Journal de bord n°13 Mai

01/05/17
Journée consacrée à la mémoire. J’ai pu bien y penser. Je manque un peu de pratique méditative pure.
Visite de Nikko avec les parents de ma famille d’accueil : le lac, la chute d’eau, la villa impériale, différents temples. Il faisait très très froid. Et il pleuvait. Mais ce temps donnait à l’excursion un caractère agréable, quelque chose de hâtif et d’intensif. Particulièrement apprécié l’architecture de la villa impériale, les estampes japonaises sur les murs, les perspectives, les multiples cloisons. Mangé des soba pour le déjeuner, soupe de pâtes de blé noir. Très bon et réchauffant !
Autre version détaillée (je l’ai écrit deux fois…)
Visite de Nikko le 1er mai. Belle journée bien que très froide. J’étais dans un état de fatigue extrême je pense parce que je ne mangeais pas suffisamment. En même temps la journée précédentes je saturais de barbecue et de viande. Mais je pèse toujours 65 kilos, tout va bien.
Visite de plusieurs sanctuaires shintoïstes, dédiés parfois à la montagne. L’esprit de la montagne. Structure environnementale qui a la force de briser l’équilibrer. De détruire le corps. Les corps. D’où importance de la défense de l’équilibre. De la foi dans l’âme de chacun, dans la capacité de l’énergie pure à être stabilisée, préservée dans les structures face à l’entropie sauvage. Prier pour l’équilibre. Demander la clémence de la montagne…
Appris le salut shintoïste. On jette une pièce dans un tronc puis on s’incline deux fois, frappe deux fois des mains et s’incline encore une fois. Le salut, c’est important, emmène tout le haut du corps dans une même ligne. Pas seulement la tête, c’est impoli.
Les sanctuaires shinto sont aussi entourés de temples bouddhistes, les deux sont très liés, bien que la philosophie soit très différente.
Déjeuner dans un restaurant de pâtes de blé noir, soba. Après midi, toujours dans le froid, direction la grande chute d’eau. Impressionnant. La violence, la puissance de la nature. Force l’humilité des structures face à celle de l’environnement. Possibilité de puiser dans cette énergie pour me recharger. Mais difficile de ne pas se faire aspirer, surtout avec le froid qu’il fait (loi classique de la thermodynamique). Chute d’eau + froid = propice à la décharge extrême. Important donc d’exorciser ce déséquilibre de l’environnement en épousant sa puissance et en honorant sa manifestation. Pour finalement l’utiliser comme source de recharge. Détruire démon déchargeant et se positionner pour aimer, absorber. Prudemment. M’ouvrir dans la continuité.
Skype avec les potes. Ro, Vi et Fr. Plaisir de discuter de Sciences Po, d’avenir, de bêtises… bref des amis.
Skype avec la famille. J’ai vu Grand-Mère. Quel plaisir ! Elle connaissait le nom des lits japonais, les futons. J’étais étonné car elle n’est pas une grande voyageuse. Mais elle m’a dit que c’était grâce aux mots croisés et au scrabble. Ces jeux entretiennent vraiment l’esprit. Je pense que c’est une bonne occupation pour les personnes âgées et seules. Un moyen de rester actif dans sa tête. Fou rire quand Grand-Mère m’a dit qu’avec ces lits là au moins je ne risque pas de tomber de haut. Beau moment partagé avec elle. Maman aussi, qui m’a parlé de sa retraite à Ourscamp. On a parlé de la vie des moines, comparé les croyances relatives aux fantômes du japon, et les conceptions chrétiennes. Notamment les saints… Avec Papa il fut question des présidentielles et de la mairie entre autre. Rire au récit de l’ambiance au bureau de vote. La veille il y avait une soirée antillaise à la salle des fêtes, avec bière. Et Ol L a eu la bonne idée de finir la bière de la pompe au bureau de vote. Ils servaient à boire aux électeurs qui passaient, tous bourrés. Si bien que le temple républicain est devenu en peu de temps un vrai bistrot de campagne ! Papa est finalement arrivé pour remettre tout cela en ordre. Mais voilà pourquoi j’aime Neufvy ahah. Le petit village gaulois.
A ajouter rituels :
Je constate que le contact avec mes proches, notamment amis, crée une forte angoisse chez moi, et me déconnecte de la simplicité et de la clarté de mes idées. C’est agréable, mais je mesure à quel point nous sommes éloignés dans nos états d’être. Je ressens une très puissante angoisse chez eux. Energie noire. Ambition démesurée. Insatisfaction. Je ne veux pas retourner à cet état. Comment faire pour éviter ça ? Je crois que ce qui détruit vraiment c’est le langage. Le fait de parler parler parler sans cesse. Pour ne rien dire. Le langage crée une tempête dans la tête, la conscience est trimballée dans tous les sens. Peur du silence. De l’être ensemble simplement. Mouvement qui finalement ne va nulle part. Je pense qu’il faudrait que j’arrive à beaucoup moins parler. Beaucoup beaucoup beaucoup moins.
Je dois aussi préciser la définition de mes rituels. Continuer à améliorer. Vivre plus intensément dans la connexion à l’énergie. La sensibilité. L’équilibre. Cloud hands, Taiji, standing méditation. Je pense que je vais me faire une cession demain. Permet de remettre les compteurs à zéro. De stabiliser chaque structure dans le corps.
Equilibre essentiel entre énergie et entropie, le mouvement s’inscère entre les deux. Mais domination mystérieuse de l’entropie. Il n’empêche, nécessité de mettre nos espoirs dans énergie, d’invoquer la clémence, de reconnaître énergie dans chaque structure. C’est le sens des lieux sacrés, des temples… souvent accentuation de la structure mémorielle. Les phénomènes naturels sont la manifestation de l’énergie dans l’environnement. A honorer.
