeler par son nom… beauté de la relation homme/animal. Sentiment qu’on appartient vraiment tous à la même famille, celle du vivant. J’ai pu donner à Manu du Tiorfan… plaisir de pouvoir aider un peu. J’espère qu’il ira mieux demain. Incroyable l’humanité de Manu, son goût de l’autre. Je suis vraiment plus solitaire. Mais ça n’est pas pour autant que je me laisse tomber dans l’entropie. Je lutte, je m’accroche pour rester dans la vie. A l’image de Harry, maudit par Voldemort.
29/01/17
Journée où j’ai à nouveau passé la matinée sur ma cosmologie ! J’ai réussi à tout clarifier, à rendre la logique implacable. Bon travail. J’ai ensuite enchaîné sur ma recherche, après le déjeuner, pendant trois heures que je  n’ai pas vu passer. Je regrette de ne pas avoir filmer l’écran. C’est passionnant de voir la manière dont les paragraphes se construisent. En accéléré. De voir la quantité de fichiers et de pages internet que j’utilise, parcours. Passant de l’un à l’autre, divisant mon écran, attrapant là une citation, là une référence, copier-coller, ne pas trouver puis finalement y arriver, avoir trois choses à faire en même temps, conclure enfin…
Après-midi de cuisine avec M, Mco et d’autres. Aidé M à préparer son dîner. Purée de patates délicieuse et salade de haricots en tout genre moins délicieuse. Glace en dessert. Un goût d’occident en orient.
Soirée skype ! F et famille. Plaisir de parler avec F, de nos réflexions, de nos projets… Je lui souhaite de tout cœur de réussir ! La smala va bien.
Avant de dormir, visite à M qui jouait à Zelda sur un emulateur PC de la nintendo 64 avec A. Plaisir de les voir jouer, avancer. Renouer avec leurs souvenirs d’enfance. M me disait qu’il n’avait pas assez d’argent pour acheter plus d’un jeu par an, en fait son cadeau de Noël. Du coup ils se les prêtaient entre copain.
J’étais gelé quand je suis allé me coucher. J’ai mis du temps à me réchauffer sous la couette. Mais je me suis finalement endormi tranquillement.
30/01/17
Reprise de l’entraînement, j’avais oublié à quel point c’était difficile. Surtout en termes de motivation. Les cinq animaux sont tellement répétitifs et lent. Ca ne peut pas être une pleine méditation car il faut agir et faire malgré tout des efforts. Mais parfait pour l’attention au corps. J’ai appris le serpent, dernier animal.
Passé mon temps libre sur ma cosmologie. Mon raisonnement principal est encore trop flou, brouillon. Manque de clarté. A revoir mais pas demain. Je vais faire ma recherche, je dois finaliser la première sous partie, puis je pourrai me lancer dans le reste.
Journée relativement simple, monotone. Encore une fois, principalement des prises de tête sur ma cosmologie, notamment pendant l’entraînement.
31/01/17
Poursuite de l’entraînement. J’arrive mieux à supporter la pratique des cinq animaux. Je m’y résous en quelque sorte. Il n’empêche que ça demande énormément de volonté, car il s’agit toujours des mêmes exercices, aucun divertissement possible, il faut lâcher prise totalement et ne pas attendre la moindre stimulation externe.
Le soir, plutôt que de ne faire que lire, j’ai visité M. Belle discussion M. J’ai parlé de mon père qui me lisait HP quand j’étais enfant et lui me parlait du sien qui lui narrait le Seigneur des anneaux. Manu est passionné d’Histoire, il a une culture géniale. Il écrit des nouvelles, inspirées notamment de l’univers psychédélique de Lovecraft.
Shira Kammen, Music of water.

Journal de bord n°8 Décembre

1 et 2/12/16
J’écris depuis mon bus de… Rishikesh à Delhi !
Journée du premier difficile où j’ai couru dans toute la ville pour trouver de l’argent.
Je me suis arraché la gueule dans un restau de rue trop épicé. J’ai acheté un masque antipollution, apprenant dans le brouillard que Delhi est 3 fois plus polluée que Pékin. Génial.
Concernant mes affaires de voyage, j’ai appris que la dame de la compagnie China eastern ne pouvait pas m’aider plus pour mon ticket. Du coup appel de l’agent de voyage à rishi. Obligé de demander des portables à chaque fois, de rappeler 10 fois avant de comprendre un mot… Il me propose d’annuler le ticket et d’envoyer quelqu’un avec l’argent du remboursement à Delhi. Jai préféré y aller moi même ! Pour changer en même temps de ticket. Ça évite les gros échanges d’argent que je n’ai pas et me permet de ne dépenser que 120 euros de plus que sans les problèmes de visa. Contre 150 avec la compagnie China eastern.
Plaisir de lire que mijo et mes parents tiennent colibris solidement par les cornes et organisent un goûter au château dimanche !
Inde enfumée, les paysans brûlent les champs. Ça ajoute à la pollution. Odeur de fumée partout.  Terminé quasiment l’intro de ma troisième partie de recherche. Académique. Découvert les notes de bas de page sur word pour les références.
Dans le bus aller à Delhi, entre les porteurs de hauts parleurs costumés dans le bus, j’ai vu u singe voyager sur le toit d’un tuktuk. Était il apprivoisé ? Je ne sais pas. La scène était sympa. Dans rishi un homme se déplaçait avec son âne qui trottinait d’un bon pas. L’expérience du bus local, pas pour touristes, est sympa ! Tout en Inde est conditionné par la densité de population. La patience des gens, leur force de vie, leur respect, l’animation, le dynamisme. C’est une fourmilière.
Je pratique toujours mes rituels. Avec plaisir et résultats. Je gagné vraiment en maturité. J’arrive mieux à accepter de lire des sources philosophiques dans les phases où j’ouvre un champ de réflexion nouveau. De le faire sereinement. De moins vouloir avoir terminé avant d’avoir commencé. J’essaye de mieux vivre les moments de pure création, toujours coûteux en énergie. Plus généralement, mon système rituel et mon autonomie m’aide à valoriser l’humain, à le respecter plus et à me sentir comblé dans la simplicité.
Dans le bus, je me suis souvenu de pleins de moments que j’ai passé avec Valentin, des jeux d’enfance, parmi les plus beaux (dédicace à toi Valou si tu me lis) ! D’abord l’ambiance à Fleurie, quand j’allais y passer quelques jours. La ferme de valou dans sa chambre, le sol de l’étage transformé en champs. Le bruit du tracteur à imiter avec la bouche. La vieille gameboy de Clément. La maison en elle-même, dont l’étage est un peu sinueux, avec un grenier mystérieux, ambiance mythique. Valou qui s’occupe de ses poules, parties de ballon contre le mur du hangar à taurillons, je me souviens de la balle qui avait les motifs d’une coupe du monde. Parties de barrières dans le hangar à taurillon, courses poursuites. Sauts et escalade dans les ballots de paille, malgré l’interdit. Il suffisait de sortir dehors, de marcher dans la ferme, guidé par l’instinct. C’est cet ouverture d’esprit dont je me souviens particulièrement et qui est magnifique. On marche, on discute de tout et de rien. On monte sur un ballot l’air de rien et on commence à jouer, pas de construction a priori. Tout lieu et objet est un jeu potentiel. Plaisir d’explorer, de tester. Peur des chiens errants qui errent dans Fleurie, parties d’Unreal Tournament sur l’ordi du bureau de Guillaume, plaisir intense dans ce jeu, partagé avec Valou (on joue chacun notre tour). Visionnage de cassettes dans le salon, souvent louées par Valou : les trois mousquetaires, Astérix contre César… petits déj devant les dessins animés en pyjama, sur le froid canapé en cuir. Avec un grand bol de céréale. Glaces qu’on allait chercher dans le congélateur du garage. Puis la même chose à Dampleux. Souvenir particulier des courses poursuites et cache cache, le jeu le plus simple et le plus entraînant. Encore mieux quand on est en équipe avec les cousins ! Sans parler des souvenirs partagés en vacances à Artix, ou au ski avec Valou…
03/12/16
Recherche le matin. Terminé l’intro et envoyé compte rendu à Sciences Po. Début d’aprem appel de Florent. On a beaucoup discuté théorie politique. Toujours aussi stimulant, comment impulser un vrai changement dans la société ? Réflexion sur le concept de Geneocratie pour remplacer la démocratie.
Soirée avec Deeksha. On voulait voir un film mais la projection n’a jamais démarrée ! Du coup ils ont remboursé les tickets.
04/12/16
Journée studieuse ! J’ai commencé la partie 1.1. de ma recherche, qui m’oblige à assimiler l’histoire de la philosophie indienne et la naissance du yoga. Très intéressant mais peu philosophique pour le moment. Envoyé aussi mon plan détaillé revu et mon intro à Alexandre. Envoyé ma partie 1 à Florent qui voulait la lire. Je n’aime pas faire ça, ça n’est pas finalisé…
Une Aloo Parantha pour le ptit déj. Riz + Daal + Paneer + Chapati pour le déj et Daal paneer et chapatis pour le dîner. J’admire toujours autant la gestuelle du gars qui les fait, bien qu’on sente qu’il ne le considère pas comme un art, contrairement peut-être à ce que ferait un japonais. J’ai discuté un peu avec un mec de Mumbay. Il m’explique à quel point c’est différent de Delhi en termes de pollution, d’atmosphère humaine… plus développé apparemment. J’aime bien Delhi pour ses imperfections. C’est une ville folle.
Skype avec ma famille et… Colibris ! Mijo, Nana, Francis, Olivier, Marie-François, plaisir de les voir. De partager ce moment avec eux.
05/12/16
Derniers jours en Inde ! Je m’imprègne de tous les détails de ce pays magique. Incredible India. La vie, l’intensité, les gens. Journée studieuse, après être allé, enfin, récupéré mon passeport au centre de visa. Procédure sans encombre pour une fois. Rentré à l’hôtel et moment de recherche difficile. Fatigue, manque d’inspiration, sentiment de faire un résumé wikipédia de l’histoire de l’Inde. J’ai alors ouvert un nouveau document word et posé par écrit mes frustrations, puis tenté de théoriser intimement ce que pouvait signifier le rituel pour moi. Différence entre yoga et autres disciplines. J’ai ainsi retrouvé de l’inspiration, en me libérant de la pression d’arriver directement sur quelque chose de formel et de référencé. Travaillé jusqu’à 18h. Bien avancé. J’ai pu faire une petite heure de yoga sur le toit de l’hôtel. Plaisir de sentir la ville par le haut. J’ai vu des chats qui se baladent entre les immeubles. Les enfants qui jouent dans la rue en contrebas.
Soirée écoute de musique sda et réflexion sur le devenir de mon travail de recherche au-delà de Sciences Po. Je pense à l’œuvre de Tolkien, qui a eu un tel succès. Il ne s’agit pas de vouloir faire pareil, mais je regrette tous ces livres publiés, sur la psychologie et le développement personnel et qui ne changent en fait rien du tout à la vie des gens. Rien au monde. Sentiment que c’est une illusion, le livre n’a aucun pouvoir. Comment écrire un livre qui changera le monde ? Il faut l’écrire dans cette perspective. Lui donner quelque chose de religieux, de sacré et de secret. Pensé à ne pas le diffuser en plusieurs exemplaires, à ne faire que des copies manuscrites. Dans tous les cas, je  compte m’installer à Neufvy dans maison bulot. Pour lancer sur place et sérieusement projet colibris. Parler de ma recherche, voire enseigner. Enfin réunir réellement autour de moi. Donner. Construire une vraie structure et amasser des dons pour racheter le château. M’y consacrer pleinement. Jouer aussi un personnage quand je suis dans mes moments sacrés. Avec costume. J’ai aussi réfléchi au prolongement de ma recherche, faut-il que je fasse un manuel ? Peut-être vaut-il mieux en rester à un enseignement oral.
06/12/16
Journée avec Deeksha. Je mets de côté la recherche et les rituels. Visite du Taj Mahal ! Départ à 8h30 avec la voiture de Deeksha sur l’autoroute direction Agra au sud est de Delhi. J’ai conduit à gauche ! Sensation étrange, tout est inversé.
Arrivée au Taj. Monument magique. La blancheur du tombeau majestueux. La légende raconte que le roi, qui a construit cela pour sa femme, a coupé les mains des artisans pour les empêcher de construire une telle merveille à nouveau.
Chance immense d’avoir pu faire cette visite avec Deeksha.
07/12/16
Dernier jour à Delhi. Balade dans la Connaught Place avec Deeksha qui devait trouver un cadeau pour l’anniversaire de sa nièce. Elle a acheté un petit pull tout mignon. De mon côté je voulais trouver le tome 2 du seigneur des anneaux. On a fait plein de librairies sans succès. Finalement la rue m’a sauvé à nouveau ! Je suis retourné à un petit bouquiniste que j’avais visité il y a peu. Il n’avait pas le livre. Mais entre temps il a pensé à moi et l’a trouvé ! Une magnifique édition de 1991. Miracle. Bienveillance des gens.
Beaucoup à faire avant de décaler en avion. Je dois envoyer des mails, mettre à jour mon blog, le drive…
L’inde me manquera beaucoup. J’ai tellement appris. Ma synthèse parle pour ce journal qui ne peut traduire la richesse de mes découvertes.
09/12/16
Chengdu !!! La Chine pour le peu d’expérience que j’en ai eu jusqu’à présent, est étonnante. Merveilleuse. Les gens sont bons, ici aussi. Je ne saurais pas dire s’ils le sont plus que chez nous, mais il y a une disponibilité à l’instant. Une générosité. Et surtout un calme dans la rue, différent de l’Inde. Une introspection, une retenue. Que de différences comparé à l’Inde. Ca n’a rien à voir. Pas de klaxonnes dans les rues, circulation ordonnéee… certe par conséquent c’est peut être moins vivant, moins libre, moins « incredible »… mais aussi plus reposant, apaisant.
Retrouvé Alexia dans une auberge de jeunesse génialissime, 5 euros la nuit pour un service mille fois mieux qu’en Inde, et au même prix, c’est à peine croyable. Nous sommes allés nous balader dans un quartier traditionnel, qui est en fait juste à côté de l’hôtel, le coin du temple. Plein de monastères, tellement typique. Thé avec des feuilles fraiches sur une terrasse. Plein de locaux entrain de discuter en groupe, de jouer au go et au majong… c’est un rêve réalité. L’architecture du quartier est traditionnelle, magnifique. Dîner avec une soupe de pâtes délicieuses.
Reçu une très mauvaise nouvelle de Sciences Po qui remet en cause mon parcours des mois précédents, estimant que je n’ai pas suivi de formation suffisamment « régulières, denses et consistantes ». Ce qui est peut-être vrai, mais ils confondent ma recherche avec une 3A d’étude pure. Je ne sais pas quoi leur répondre. C’est stressant, fatiguant. Comme si en plus de la recherche je dois gérer cet aspect. Répéter les mêmes choses.
10/12/16
Belle journée ! Le froid est saisissant. Je dois aussi récupérer de mon long voyage jusqu’à Chengdu. Et de mes aventures indiennes. Mais il s’agit de ne pas s’endormir. J’ai reçu un mail de Sciences Po me disant qu’ils sont inquiets vis-à-vis de ma recherche. Très négatif. Ils sont mécontents de mon programme des mois passés et il y a énormément de malentendus sur ce qu’ils attendent. Je dois donc demander des éclaircissements. Sur le plan humain, ils sont infects, enfin juste Amy Green qui ne démontre aucune compréhension.
Bien travaillé sur ma recherche le matin. Je dois continuer, mais il s’agit aussi de découvrir la ville avec Alexia. Elle gère comme une chef pour l’orientation, elle arrive à se faire comprendre en chinois ce qui est indispensable ici, formidable qu’elle soit là ! Nous sommes partis vers 13h vers le people’s park, au centre de la ville près du Tianfu Square où on peut admirer une statue de Mao. Avant cela nous sommes allés à la messe, ils parlaient en anglais donc on a pu comprendre. Les chants étaient beaux. Un nouvel évêque s’est présenté. Très particulier de voir des asiatiques pratiquer le christianisme. J’ai pu mettre en parallèle les concepts chrétiens avec les concepts de ma théorie. Intéressant. Notamment la symbolique de l’eucharistie, pratiquer l’aspiration entropique, en prendre conscience, l’accepter et la valoriser avec l’espoir que l’énergie = Dieu finisse par gagner. Jésus symbole de la foi ultime dans l’énergie.
Vu des gens jouer au go et au Majong, un peu partout : restaurant, café, rue, parc à l’hôtel aussi… ils aiment les jeux de société.