Sensation de l’épuisement absolu hier soir. L’extrême des dépenses. Les déséquilibres. L’addiction à l’activité. Le manque de sérénité. Je dois retrouver foi dans énergie, cf bleach zanpakuto. Confiance. Travailler avec. Ecouter. Respecter.
02/05/17
Je lève le pied sur ma recherche. J’ai terminé la réorganisation de la partie sur la concentration et je ne peux être plus précis dans mon approche. Gagner en précision impliquerait que je sois aidé par un prof plus intensément, que je lise beaucoup plus de documentation. Bref ça sera pour une autre fois. Mais je suis satisfait ! J’ai réussi à traiter de manière très satisfaisante l’association intention et attention dans les actions rituelles, c’est-à-dire qui permettent une progression par la répétition. Une amélioration. Cette association est essentielle pour pouvoir à la fois servir la préservation de l’énergie manifestée dans les structures, et son expérience jouissive. L’amour de la vie, de l’équilibre. Permet de pratiquer la juste action. Et de gagner en connaissance et en contrôle de ses structures. Absolument fondamental. L’état d’unité sans uniformité témoigne d’une communion avec l’âme spirituelle. L’énergie pure. Clé de voute des structures. A la fois dedans et dehors. A terme, il s’agira peut-être de pouvoir l’utiliser par-delà les limites des structures. Non pas pour agir sur les structures elle-même (sauf peut-être cas extrême, menace extrême), mais simplement pour être capable de cette grande maîtrise (rappel : trop de pouvoir est toujours néfaste, cf l’anneau du SDA).
Entraînement de kendo en fin de matinée avec Eiki san et les autres au dojo. Tout s’est bien passé ! On y est allé avec sa sylvia nissan bleue. Il change de chaussure dedans pour conduire plus souple ahah. Dans sa jeunesse il faisait du drift, et participait donc à des courses de rue. Je suis dans fast and furious 3 !
Déjeuner incroyable… chez Akusa ou quelque chose comme ça. Un restaurant japonais de luxe c’était une grande surprise. Ambiance traditionnelle, tout en bois. Au milieu de la salle, deux piscines pleines de poisson… prêt à être mangés ! On ne peut pas faire plus frais. Les Masushige ont réservé un plateau repas. Assorti de différents petits mets. Je ne connais pas le nom de tout. Il y a de la viande, du poisson, mais surtout des légumes et du tofu. Très fin, délicieux. Une grande diversité. Les cuissons parfaites… On a pris des photos. Le dessert était sublime. Une mousse de thé vert sucrée. Et un thé vert. Simple mais parfait. Belle expérience j’y reviendrai avec ma famille.
Après-midi à l’UCIA. Continué la traduction.
03/05/17
Mochi = pâtisserie délicieuse simple japonaise qui se décline à toutes les sauces (genre boule coco) :
Warabi mochi
Kachiwa mochi
Sakura mochi
Journée entraînement génial. Réussi hier à bien avancer avec le corps. A équilibrer le corps.
Entraînement kendo magique. Je me sens progresser. Je développe mon corps pour servir l’environnement. Pour exorciser les déséquilibres qui y sont sont de surdécharge soit de surrecharge. L’épée le peut. Elle dégage une très forte énergie dans l’environnement. Je donne cette énergie là où il le faut. J’ai enfilé les gants. Retravaillé le kirikeashi, et les frappes particulières. Travaillé l’avancée du bassin, et le slap du poignet gauche. Le travaille des pieds, garder le gauche dans l’axe, rentré légèrement. Et surtout fait mes étirements à la suite de la pratique. Bonne suée. Mais bien plus simple que le soir, car je suis déjà plus souple, échauffé. J’en garde de sacrées courbatures. Mais je pense que je progresse. De toute manière à force de forcer mon corps à maintenir l’ouverture, j’imagine qu’il finira par ne plus se fermer entre chaque séance.
Rituel du corps dans l’environnement pendant que j’étais à vélo et que je croisais des passants (penser à ma pression sur eux, cette relation), dans le dojo… pendant l’échauffement j’ai réussi à donner beaucoup à l’environnement pour le recharger. Dégagement de puissance explosif. Puis il a fallu aussi apprendre à cibler le dégagement dans la pratique. plaisir de dépenser pour équilibrer environnement. Corps dans raison, dans imagination (perception physique associées à imagination par exemple. Le fait de se sentir écrasé quand présence d’une forte concentration d’énergie dans une structure, déséquilibre…) et dans mémoire (cours d’EPS, entraînement de cette année). Savoir aussi le reposer, recharger le corps = matinée.
Approfondissement spirituel pur… marcher avec le flux de l’énergie. Ichida. Matérialiser énergie spi pure, puiser dans la source infinie non manifestée. Technique ultim. Implique communion parfaite avec âme spirituelle. Difficile car âme plus expérimentée cf zangetsu, plus vieille, plus forte. Mais je dois prouver ma sagesse. Montrer que je sers le bien dans ma structure classique = conscience ordinaire. Indépendance dans le respect et l’unité. Unification sans réduction… Montrer que je suis certain de mes choix. Que veux-je protéger le plus ? L’équilibre de mon être élargi. Mais pas seulement mes proches et l’environnement. Chaque cellule de mon organisme. Chaque quantum d’énergie. Faire un avec elle dans ce monde.
Puis après midi UCIA.
Dîner dans un restaurant de barbecue. Dégueulasse encore une fois. Cette fois spécialisé dans les abats de porc… Eiki san adore cela. Mais j’ai dit que je n’aimais pas. Ca va bien 5 minutes ahah !