Toujours ce calme dans la ville. Tous les scooters sont électriques. Le soir j’ai fait mon rituel de muscu avec Alexia et ma méditation. On s’est couché tard, vers 12h. Ca me dérange car du coup réveil tardif, pas vraiment de temps pour travailler sur ma recherche le matin. Mais je dois aussi lutter contre ça, la recherche est une forme d’addiction à combattre. N’est-il pas plus important de visiter la ville avec Alexia ?
11/12/16
Journée spirituelle ! On était au monastère avex Alexia. On a mangé un repas partagé avec les nones. Je précise à quel point l’ambiance dans le monastère bouddhiste est incroyable de sérénité. C’est un rêve. Les feuilles dorées tombent, les vieilles pierres gravées de dragons, les toits élancés… Le repas est ouvert à tous. Les nones n’en prennent que un par jour. Riz, légumes dont patate douce, soupe, tofu braisé… on est aidé par deux personnes dont une dame qui insiste pour faire notre vaisselle et nous emmener dans le temple principal de la ville. Intéressant de remarquer que les temples sont au cœur de la ville et donc entourés de grands buildings. Contraste maximal. Arrivée à Daci temple. Immense. Une cérémonie est en cours. Les gens portent des longues robes marron. On s’assoit avec d’autres gens à l’extérieur du temple avec Alexia. Et bientôt un commence une longue procession, où on marche en carré les uns derrière les autres en récitant un mantra. Très intense.
Puis balade dans les arrières bâtiments. Pièces d’artisans, notamment des tableaux brodés d’une finesse telle qu’on croirait de la peinture. Puis concert de musique religieuse traditionnelle que j’ai en partie enregistré. Magnifique aussi.
Direction l’hôtel pour se remettre du froid et des émotions. J’ai pu travailler un peu mais difficilement à cause de la fatigue. Envoyé le mail à Sciences Po, je croise les doigts… On voulait dîner dans un resto veg mais finalement on s’est retrouvé à manger des momos à la viande ! Génial. Couché tôt à mon grand plaisir. Repos. Pour mieux profiter de la journée et avancer ma recherche.
12/12/16
Dernier jour avec Alexia. C’est passé très vite ! Trop ? Réveil 8h30 pour profiter de la journée. Méditation comme chaque matin. J’ai décidé de ne pas du tout travailler à ma recherche pour me consacrer pleinement à Alexia. Ptit déj à l’hôtel, porridge pour moi. Simple et efficace. Direction ensuite un parc qui contient également un musé. Enfin avant, nous traversons un marché local. Expérience particulière notamment en raison de la viande et du poisson exposés de manière répugnante. Les odeurs, le sang, les têtes de mouton morts… je crois aussi avoir vu des chien grillés. Bref ignoble. Ensuite on est retourné à l’église pour récupérer mon sac qui était sur le banc là où je l’avais laissé. Puis métro vers parc. Zone de la ville que je ne connaissais pas. Intéressant, toujours autant de buildings. Balade dans le parc, pièces d’eau avec plein de ponts. Pas le temps finalement de visiter le musée du Sichuan, nom de la province où je suis qui signifie les 4 rivières. On s’est longtemps assis face à un grand lac, sur lequel volent beaucoup d’oiseaux. Et sur le bord se trouve une armée de photographe, munis d’appareils photo aux objectifs énormes, des passionnés et/ou des professionnels. Je pense que c’est particulièrement en vogue en Chine, de faire de la photo. Les photos ont véritablement quelque chose de sacré. Certains nous prenaient en photo, mais sinon ils tentent d’avoir les oiseaux. Ils passent là des heures, c’est comme la chasse sauf qu’on ne tue pas l’animal, on capture son image. Intéressant. Ambiance sereine. Bel endroit.
Retour auberge. J’ai fait du yoga, magique de reprendre j’avais l’impression d’être en Inde à nouveau. « you only miss the sun when it starts to snow ». On s’est montré nos photos avec Alexia, beau moment, plaisir de voir en image la 3a qu’elle vit à Hong-Kong. Les paysages de là-bas, magnifiques, avec la mer… la vie étudiante, ses voyages… fort contraste avec mon projet.
Désormais, reprise avec sérieux de ma recherche. J’ai une semaine pour presque terminer la partie 1. Je dois réfléchir de manière sérieuse et approfondie, refaire un programme :
  1. création conceptuelle pure
  2. place de la pratique et des références asie/occident ? Format de démonstration ?
13/12/16
Réveil à 8h30, je me recale petit à petit, et continue à récupérer du voyage et du décalage horaire. Ptit déj puis recherche jusqu’à 14h. J’ai bien avancé, même si je ne suis jamais pleinement satisfait. Je pense que ça manque de philo pure, il faudra que je passe par la case raisonnement pur, comme j’ai fait dans la première sous partie.
Le froid n’est pas facile à supporter, je sens à quel point je suis plus fatigué. Je suis également toujours détraqué de l’intestin, probablement plus du stress qu’autre chose mais ça n’arrange rien.  A moins que ça ne soit la recherche qui m’épuise. Quelle épreuve. Quelle école. Comment avoir peur de quoique ce soit après ça ? La solitude, la page blanche, la pression de l’école, le pays étranger, le poids de l’avenir… un concentré de difficultés, de défis. Face à moi-même. Ma théorie m’aide, c’est certain. Mais elle peine à compenser la pression de la recherche. Vraiment. Je sais aussi que je m’inquiète pour rien. En effet mon travail avance, doucement mais surement. J’y travaille régulièrement. Mais je ne sais pourquoi je n’arrive pas à me faire confiance, à être satisfait.
Après-midi peu productive, fatigue du matin. D’où insatisfaction, mais j’en veux trop. J’ai continué un peu ma recherche, terminé notamment de lire le bhagavad gîta. La soirée fut belle. J’ai continué à lire La pitié dangereuse de Zweig. Livre magnifique. Passage incroyable sur le désir, l’ambition et la soif de richesse et de pouvoir, à quel point c’’est inutile et ça transforme l’être en monstre cupide. A quel point la foi, l’innocence et la gentillesse valent mieux : « Il se regarda comme on examine dans le journal la photographie d’un malfaiteur : le menton fuyant, la lèvre mauvaise, les yeux durs. […] Toutes mes habilités ne m’ont pas rendu heureux. Je ne suis qu’un pauvre type qui ne connait pas le repos. Et il poursuivit son chemin, Léopold Kanitz, étranger à lui-même : jamais il ne s’était senti si misérable qu’en ce jour de son plus grand triomphe » (p. 190).
Repris l’écoute du sda. Beauté des morceaux. Où ils m’emportent. Repris espoir. J’espère de tout cœur réussir à monter un projet en commençant avec Niel, et en développant ma thérapie. Peut-être pas uniquement comme quelque chose de psychologique, mais comme servant simplement à valoriser les chefs d’œuvres de notre civilisation, et l’énergie du présent. Ne pas gâcher tout ce sur quoi nous sommes assis. Retrouver du sens dans ce qu’on est.
14/12/16
Période intense, car je n’ai pas d’autre occupation que ma recherche. J’ai travaillé je pense 6 heures en pleine concentration. J’hésite à faire autre chose. Il serait bon que je trouve une autre activité mais difficile de déterminer. Lire des textes techniques implique aussi une concentration, à moins que je ne le fasse de manière détachée. Genre en philo occidentale. Pourrait être très bien. Je peux aussi accentuer ma pratique du yoga, le faire plus longtemps, plus sérieusement. Mettre en place un véritable dispositif expérimental… Mais viendra plutôt en dernière partie. C’est aussi le fait de me changer les idées qui m’inspire pour ma recherche.
Dans l’immédiat je dois faire un rush purement théorique puis terminer l’étude des textes classiques et enfin ouvrir sur quelques références occidentales. Je terminerai ma dernière partie avec la dimension expérimentale et les limites.
Je dois envoyer ma première sous partie à Lacroix, je pense. Il me l’avait demandé.
La nourriture est dégueulasse, parce que je n’arrive pas à demander ce que je veux. Ils mettent u piment, de la viande et sinon un bouillon de viande gras qui a le goût de porc mariné infect. Je me suis tapé du gésier de poulet pour le dîner… je pensais que c’était des champignons. Fatiguant. Je pourrais acheter dans un supermarché mais je veux réussir à trouver un bon restau par loin de l’hôtel et surtout pas cher. Comme dit ma mamie, les nouilles c’est bon mais un peu ramolo.
Il y a moins de chaleur humaine qu’en Inde à cause du développement plus élevé et de l’individualisme corrélé, mais les gens restent très gentils. Vraiment. Loin de tout ce qu’on m’a dit sur les chinois.
J’ai attrapé froid ! Rhume et petit mal de tête. Juste ce qu’il faut pour que ça soit désagréable. Mais ça va passer.
15/12/16
Descartes, Discours de la Méthode (partie six, 138-139) : « en voyageant, ayant reconnu que tous ceux qui ont des sentiments fort contraires aux nôtres ne sont pas pour cela barbares ni sauvages, mais que plusieurs usent autant ou plus que nous de raison ; et ayant considéré combien un même homme, avec son même esprit, étant nourri dès son enfance entre des Français ou des Allemands, devient différent de ce qu’il seroit s’il avoit toujours vécu entre des Chinois ou des cannibales, et comment, jusques aux modes de nos habits, la même chose qui nous a plu il y a dix ans, et qui nous plaira peut-être encore avant dix ans, nous semble maintenant extravagante et ridicule ; en sorte que c’est bien plus la coutume et l’exemple qui nous persuade, qu’aucune connoissance certaine ; et que néanmoins la pluralité des voix n’est pas une preuve qui vaille rien, pour les vérités un peu malaisées à découvrir, à cause qu’il est bien plus vraisemblable qu’un homme seul les ait rencontrées que tout un peuple ; je ne pouvois choisir personne dont les opinions me semblassent devoir être préférées à celles des autres, et je me trouvai comme contraint d’entreprendre moi-même de me conduire.
Mais, comme un homme qui marche seul, et dans les ténèbres, je me résolus d’aller si lentement et d’user de tant de circonspection en toutes choses, que si je n’avançois que fort peu, je me garderois bien au moins de tomber ».
Bien avancé sur la recherche le matin. Rush théorique, bien que pas terminé. Je dois affiner ma définition de l’attention analytique, de l’attention comme ressource et sa nature dans le yoga. Ajouter les références. Attention pratique vs théorique. J’ai lu le pradipika et pris des notes. J’ai aussi reparcouru le discours de la méthode de Descartes. Souvenir de ma phase de lecture fondamentale intense en janvier il y a deux ans. Il faudra de toute manière que j’ajoute quelques références occidentales. Je me rends compte que mon travail n’est pas suffisamment rigoureux en définitions.
Je suis allé au centre de visa pour étendre le mien. C’est possible. Soulagement. Peu de documents à fournir. J’y retourne la semaine prochaine. Je suis toujours malade, rhume et un peu de fièvre. Mais rien d’alarmant, ça va passer.
Vu à nouveau l’américain du Colorado, Elly. Il retouchait des photos (passionné de photographie). Il fait de l’escalade et m’a proposé d’aller grimper avec lui demain en salle ! J’ai accepté, quelle opportunité. Je ne pensais pas avoir cette chance ici en Asie. Il ne manquerait plus que je fasse du Ski pour me sentir pleinement en France. M’oblige cependant à redoubler d’effort le matin sur la recherche pour compenser la « perte de temps » de l’après midi.
Belle soirée avec la pitié dangereuse et le message d’espoir légendaire des musiques du Seigneur. Notamment l’excursion commençant à la page 234 du roman de Zweig. Le plus beau chapitre que j’ai jamais lu. Autant sur le fond que sur la forme. Comme le dernier vestige d’une civilisation que nous n’aurions pas du perdre. J’en suis de plus en plus convaincu.
16/12/16
Journée studieuse mais laborieuse. Difficile de me motiver, et je suis bloqué sur des distinctions conceptuelles entre attention, concentration, conscience, apperception… je n’arrive pas à avancer, motivation au plus bas. Finalement, je me décide en début d’après-midi à réfléchir avec un papier et un stylo comme je le faisais à Tushita. Résultats très concluants. Bien plus puissant, je suis bien plus créatif ainsi. J’ai aussi pu schématiser. Je n’ai alors plus qu’à recopier sur l’ordi, ça sera pour demain. Je pense tenir quelque chose de correct pour ma deuxième sous partie et une grosse partie de la troisième.
En fin d’aprem, départ en taxi vers la salle d’escalade ou Will, l’américain du Colorado m’a donné rendez-vous. Je vais faire de l’escalade en Chine ! Long trajet, beaucoup de circulation. La tension dans la voiture, sachant que je ne peux pas dire un seul mot au chauffeur, c’est désagréable au plus haut point de ne pouvoir parler chinois. Où que les chinois sont incapables de dire le moindre mot d’anglais, je ne sais pas dans quel sens le prendre.
J’arrive au bookworm, un café où Will m’a donné rendez vous, il y a plein de livres, ça fait salon de lecture à l’occidental. La salle d’escalade est au sommet d’un building, comme la plupart des centres d’activités. Ambiance très sympa, bien que petit et vieux mur. Le jeune qui a monté le business à une espèce de préfabriqué qui lui sert de maison, il dort sur le toi du building à côté de son mur. On a joué à 2+2. J’étais malade et j’ai pu constater à quel point le sport remet sur pied, le fait d’activer son corps aide vraiment à se remettre. A la fin j’étais en pleine forme. Belle soirée. Rencontré un jeune qui est prof d’anglais ici. Il paraît que c’est le grand classique, les occidentaux qui s’installent ici pour enseigner l’anglais.
Projet d’aller dimanche grimper en extérieur. Je pense y aller.
17/12/16
Journée studieuse. J’ai à nouveau brassé de nouvelles sources, notamment académiques (James Mallinson etc…). Matinée difficile. Il me fallait intégrer tout cela. Sentiment d’être embrouillé. Je n’arrive toujours pas à accepter ces moments de lecture de matériel. Précipitation. Globalement toujours cette hâte fiévreuse. A corriger. Après midi parfaite, j’ai pu tout intégrer, bien avancer. Enfin.
Skype avec les deux parents. Titouan était en cours. J’ai vu les animaux, bébés. Tout va bien à la maison ils se préparent à me rejoindre en Chine !
Soirée sympa. Il y avait à l’hôtel une dumplings (ravioli chinois) party. Je suis arrivé seulement pour la dégustation… Ils passaient à la télé des combats virtuels de jeux vidéo. J’étais assis à côté d’un gros québécois de Montréal très sympa. Il me fait penser à Sam de GOT, d’autant plus qu’il était avec sa copine moins grosse. L’accent donne vraiment un côté gentil ours.
18/12/16
Grande journée ! Escalade sur une falaise non loin de Chengdu (1h de route). Parti à 7h avec Will Eaton, l’américain du Colorado rencontré dans mon hôtel. Direction la salle. On retrouve les autres. On est trois voitures au total. Nombreux. Des jeunes chinoises dont une charmante (prénom oublié). Un gars d’afrique du sud, de nouvelle zélande, une autre américain. Belle bande.
Arrivée sur le lieu, petite montagne. Beaucoup de bamboos. J’adore ces arbres, étonnants. Campagne chinoise charmante. Ce qui est désagréable c’est le ciel gris, en permanence, jamais un rayon de soleil que ça soit à Chengdu ou sur le lieu d’escalade. Et du brouillard. Moribond. On descend de voiture. Je sens un peu plus la pauvreté, qui n’est pas palpable en ville. Enfin je dirais plutôt simplicité que pauvreté, il ne s’agit pas de l’Inde quand même.
On prend un petit escalier pour monter à la falaise. Content de regrimper, mais il fait très froid. Conditions pas évidentes. On ne sent pas ses doigts. Parois glissante. Je ne grimpe pas en tête. Surtout que les voies sont difficiles. Importance des pieds, grande maîtrise de Will. Plaisir malgré tout de pratiquer. Cadre jolie.
Déjeuner traditionnels. Tous autour d’un réchaud au feu de bois, grand fait tout où ils font cuir un poulet (évidemment) et des patates. On regarde cela cuir en cercle. Le chauffeur mélange. On s’assoit pour manger, ils apportent en plus du riz, des légumes vapeurs, des œufs… petit festin dans la simplicité, je pense que c’est fournit par la famille qui habite en bas de la falaise et que le gérant de la salle d’escalade, Raw, paye. Discussion sur la métaphysique à table. Les chinoises parlent de fantômes, propre à leur culture ! Mais je retourne vite grimper avec Will.
Sur le retour Jonathan l’anglais très « naturel » est malade. Sans avoir la chiasse il lâche des pets pestilentiels qu’il avoue ouvertement ne pas pouvoir retenir. Plutôt drôle. Sans gêne.
Will est quelqu’un d’étonnant de générosité. De calme. De sérénité. Il grimpe très bien, parfaite maîtrise des pieds. On sent qu’il est habitué à l’extérieur.
Belle journée. J’ai appris que le charmante chinoise est peu liée à sa famille. Elle fut envoyée en internat à 9 ans. Elle l’a très mal vécu. Ses parents ne voulaient rien entendre. Elle confirme que l’éducation reste dure et traditionnelle ici.
Constate quel le sport, loin d’aggraver ma petite angine, améliore mon état. Comme quoi rester à ne rien faire n’est pas forcément une solution face à la maladie.
19/12/16
Journée de travail complète. 6h. J’ai terminé grossièrement ma deuxième sous partie. Il me reste à ajouter des références, à compléter. Je dois encore rédiger la troisième !.. Cela va être laborieux et je manque de temps. Demain je commencerai par la rédaction de la troisième sous partie. Faire un plan de travail. Passer par l’écrit. Mercredi je m’occupe des références. Bonne motivation. Pas vu le temps passer.
Dîner gala j’ai commandé des sandwich salade avec frites ! Je voulais regarder le film Warcraft mais la qualité est trop mauvaise. Je télécharge du coup.
Toujours malade. En fait la fièvre se lève le soir. Dans la journée ça va à peu près.
20/12/16
Journée de travail pas évidente. Le matin j’ai réussi à formaliser par écrit le plan de ma troisième sous partie. Plutôt content de moi. Mais j’ai du ensuite rechercher des références, relatives notamment à Bergson et Maine de Biran. Chiant à mourir à cause d’internet effroyablement lent et qui bloque. Pas réussi à rédiger un poil. Donc nécessaire de mettre bouchées doubles mercredi. Je vais devoir rédiger partie 3 et je n’aurai pas fini dans les temps. Pas grave, il me suffira d’envoyer mon travail à la fin de la première semaine de janvier. Quitte à rester à l’hôtel jusque là pour ne pas tout mélanger avec ma formation Taï-Chi. Deux jours suffiront.
En fin d’aprem, visite de la ville autour de l’hôtel avec des gens de l’hôtel (activité gratuite) pour repérer des bons restos. J’ai maintenant des adresses où aller avec mes parents !
Soirée exceptionnelle. J’ai regardé Warcraft que j’ai finalement réussi à télécharger en torrent avec l’aide du staff. Film incroyable. Très belle mythologie. Travail d’association à toutes mes idées fondamentales, sur l’énergie et le sens profond de l’existence, la place de l’absolu, de la solitude, la valeur des autres, les dangers de la force solitaire, « magie de la force psychique ». Je ne juge plus le fait que des clichés soient exposés. Il s’agit d’histoires mythologiques, de contes. Les clichés sont importants car il s’agit de valeurs éternelles, universelles. Je trouve que ça fut là traité avec beaucoup d’intelligence. Voilà mes notes relatives :
la lumière amène les ténèbres
les ténèbres amènent la lumière.
La magie noire contrôle l’énergie (et donc la vie) physique et peu donc l’aspirer. La vie est le niveau élevé d’information, fréquence particulière = le fel. L’aspiration permet de servir une volonté. Mais prix de la destruction permanente de tout. La modernité est proche de la magie noire, bien qu’elle ne contrôle pas cette fréquence.
La magie blanche contrôle l’énergie perdue de l’entropie et peu donc l’aspirer pour servir une volonté. Concrètement, il s’agit de récupérer de l’énergie perdue dans l’entropie. De créer une conversion. Bien plus difficile que magie noire, moins puissant car le prix à payer est la concentration. Il faut atteindre un niveau de concentration tel qu’on échappe temporairement à l’emprise entropique, qu’on peut ramener de l’énergie de l’au-delà.
Tentation du mal, la facilité. Utiliser l’énergie physique « gratuitement » (car magie). Elle est partout, d’abord en nous (symbole du gardien qui a appelé dans le passé les orcs). Attention à ne pas confondre magie noire et magie blanche. Le pétrole est noir, très noir même s’il n’est pas aussi puissant que la magie noire, heureusement non encore découverte.
La même énergie est contrôlée. Mais la magie blanche implique une traduction, plus difficile. Notre monde est sur le point de basculer définitivement dans l’ombre ou dans la lumière.
ATTENTION la solution n’est pas la pleine magie blanche partout car la vie créé ou soutenue par la magie blanche n’est pas la vie véritable, qui consiste à être soumise à l’entropie. Les lois biologiques sont nées dans ce cadre « naturel », sans magie. La magie ne peut être la finalité de la vie car trop puissante, rendant l’individu trop indépendant, elle contredit sa nature même, sa nature véritable = un être vivant de la nature. La stratégie de la vie, niveau inférieur de fréquence d’énergie physique que la magie blanche, est l’union dans la tension face à la soumission. C’est la soumission de la vie à l’entropie qui permet l’amour. Celui qui maîtrise l’art de la traduction risque de détruire la valeur même de la vie et de se détruire lui-même. Donc dans les deux extrêmes la vie disparaît. D’un côté elle disparaît physiquement dans l’entropie, de l’autre elle perd sa raison d’être, son sens (parce que plus besoin d’union, d’amour). Le Gardien de Warcraft est allé trop loin dans la magie blanche, et par conséquent il ne vaut pas mieux que la magie noire. Et il est d’ailleurs consumé par elle, parce qu’il nie sa propre nature soumise en voulant s’affranchir des lois de l’univers soumis à l’entropie. Il cherche trop l’absolu, alors qu’en tant qu’être vivant il est dans l’équilibre soumis. Renoncer à la soumission, c’est renoncer à la vie elle-même telle qu’on la connaît.
C’est l’idée que la voie de la puissance et de la force n’est jamais la solution. Le gardien l’utilise trop, parce qu’il est seul et égoïste. La force n’amène que la destruction, car la vie ne peut être créée dans l’affranchissement de l’entropie, elle y est soumise. Donc par le noir ou par le blanc, la magie détruit et celui qui est blanc en absolu… rejoint le noir. Une solution serait de renoncer au pouvoir, de retrouver le goût des autres, de l’amour, de l’humour, d’arrêter de vouloir être puissant seul. Mais comment faire ? Quand on n’a pas l’autre dans le sang depuis le début, quand on se sent étranger à la vie ? Qu’on refuse de se soumettre à l’entropie un minimum, qu’on cherche l’absolue liberté individuelle ? L’autre solution c’est avoir le courage d’abandonner sa vie humaine, de se retirer du monde pour s’accomplir dans l’absolu. Comme le proposent les sagesses asiatiques. Le gardien est lâche et égoïste. Il veut la vie sans son prix, la soumission. Du coup il sert le mal car il amène l’absolu dans la vie, ce qui la détruit.
Je me demande où j’en suis personnellement. Suis-je capable de ne pas basculer dans le mal ? Ne devrai-je pas chercher la libération absolue en me retirant ? Quelque chose en moi est dangereux. Je sens cet absolu. Je devrais abandonner le monde pour l’énergie entropique (même si ma méthode consiste à me confronter et à honorer l’énergie physique, en poussant à l’extrême et en restant dans l’individualité responsable j’atteindrai l’absolu = énergie entropique cf yoga)… Renoncer complètement. Et sinon je dois arrêter ma quête d’absolu et me contenter des autres comme ils sont et de moi comme je suis. J’ai suffisamment de puissance désormais… plus me fera plonger.
MAIS si le monde avait besoin de cette puissance entropique pour détruire la magie noire ? Ne pourrait-on pas anihiler les deux magies pour gagner au moins du temps ? Après tout, il va bien falloir que quelqu’un tue Gal’Dan ! Le mage noir. Comment faire sans force entropique ? Je dois pousser plus loin et rester dans le monde. Il le faut. L’extrêmité de la situation l’exige. Mais la mage dit que la solution est dans les amis………… on ne traiterait donc pas le mal par le mal. Même message dans sda.
La magie en surabondance, extrême en quantité, doit être détruite. Surtout pas utilisée, surtout pas stockée. Car la force n’amène que la destruction et donc même la magie blanche devient noire. On ne sait jamais quel est le dernier moment d’une histoire. C’est souvent dans les instants les plus sombres que les hommes deviennent capables du meilleur. Donc ne pas empêcher les hommes de se réaliser en héros en usant d’une force contre nature. Exemple de la fin de Warcraft où les sacrifices humaines permettent la paix. Le bon mage détruit la source absolue de pouvoir, il ne l’utilise pas. Il s’en débarrasse. Sa magie est faible, mais il compense son peu de puissance par l’intelligence et l’aide de ses amis. Cf téléportation du golem.
Je suis personnellement sur la lame du rasoir. J’ai la tendance de Mehdiv à la solitude et à l’égoïsme. Le goût de la puissance exclusive. Depuis ma jeunesse. Je dois être prudent. Je porte trop mes projets seul. La vérité est dans l’union avec les gens. C’est les autres qui me donnent la force d’agir bien. J’ai besoin de soutien, d’encouragement, mais personne ne me suit. Je reste terriblement seul. C’est épuisant.
Arrêter de chercher l’effusion, la puissance, l’explosion. Il faut viser plutôt la calme et heureuse monotonie.
30/12/16
Message famille pour leur départ :
Je n’aurais peut-être pas internet à l’hôpital mais je ne compte pas y rester longtemps de toute manière ! Je dois terminer ma première partie de recherche vite fait bien fait et filer dans le Wudang. Je vous donne des nouvelles dès que je peux. Je vais pouvoir raccourcir ma demande d’extension à une seule journée en la faisant à Leshan, là où il y a le grand Buddha. Ca me donnera l’occasion d’y aller et de compléter « notre » parcours car vous n’y êtes pas allé finalement. Si tout va bien, je serai en fin de semaine prochaine maximum dans mon école. Je croise les doigts. Ca dépend aussi du diagnostic.
Vous n’imaginez pas comme je suis heureux de vous avoir vu et senti pendant cette semaine (et triste de vous quitter). Certes, je m’en veux terriblement d’avoir été malade, ça a donné une teinte particulière au séjour… Je n’avais pas mon énergie habituelle et c’était juste horrible de devoir attendre seul à l’hôtel sachant que vous étiez là et restiez si peu de temps. Tout est passé très vite, presque comme dans un rêve. Mais on ne peut pas tout prévoir. Je pense que ce Noël 2016 sera dans tous les cas mémorable, et pas seulement à cause du camembert offert aux chinois ! J’ai adoré ce qu’on a pu faire ensemble, le peu qu’on a pu faire, et notamment certains moments à l’hôtel, ou au restaurant Redbeard.
Ca m’a fait un plaisir fou de revoir mes fréros et Lola, bien sûr. Ils m’apprennent à être plus raisonnable et indulgent avec moi-même par leur joie de vivre simple et sans trop de « privations écologiques ». Ca m’a remis les pendules à l’heure. Papa et Maman vous aviez l’air en pleine forme, bien désolé encore de vous avoir causé du souci avec cette maladie mais heureusement que vous étiez là pour m’aider ! Qu’aurai-je fait sans Maman pour me remplir ma bouteille d’eau ? Mine de rien je suis aussi très content d’avoir pu discuter des mes études, un sujet qui me préoccupe et ça m’a fait du bien d’en parler avec vous. Je pense faire un choix raisonnable ! Je mesure à quel point j’ai aussi besoin de soutien et de cadre pour mes projets. Paradoxalement ce voyage me permet de plus estimer l’importance des autres.
Vous allez retrouver votre petite vie neuvillonne, compiégnoise, angelaise et amienoise. De mon côté je me sens reprendre des forces. Je vais terminer rapidement comme je disais la première partie de ma recherche, pour pouvoir me tourner vers le Taï-Chi, un art probablement passionnant qui complètera bien tous mes rituels et idées ! Les rituels sont peu utiles lorsqu’on vit une semaine de folie avec sa famille adorée à Chengdu, mais que l’on soit seul ou en groupe, quand la vie quotidienne reprend son train normal, ils deviennent super important.
Voilà mon ambulance ! Elle est très belle. Ahah. C’est tellement ridicule. J’ai essayé de prendre une photo mais j’ai du remettre de travers mon appareil… bon j’arrête je ne veux pas le faire attendre, à très vite,
Bon voyage !
Léo.
J’écrirai plus sur ce séjour de ma famille avec moi. L’hôtel fut formidable, adorable. Ils ont arrangé de nombreuses sorties. Le souvenir de cette soirée au Redbeard burger ! Et le soir de noël avec le camembert et les chocolats. Et les jeux comme la pomme qu’on presque gagnés Simon et Lola. Mérite le détour.
J’écrirai plus sur ma maladie. Mais je peux déjà dire que ça fut quelques jours très riches en apprentissages. J’ai réalisé à quel point j’étais vulnérable. L’importance d’être plus raisonnable. Tolérant avec moi-même. Il faut aussi que j’écrive sur la Chine et notamment l’influence de l’architecture sans histoire de la ville sur le côté froid et sans âme. Pas la 3D comme en Europe, l’histoire semble figée dans le présent. Donne quelque chose de déraciné.
Concernant la journée je me suis cassé le nez à l’hôpital, problèmes d’assurance. Je dois y retourner demain. Je vais essayer aussi d’avancer ma recherche. Faire un premier jet de dernière partie avant de peaufiner. Je dois enfin répondre à mes mails. Donner des nouvelles aux amis. Mais priorité recherche et santé.
31/12/16
Dernier jour de 2016. Seigneur. Une grande nostalgie, tristesse. Ma famille est partie. Me voilà de nouveau livré à moi-même dans ce pays immense. Avec mes petites idées, mes petits projets, dans ce monde infernal où chaque être est une poussière. Je mesure toute la petitesse de mon être.
J’ai réservé une chambre à lazybones, pour rien. Car je vais à l’hôpital pour terminer mon diagnostique. Car je fus gravement malade pendant que mes parents étaient là. Ca n’est pas tombé bien, car je n’ai pu faire ce que je voulais avec eux. En profiter autant que j’aurais voulu. Un mauvais coup du sort. Maintenant ils me manquent terriblement.
Donc départ prévu pour l’hôpital, après un long combat avec l’assurance. J’ai eu le temps d’avancer quand même ma recherche, dont je dois vraiment boucler la première partie rapidement pour ouvrir sur le Taï-Chi. J’ai peur que ça ne convienne pas, je ne suis pas très satisfait de ce que je fais. Mais je verrai bien.
Arrivée à l’hôpital où je passerai le nouvel an… Chambre vétuste mais correcte. Appel de mes parents. Fais du bien. Je dois trouver une carte sim avec internet. Pour cela il faudrait que j’appelle lazybones et leur demande s’ils peuvent me mettre internet. Cela me permettra de répondre à des mails, donner des nouvelles et surtout référencer ma recherche.
En m’endormant, souvenirs des nuits passées chez mamie et grand-mère. L’ambiance particulière qui y régnait, rassurante et angoissante à la fois, quelque chose de décalé, d’ancien et de bienveillant. L’isolement du moulin, sans parler de la grande maison d’Eloges. Les assiettes en terre cuite de grand-mère, la télé le soir, les petits livres d’histoire (Sylvin et Sylvette…), les golden grams le matin… Chez mamie la bouillie, le potage délicieux, chauffer le lit, les coups sur le mur quand on parlait trop, la fraicheur du matin, le petit déj avec le pain troué… des instants de grand bonheur, qu’on ne mesure pas sur le coup, bien évidemment.

Journal de bord n°7 Novembre

01/11/16
Rishikesh est un lieu magique, ma première impression est très belle. La magie naît du mélange entre l’Inde moderne, sa concentration de gens, son activité, ses bruits et ses odeurs et le calme d’un lieu de nature et de retraite, qui surplombe la ville active et le gange, pur parce que tout juste sorti de sa source montagneuse. La chambre d’hôte dans laquelle je suis est géniale, la famille qui la tient vie dans une pièce juste à côté de ma chambre, au rez de chaussée.
Présence apaisante des occidentaux, tourisme tranquille, respectueux, spirituel. Chacun cherche sa voie.
Le matin est beau, il fait presque froid ! Les rayons du soleil filtrent à travers la veranda ouverte, où le labrador de la famille mâchouille son morceau de bois. Un vent souffle. L’air est si pur, quelle différence avec Delhi ! On le sent vraiment. Même sentiment que quand je rentre à Neufvy le weekend après la semaine à Paris. Je mange dans un petit restaurant nepalî, qui cuisine un peu de toutes les cultures. Hier soir, omelette et riz, ce matin porridge de banane et pancake.
Objectif des quatre jours à venir : terminer partie bouddhiste de la recherche pour enfin m’ouvrir au yoga.
Rencontre magique
un homme, plutôt âgé. Irlandais. Il a une barbe blanche, il me fait penser à Gandalf.