04/05/17
Journée visite haute en couleur ! Mangé pour le déjeuner des soba.

Puis Ashikaga Gakko. La première université du Japon, aujourd’hui fermée. Et surprise… elle est dédiée à l’apprentissage de la sagesse confucéenne. Le lieu est splendide. Il a été entièrement restauré, si bien qu’il admire les bâtiments et jardins tels qu’ils étaient il y a plus d’un millénaire. Evite le côté épave occidental, où il faut toujours conserver tel quel, même si il ne reste plus que trois cailloux. Mais je ne suis contre non plus la philosophie historique occidentale. Je dis simplement qu’il y a du bon aussi à, comme les japonais, reconstruire pour éviter que le passé soit seulement le passé. Lui donner une valeur présente.

La bibliothèque, remplie d’ouvrages de philosophie asiatique et occidentale. L’école, grand bâtiment qui fait aussi cuisine. Architecture traditionnelle, bois… Eiki san m’explique que le bois a l’avantage d’être facile à entretenir, rénover, façonner, mais que du coup les bâtiments sont sensibles aux incendies… la majorité des lieux historiques du Japon furent ainsi perdu. Ca explique aussi leur philosophie architecturale. Pendant la seconde guerre mondiale, les américains n’ont pas bombardé Tokyo, mais comme au Vietnam ils ont arrosé la ville de napalm. Car le feu pouvait tout détruire (constructions de bois).
Un objet symbolique de la philosophie confucéenne, mais plus généralement de toute la philosophie de l’humanité et de la spiritualité asiatique (les religions occidentales sont bien trop simplistes pour cette conception), c’est le bol balance. En équilibre entre deux chaînes, il s’agit de le remplir d’eau au maximum, en évitant qu’il ne se renverse. Jusqu’à un certain point l’équilibre est maintenu, mais à une goutte près tout bascule. Ca exprime l’importance du juste milieu. L’idée qu’il faut de tout, de manière raisonnable.
Visite ensuite de plusieurs sanctuaires shinto.
Enfin, direction le parc floral d’Ashikaga… très célèbre au Japon. Un grand parc avec principalement des glycines, dirigées pour créer soit des immenses toits, soit des boules tentaculées, sortes de squelettes d’animaux fantastiques, voilés d’une cascade de fleurs mauves ou blanches. Balade, photos… beaucoup de monde. Le Japon est un pays chargé. Comme dirait Eiki san, les japonais aiment les files d’attentes !
Soirée : dégustation de jeunes pousses de bambous récoltés par Hirato pendant sa journée club nature. Délicieux, et simple puisque les bambous poussent partout, et se multiplient chaque année… Je vais en planter à Colibris, avec des haricots azukis ! La culture est possible chez nous. C’est génial !
Visionnage du débat présidentiel. De la haute voltige. J’ai adoré Macron. Le Pen était bien évidemment lamentable, rien à faire à cette place. Macron s’est défendu comme un roi… bien que ses idées restent fondamentalement à chier.
05/05/17
Visite de Tokyo ! Me permet de faire une reconnaissance avant d’y aller avec ma famille. D’abord le parc Meiji. Plutôt cool, une grande forêt au cœur de la ville. Je m’attendais à une atmosphère un peu à la ville chinoise, très chargée. Mais en fait c’est une ville qui, malgré la modernité de ses bâtiments, est très aérée et naturelle.
Direction ensuite le musé samouraï. Petit lieu très bien organisé, avec visite guidée en anglais gratuite, démonstration de tate, photos costumées… Vraiment à faire. J’y retournerai avec la smala. Déjeuner dans un bon restaurant de sushi. Pas cher et fait devant nous ! Virtuosité des chefs. Mais je reste pas fan de ces trucs là. Le poisson et la viande, c’est vraiment dégueulasse.
Aperçu sur un quai de métro trois femmes en kimono traditionnel avec leur ombrelle. Au milieu de la vie urbaine moderne, du Japon occidentalisé, le reste des traditions (je remarque à quel point c’est une tenue pas pratique pour marcher). Balade dans Kagurazaka, un peu décevant.
Tokyo est réputé pour ses tours de kart à la mario. On loue la voiture et on se déguise comme dans le jeu… Le métro est très compliqué à utiliser ! Les prix sont élevés, mais pas plus je trouve qu’à Utsunomiya. Presque moins cher en fait. J’ai dégusté une crêpe japonaise… roulée en cône et remplie de fraises, bananes, pâte de haricots, mangue, glace, chocolat… et surtout de crème chantilly ! Délicieux.
Journée bien fatigante, mais j’ai apprécié, évidemment ! Surtout pour la gentillesse de ma famille d’accueil de m’avoir accompagné. Je sais un peu mieux m’y orienter.
06/05/17
Journée agréable ! Travail le matin, notamment sur mes rituels. Précisé ma théorie de la recharge et décharge.
Visite du musée d’art d’Utsunomiya. Très beau lieu ! J’ai beaucoup aimé. Expo sur l’art fantastique belge. C’est des tickets que kurosaki san m’a offert, celle qui m’a déjà donné le sac, l’étui à shinaï… Vraiment généreuse ! Je vais lui donner des bonbons de Tokyo et une carte postale de l’expo en retour. Maigre consolation j’en conviens !
L’expo a beaucoup inspiré ma compréhension du jeu des structures. Et de l’illustration du mouvement par imagination. Inspection tableau par gardes… grand sérieux, ils auscultent sans cesse les tableaux pour s’assurer qu’il n’y a aucune trace de doigts… Japon. Exemples d’oeuvres marquantes :
Jean delville red death
Félicien Rops
Not enough brain to survive Lerooy
William degouve canal black Swan
Thierry de cordier crazy Woods
Jan brueghel
Toujours une partie de l’énergie perdue
Hieronymus Bosch
Georges bigot Japon
Leroy, infini.