On a commencé à parler du monde, de l’écologie… Il m’explique que c’est terrifiant. De voir l’Inde se développer ainsi, la pollution… Il y a de quoi être inquiet. Il ne fait pas bon vivre actuellement…
Puis il me dit qu’il a vécu 12 ans au Japon à étudier les arts martiaux et le bouddhisme zen. On a parlé de ce pays, de cette culture. Quelle connaissance formidable.
D’abord, le vide dans le bouddhisme zen. Ne pas penser. Ne pas poser de question. Un maître japonais de répondra qu’à une question par mois. Et si on continue à en poser après un an, il nous renverra. En vérité, il ne s’agit pas d’arrêter de penser, mais d’arrêter de penser à tout et n’importe quoi pour se connecter définitivement au hara. Ou Chi. Ou, dans mon cas, à la puissance qui est bien plus ancrée dans la réalité. Il s’agit de focaliser sa pensée sur la raison d’être de notre existence et de ne jamais s’en détacher. Ainsi, pendant 12 ans, cet homme a appris un instrument de musique traditionnel en bambou. Bien sûr qu’il a raisonné, qu’il n’a cessé de réfléchir, surtout au début. C’était nécessaire par acquérir la juste compréhension de la chose. Pour comprendre comment le réel fonctionnait. Analyser est essentiel. Mais cela doit conduire à la connaissance du centre, de la puissance car c’est la nature qui explique tout. Quand on y est connecté, TOUT DEVIENT NATUREL car on est connecté avec la nature elle-même. D’où l’importance de bien comprendre ce qu’est le centre. Rationnellement. Et de bien le choisir.
Commun à toute l’Asie : ne pas savoir. Désapprendre tout. En fait, il ne s’agit surtout pas d’arrêter de penser, mais d’arrêter de penser de manière floue, déconnectée, partielle pour  focaliser la pensée et la sensation sur la source de l’unification. Saisir l’essentiel qui explique tout et qui libère de toute contradiction. Implique de ne pas poser de question. De répondre soi même aux questions pour apprendre à observer et à comprendre par soi même. Affuter son regard.
On réduit trop souvent le vide à un arrêt de la pensée. Alors que dans un premier temps, il s’agit au contraire d’une pensée très active. Image de l’entonnoir : avant de passer à travers le trou, il faut bouger de manière ample. Ainsi est la pensée pendant longtemps et c’est parce qu’elle réussi à peu à peu unifier autour d’un principe unique, fondamental, qu’elle peut se stabiliser et entrer dans le vide. La vipashyana est la technique qui permet d’orienter notre pensée vers la découverte du vide. A de nombreux moments, on pense l’avoir trouvé, puis on doit nuancer, modifier. Un jour, on y est pour de bon.
L’enseignement moderne est trop tombé du côté occidental. Réduction du vide à un arrêt de la pensée et on balance des tonnes de concepts de bonne conduite ce qui est complètement paradoxal. On ne laisse plus le temps aux élèves de penser par eux-mêmes, on balance les concepts. On ne leur laisse plus construire leur propre mythologie. On répond à leurs questions. Problème de la méthode intégratrice, nous l’avons vu, ça ne cesse de créer de la division. Pourtant je valorise le fait de créer cette division pour peu à peu unifier. L’enjeu serait en fait de chercher directement à atteindre le vide. Sans division. Et ajuster ensuite. Croyance que les concepts et les méthodes suffisent, alors qu’ils doivent souligner l’absence d’unité et nous encourager à définir cette dernière. Le but est de connaître naturellement le juste comportement en étant connecté à une substance unique. Ne plus penser par division. Les divisions sont simplement là pour accentuer l’illusion et le besoin d’unité. Trop souvent, l’enseignement moderne du bouddhisme en fait une fin, car c’est facile. Ne pas oublier la finalité véritable : l’unité, pas la division. Mais pour avoir la bonne définition de l’unité, il faut savoir l’intégrer à l’illusion.
L’homme dont je ne connais même pas le nom a du pendant un an apprendre à s’asseoir à genoux, rien de plus. De même quand on commence l’aïkido, on apprend à tomber et à se relever pendant six mois. Puis à combattre à genou. L’idée est qu’il faut commencer par se connecter à son centre, la puissance ou ici le hara. Aussi longtemps qu’on n’a pas réussi à s’y connecter, rationnellement et psychologiquement, inutile de faire quoique ce soit.
Exemple des gens dans le train très serré. Les japonais savaient se maintenir debout sans bouger dans les secousses et gener leurs voisins. L’homme pas. Les japonais se disaient : « quel idiot qui ne sait même pas tenir debout ». Voilà l’idée : commencer par apprendre à être au plus simple. 12 ans à apprendre comment faire du thé. Car le centre, la puissance, le hara ou ce qu’on veut, l’état unifié qui guide tout et donne son sens à tout, rationnellement et psychologiquement, réside dans le plus simple. Ensuite, on peut commencer ce qui est compliqué.
Les maîtres guident sur le chemin mais ils n’enseignent pas. Ils ne répondent à aucune question et un posent très rarement. Car toutes les réponses doivent venir de nous-mêmes. C’est le seul moyen de nous connecter à la vraie puissance, l’unification en substance doit venir de nous. Les concepts qui divisent, isolent, sont bons au début, mais à nous d’unifier.
L’estime de soit vient en Asie de la capacité à ne pas entrer dans la division, à ne pas perdre la connection au centre. Même chose chez les chrétiens cependant.
Exemple de l’homme asi à côté de lui au restaurant japonais et du serveur qui s’est fait rincer pendant 10 minutes en s’inclinant : il était très fier de lui, il ne s’est pas abaissé à la colère de l’homme. Il a entendu la critique, pris acte, été désolé, sans jamais perdre sa fierté car rien ne mérite qu’on se déconnecte de la puissance.
Sur les questions de l’humilité, il ne s’agit donc pas de se détruire l’ego, mais d’acquérir une vraie fierté, celle de la connexion au centre de l’unité parfaite. Etre humble, c’est se soumettre à la puissance et ne pas lui faire défaut.
« Le samouraï est la personne la plus fière qui soit » « Apprendre c’est désapprendre » (car la finalité n’est pas une somme de connaissance mais une connaissance unique) « si tu fais une erreur, la japonais s’excusera pour toi ». Citation de l’homme.
Bon après midi de travail. Mangé un Chowmein pour le dîner et un « butter roti ». Je fus pris de la fièvre réflexive alors que j’étais au restaurant, rien pour écrire. Obligé d’associer une idée à chacun de mes doigts jusqu’à 4 pour me souvenir. Je cherchais une méthode de résolution du conflit d’attention avantageuse face au bouddhisme. Toujours des moments très agréables, de pure réflexion. Stimulant car il ne faut pas oublier. Méthode efficace de raisonnement. A développer.
02/11/16
Bonne journée de recherche. Frustré de la vitesse à laquelle ça avance. Très lent. Je vais rester dans ce cadre jusqu’à dimanche. Pour au moins avoir bien commencer visualisation avant l’ashram. J’aimerais avoir presque terminé. Pour m’ouvrir ensuite pleinement au yoga.
L’ashram où je voulais aller est complet. Mais il y en a beaucoup d’autres, je vais trouver facilement.
Au crépuscule, visite à Bob, l’irlandais. Il m’a montré sa flute japonaise et à jouer des morceaux dédiés au crépuscule. Très beau. Les partitions écrites en japonais…
J’ai pu admirer plus le paysage, les montagnes… impatient de descendre au bord du fleuve ! Quelle chance d’être ici… parfois difficile à mesurer.
La famille qui tient le petit hôtel chambre d’hôtes où je suis a un chien, Toby, de 6 mois. Adorable. Plaisir aussi de regarder les vaches prendre le soleil le matin dans le jardin du restaurant népali où je mange régulièrement.
03/11/16
Bien avancer ma recherche. Bientôt terminé de présenter ma méthode. Impatient de commencer partie sur la méditation de visualisation et la PNL. Il me faudra ensuite attaquer le yoga et la philosophie indienne… tout un programme. C’est intellectuellement aussi stimulant que fatiguant de devoir apprendre autant en si peu de temps.
A nouveau bien discuté avec mon ami Bob, l’irlandais. Il adore les anecdotes. C’est un grand voyageur et pense qu’il y a un art de voyager. Il a un vrai art de vivre en général. Capable de raconter des tonnes des choses, d’histoires. Il ferait un grand père parfait ! Je pense qu’il peut passer une nuit entière à raconter ses aventures, incroyable capacité à voir le merveilleux dans le quotidien. Parlé du Japon. Il m’a raconté que le système de train est excellent, très ponctuel. Il a un jour vu quelqu’un courir pour avoir le train, les portes se sont fermées juste devant lui. Alors il a joint ses mains et s’est incliné. L’occidental aurait gueulé. L’idée ici est de s’excuser devant le train. Lui est parfait, ponctuel, c’est moi qui suis désolé d’être en retard, de rompre cette perfection et de gaspiller du temps et de l’énergie. Tout est comme cela. Il m’a expliqué à quel point chaque expression du visage raconte sur les émotions de japonais, très sensibles, qui dissimulent au maximum leurs sentiments, mais qu’on peut déceler à travers un minuscule plissement de lèvres…
04/11/16
Quelle journée, ou plutôt devrais-je dire quelle soirée ! La journée fut plutôt classique. J’ai perdu du temps ce matin (après avoir avancé mon réveil trois fois, je dors 10 heures par nuit c’est terrible), enfin perdu non, nous sommes allés avec Bob mangé dans un café situé au dessus de l’endroit où je suis en ce moment. Failli être attaqué par un singe. Vue une indienne magnifique sur le chemin. Belle balade. Vu du paysage. Quelques ashrams potentiellement intéressants.
Puis recherche. Déjeuner à 14h, une bonne pizza comme on les aime. Rencontré un jeune français Henri, de Nantes et un canadien. Discuté un peu, plaisir de voir un français ! Ils partaient faire un tour en moto.
Recherche l’après-midi puis dîner. Là rencontrais avec Bob un homme dont on ne connaît pas l’origine. Il s’appelle Amitin. Vie incroyable. Marié 5 ans à une japonaise, puis à une française, puis une russe. Aujourd’hui seul à nouveau, visiblement. Il est un disciple d’Osho, guru devenu fou mais ayant développé une tradition qui a eu et a toujours un succès incroyable. Une personne d’un charisme immense. On a parlé des rumeurs à son sujet, de son empoisonnement… Amitin était souvent dans l’Oregon, avec son père, dès l’âge de 13 ans. Il a rencontré Osho et était là quand il a vécu ses derniers jours. Il a parlé de la méditation dynamique, qu’il pratique ici car il y a un ashram osho à Rishikesh. Je pense que je vais essayer de trouver un ashram pas trop strict pour développer ma propre routine d’ashram quotidienne, quitte à aller faire ces méditations dynamiques là-bas. Peu être très intéressant.
J’ai alors tissé un lien entre les japonais et la méditation dynamique, très extravertie. Amitin m’explique qu’ils ont un programme spécial pour les japonais, qui ne peuvent supporter cette méditation dynamique, ils sont trop timides ! De là, on est parti sur le japon. Amitin a expliqué qu’il a du attendre un mois avant de pouvoir parlé à sa future femme. Elle refusait tout contact visuel. Puis le père de la fille a refusé de lui parler pendant trois semaines. Ils mangeaient à la même table, mais pas un mot, ni une expression. Un jour, miracle, il a parlé. Mais surtout, il a commencé à manifester des émotions avec son visage, mais très finement. Exactement comme me racontait Bob, une plissure de lèvre… Incroyable de voir à quel point les japonais semblent, d’après ces deux témoignages, introvertis.
Le mari et la femme ont toujours des rôles très définis, mais pas nécessairement hiérarchisés. La femme contrôle la maison et l’argent. Le mari est un robot qui ne fait que travailler et manger ce que sa femme lui a préparé. Cette définition des rôles permet de ne pas créer de conflit car la femme et e mari ne croisent jamais leurs occupations. Très particulier, classique dans un sens. Amitin explique l’immense loyauté des femmes, leur force. L’humilité japonaise et l’infériorité manifeste est une apparence. En fait, les japonais sont timides, humbles et soumis de manière à mieux protéger leur force intérieure. A ne pas briser leur harmonie face à un élément perturbateur. Ils sont prudents car jamais l’harmonie ne doit se rompre. C’est la pire chose pour un japonais, comme me disait Bob. Il n’y a pas d’insulte en japonais, on chercher toujours à s’élever.
Tout est construit socialement et individuellement pour maintenir une harmonie. Amitin explique que les bouddhistes et les hindous conçoivent le monde extérieur comme une illusion, la vérité est dans une autre dimension. Ainsi, le monde matériel ne compte pas, ils s’en moquent = saleté, bâtiments délabrés etc… C’est tout le contraire au Japon. Le monde extérieur est là où s’écoule l’harmonie, le flux de l’univers. Très proche de ma théorie. L’univers matériel est donc véritable et le maintenir en ordre, faire que chaque chose soit à sa place, remarquée pour sa perfection, permet de préserver l’harmonie de ce flux. Dans la maison, rien n’est laissé au hasard. Traditionnellement, cette harmonie vient des villages samouraï, où l’ordre était primordial. La moindre faute dans l’harmonie et on était jeté dehors, impossible alors de retrouver un village. Cela crée des ermites et des personnalités excentriques sur lesquelles j’ai un livre.
On retrouve l’harmonie jusque dans les saisons, célébrées par des fêtes très précises. Le climat est un symbole d’harmonie, au moins pour le moment. Bob m’a parlé de la fête des cerisiers en fleur, à laquelle j’assisterai ! La fleur de cerisier est symbole de pureté et de fragilité. Ce que cherchent à protéger les japonais. Encore une fois très lié à ma recherche. La fleur vit au maximum deux semaines, mais la moindre pluie ou tempête et elle disparaît avant. En fait, cette fleur de cerisier est un symbole samouraï, dont la vie ne tient qu’à un fil, ils peuvent mourir du jour au lendemain. Conscience de la valeur éphémère de l’existence.
Le cadre très rigide d’harmonie dans lequel les japonais se placent crée des contre effets paradoxaux. Quand ils sont contraints de sortir de leur cadre, ils n’ont plus aucun repère, ce qui crée des comportements complètement excentriques. D’une manière générale, la modernité leur fait perdre leurs repères, mais leur culture reste très puissante. Ainsi, les traditions de mariage, de relation homme/femme, de caractères introvertis sont toujours très présents. Je fais bien évidemment des énormes raccourcis et stéréotypes, mais cela traduit un fond de vérité certaine. Rien n’est de moi, il s’agit de témoignages de Bob et d’Amitin, qui ont tous les deux vécus plusieurs années au Japon.
Exemple du système mnémotechnique que j’ai utilisé pendant le dîner pour me souvenir de tout ça. A chaque mot clé un doigt associé :
Osho
Special training
Père
Mari femme
Harmonie
Village saisons
Funny
05/11/16
Terminé, enfin, la partie B de ma deuxième grande partie. Evénement. C’était énorme comme travail, car je posais toutes les bases théoriques fondamentales de la recherche. Je peux commencer la partie sur la méditation de visualisation, qui sera plus courte.
Dîner avec Bob, on a encore bien parlé du Japon. Il s’est formé pendant quatre ans à la sculpture de masques pour le théâtre noh, art traditionnel. Cela lui permet de continuer à sculpter sur bois aujourd’hui, notamment des buddhas. Quand il était au Japon, il n’avait pas à travailler car un ami japonais riche lui payait tout ! Il semble très habile pour nouer des relations. Ce qui est essentiel en voyage. On a parlé des sumos, il m’a expliqué que des gens mourraient de travail là bas, souvent dans le train pour se rendre à leur entreprise, on les trouvait mort d’épuisement sur leur siège. Folie notable de ce pays. Tout est parfait là bas, même dans les villes. Pas de crime. Même les sdf ont des petites boites portatives où ils dorment et vivent de manière très propre et ordonnée.
Bob m’a raconté l’histoire du vieux paysan chinois, qui illustre parfaitement le principe d’impermanence et de renonciation bouddhiste : un vieux paysan a un cheval et un fils. Un jour, le cheval disparaît. Les villageois viennent et disent au paysan qu’il n’a pas de chance. Mais le paysan répond le contraire, il est très chanceux. Les villageois le prennent pour un fou. Quelques jours plus tard le cheval revient avec un autre cheval. Alors les villageois arrivent et disent au paysan qu’il a beaucoup de chance. Le paysan répond que non, c’est une grande malchance. Alors son fils commence à entraîner un cheval et chute, en se cassant la jambe. Les villageois disent que le paysan est malchanceux, personne pour s’occuper de la ferme. Il répond que non, il a beaucoup de chance. Quelques semaines plus tard, la guerre arrive et tous les jeunes du village sont réquisitionnés, sauf le fils du paysan à la jambe cassée…
En soirée, la maman de la dame qui tient les chambres d’hôte a frappé à ma porte. Il m’apportait une serviette à mettre sous ma porte pour éviter les nombreux courants d’air. Adorable. Elle m’a dit en me donnant une petite tape sur la joue qu’elle est la mama, et que je dois venir la voir si j’ai le moindre problème, qu’elle s’occupe de moi et que je dois être heureux. Bonté.
07/11/16
Journée à nouveau vécue comme une grande aventure ! C’est incroyable comme chaque réserve son lot de surprises, de récompenses et de défis. Je suis descendu, enfin, de la colline où je réside pour trouver un ashram dans la ville de Rishikesh (Uttarakhand pour être exact). Cette ballade fut une épreuve car j’ai constaté à quel point ce lieu est, au-delà de la beauté de ses paysages, une usine à Yoga. Il y a des coins plus purs, comme celui où je réside, mais le centre est une fourmilière de business tous plus intéressés les uns que les autres, hors de prix. Je n’ai donc pas trouvé chaussure à mon pied. Après un rapide repas (les Aloo Parantha sont délicieux), j’ai donc décidé de rebrousser chemin.
Il se trouve qu’hier, j’ai parlé sous les conseils d’une dame de mon hôtel, à une professeur de yoga Iyengar originaire des pays-bas. Il m’a dit qu’elle restait ici un mois pour pratiquer dans un ashram du même nom. Ce style de yoga est particulier, car il utilise parfois des objets dans les postures, afin de permettre à des personnes handicapées de les pratiquer, ou simplement à un débutant de mieux sentir l’effet recherché. Le fondateur de la méthode est quelqu’un d’admirable. Son travail témoigne par ailleurs d’une connaissance très profondes des postures, car avant de savoir comment les détourner avec un objet, il faut savoir ce qu’elles produisent naturellement. Ce yoga est particulièrement scientifique, très rigoureux. Les professeurs reçoivent une formation de trois ans minimum. J’ai donc décidé d’aller prendre mes cours dans cet ashram Iyengar, qui est en plus très peu cher. Tally, la professeur avec qui je suis en contact, est là pour répondre à mes questions et m’initier à la pratique. Que du luxe ! J’aurais du me rendre compte bien avant que c’était la meilleure option. J’ai besoin de cette rigueur physiologique, car ma partie de recherche sur le yoga est avant tout une prise de conscience des phénomènes physiques de mon organisme.
07/11/16
Bob… il va bientôt partir. Quel plaisir ce fut de parler avec lui pendant ces longs et paisibles repas dans le restaurant népali, alors que le vent soufflait dehors dans les montagnes. Je voyageais dans le monde entier, et surtout au Japon. Sa sagesse de l’immédiateté, de l’humain, du sentiment. Pas de grandes théories, pas de travail acharné de conceptualisation. Des expériences, par centaines, accumulées à travers une vie entière de voyage. Il a parcouru le monde entier. Une vie, un choix. Il m’a donné quelques unes de ces musiques et son livre sur les crimes au Japon, illustrant toute sa personne. Je le porte dans mon cœur. Il faut imaginer, quelqu’un qui aura toujours une histoire à raconter, sur une personne étrange rencontrée au détour d’une ruelle, d’un ancien responsable nazi (le boucher de Lyon) réfugié dans un village bolivien à l’addicte du jardin fumeuse et randonneuse dans l’Himalaya en passant par l’allemand de l’hospice de mère Thérésa (lequel je dois nourrir ? No pas celui là il est mort !) ou le « clever simon » qui a fini alcoolique et sdf en France, ou encore l’éclopé avec qui il a fait la course à Rishikesh ou encore les riches japonais qui lui payaient des soirées haut de gamme. Savoir donner de la valeur à ces moments de vie. Savoir aimer la vie, qu’il considère être un voyage de 0 à 0, avec rien de particulier entre les deux. L’important est de rendre chaque instant intéressant. Une belle personne.
Première classe de yoga, c’est formidable ! Professeur d’une grande rigueur, tradition très sérieuse. Je suis content.
Skype avec la famille… quelle joie ! D’abord papa, des nouvelles de colibris qui se maintient autant que possible, ils ont mangé des châtaignes sur le feu et fêté halloween avec pleins d’enfants. Un gars du village est venu, il a joué de l’accordéon. C’est génial. L’hiver est là à Neufvy.
Puis maman et titouan sont rentrés. Plaisir de les voir. On a aussi fait le tour des animaux ! Mazurek est adorable, Esquive aussi. Mina, Crapule… les bébés. Titouan m’a montré son couteau, qu’il a acheté il y a peu. Il m’a parlé du lycée, où il se plaît plutôt bien même s’il faut s’adapter. Il m’a joué un morceau de flûte, j’ai pu mesurer sa progression, c’était très beau ! Un instant magique où j’écoutais mon frère jouer de la flûte depuis l’Inde, en même temps je voyais le salon de la maison éclairé par une chaude lumière, le chien couché à se pieds… Ca fait du bien ! Il manquait seulement Simon.
08/11/16
Réservé billet d’avion pour la Chine !
Cours de yoga 2, je sens déjà que c’est plus facile, je commence déjà à m’adapter ! Positif.
Soirée incroyable. Je dîner avec Bob sous la petite veranda du restaurant habituel, quand un couple de français, la cinquantaine, est arrivé. Je commence à discuter. Ils me disent être de Paris. J’explique que j’étudie à Paris mais que je viens de l’Oise, là ils réagissent, je demande s’ils sont originaires de l’Oise, et ils me disent qu’ils y ont vécu ! Il y a de ça 30 ans… Je leur demande où et là, ils me disent, ça a sonné comme un miracle, où un rêve enfin quelque chose qui ne pouvait pas être ici, à Rishikesh, à l’autre bout du monde en Inde dans ce café népali : on habitait à Gournay sur Aronde ! Je leur dis que je suis de Neufvy sur Aronde et on commence à discuter. Ils habitaient le château. Ils se souviennent des cressonnières qu’il n’y a plus malheureusement. Et m’ont dit avoir eu affaire à la famille d’Arrentières pour une histoire de pollution de l’Aronde avec des huiles de vidange ! La famille Destinée du château de Gournay n’avait pas relevé, étant en bons termes avec nous, mais le gars qui était là, Leforestier, a averti la police. Résultat : amende. Il paraît que les d’Arrentières étaient pas content du tout et qu’ils voulaient « lui casser la gueule » ! Impatient d’en demander plus à Mamie. C’est fou de parler de quelque chose d’aussi proche en étant aussi loin. Hallucinant.
09/11/16
Départ de Bob ce matin… quelle rencontre incroyable, quel monsieur. Il m’a un peu parlé de lui, après que je lui ai demandé, en m’expliquant qu’il garde du Japon cette habitude de ne pas parler de soi. Il y a 70 ans, bien qu’il fasse moins. Il a deux frères, l’un est un paysan analphabète, l’autre un cadre d’entreprise. Des parcours complètement opposés. Ils sont parti de rien, famille je pense pauvre au départ. Il m’explique que la situation de l’Irlande après la guerre était compliquée, du fait de la récente indépendance. Bob a eu plusieurs compagnes, dont une japonaise avec qui il est resté plusieurs années, mais refus de se marier, de se poser d’une manière générale. Il me dit que la liberté est son combat quotidien, il ne veut pas d’attaches. Il a vécu son adolescence pendant les années 60, apparition du mouvement hippies et tout ce qui va avec. Il me dit que c’était une époque où tout était facile. Mais il ne cherche pas la facilité. Il dit que les pays comme l’Irlande, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, les îles en général, sont trop faciles à vivre, car petits paradis isolés. L’Asie est un challenge. Il en résulte que les gens se plaignent beaucoup moins. La densité de population oblige chacun à se battre pour manger, et permet de relativiser ce qu’est l’essentiel face au superflu. Quand il rentre et qu’il écoute les problèmes quotidiens de ses voisins au chômage, il mesure la différence.
Dernière sagesse sur le Japon : il n’y a pas de vérité ou de mensonge dans cette culture. Jamais de noir ou de blanc. De oui ou de non. La vérité est flexible. Cela évite de créer des décisions fermées, qui bloquent toute possibilité d’adaptation au contexte. On laisse toujours une porte ouverte. Ainsi, si je pense que quelque chose est noir et que ça ne l’est pas, mon voisin ne me dira pas que j’ai tort. Il m’aidera sans me donner la réponse, lié à l’enseignement aussi. L’enjeu est de ne pas briser la paix harmonieuse, de ne pas créer de ruptures en tranchant les décisions, de trouver le compromis à chaque fois.
Suite à ça après le petit déjeuner Bob est parti, son petit sac à dos sur les épaules et sa casquette sur la tête. Pour d’autres voyages et d’autres aventures.
Mon aventure à moi continue ici. Le cours de Yoga est magique. La prof est incroyable. La quantité de détails sur la position exacte à adopter dans les postures est énorme. Je sens déjà des progrès, j’ai pas le choix, les positions sont poussées très loin. C’est fatiguant, rien à voir avec l’enseignement mou de l’occident.
10/11/16
Journée tranquille. Bien avancé dans mon travail. Manque de sérénité cependant, toujours du stress que je ressens au niveau de mon estomac.
Reçu le commentaire de Vianney sur mon travail, incroyable. Un ami unique, il a tout relu, corrigé, commenté… je lui suis infiniment reconnaissant. Quand on est aidé comme ça par des grandes personnes, on se dit que tout est possible. L’union fait la force.
Cours de Yoga génial, j’ai encore ressenti des postures très particulières, la méthode d’enseignement est très puissante, d’une précision de haut niveau. La prof est stricte sans se prendre au sérieux, ce qui fait très bien passer la rigueur. « why are these girls talking ? » « Come here ! » « What are you doing ? It’s completely wrong ! ” “How do you say silence in Chinese ?” “why are you so lazy !? ”
111116
Rencontre d’un anglais super sympa, qui fait le cours de yoga avec moi et dors dans la même chambre d’hôte. Il a 26 ans et voyage depuis quelques années, alors qu’il avait été pris à Oxford. Il a décidé de se trouver et de ne pas tomber dans les cadres prédéfinis du système. Louable. Il me dit cependant qu’il souhaite finir par se poser.
Mangé pour le déjeuner un Tali préparé par la dame de la chambre d’hôte, simple et bon. Le temps change en ce moment, ça se refroidit, surtout la nuit et le matin. Mais même le soleil dans la journée se fait plus chaud.
Journée tranquille de recherche. J’ai bientôt terminé la partie sur le bouddhisme. Hâte de pouvoir commencer le Yoga !
12/11/16
Discuté avec Tally, la professeur de Yoga Iyengar de mon hôtel. Elle m’a demandé de lui expliquer comment je suis arrivé à mes réflexions actuelles… Très intéressant les gens qui posent ce type de question, car oblige à résumer ma pensée, ma démarche. Bon exercice. J’ai eu à le faire plusieurs fois, ça clarifie. J’ai répondu :
J’étais un très bon élève à l’école, je faisais grâce à mes parents beaucoup d’activité en dehors. Les professeurs avaient une place capitale dans ma croissance. Surtout que je suis l’aîné. J’avais ce désir d’accomplir parfaitement ce que le professeur demandait. De faire bien. Mais à côté de ça j’étais en forte opposition avec les professeurs qui n’arrivaient pas à valoriser suffisamment leur savoir.
Puis peu à peu j’ai commencé à prendre conscience des failles de ces professeurs. De leur incapacité à m’indiquer la tâche à exécuter pour résoudre tous mes problèmes. Ca n’est pas leur rôle, mais je le croyais naïvement. Alors que j’avais passé des années à apprendre par imitation, application d’un modèle académique le mieux possible, j’ai du commencer à apprendre par questionnement personnel, critique du modèle académique insuffisant. J’ai du devenir mon propre professeur, et construire ma propre méthode académique de réflexion. Je devais trouver moi-même la source du problème et la méthode pour le résoudre. Période difficile de remise en question pendant les deux premières années à sciences po. Puis 3A pour construire ma méthode et résoudre les problèmes, en autonomie.
L’apprentissage dans l’imitation d’une méthode, la recherche d’une perfection déductive, préconçue, d’un idéal type, est important pour acquérir les outils de réflexions fondamentaux. Bootstrap. Cependant, il arrive un stade où pour continuer à s’élever, il faut retourner nos armes contre nos propres rangs et commencer à tirer. Mesurer les insuffisances de nos méthodes, et l’impuissance des théories existantes à répondre de manière complète aux problèmes. Alors on réalise qu’il faut commencer à créer. A développer.
Dans l’enseignement occidental, on sent petit à petit, au lycée, les professeurs nous ouvrir à la réflexion personnelle. Mais ça reste très très léger, surtout en France. Le professeur asiatique enseigne également par imitation, mais de manière très différente, qui me semble être la clé. En fait, il n’enseigne pas. Il fait. Autrement dit, il pratique son art à la perfection. Et même si l’élève ne comprend pas tout ce qu’il fait et pourquoi, il sent rayonner en lui une grande énergie. Une grande sagesse. Et cela suffit à motiver l’élève à faire l’effort de comprendre l’art du professeur. Il n’y a par ailleurs que très peu de méthodologie directe. Autrement dit, l’Asie associe directement imitation et réflexion critique. Pour arriver à imiter le professeur, je dois réfléchir à ma pratique et comprendre ce qui ne va pas, ce qui manque, pourquoi… et essayer ainsi d’avancer. Le professeur ne répond à aucune question. Je dois trouver toutes les réponses moi-même. Développer un regard critique. Subtile. Le professeur est un exemple, une aspiration. Et je me souviens que je regrettais que nos professeurs occidentaux ne fassent pas plus la démonstration de leur art.
La méthode occidentale permet de gagner du temps, mais en même temps elle apporte des réponses toutes faites et ne permet pas à l’élève de s’approprier la démarche. En Asie, c’est : « voici ce que je veux que tu fasses, tu as vu ? Maintenant démerde toi pour y arriver. Et compte sur moi pour te dire quand ça n’ira pas. Tu ne comprends pas pourquoi je te fais compter des grains de riz ? Moi je ne comprends pas pourquoi tu veux savoir manier l’épée. On s’en tape de l’objet de l’étude. Ce qui compte c’est l’étude. Tu veux des compliments ? Tu n’as pas besoin de compliment, c’est pour toi que tu travailles. Tes résultats te suffisent. Et tu n’as pas besoin de notes. Tout ça c’est de la merde. A toi de juger ce que tu veux valoir dans la vie. A toi de développer l’amour du chemin, du progrès perpétuel, de la recherche perpétuelle, sans attendre une note et un résultat final ».
Là où l’Asie pourrait apprendre de l’occident, c’est à propos de la pluralité des réponses possibles. Autrement dit, il est possible de ne pas vouloir atteindre le résultat de son maître et de ne pas être motivé par ce résultat. La réflexion devient alors : qu’est-ce que j’ai de mieux à proposer ? Si j’arrive à répondre quelque chose et à être certain de cette réponse, c’est-à-dire à ne pas avoir jugé avant d’avoir pris le temps d’explorer jusqu’au bout ce que le professeur avait à offrir, alors je peux proposer autre chose. Pour y arriver, il faut juger le professeur trop peu rayonnant de sa pratique, estimer qu’on peut rayonner plus. J’ai eu des professeurs rayonnant qui ont révélé leur limite par rapport à mes attentes. J’ai aussi eu des professeurs très rayonnant dans leur enseignement, d’autres presque pas (et je n’ai pas manqué de leur faire comprendre). Il n’y a pas de pédagogie en jeu dans le rayonnement. Un enfant, et même un adulte, est automatiquement fasciné par quelqu’un qui maîtrise son art. Il le respecte naturellement, intuitivement, parce qu’il sent la force de la volonté qui guide la performance.
Beauté. Vie. L’entropie toujours là. Ajouter l’importance de profiter de tout instant de souffrance pour sentiment d’humilité. Développer l’humilité face à l’entropie. Le respect aussi. Respecter l’ennemi pour sa force. Supérieure.
Beauté de cette journée. Cours de yoga… Il semble que la prof me prend un peu en exemple. Il faut dire que j’en ai un peu plus dans les bras que ces chinoises qui ne comprennent pas un mot d’anglais ! Mais je suis méchant. En fait, certaines sont très jolies. Et gentilles. J’ai d’ailleurs le contact d’une qui habite… À Chengdu !! Et une autre qui est à une heure en train. C’est génial ces lieux touristiques. Le tourisme a ça de bon. Créer des liens entre les pays.