Fabre chapter xiv
Pretzel, 2006 sculpture
Parabal et 7 péchés Pieter Bruegel
Exposé de mouvement, souvent extrêmes, accentués grâce à imagination. Parfois justes parfois injustes. Souvent desequilibres. Domination souffrance en occident. Peur du mouvement, du changement. Incapacité à être dans équilibre mais recherche de lui. Les moments de basculement vers déséquilibres. Points de passage. Important dans l’art. Ainsi que gigantisme environnement mis en scène.
Les 7 péchés capitaux = déséquilibres d’une ou des structures.
Foret lieu de l’incertain. Fascination. Lieu du déséquilibre potentiel car liberté. Plus de cadre bien sage social. D’où peur. Mais en même temps sagesse. Lieu des possibles
Soirée Jazz… nuit spéciale à Utsunomiya. Festival. Ainsi une vingtaine de bras partenaires accueils toute la soirée des groupes. On achète un ticket et ça donne le droit d’entrer dans le bar pour écouter le concert, et pas obligé de consommer. On est d’abord allé au Lucifer avec la famille, en vélo. Puis je suis allé seul au Lion’s head. Spécialisé dans la bière Guinness, dont j’ai bu une pinte avec une bonne assiette de frites. La chanteuse était excellente. Plaisir intense. Quel dépaysement familier. Des japonais fans de jazz. Des japonais qui jouent du jazz. Je ressens vraiment l’occidentalisation. Mais étrangement je trouve celle-ci belle. Raisonnée. Justifiée.
Le jazz : la musique noble de l’équilibre des structures. Le respect des 80%. La musique de la sagesse… ! L’équilibre parfait. Le passage extrême. Toujours dans la retenue et en même temps la puissance. Fleur de peau. Complexité. Le classique va plus fleurter avec l’extrême. MUSIQUE JAZZ symbole du système des 5 :
They long to be Close to you Carpenters
Save your love for me nancy wilson
Close your eyes Stacey Kent
Blue river standard (Teagarden interprétation)
Ella Fitzgerald – Misty
07/05/17
Que veux-je pour mon futur ? Pour notre futur ?
En cette période d’examen pour mes amis, je prends toute la mesure de la distance à laquelle je suis. Distant de cet univers des grands du monde de demain. De ceux qui développent une capacité de travail immense. Et qui l’investissent dans les structures en changement d’aujourd’hui. Je les admire. J’ai un jour travaillé beaucoup dans ces cadres, mais le temps passe et cette période de ma vie devient peu à peu un souvenir brumeux. Et puis, jusqu’à quand pourrai-je utiliser cette époque comme comparaison. Ce que mes amis vivent actuellement est je pense très différent. Bien plus intense. Le fait est qu’ils ne se sont pas arrêtés après la terminale, mais ont continué à travailler autant, et de plus en plus. Ainsi, ils ont atteint un niveau que je ne peux qu’imaginer. Repoussant sans cesse les limites de ce qu’on appelle à tord l’impossible.
Je voyage vers un horizon différent. Pas opposé, simplement différent. Mais lequel ? Vais-je prendre à bras le corps les défis de la société de demain ? Comment résoudre cette équation impossible du grand et du petit ? Agir par le bas, vraiment. Renaissance à la racine, tout comme la communauté de l’Anneau est née de rien. Colibris. C’est là que tout a commencé. C’est là que tout doit terminer. Associé au modèle de la troisième révolution industrielle de Rifkin, ce mouvement peut enflammer le monde. Il s’agit d’œuvrer à accélérer et à enrichir la relocalisation de la société, la réassociation des voisins pour des modes de vie plus écologiques.
Il faut penser un modèle d’émissaires à envoyer sur les territoires. Non pas pour créer uniquement des cercles d’entre soi avec des convaincus. Mais pour pénétrer les consciences et les territoires sauvages. Parce que l’enjeu est l’association de voisinage, pas les clubs où les membres vivent à 20 kilomètres les uns des autres. Oui les clubs d’émissaires sont important, mais il ne doivent pas se tromper de mission. Il s’agit bien d’évangélisation. Pas d’une égoïste recherche de progrès personnel. Il faut donc établir un plan d’action pour concrétiser la TIR colibris par le bas. Déployer le réseau. Faire que chaque territoire renferme les cellules clés de la politique, de l’économie, de l’éducation… mobiliser les réseaux numériques pour permettre le partage de savoir, de méthodes…
L’échange n’est plus une dépendance, mais une progression dans l’indépendance. Le paradoxe du grand et du petit est alors résolu : nous sommes ensemble par notre indépendance. Par le partage d’un désir de localité, de diversité, de simplicité, de richesse écologique. L’autre est mon ami parce qu’il est l’autre. Il me ressemble parce qu’il est l’autre. Et quand je partage avec lui, ça n’est pas pour retrouver ce que je suis, former une masse indistincte, grasse et orgueilleuse. Mais pour découvrir ce que je suis dans ce que je ne suis pas. Me rendre compte que la différence n’est pas l’inconnu et l’étrangeté. Que l’unité n’implique pas l’uniformité. Qu’il y a du commun dans la différence. Et que le véritable amour est la fusion choisie, contingente, libre, sans réduction des êtres.
C’est la politique horizontale, le multilatéralisme par excellence. L’émissaire local veille à une seule et unique chose : la collaboration dans l’indépendance des territoires. La stricte localisation de l’économie. Il faut réduire au minimum et définir très précisément les matières premières que l’on échange entre territoire. Encore une fois, l’échange principal est celui des expériences, des savoirs… ainsi on se ressemble par la symétrie de nos structures. Mais pas par leur fusion. Penser cependant le statut particulier des villes, soumises à des flux malheureusement plus importants.
Nouveau dojo découvert. Désormais un entraînement en plus chaque dimanche ! Je passerai en juin mon Qiu, qui est un diplôme d’avant le dan. Belle nouvelle. L’entraînement devient vraiment sérieux.
Notamment :
Importance du verrou main droite quand frappe mais c’est la main gauche qui donne le slap. Fondamental. La main gauche guide.
Pour men sur le côté bien frapper avec la lame mais main gauche reste centrée. Oblige cependant à obliquer un peu.
Distinction entre le petit et le grand men. Le petit pour frappe men seule. Et combat. Le grand pour kirikaeshi. Le grand implique un petit pas. Levée shinaï. Et frappe grand pas. Le petit implique frappe sans réelle levée. On glisse avec le pied et en même temps on longe le shinaï adverse. Pied slap !
Dans les déplacements glissés, bien garder taille au même niveau.
Pour grand men levée shinaï ne pas trop tomber derrière, laisser relativement vertical au dessus de la tête. Soutenir main droite et main gauche pas trop haute. Niveau du front.
Aprem cours de français. Un jeune prof originaire d’Orléans, qui a créé sa propre méthode. C’est son métier, d’enseigner le français aux étrangers. Il se débrouille super bien je trouve. C’était passionnant de comprendre la pédagogie. Je me rends compte à quel point enseigner est difficile. A quel point s’adapter à ceux qui ne savent pas quand on sait est difficile…
Soirée particulière : je cuisine un dîner « français » pour la famille d’accueil. Direction les courses puis début des préparatifs avec l’aide de masami san et d’Hirato (pétrissage du pain). Défi : faire une farce sans viande pour les tomates ! Menu :
Entrée :
carottes rapées + raisins sec + noix + huile d’olive herbes balsamique assaisonnement
oeufs mimosa et ciboulette
Plat :
Tomates farcies vin blanc fèves écrasées oignons fins fromage chèvre (moutarde à part)
Faire cuire à l’eau lentilles puis même eau patates épluchées puis précuire léger intérieure tomates vidées four puis farcir et cuire (faire farce huile vin blanc sel poivre ajouter farine ou mie de pain si pas assez sec.
Huile olive dessus. Garder sauce évidemment pour arroser pendant cuisson.
faire purée avec patates bien cuites (beurre et crème). Verser jus sur patates. Ajouter poivre et herbes
Salade verte
Fromage :
morbier ou camembert ou… du très fort ! Sur pain MAISON avec beurre
Dessert (mais pas eu le temps de réaliser) :
Tarte aux pommes avec cannelle et miel !
Ingrédients liste :
2 carottes
4 moyennes grosses tomates
5 petites moyennes patates
2 moyens oignons
1 salade verte
4 pommes moyennes dont une verte (aussi pour moi)
300 grammes de fèves diverses ou seulement lentilles à voir.
300 gr farine pour pâte tarte
6 oeufs pour mimosa et pâte
300gr de beurre
huile d’olive
vinaigre balsamique
poivre français
moutarde (essentiel)
mayonnaise
crème légère
fromage chèvre et morbier
cannelle poudre
miel
raisins sec
noix
ciboulette/oignons asiatiques (mimosa patates) + thym ou similaire (farce)
vin blanc 1 seule bouteille
levure pain !
08/05/17
J’ai envoyé ma recherche pour relecture finale à Monsieur Lacroix ! Attente d’un retour. Direction ferme de fraises l’après midi avec masami san, tenue par une amie à elle. Je suis reparti avec un panier rempli, offert par la maison ! Et on a mangé une glace seulement lait fraise, faite maison.
Soirée karaoké ! J’ai découvert le visage off du travail de Chin, le boss de Kazumi à l’UCIA. Vraiment cool et fan de métal ahah ! On a d’abord mangé yaki dans un restaurant en plein air avec aussi 4 français, dont Nathan et Pierrick qui sont ici en VIE. Puis direction le karaoké. Le logiciel est plutôt moins bien qu’en Chine, moins de choix et pas les clip officiels. Mais cool quand même. J’ai kiffé ATC, Titanium, Ed Sheeran, Polnareff (tout pour ma chérie)… J’ai amené les fraises de la ferme, mais avec le trajet en vélo c’était plutôt de la confiture en fabrication.
09/05/17
Kendo le matin. POUR LA PREMIERE FOIS J’AI ENFILE LE MEN !!
Après midi travail à l’UCIA. Sur le retour dégustation d’une bonne glace !
Dernier dîner, dans un petit restaurant italien délicieux. Mais vraiment petit ! Un vieux chef japonais qui cuisine italien, sur fond d’opéra du pays… magique.
10/05/17
Y a-t-il des choses que je vis durant cette troisième année que je ne peux raconter dans ce journal ? Oui, bien sûr. Il y a des choses dont je suis fier, et dont pourtant je ne parle pas. Il y a aussi des choses dont j’ai honte, et sur lesquelles je travaille dans le secret de ma conscience. Malgré l’importance que je donne à l’honnêté, il est évident que toute vérité n’est pas bonne à dire. Et chacun a le droit à sa part de mystère. Je me moque des conséquences de mes actes sur ma propre vie, mais en revanche je ne veux pas influer sur celle des autres outre leur volonté.