Hier j’ai regardé des vidéos de Trump. Quelle horreur. Comme je disais à mes amis, encore un peu et le monde crèvera sous la connerie avant de réchauffer le climat. Je le souhaite de tout cœur. Qu’on ait une chance de reconstruire quelque chose derrière.
Discuté avec la maman qui tient la chambre d’hôte, pendant qu’elle préparait sa pâte à chapatis. Je lui ai dit à quel point leur activité était belle, leur famille (grands parents et deux enfants) belle. Lieu très humain, qui reste petit et humain malgré le tourisme qui se développe. Je me sens à la maison. L’ambiance le soir, lumières tamisées, vent dehors, la famille qui parle dans la cuisine et leur salon, qui mangent. Le chien toby, tout jeune, qui met de la joie supplémentaire. Je prends mes déjeuners là bas. Délicieux tali.
Instant de pure beauté pour ce dîner. Tous ces jeunes népalais, toujours le sourire. Ils s’inclinent en apportant le plat. Je m’incline aussi. Je les vois par la fenêtre, dans la cuisine. Souriant, jouant. Ils vivent.
13/11/16
Il semble que les Allo Parantha soient une tradition de la famille le dimanche matin ! A faire à la maison, mais peut-être plutôt le midi ! Et un rituel de plus. La grand-mère vient de m’en offrir une.
Bien avancé sur ma recherche. Discuté le soir avec des français à propos de ma recherche. M’a permis de réaliser que la chose la plus importante à mentionner avec le début de toute discussion, c’est que j’obéis au principe du rasoir d’Ockham et que je veux prouver que nos problèmes peuvent être entièrement résolus sans faire appelle à une réalité métaphysique.
14/11/16
Engueulade avec les français qui défendent des idées radicales, très très à droite, en étant de la haute société, catho tradi. Insulte des gens de gauche, pensent que nous sommes en dictature à cause de la théorie du genre entre autre. Bref. J’ai perdu le contrôle de moi-même quand ils sont arrivés à la théorie du complot. Je le regrette. Car dans toute théorie il y a du vrai. Un besoin véritable. Plutôt que de m’enfermer dans l’opposé inverse et de rendre le débat stérile, j’aurais du m’ouvrir et essayer de faire la synthèse. On ne peut nier qu’il y a une crise identitaire en France actuellement, que les gens vivent mal, plus que d’en d’autres pays, le néolibéralisme. C’est un atout, une bonne chose.
15/11/16
Encore des derniers ajustements à apporter à ma recherche sur le bouddhisme. La relecture prend du temps et je dois le faire maintenant, temps que je suis encore familier à ces idées.
J’ai présenté mes excuses aux français…
16/11/16
Lu un mail de Vianney, ce corsaire breton à l’âme pure et à l’esprit affuté comme une lame de rasoir ! Il a relu tout mon travail, et apporté des commentaires très précieux. Bonheur de constater qu’il va bien, même si nous sommes tous logés à la même enseigne en matière de réflexions sur l’avenir de notre existence, personnelle et collective. Il écrit sur la politique, le système d’organisation. C’est passionnant ce qu’il dit et résonne beaucoup avec les idées sociocratiques appliquées au mouvement colibris, principe de subsidiarité… Je me sens comme soutenu par sa rigueur et sa lucidité, et ça fait du bien !
17/11/16
Belle journée. Difficile au début. Je dois en effet créer la transition entre la phase intensive de relecture, réflexions, référencement de mes travaux passés et la nouvelle phase d’expérimentation et de réflexion pure qui s’annonce. Ma recherche semble toujours suivre cette dialectique de création réflexive et expérimentale/formalisation. Ca ne fut pas facile, car il faut que je m’adapte. J’ai eu le sentiment d’être à nouveau livré à moi-même, perdu. Ce qui m’a sauvé fut de mettre par écrit le processus et de ritualiser mon emploi du temps, nouveau programme. J’ai donc fait un rush que voici ci-dessous :
Le temps passe très vite. Je ne sens plus la pureté de la retraite à Tushita. L’accès permanent à internet dévalorise les choses. J’aimerais retrouver un équilibre de pureté, mais je ne sais pas comment faire. C’est nécessaire pour commencer demain la partie sur le yoga, car je viens de terminer la relecture du bouddhisme ! Première partie achevée. Je pense condenser yoga/taï-chi et kendo dans une seule grande partie. Plus pertinent à mes yeux. Toujours utile que je n’ai pas défini le cadre rituel dans lequel ouvrir cette partie. Or, elle se doit d’être particulièrement pratique, expérimentale. Je me suis ramolli ces derniers jours, bercé par la douceur de vivre ici, à Rishikesh. Il faut que je retrouve une certaine rigueur. Et surtout que j’augmente la quantité de pratique dans mon emploi du temps. Axer sur le yoga, immense priorité. Et dans le yoga quelques asanas. Approfondir au maximum. La journée suivante sera consacrée à cette définition d’emploi du temps. Je dois gérer recherche théorique et pratique. Grand défi. Priorité à la pratique. Je pense qu’il faut que je limite le temps de recherche à la prise de note et d’idées sur ma pratique. L’important est mon expérience intensive du yoga qui mérite vraiment d’être développée. Mérite un rituel vipashyana d’organisation. Avec un temps de lecture et de rassemblement d’idées le soir après mon cours. Pratique le matin à l’ashram. Puis de notes en fin de matinée.
L’enjeu est aussi de définir des rituels praticables en permanence après cette retraite. Donc réfléchir aussi à des choses modestes. Rapides.
Me détacher d’internet, définir une plage de connexion précise. Je pense dans l’immédiat une à 12h30,  avant la douche pour A. Lacroix, Colibris + mail arbres, Maël et Flo. Appelle Bihar après déjeuner. Une autre sera envisagée samedi, avant le skype avec Maël pour répondre à mails. Gérer le divertissement correctement. Je veux redonner de la valeur à certains. Notamment écoute musique sda. Je ne sais pas comment. Faut-il en faire un rituel ? Le problème du divertissement tel qu’il est conçu aujourd’hui c’est qu’il est synonyme de forte stimulation externe. Or le rituel ne permet pas cela. Pourtant, autrefois, les gens se divertissaient en jouant sans cesse au même jeu de carte. Il serait sage que j’y parvienne. Mais est-ce possible de trouver de l’intérêt pour quelque chose de très simple lorsqu’on a à porté de clic des séries et autres vidéos par centaines ? Peut-on penser le bon divertissement ? Semble absurde car l’objectif du divertissement n’est pas d’être utile à autre chose qu’à notre divertissement. Mais quand même… Si j’essaye de faire une liste :
Activité rituelle de répétition de la même action, genre écouter la soundtrack sda. Gérer l’effet d’accoutumance
Activité de soumission à une stimulation externe sans aucune réflexion genre regarder une série. Il s’agit d’un repos où l’esprit est occupé, absorbé totalement mais porté, comme une hypnose.
Activité de soumission à une stimulation externe où je suis actif, comme regarder un documentaire, lire un article ou même lire ou regarder une fiction. Dans tous les cas je tente de mémoriser des infos, de réfléchir à des liens avec ma recherche, mythologie…
Problème : le maintien d’un attachement à un divertissement de stimulation externe ne nuit-il pas à mon éveil de sensibilité et à ma recherche de maîtrise de l’esprit ? Si je me prive de ces divertissements, je pourrais réussir à en découvrir à un niveau d’énergie inférieur et donc de puissance supérieure. Problème aussi de la dualité travail/divertissement. Je ne devrais pas avoir besoin de divertissement ! Cela sous entend qu’il existe des moments plus soulageant que d’autres. Que je ne suis pas toujours en plénitude.
L’important dans l’absolu est de mobiliser la puissance… Problème de l’accoutumance. Problème de la perte du cadre Ecole du Bihar. Je suis moins dans la conscience de la puissance. Exemple des repas. Je cherche trop le divertissement extérieur à la simplicité du quotidien. Ne fais pas suffisamment travailler mon imagination. Il faut que je fasse des choix.
Je garde let’s play. Mais j’arrête de culpabiliser sur le temps que ça prend. Ce que je cherche dans ce let’s play c’est d’être absorbé dans une histoire vide de toute pression de la réalité. Entièrement virtuelle, magique, facile. Mais surtout, d’expérimenter une mythologie vivante. Le sda a le défaut d’être figé, mort.
La finalité utile malgré tout de ces divertissements, c’est de m’aider à faire le lien entre discours psychologique et discours scientifique. Dans le réel, comme traduire les phénomènes d’énergie en magie psychologique de puissance ?
Que je regarde le sda ou let’s play c’est la même chose. Références symboliques, magiques. Bien/mal, nature/contre nature… Il faut que j’exploite ce divertissement pour soutenir la réalité par l’imagination. Mais cet ajout de quelque chose à la réalité ne peut se passer avant d’une perception fine de cette réalité. Il s’agit d’accentuer ma sensibilité, pas de combler un manque par l’imagination… ! Le lien est difficile à penser. Il semble qu’il faille d’abord sentir l’énergie sans aucune magie, parallèle et visualisation, puis dans un second temps, ajouter la magie. Mais il ne doit s’agir que d’un ajout esthétique. Ca n’est pas la visualisation qui induit l’émotion. Il faut d’abord penser et ressentir l’articulation et la valeur scientifique du phénomène.
Comment faire du let’s play un rituel ? Il serait plus sage de faire ce travail sur le seigneur des anneaux… Quel travail ? Une traduction autocritique de mes références mythologiques et biographique personnelles en langage puissance. Exercice à l’éthique !! Je dois créer un rituel d’exercice de l’éthique. Pour mettre de mieux en mieux cette éthique en pratique. Accentuer ma sensibilité dans le réel en étant plus connecté à l’éthique linguistique et visualisatrice. Cf exemple du langage esquimaux. C’est à l’esprit d’enrichir le réel. De mesurer les différences. La profondeur de notre sensibilité au monde est celle qu’on y met par l’esprit. L’enjeu est donc de noter, dans les divertissements, les phénomènes engagés dans une éthique de la puissance, mesurer leur valeur, leur légitimité et leur existence indépendante du contexte, de la magie, des quêtes spécifiques etc… Monter en généralité pour atteindre les principes universels de la puissance. Puis quand on est dans le réel, faire le même travail dans l’action de chaque instant. Donner justification éthique et développer toute la puissance scientifique possible, toute la valeur possible. Et ensuite, dans un second temps, faire le lien magique avec le divertissement, et visualiser. Pourquoi ? Simplement, comme je le disais, pour un souci esthétique, de sublimation, d’extension, MAIS SURTOUT d’HUMILITE ET D’OFFRANDE A LA PUISSANCE. JE DEDIS AU phénomène le plus simple de mon quotidien une œuvre d’art. Et plus j’aurais valorisé scientifiquement le phénomène, plus l’œuvre d’art sera puissante, plus la traduction sera riche. Pour une riche traduction, il faut un riche texte à traduire. Ajouter donc la magie visuelle dans les phénomènes, autour, visualiser les flux, les variations, les attaques, les défenses. Les doter de compétence, d’un niveau de chargement en puissance. Ajouter aussi la musique écoutée, notamment sda.
Faire chaque soir let’s play puis musique sda. Le samedi soir, roman car le dimanche doit être inspiré par pureté maximum. Prendre à chaque fois trois notes éthique et esthétiques. Et tenter des les relier dans le réel le jour suivant !!! L’étape de valorisation éthique correspond à un rituel vipashyana (fondé sur une samatha) dit rituel de traduction. L’étape de traduction magique est un rituel par visualisation dit rituel de sublimation.
J’aimerais développer le rêve lucide et l’autohypnose. Réinsérer le soir ! Explorer des états de conscience modifiés. Faire mes tests de réalité et mon autosuggestion ! Eventuellement un MILD.
Aussi la question de l’immortalité. Plus me reconnecter à la puissance pour plus revaloriser ces derniers.
18/11/16
Dans deux mois j’aurais 21 ans ! De quoi me motiver à profiter à fond de ces dernières semaines de 20 ans qu’il me reste. 20 ans est un âge symbolique de liberté. Et je l’incarne au maximum cette année. C’est le moment de se charger des idées et des énergies qui animeront le reste de mon existence. C’est un moment déterminant.
Journée éprouvante, mais riche. A nouveau, je suis en phase d’expérimentation/réflexion. Ainsi, je ne profite plus du cadre tranquille de la relecture. Je dois à nouveau tailler ma route. Demain, il faudra que j’arrive à préciser ma méthode de prise de note sur ma pratique. Que je cible des points plus précis à observer. Je dois faire une typologie de mes sensations. Pour noter une évolution. Il faut aussi que je commence la théorie sur les asanas et le yoga en lui-même. Je dois me lancer, on verra bien.
La matinée fut difficile pour une raison très particulière et absurde. Mais intéressante. Impossible d’être serein dans mon travail car en revenant du petit déjeuner, quelques notes d’une chanson me son venue en tête, à cause d’un son du restaurant. Impossible de me souvenir du morceau. J’ai passé 5 minutes à le chercher ! Finalement, de manière incroyable, je l’ai retrouvé. C’était les toutes premières notes de la musique into the west du sda. Mais peu après, nouveau retour en mémoire. Mélodie très très puissante à laquelle je me sens fortement attaché… mais là le souvenir va être difficile à rappeler. J’ai conscience que ça vient de très très loin. Il s’agit pour moi d’un dessin animé que j’ai vu étant plus jeune. De type aventureux, sérieux, légendaire. Genre cités d’or. Qui me correspond parfaitement. Une fascination et une frustration sont associées à cette mélodie. Je n’ai que 4 ou 4 notes. Horrible. J’ai cherché pendant une heure, sondé ma mémoire au plus profond. J’ai été obligé de m’arracher deux fois à l’obsession, qui a en fait commencée le jour précédent. Conflit d’attention exemplaire. J’avais des intuitions superficielles sur l’origine du son. Un lien étrange avec un trailer de l’ours paddington, quelque chose de légendaire et d’aventureux, peut-être sur l’Egypte. Finalement, j’ai pensé qu’il s’agissait d’un dessin animé que je n’ai même pas regardé, mais qui était une bande annonce d’une cassette d’un autre dessin animé qu’on regardait souvent avec mon frère. Pourtant il paraissait génial, d’où la frustration. Et la musique est particulièrement marquante. Je ne sais pas comment j’ai réussi à me souvenir de ça. Puissance de la mémoire étonnante. J’ai tapé sur google « musique dessin animé pharaon egypte » et je suis tombé sur papyrus, qui a fait tilt. Regardé le générique… c’était ça. Magique. J’en ai presque pleuré tellement je revenais de loin. Je n’avais même pas vu ce dessin animé ! https://www.youtube.com/watch?v=hUbWyTxZpos
En soirée, en remontant avec un sac de bananes vers mon chambre d’hôte, attaque de singes. Ils m’ont arrachés mon sac, ils étaient 4. Et volés toutes les bananes. Bande de macaques. J’ai failli combattre mais l’un me montrait ses dents et un indien m’a dit de les laisser faire. J’étais rageux au début. Puis j’ai mesuré ce que l’homme fait à la nature et je me suis dit que c’était reprendre de juste droit une infime partie de ce qu’on vole à chaque seconde à ces pauvres animaux d’une pureté immense.
Pendant cette journée, tous les moments de souffrance, de doute etc… furent compensés par la mobilisation, grâce à mon système rituel, d’un sentiment d’humilité face à l’ordre du monde dans lequel je crois. Très efficace. Mon travail n’est pas une chimère.
19/11/16
Nouvelle bonne et mauvaise à la fois. J’ai reçu la réponse de mon responsable pédagogique, suite à l’envoi de mon travail pour commentaire. Ce dernier est plutôt négatif, dans la mesure où il me demande de tout revoir. Je peux garder l’idée de rituel et d’attention, mais le conflit est rejeté, ainsi que la forme en général. Même mes choix disciplinaires, notamment les neurosciences et la psychologie, sont remis en cause. Ca ne va pas être évident. Ils veulent vraiment que je produise un mémoire de master et me donnent des délais très serrés. Ca tombe mal que j’étais en pleine réflexion très riche sur le yoga. Ca me coutera énormément de revenir à des réflexions préliminaires maintenant. C’est épuisant. Je vais consacrer mon temps du matin à la préparation d’un plan détaillé revu. Je garde bien sur le projet original dans lequel je crois, ça reste mon axe d’étude principal. Je vais simplement leur donner ce qu’ils attendent, sachant que la démarche est intéressante pour le challenge qu’elle représente. Je commencerai demain à bosser sur ce « mémoire ».
A côté de ça, bonne séance de yoga. J’ai également fait mon rituel de cardio/muscu. En soirée, concert de musique balinaise que j’ai enregistré en partie. C’est quelque chose ! La chef du groupe est une femme, Laxmi quelque chose. Elle a étudié la musique avec un guru, et explore différentes sonorités, musique expérimentale. Une des artistes les plus connues d’Indonésie. Mélange chant, musique et danse de type indienne.