Ce matin réflexion, encore, relatives à mon choix de master… Administration publique ou pas ? Je n’arrive pas à me décider. Si je tente l’ENA, ça veut dire deux années bien particulières qui m’attendent à mon retour…  Mais en même temps pourquoi ne pas tenter ? J’en ai l’occasion. Ca ne pourra pas me faire de mal. Et franchement finstrat… dans le genre pipo c’est bien aussi. A voir donc, à méditer…
Aujourd’hui changement de famille d’accueil ! Cérémonie interminable à l’UCIA. J’étais fatigué aujourd’hui, et j’ai du beaucoup beaucoup prendre sur moi pour supporter le verni social japonais, les photos, les planifications deux mois à l’avance inutiles puisque ça ne se passe jamais comme prévu et qu’il faut tout revoir le moment venu… C’est particulier, mais au moins on s’ouvre à une expérience de la vie différente.
J’ai passé un mois merveilleux chez les masushige. Presque trop… la cuisine de Masami san était incroyable, et cela chaque jour. Les visites furent mémorables. Mais avec autant d’activité, difficile parfois de trouver le temps de travailler comme je veux sur mes projets. La nouvelle famille dont je n’ai pas encore mémorisé le nom est super cool. Le mari est alcoolique léger (deux bières tous les soirs), comme la famille masushige. La mère semble ok. Dîner okonomiyaki !!! Crêpe japonaises ou tu mélanges tous les ingrédients à la pâte avant de cuir. Délicieux. Différence radicale avec Masushige. Yumi san n’aime pas cuisiner. Céréales au ptit déj, et « on ira souvent manger dehors le soir ». Je réalise aussi que Masami san a cuisiné les déjeuner alors que ça n’est pas compris dans le tarif. Juste dingue de gentillesse.
11/05/17
J’ai enfin fait mon choix !
Je renonce à AP et donc à l’ena au profit du développement et de la diffusion par le bas d’une éthique écologique. Ca sera donc finstrat, avec un souci particulier apporté à la communication.
La difficulté de cette voie, c’est que le chemin vers la réussite est moins « quadrillé », institutionnalisé ». Et j’en ai souffert cette année, la liberté c’est le risque du laisser aller. Mais comme un jour ou l’autre il faut se prendre en main, je pense que l’ena ne sauve personne. Et que trop nombreux finissent par devenir comptables pantouflards faute d’avoir su assumer un vrai projet d’entrepreneur politique. Je vais en finstrat comme je préparerais le concours de l’ena. Je veux révolutionner les consciences.

J’estime que les structures économiques et politiques élitistes actuelles n’ont plus la capacité d’apporter le changement rapide qu’il nous faut. Nous avons besoin d’une nouvelle méthode. D’un nouveau mouvement.

J’ai la conviction que les grandes structures politiques et économiques actuelles sont prisonnières d’un système hypercomplexe, fondé sur une idéologie ancrée dans chacun de nos esprits. La force de son idéologie et sa complexité rendent le système actuel trop long à changer par transition. Le défi est trop grand pour se passer de révolution. Par transition, le changement arrive, mais il est d’une lenteur effroyable. Car il faut reconvertir presque toutes les branches de notre économie, toutes nos instutitions, toutes nos formations et cela sans accoup, en donnant l’impression qu’en fait rien ne change… NOUS N’AVONS PAS LE TEMPS de cette douce transition. NOUS N’AVONS PUTAIN DE PAS LE TEMPS.
Je suis contre la révolution par le haut, car elle utilise la force pour briser les coeur. L’ena ne me conduira qu’à un poste où je devrai négotier avec des gens qui ne cesseront de me dire : « on fait comme ça car d’après notre étude de marché, c’est ce qui est tendance ». « on développe cette stratégie politique car d’après notre sondage… » Mais qu’est-ce qu’une étude de marché ou un sondage sinon une vision synthétique de vos intentions ? Que pensez-vous que les professionnels de la haute étudient quand ils prennent leurs décisions ? Nous. Nous sommes leur repère premier. Les petits points du graphiques qui déterminent la taille du nouveau téléphone et du nouveau snack à l’huile de palme.
Je suis pour une révolution par le bas, c’est à dire la manifestation d’un courage citoyen qui poussera les grands de ce monde à s’adapter à notre nouvelle volonté. Une insurection des consciences, voilà ce que je souhaite. Car si les consommateurs et les travailleurs manifestent la demande d’une changement révolutionnaire, les grands s’adapteront. Ils dépendent de nous, et c’est donc de nous que vient la rigidité. Nous qui sommes effroyablement lents à changer. De nous qui avec nos grandes gueules de mécontents faisons dans notre froc dès qu’il s’agit d’acheter des lentilles plutôt qu’un steak. Faut-il qu’on nous supprime les sacs plastiques en supermarché pour qu’on arrête de les utiliser ? Qu’on taxe le CO2 pour qu’on réduise nos trajets en voiture ? Je refuse de croire que nous sommes débiles à ce point. La politique et l’économie des grands, ça a toujours été le service intéressé de la bêtise populaire. Notre démocratie est aujourd’hui une chimère ou des pantins votent une journée et travaillent en gueulant les 5 années suivantes. Tu parles d’hommes. Le XXIème siècle sera fait de consciences citoyennes justes et libres dans leur choix écologiques quotidiens, où ne sera pas. Et cela, je répète, implique une action par le bas, et non par le haut. Implique un apprentissage de la communication directe, et non de l’équilibrisme dans les couloirs des commissions.
Toutes les décisions qui partent d’en haut s’adaptent à l’opinion générale… du bas. Et la marge d’influence sur cette opinion est, de part la rareté des attentions et la surcharge d’informations médiatiques, extrêmement faible. Le haut dépend entièrement du bas. Pas d’entreprise sans obéissance relative aux travailleurs et aux consommateurs. Pas de politiques sans électeurs. Les grands n’ont pas le temps de nous ouvrir l’esprit, alors ils nous confortent dans notre maladie civilisatrice. Après l’ena on ne peut que gérer des statistiques généraux, le suivi et l’adaptation à la tendance dominante. On actionne des petits leviers dans les contraintes structurelles d’une système obscolète, et ainsi la courbe oscille sans jamais changer de direction. Or la direction actuelle est celle d’un mur. Et tout le monde le sait.
Si les pdg et les présidents peuvent manipuler un peu, ils vous disent surtout ce que vous voulez entendre. Une bonne étude de science politique confirmeraient c’est certain que les médias véhiculent avant tout ce que l’audience souhaite entendre. Et si on manipule, c’est pour passer d’une berline à un SUV. Vive la révolution… Pourquoi ? Comme je l’ai dit, ils n’ont pas le temps et la liberté qui leur permet de faire plus. Ils dépendent de votre satisfaction, et la compétition est telle pour leur poste qu’ils ne peuvent prendre le risque de jouer contre vous !
Je suis donc pour la vraie et audacieuse manipulation. Celle de Socrates et des Lumières. Le manipulation révolutionnaire. Celle qui, après une argumentation construite et progressive, vous fait adhérer à ce que vous auriez refusé quelques jours ou quelques mois auparavant. Voici ce que je veux faire. Et cela implique un travail de communication approfondi, suivi, de proximité. Un travail de structuration sur le terrain d’un réseau militant et éducatif. Avec une réelle compréhension de nos spécificités individuelles. Nous menons beaucoup de débats, mais les discussions s’arrêtent souvent à un échange. L’enjeu est de prolonger l’échange. De permettre un changement de fond dans chaque conscience. Et tel un microbe salvateur qui se répand, de faire de chaque éveillé un éveilleur. Je n’ai pas besoin de l’ena pour cela. Les lois, le Conseil d’Etat et la Constitution sont impuissants pour cela. Au même titre que la télévision et la radio, avec leurs émissions jetées au lance pierre. Internet et l’action concrète, voilà ce qui nous relie vraiment aujourd’hui. L’action locale et contagieuse des colibris sera suffisantes.
Quel changement proposer ?
A l’image de Pierre Rabhi et de la sagesse philosophique, j’estime que l’ennemi et la violence sont en chacun de nous. Ce qui fait le monde que nous connaissons, ça n’est pas d’abord les meeting politiques auxquels on participe, les associations pour lesqelles on donne son temps, les messages facebook qu’on poste ou les dons aux ONG… tout cela est un verni aussi luisant que toxique, qui donne l’illusion du changement mais en fait ne fait que brasser de l’air. Ce qui fait la réalité actuelle, ce sont nos habitudes de consommation quotidiennes et nos déplacements physiques. La matière et l’énergie, voilà la réalité. Quelle matière j’achète, quelle énergie je consomme. Il y a aujourd’hui une prise de conscience écologique. Mais les grands de ce monde ne parviendront pas, malgré leurs sacrifices sincères et immenses (et je suis prêt à débattre à ce sujet avec n’importe qui), à convertir notre économie mondiale avant les catastrophes du changements climatique. Car les grands naissent des petits. Ils sont votre reflet ! Ils proposent une offre économique, politique, culturelle… qui dépend essentiellement de votre demande. Je l’ai déjà dit. Vous pensez qu’ils vous manipulent, mais en vérité ils ne font que proposer ce que vous désirez. Le monde va mal parce que vous choisissez le mal. Vous choisissez de donner votre argent au mal. Et aussi longtemps qu’une pub de soda ou de basket de merde auront plus de succès auprès de vous qu’un exemple d’action écologique, et bien le soda et les basket de merde gagneront. Aussi longtemps que les modèles de voitures à essence auront plus de succès que les voitures électriques ou hydrogènes, le pétrole gagnera. C’est nous qui faisons le match. Nous sommes la racine du problème. Et c’est pour cela que je souhaite travailler avec vous, parler à vos consciences.
Or, l’économie est et a toujours été le ciment de la société. Notre civilisation repose sur les systèmes techniques et théoriques de la deuxième révolution industrielle : énergies fossiles, concentration, capitalisme, consommation. Ce systèmes fonctionnent par nos choix de consommation. Le monde d’aujourd’hui et de demain est entre nos mains. Nous avons un pouvoir immense.
Il n’y aurait pas de voitures à essence si la majeur partie d’entre nous achetait ou manifestait le désir d’acheter, de l’électrique. Il n’y aurait pas de problèmes de malnutrition et de manque d’eau aux suds, de cancers, de souffrance animale, de gestion des déchets, d’agriculture chimique et d’agroindustrie si nous mangions 2 fois moins de viande et achetions par ordre de priorité des aliments locaux, sans emballage jetables, non transformés et biologique. Il n’y aurait pas de travail inhumain d’enfants miséreux dans des pays qui le sont tout autant si nous achetions nos vêtements plus localement, en moins grande quantité et de meilleure qualité. Tous ces changements ont un coût supérieur, mais grandement compensé par un gain de durabilité et de qualité. Au-delà, combien dépensons-nous dans des objets farfelus qui finissent dans des greniers ? Combien dépensons nous en cigarettes et en alcool pour nous détruire la santé ? Combien dépensons nous sous l’impulsion de publicités mensongères et le salut de marques inhumaines ? N’est-il pas logique d’arrêter de confier notre argent à ceux qui menacent notre avenir et ne pensent qu’au profit ? De dépenser plus pour ce qui est juste, bon et essentiel. Nécessaire à l’équité, la santé, la paix et l’avenir de notre société ?