20/11/16
Journée positive niveau travaille. J’ai mis de côté le problème de Sciences Po, pour me laisser le temps d’y réfléchir une journée et j’ai donc continué à travailler sur ma recherche. J’ai intégré des notes de diverses réflexions.
Skype avec la famille. Mamie était là, j’ai vu tout le monde, c’était magique. Simon m’a donné plein de nouvelles. Mes parents ont ramené des pommes pour colibris depuis Dampleux, tout cela vit, et c’est très positif. Titouan a 14 de moyenne en seconde ! C’est plus que bien.
J’ai réfléchi à mon avenir et j’ai mesuré à quel point ce que j’aime, c’est le travail sur le cerveau, les émotions, la compréhension, la mémoire, le bonheur, l’effort, le sport… je suis un passionné de notre potentiel mental, en tant que finalité existentielle et non comme moyen de faire quelque chose d’externe. Cela me permet d’envisager une activité professionnelle dans ce domaine. Si j’arrive à développer ma propre méthode d’appréhension de tout cela, je pourrais peut-être exercer… Bien sûr, en parallèle d’un projet dans le château et d’un engagement politique à Colibris. Mais j’aurais au moins une activité professionnelle. Mon projet consiste à mettre des mots et des images sur ce que chacun est au quotidien. De soutenir le quotidien par un univers symbolique et rationnel d’une puissance immense, pour réintégrer l’émerveillement et la motivation intrinsèques et valoriser les capacités de l’outil magique que nous avons entre nos deux oreilles. Utiliser les références culturelles, de divertissement de chacun pour enchanter le quotidien en cohérence avec le matérialisme scientifique, l’efficacité pratique associée à l’efficacité symbolique.
21/11/16
Se calmer un peu sur le projet politique de révolution nationale colibris. Je pense qu’il faut avant que je prenne le temps de développer de manière calme et posée le projet de communauté au château. Inutile de vouloir convaincre à partir de rien. Je ne suis pas capable de sauver le monde, ça n’est pas le moment pour moi de le faire. Je peux aider, soutenir un peu, mais je ne peux pas impulser au-delà de mon projet local, qui me donnera l’expérience que je souhaite après transmettre. Je suis peut-être né trop tard, mais tant pis. Je ne peux pas jouer contre le temps.
Incapable de prendre une décision vis-à-vis de Sciences Po. Je ne peux pas faire ce qu’ils demandent, ça me demanderait trop de temps, me faisant prendre du retard sur mon programme d’étude en lui-même. Je n’ai pas accès aux sources qu’ils demandent, et l’objectivité qu’ils veulent que je présente ne correspond pas à la philosophie asiatique, ni à la nature de mes formations, qui sont par définition des expériences personnelle et psychologisante. Il y a mille raisons qui m’empêchent de produire un mémoire tel qu’ils me le demande. Le fait est que je ne suis pas en master, dans un campus où je peux accéder facilement à de la documentation et où je peux réaliser une étude de terrain comme pur observateur. On ne saisit rien des sagesses asiatiques si on ne s’y engage pas personnellement, intimement. Cela ne signifie pas qu’il me soit interdit de faire preuve d’esprit critique. Je l’exerce plus que jamais. Mais je dois prendre en compte ma psychologie et mon expérience.
Nouvelle semaine de yoga qui commence ! Le cours fut difficile, on n’a pas arrêté de travailler sur nos épaules. C’est fou comme chaque infime détail est important. J’ai réussi à remonter des bananes et des oranges sans me faire attaquer par les singes.
22/11/16
Bonne journée dans la mesure où j’ai trouvé la solution pour le problème du mémoire de Sciences Po. C’est incroyable toutes ces aventures. Je n’ai jamais autant du faire travailler ma réflexion, mon esprit d’arbitrage. Je mesure aussi la prudence avec laquelle je raisonne désormais, arrivant vraiment à peser les pour et les contre de manière détachée. Je n’ai pas vécu cet évènement comme une trop grosse angoisse personnelle. Le matin, j’étais quand même en stress. Difficile de me lever, boule au ventre. Il fallait que je réponde à Alexandre et si la veille j’étais décidé à faire ce qu’il demandait, j’ai peu à peu changé d’avis, constatant qu’il me serait impossible de continuer à travailler sur le yoga en reprenant toute la partie sur le bouddhisme. J’étais donc décidé à lui dire que je n’allais pas suivre ses directives. Mais en écrivant le mail correspondant le lendemain, j’étais plein de doutes. Sentiment que ce n’était pas la bonne solution. J’ai alors relu mon projet original et mesuré l’intérêt d’une approche plus académique. J’ai constaté que travailler dans une trop grande continuité avec la partie 1 sur le bouddhisme me faisait perdre en rigueur, car je ne revenais pas sur les fondements de ma partie. De plus, j’ai réalisé que rien ne m’obligeait à réutiliser le bouddhisme, qui n’était pas prévu au départ dans mon programme de recherche ! Je me suis donc dit que cette partie sur l’esprit est un départ personnel, nécessaire, qui comptera bien évidemment fondamentalement dans mon essai grand public, mais que je n’allais pas le soumettre à Sciences Po. Il s’agit donc de commencer à zéro une étude du Yoga et du Taï-Chi, académique. Je l’adapterai pour en faire la partie 2 de mon essai grand public, mais me débrouillerai pour que les problématiques correspondent. Ainsi, pas de réécriture coûteuse à effectuer, pas de perte de temps, je ne fais qu’avancer. Bien sûr, le travail sur le yoga est coûteux, mais pas plus que si je l’avais fait dans le cadre de ma recherche. Et j’ai le sentiment de moins me perdre. Alexandre m’aide à me motiver en rigueur.
23/11/16
Journée classique. J’ai développé et quasiment terminé le plan à envoyer à Alexandre. Je dois simplement peaufiner. Je vais donc consacrer la majeure partie de mon temps à la lecture de philo indienne et à la pratique de yoga.
Je me suis lié d’amitié avec un petit chien noir que je croise à chaque fois que je travers l’ashram sivananda pour aller à l’ashram Iyengar où j’ai mes cours de yoga. Il a une patte tordue, un peu handicapé. Mais quand je passe je le caresse un peu. Du coup à chaque fois qu’il me voit je peux voir son bonheur. C’est une forme de rituel. Ce ma rappelle le petit prince et le renard. Mais je me lie d’amitié aussi avec des êtres humains ! Même si les animaux sont dans tous les cas plus purs que nous, qui n’assumons que trop rarement et difficilement notre responsabilité d’être hautement conscient.
24/11/16
Journée moyenne niveau travail mais grandiose niveau connexion à la puissance et à l’énergie. J’ai réussi à être moins stressé vis-à-vis de ma recherche et à accepter avec plus d’humilité les difficultés. Je suis là dans une phase de relancement, où je dois intégrer la théorie hindouiste notamment sur le yoga, choisir mes textes de référence… Il va falloir que je rush pour terminer le yoga le plus vite possible. Je dois rusher dès maintenant. Mais je ne peux pas le faire tant que j’ai pas intégrer les textes classiques sur lesquels fonder mon argumentation.
Les soirées sont très agréables ici. Il y a quelque chose de sécurisant. Le vent et le froid arrivent, violents. Ma chambre devient un refuge. Je me couvre, je vais manger dans le petit restaurant népali, très agréable. C’est calme, lumières tamisées, la nourriture est délicieuse. Je prends toujours quelque chose de simple. Et surtout, c’est la fin d’une journée de bataille contre ma recherche. Car ce travail pompe une énergie considérable. La majorité de l’énergie étant destinée à mobiliser de la volonté pour avancer.
25/11/16
Bonne journée. Bien av              ancé sur la philosophie indienne. Je ne sais pas si on peut parler de philosophie, car les théories restent très liées à la religion mais il y a bien de la logique, de l’épistémologie, du naturalisme, des mathématiques… richesse immense. Ca me permet de préciser ma théorie sur le yoga, de comprendre dans quelle tradition il s’intègre. Très lié à la tradition samkhya. Beaucoup moins au Vedanta.
J’ai réintégré ma méthode de division des objectifs, et j’en ai fait une partie de mon rituel de traduction que je suis sensé faire trois fois par jour. Cette méthode permet de « manger l’éléphant à la petite cuillère » et donc de plus valoriser l’énergie de l’instant, en luttant contre le stress et l’inefficacité.
Pas de pratique autonome ce matin car on est allé avec Tally et les autres à Rishikesh pour changer de l’argent. J’ai pu changer 100 euros mais c’est compliqué à l’introduction des nouvelles coupures pour lutter contre le marché noir. Enfin je me prends pas la tête. Heureusement j’ai du liquide.
Soirée magique.
Temps pour moi alors que le départ approche de rendre mon hommage à Rishikesh. Comme je l’ai fait pour Munger. D’abord, un nouveau merci du fond du cœur à ceux qui ont rendu mon voyage possible. Je vous suis éternellement reconnaissant. J’espère fort que mes travaux, aussi farfelus qu’ils soient, pourront vous intéresser d’une certaine manière.
Toutes mes expériences ici sont magiques, et elles le sont d’autant plus qu’elles sont accompagnées des idées et des pratiques de ma recherche, qui m’aident à voir le monde et la vie d’un regard nouveau, où chaque chose est colorée, riche.
Ici en particulier… quel bonheur immense d’avoir résidé au Swiss Cottage, ce coin de paradis perché au dessus de la ville et du Gange. La famille Seema est d’une bonté incroyable. La grand-mère est venue me dire au revoir ce soir, car elle part rejoindre sa fille à Delhi. Elle m’a dit « je suis la maman, tu es le fils. J’ai t’aime beaucoup et tu me manqueras ». Elle fut adorable avec moi. Les restaurants népalis où je mange matin et soir… lieux où le monde entier se rencontre. Un monde de toutes les nationalités, mais toujours des gens qui cherchent, qui veulent trouver la clé de la vie simple, du bonheur qui ne fait pas couler de sang. On peut les appeler des paumés, des illuminés du New Age, des écolos baba cool, mais ils sont fondamentalement des gens courageux, qui font tout leur possible pour échapper à la société de la consommation. Discuté ce soir avec un australien qui vit au Vietnam depuis quelques années, il a 26 ans et enseigne là bas. Tout comme Oliver, l’anglais qui a vécu en Israel, il se cherche et refuse les solutions faciles. La richesse de la vie spirituelle tient dans sa proximité à la vie, tout simplement. J’aime particulièrement les ambiances du soir ici. On entend les grillons, le vent se lève, le froid tombe. Les chiens déambulent de la petite rue principale. Tout se calme.
Programme d’une journée :
Réveil 7h, difficilement. Le vent souffle. J’entends les rideaux de fer des petits magasins qui s’ouvrent. Une musique religieuse venant d’un ashram au loin.
Je me lève, m’habille et je vais aux toilettes (turques bien sûr, enfin indienne aussi j’imagine).
Je reviens dans ma chambre, frissonnant à cause du vent. Je mange une banane et une clémentine (délicieuses). Je bois un coup
J’ouvre mon pc. Rêves, journal et rituels. Je note mes souvenirs de rêve, fais le bilan de la journée passée et pratique ma méditation vipashyana du jour.
Etirement rapide pour activer la circulation
Je commence mon travail de recherche jusqu’à 9h30.
Ptit déj dans le restaurant népali du jardin situé derrière la chambre d’hôte. 4 chapatis, miel et beurre de cacahuète. Je suis bien couvert car le vent souffle. J’observe les vaches et les petits écureuils, entre autre.
Retour chambre, recherche jusqu’à 11h.
Direction ashram, marche de 20 minutes qui descend vers le gange pour pratique personnelle du yoga jusqu’à 12h30. Lutte contre les camions et les singes. Coucou à mon ami le chien éclopé.
Retour maison pour déjeuner, tali délicieux de seema. Riz, chapati avec le gui (beurre indien), purée de courge un peu sucrée, patates vapeurs parfaitement épicées, daal… Les autres discutent de chakras et de Reiki. Je reste en retrait, certains sont quand même bien perchés.
Travail pour recherche puis sieste sur le toit de la maison, avec la vue sur la vallée. 15h30 départ pour cours de yoga. Séance d’1h30 avec la super prof Ekta.
Entre 18h et 19h je continue ma recherche, la fatigue se fait sentir.
19h direction le restau pour le dîner. J’emmène un livre avec moi mais souvent je me retrouve à discuter avec les gens. Légumes vapeur, Tentuk, chapatis, croissants, muffin… bon petit dîner gemütlich.
20h30 retour chambre. Rituel samatha, je regarde quelques vidéos divertissantes puis nuit !
26/11/16
Musiques de Rishi :
Shiva Shambo
Sia radio
Sun is up
Aille aille a i a i aille
On the floor
Musique titouan mode.
Aujourd’hui direction la cascade qui domine les montagnes du Swiss Cottage « puri curi » un truc comme ça. Avec Tally, Oliver et Nissim. Très belle balade ! J’ai vu des araignées énormes, cueilli des bananes pas suffisamment mûres malheureusement, observé une énorme ruche dans un arbre, écouté le bruit du torrent, vu des petites rizières vivrières en espaliers… jusqu’à atteindre une petite cascade et le bassin qui l’accompagne. Photos, baignade, soleil, nature. Ressenti très intensément la puissance du vivant. On est rentré vers l’heure du déjeuner. Les autres sont descendus en ville, mais je devais préparer mon départ. J’ai mangé dans le restaurant népali habituel, et discuté avec un groupe de jeune lycéennes indiennes. Sans me vanter, elles étaient peut-être un peu folles de moi, elles me disaient que je ressemblais à Harry Potter. Ah ! Enfin des gens qui voient la vérité. Bon je m’arrête là.
27/11/16
Ce dernier weekend est consacré au tourisme et aujourd’hui c’est en plus les 46 ans de Tally. Du coup levé à 5 heure, taxi direction un temple perché au sommet d’une montagne, pour admirer un levé de soleil sur l’Himalaya. Cette ambiance, rouler dans la ville endormie, moi-même à moitié endormi, puis arriver à ce lieu de panorama magnifique. La brume entoure les sommets. La nouvelle lune brille encore quand on arrive. Des religieux commencent à entonner des prières rituelles matinales. Doucement, une lumière ou plutôt un halo pointe à l’est. On attend. Les couleurs évoluent, à chaque seconde un nouveau détail apparaît. Là, au fond à gauche, voici les monts enneigés de l’Himalaya qui sortent des nuages. Les nuages eux-mêmes se parent de rose. Soudain, l’astre émerge de l’horizon alors que la lune s’éteint. Eclat de lumière. Les appareils photos saturent sous la force du soleil ! La levée est rapide. L’ensemble de la vallée sort de l’ombre de la nuit. Admiration. Et dire que chaque matin cette danse sublime des éléments se reproduit… Dans le temple, un groupe de jeunes new agiens bien inspirés commencent à chanter un mantra sublime, méditant est se tenant par la main. Un groupe se forme spontanément autour d’eux. Voilà, nous sommes ensuite redescendus.
J’ai eu à faire sur mon ordinateur, nous avons aussi dégusté des sucreries indiennes pour l’anniv de Tally avec qui j’ai discuté le midi de métaphysique ! Les fruits de cette réflexion sont très intéressants, intégrés à ma recherche. Nous avons compris en quoi la tradition occidentale et orientale s’opposent. Le point de différence est le culte de la compréhension rationnelle de l’absolu d’un côté et celui de l’expérience non conceptuelle de l’absolu de l’autre.
Skype avec la famille l’après midi. Grand moment, ouvert avec vue sur Côme mon ptiot cousin ! Ils étaient à table entrain de déguster une choucroute, l’eau à la bouche… ! Vin, fromage. On a mis l’ordinateur sur la table, du coup j’étais comme à table avec tout le monde (béné, ju et seb, delphine, grand-mère, mamie), c’était génial. La famille puissance 1000.
Départ en bus le soir. Voyage très chaotique (état de la route) mais plaisir immense de parler en conversation de groupe avec Vianney, François et Flo. Plaisir de se retrouver. La valeur des amis ❤ Il manquait Lucifer, Romain et la ptiote. On a débrief ensuite avec Vianney sur ma recherche et la sienne et la beauté de cette troisième année de mise en perspective et d’approfondissement de l’essentiel.
28/11/16
Première journée à Delhi ! La chiasse est de retour comme en 40. Fait chier. J’espère que je n’aurai pas reprendre des antibios. Le programme pour ces premiers jour est centré autour du visa, bien que je doive aussi avancer ma recherche, qui n’avance pas suffisamment vite à mon goût ! En fait le truc frustrant c’est que je suis là dans une étape de prise de note et d’accumulation organisée de références, ce qui ne fait pas avancer le corps final de mon mémoire et j’ai donc le sentiment de faire du sur place, ce qui est faux. Simplement c’est un long processus. Je suis dans un hôtel pourri à 400 roupies la nuit (5 euros). La rue de l’hôtel est géniale, c’est une minuscule ruelle perdue dans d’autres minuscules ruelles très animées, avec des boutiques en tout genre, des enseignes… très asiatique. Entassé et vivant.
Le matin, direction ambassade de France ou je pensais pouvoir obtenir une lettre pour appuyer ma demande de visa. Ils ne veulent pas (la sécurité déployée dans cette zone internationale !). Ensuite banque pour obtenir un justificatif de ma situation bancaire. Ils ne peuvent pas (je dois aller au Crédit Agricole qui n’existe pas à Delhi). J’ai quand même pu changer mes vieux billets en nouveaux, ce qui normalement ne se fait plus, une très bonne chose ! Ca m’a pris toute la matinée.
Retour hôtel, déjeuner et direction un café avec internet pour continuer ma recherche. J’ai aussi appelé le centre de visa. Bonne nouvelle : les papiers de l’ambassade et de la banque sont optionnels. De plus, je peux prendre un billet d’avion retour non confirmé, donc non payé. J’ai appris en me renseignant auprès d’un agent de voyage que ces billets sont des contrefaçons mais que tout le monde les accepte comme formalité administrative. En gros tout le monde fist le gouvernement chinois à longueur de temps. Tant mieux, leur exigences sont un peu ridicules. Le soir, retrouvé complètement par hasard les français de Rishikesh dans le café ou j’étais. What a drôle de coïncidence. J’ai mangé léger et suis allé me coucher tôt (20h30).
29/11/16
Une journée folle. Le matin, direction Connaught place pour prendre de l’argent, j’ai réussi à changer des euros mais à un mauvais taux (65). Puis il m’a fallu trouver une agence de voyage qui produise des faux tickets. Un gars m’a emmené dans une qui en propose. Je me suis rendu compte à quel point c’est une arnaque. Ils voulaient me faire payer 2000 roupies, alors qu’il s’agit d’un document pourri produit sur word. J’ai réussi à descendre à 1200, ce qui reste énorme. Mais j’étais tellement dans la merde, tellement stressé par ce visa que j’ai accepté, et je n’avais plus le temps de faire toutes les agences. Donc me voilà parti pour le saket, centre commercial où se trouvent les bureaux de l’agence. Rencontre avec un jeune qui travaille pour Tui, agence de voyage allemande.
Je vais au centre et là horreur : Les bureaux déménagent de locaux cette semaine donc toutes les demandes de traitement prennent un jour de retard. Et pire, les français n’ont pas le droit de faire des demandes express. Voilà. Je suis foutu pour mon billet d’avion de samedi, je n’aurai que mon visa lundi. Donc démarchent coûteuses d’annulation et de nouvelle réservation à prévoir. Mais c’est pas tout. Il me faut aussi un autre faux billet pour l’aller (puisque l’ancien n’est plus valable) et un itinéraire de voyage présenté semaine par semaine… ! Avec des réservations d’hôtel pour chaque lieu visité. J’ai donc filé retrouver mon ami rencontré dans le tuktuk, à son agence. Il m’a fait gratuitement !!!! Un faux billet pour l’aller, bien mieux que celui de l’agence précédente… Il m’a permis de regarder des lieux à mettre dans mon itinéraire. J’ai ensuite demandé à une fille dans un bureau si je pouvais réserver mes hôtel sur sur ordi et imprimer. Elle a accepté. Du coup j’ai réussi à réunir toutes les pièces nécessaires en 30 minutes, avant la fermeture du centre. La fille a vérifié tout, quatre fois (ils sont malades) et finalement accepté la demande. Mon dossier est parti.
Retour Connaught place, mangé quelque chose. Puis direction bureau de la China eastern pour changer mon billet. La dame très gentille me dit que je perdrai 12 000 roupies au total si je parts le 8 décembre (ce qui est embêtant pour Alexia que je devais voir à Chengdu le 8…). Je dois revenir demain avec l’argent (à trouver !…). Voilà ! En espérant que ma demande de visa sera acceptée et que je pourrai enfin partir le 8.
Ce qui est très positif dans tout ça, c’est que je vais pouvoir aller au Taj Maal avec Deeksha mardi prochain. Deeksha que j’ai revue en soirée, avec grand plaisir ! On a mangé de le petit restaurant indien que j’ai trouvé le midi. On a parlé de pleins de choses, notamment (dans la catégorie insolite) des communautés « unisexes » très courantes en Inde (malformation génétique), qui vivent en demandant aux jeunes mariés de l’argent, que les gens donnent de peur que le refus ne leur porte malheur…
30/11/16
Journée de travail sur ma recherche. Difficile car je dois commencer l’intro de mon mémoire académique… J’ai passé deux heures le matin à faire un truc qui finalement est mauvais et qui ne servira à rien. J’ai du recommencer. Puis travail de définition dans l’intro de l’attention. Long et coûteux. J’ai du aller chercher des sources classiques occidentales très loin, décortiquer des textes. Fatiguant, épuisant. Mais en fin de journée j’étais plutôt content de mon travail. Chaque jour un combat. Ma position est ambigu. Je ne sais pas si j’aime ça ou si je déteste. Comme pour tout, c’est agréable quand ça va bien et horrible quand ça va mal… je n’arrive pas à apprécier les moments de flou et de pure création intellectuelle, ce qui est le plus important dans une recherche.
J’ai aussi essayé de trouver de l’argent pour payer mon changement de billet d’avion. Difficile. Impossible. Ils proposent des taux de change très mauvais.
Le soir, j’étais en pleine forme, satisfait de ma recherche et beaucoup moins stressé, dans le sens où j’arrivais mieux à accepter de chercher dans les sources, tâtonner. Apprécier la recherche en elle-même. J’ai fait mon rituel de yoga en autonomie pour la première fois. Je vais tenter de le pratiquer un jour sur deux. Ca m’a fait beaucoup de bien. Puis dîner dans un petit restaurant de street food habituel. Avantage d’être proche de l’hôtel. Relativement cher pour la merde que c’est en terme d’hygiène mais ok. La cuisine est dans la rue. Une petite salle en bas pour manger. A l’étage, les cuisiniers dorment et vivent dans une pièce minuscule, où ils font aussi cuire les plats marinés. On voit des mains se tendre depuis l’étage, ouvert sur la rue, pour donner des légumes et des plats aux cuisiniers d’en bas. Tout est parfaitement huilé. Le gars qui fait des chapatis va très vite pour étaler la pâte. Il a une espèce de four circulaire, comme un bidon en terre. Il colle les chapatis sur la paroi brulante et fait cuire ainsi. Il les retire en jouant avec deux longues tiges de métal. L’acte de coller le chapatis oblige à mettre le bras dans le four. Il m’a montré son bras qui comporte plein de cicatrices, des brûlures. Il semblait très fier ! Et il a de quoi. J’ai enfin réussi à trouver quelque chose pas trop épicé : daal avec du paneer. Dieu soit loué que les daal ne soient pas toujours épicées.
1 et 2/12/16
J’écris depuis mon bus de… Rishikesh à Delhi !
Journée du premier difficile où j’ai couru dans toute la ville pour trouver de l’argent.
Je me suis arraché la gueule dans un restau de rue trop épicé. J’ai acheté un masque antipollution, apprenant dans le brouillard que Delhi est 3 fois plus polluée que Pékin. Génial.
Concernant mes affaires de voyage, j’ai appris que la dame de la compagnie China eastern ne pouvait pas m’aider plus pour mon ticket. Du coup appel de l’agent de voyage à rishi. Obligé de demander des portables à chaque fois, de rappeler 10 fois avant de comprendre un mot… Il me propose d’annuler le ticket et d’envoyer quelqu’un avec l’argent du remboursement à Delhi. Jai préféré y aller moi même ! Pour changer en même temps de ticket. Ça évite les gros échanges d’argent que je n’ai pas et me permet de ne dépenser que 120 euros de plus que sans les problèmes de visa. Contre 150 avec la compagnie China eastern.
Plaisir de lire que mijo et mes parents tiennent colibris solidement par les cornes et organisent un goûter au château dimanche !
Inde enfumée, les paysans brûlent les champs. Ça ajoute à la pollution. Odeur de fumée partout.  Terminé quasiment l’intro de ma troisième partie de recherche. Académique. Découvert les notes de bas de page sur word pour les références.
Dans le bus aller à Delhi, entre les porteurs de hauts parleurs costumés dans le bus, j’ai vu u singe voyager sur le toit d’un tuktuk. Était il apprivoisé ? Je ne sais pas. La scène était sympa. Dans rishi un homme se déplaçait avec son âne qui trottinait d’un bon pas. L’expérience du bus local, pas pour touristes, est sympa ! Tout en Inde est conditionné par la densité de population. La patience des gens, leur force de vie, leur respect, l’animation, le dynamisme. C’est une fourmilière.
Je pratique toujours mes rituels. Avec plaisir et résultats. Je gagné vraiment en maturité. J’arrive mieux à accepter de lire des sources philosophiques dans les phases où j’ouvre un champ de réflexion nouveau. De le faire sereinement. De moins vouloir avoir terminé avant d’avoir commencé. J’essaye de mieux vivre les moments de pure création, toujours coûteux en énergie. Plus généralement, mon système rituel et mon autonomie m’aide à valoriser l’humain, à le respecter plus et à me sentir comblé dans la simplicité.
Dans le bus, je me suis souvenu de pleins de moments que j’ai passé avec Valentin, des jeux d’enfance, parmi les plus beaux (dédicace à toi Valou si tu me lis) ! D’abord l’ambiance à Fleurie, quand j’allais y passer quelques jours. La ferme de valou dans sa chambre, le sol de l’étage transformé en champs. Le bruit du tracteur à imiter avec la bouche. La vieille gameboy de Clément. La maison en elle-même, dont l’étage est un peu sinueux, avec un grenier mystérieux, ambiance mythique. Valou qui s’occupe de ses poules, parties de ballon contre le mur du hangar à taurillons, je me souviens de la balle qui avait les motifs d’une coupe du monde. Parties de barrières dans le hangar à taurillon, courses poursuites. Sauts et escalade dans les ballots de paille, malgré l’interdit. Il suffisait de sortir dehors, de marcher dans la ferme, guidé par l’instinct. C’est cet ouverture d’esprit dont je me souviens particulièrement et qui est magnifique. On marche, on discute de tout et de rien. On monte sur un ballot l’air de rien et on commence à jouer, pas de construction a priori. Tout lieu et objet est un jeu potentiel. Plaisir d’explorer, de tester. Peur des chiens errants qui errent dans Fleurie, parties d’Unreal Tournament sur l’ordi du bureau de Guillaume, plaisir intense dans ce jeu, partagé avec Valou (on joue chacun notre tour). Visionnage de cassettes dans le salon, souvent louées par Valou : les trois mousquetaires, Astérix contre César… petits déj devant les dessins animés en pyjama, sur le froid canapé en cuir. Avec un grand bol de céréale. Glaces qu’on allait chercher dans le congélateur du garage. Puis la même chose à Dampleux. Souvenir particulier des courses poursuites et cache cache, le jeu le plus simple et le plus entraînant. Encore mieux quand on est en équipe avec les cousins ! Sans parler des souvenirs partagés en vacances à Artix, ou au ski avec Valou…
03/12/16
Recherche le matin. Terminé l’intro et envoyé compte rendu à Sciences Po. Début d’aprem appel de Florent. On a beaucoup discuté théorie politique. Toujours aussi stimulant, comment impulser un vrai changement dans la société ? Réflexion sur le concept de Geneocratie pour remplacer la démocratie.
Soirée avec Deeksha. On voulait voir un film mais la projection n’a jamais démarrée ! Du coup ils ont remboursé les tickets.
04/12/16
Journée studieuse ! J’ai commencé la partie 1.1. de ma recherche, qui m’oblige à assimiler l’histoire de la philosophie indienne et la naissance du yoga. Très intéressant mais peu philosophique pour le moment. Envoyé aussi mon plan détaillé revu et mon intro à Alexandre. Envoyé ma partie 1 à Florent qui voulait la lire. Je n’aime pas faire ça, ça n’est pas finalisé…
Une Aloo Parantha pour le ptit déj. Riz + Daal + Paneer + Chapati pour le déj et Daal paneer et chapatis pour le dîner. J’admire toujours autant la gestuelle du gars qui les fait, bien qu’on sente qu’il ne le considère pas comme un art, contrairement peut-être à ce que ferait un japonais. J’ai discuté un peu avec un mec de Mumbay. Il m’explique à quel point c’est différent de Delhi en termes de pollution, d’atmosphère humaine… plus développé apparemment. J’aime bien Delhi pour ses imperfections. C’est une ville folle.
Skype avec ma famille et… Colibris ! Mijo, Nana, Francis, Olivier, Marie-François, plaisir de les voir. De partager ce moment avec eux.
05/12/16
Derniers jours en Inde ! Je m’imprègne de tous les détails de ce pays magique. Incredible India. La vie, l’intensité, les gens. Journée studieuse, après être allé, enfin, récupéré mon passeport au centre de visa. Procédure sans encombre pour une fois. Rentré à l’hôtel et moment de recherche difficile. Fatigue, manque d’inspiration, sentiment de faire un résumé wikipédia de l’histoire de l’Inde. J’ai alors ouvert un nouveau document word et posé par écrit mes frustrations, puis tenté de théoriser intimement ce que pouvait signifier le rituel pour moi. Différence entre yoga et autres disciplines. J’ai ainsi retrouvé de l’inspiration, en me libérant de la pression d’arriver directement sur quelque chose de formel et de référencé. Travaillé jusqu’à 18h. Bien avancé. J’ai pu faire une petite heure de yoga sur le toit de l’hôtel. Plaisir de sentir la ville par le haut. J’ai vu des chats qui se baladent entre les immeubles. Les enfants qui jouent dans la rue en contrebas.
Soirée écoute de musique sda et réflexion sur le devenir de mon travail de recherche au-delà de Sciences Po. Je pense à l’œuvre de Tolkien, qui a eu un tel succès. Il ne s’agit pas de vouloir faire pareil, mais je regrette tous ces livres publiés, sur la psychologie et le développement personnel et qui ne changent en fait rien du tout à la vie des gens. Rien au monde. Sentiment que c’est une illusion, le livre n’a aucun pouvoir. Comment écrire un livre qui changera le monde ? Il faut l’écrire dans cette perspective. Lui donner quelque chose de religieux, de sacré et de secret. Pensé à ne pas le diffuser en plusieurs exemplaires, à ne faire que des copies manuscrites. Dans tous les cas, je  compte m’installer à Neufvy dans maison bulot. Pour lancer sur place et sérieusement projet colibris. Parler de ma recherche, voire enseigner. Enfin réunir réellement autour de moi. Donner. Construire une vraie structure et amasser des dons pour racheter le château. M’y consacrer pleinement. Jouer aussi un personnage quand je suis dans mes moments sacrés. Avec costume. J’ai aussi réfléchi au prolongement de ma recherche, faut-il que je fasse un manuel ? Peut-être vaut-il mieux en rester à un enseignement oral.
06/12/16
Journée avec Deeksha. Je mets de côté la recherche et les rituels. Visite du Taj Mahal ! Départ à 8h30 avec la voiture de Deeksha sur l’autoroute direction Agra au sud est de Delhi. J’ai conduit à gauche ! Sensation étrange, tout est inversé.
Arrivée au Taj. Monument magique. La blancheur du tombeau majestueux. La légende raconte que le roi, qui a construit cela pour sa femme, a coupé les mains des artisans pour les empêcher de construire une telle merveille à nouveau.
Chance immense d’avoir pu faire cette visite avec Deeksha.
07/12/16
Dernier jour à Delhi. Balade dans la Connaught Place avec Deeksha qui devait trouver un cadeau pour l’anniversaire de sa nièce. Elle a acheté un petit pull tout mignon. De mon côté je voulais trouver le tome 2 du seigneur des anneaux. On a fait plein de librairies sans succès. Finalement la rue m’a sauvé à nouveau ! Je suis retourné à un petit bouquiniste que j’avais visité il y a peu. Il n’avait pas le livre. Mais entre temps il a pensé à moi et l’a trouvé ! Une magnifique édition de 1991. Miracle. Bienveillance des gens.
Beaucoup à faire avant de décaler en avion. Je dois envoyer des mails, mettre à jour mon blog, le drive…
L’inde me manquera beaucoup. J’ai tellement appris. Ma synthèse parle pour ce journal qui ne peut traduire la richesse de mes découvertes.