L’offre suivra la demande. Le monde ne manque pas d’entrepreneurs prêts à sauter sur la moindre occasion de développer une nouvelle activité. C’est vos petits choix quotidiens, répétés l’air de rien qui définissent le monde d’aujourd’hui et de demain. La barre grasse et sucrée que vous achetez chaque soir, comme des millions d’autres personnes sur terre, au distributeur automatique de la station de métro du coin. Parce que vous cédez à la stratégie perverse des grandes entreprises, qui profitent de vos défenses mentales affaiblies pour vous faire rêver et manger de leurs produits toxiques jusqu’à l’excès, ou la frustration.
Il faut changer nos habitudes de vie, au quotidien. C’est de cet élan d’éthique citoyenne que naîtra la société de demain. De cette insurection des consciences. Je ne parle pas de grand soir, mais simplement de vos achats et trajets du quotidien. Où vous allez, comment et ce que vous avalez et possédez. Parce qu’on peut être le meilleur ministre, ingénieur, bénévole de l’UNICEF… et en même temps graisser la patte des grandes banques, de l’industrie du pétrole, d’Apple et de Macdonalds. D’un côté on donne des crayons de couleurs, et de l’autre on prend des vies et un futur. Les grandes entreprises et les politiques manipulent parfois la demande des consommateurs, mais ils n’en restent pas moins dépendant : quelle marque de dentifrice j’achète ? Pour quel candidat je vote ? Tout ce qu’ils cherchent, c’est notre attention, notre adhésion. Sans nous ils ne sont rien. Alors montrez-leur l’exemple, manifestez votre volonté de justice et d’harmonie par vos actes, et vous aurez justice et harmonie. « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde ». Et si vous l’êtes déjà, diffusez le message plus largement. Convertissez ceux qui refusent d’admettre qu’ils sont les acteurs de leur propre misère. Le gardien de leur prison. Le bourreau de leur suicide.
Chacun doit faire sa part. Il n’y a aucune raison que des hommes et des femmes politiques sacrifient leur vie à des causes, tandis que d’autres jouent les victimes, se vautrent dans l’irresponsabilité, les excuses faciles et la médiocre complaisance. Faire sa part, ça veut dire avoir le courage de concrétiser son éthique, et de l’imposer aux autres quand il faut, avec pédagogie et flexibilité. Je prends un exemple : je suis actuellement au Japon. Ici on mange de la viande matin midi et soir. Et beaucoup de famille ne boivent pas l’eau du robinet, pourtant parfaitement propre. C’est un désastre écologique. Parfois je m’adapte poliment, mais il est aussi de mon devoir d’être fidèle à mon éthique écologique. Et de transmettre mon message à mes frères. Ainsi, j’ai demandé à ma seconde famille d’accueil de ne me donner de la viande que deux fois pas semaine. Et de ne pas m’acheter de bouteilles d’eau en plastique. Ainsi je peux expliquer pourquoi je fais ces choix. J’ouvre des regards. Je fais ma part du changement. Et je répète, je ne compte pas me sacrifier pour vous faciliter la vie. Il n’y a pas de raison que je me batte pour vous imposer par le haut, c’est à dire principalement par les pdg, les lois et les médias, vos nouvelles habitudes. Arrêtez d’attendre qu’on vous dicte la marche à suivre. Car les grands ne sont qu’une réponse aux mouvements des masses, à la marche de l’Histoire. Les grands ne révolutionneront pas notre conscience collective. Et en son état actuel, cette conscience conduit à notre disparition prochaine. Révolutionnez-vous dès maintenant. Devenez un colibri.
Bon, ma nouvelle famille d’accueil, les Kato, est très gentille, et généreuse. Je ne vois cependant jamais le mari qui travaille de 6h du matin à 11h du soir. Yumi san la maman me fournit le repas du midi, trois jours par semaine, alors qu’à l’origine ça n’est pas compris dans le prix. En revanche je sens qu’on attend de moi une petite contrepartie… Yumi san a un fils de 4 ans relativement hyperactif et je suis sollicité pour jouer avec lui. Ca prend du temps et de l’énergie. Et j’avoue que ça n’est pas une de mes spécialités d’origine. Mais ça me fait du bien aussi d’apprendre la patience, l’insouciance. Bref de m’ouvrir à l’enfant. Ce soir par exemple, nous avons allumé des petits feux d’artifice. On termine par un qui brule lentement en faisant des petites étincelles. Le but est de le garder allumé le plus longtemps possible. Symbolise la fin des feux.
Entraînement de kendo aujourd’hui, difficile. Je suis très fatigué du changement de famille d’accueil et des cérémonies d’adieux/bienvenues. J’ai un test de kendo le 11 mai. Les premiers entraînements avec le men (casque) sont difficiles. En plus des petits désagréments type sueur, il y a le fait de recevoir des coups. Parfois douloureux, notamment le cote. Concernant le déroulé de l’entraînement, il faudra que je me documente (probablement demain après-midi) plus en détail sur le nom des différents exercices. Et aussi sur le bushido en général. Il est grand temps que je m’y mette, mais jusqu’à présent ma recherche académique et mes soucis d’orientation de master me bloquaient.
Pas réussi à faire jusqu’au bout mes étirements de yoga, même en y passant une heure et en introduisant par une méditation. Effort trop intense. Je tenterai une nouvelle séance après l’entraînement de kendo de demain. Je constate que malgré mes efforts, la souplesse ne se stabilise pas. Toujours aussi difficile d’atteindre le grand écart, et douloureux. Quand mes tendons vont-ils s’adapter ?
12/05/17
Nouvelle journée qui commence. Programme (que j’ai au final très peu suivi faute de temps et d’énergie) :
Penser à mes structures rituelles. Jour de l’environnement. J’ai peu pratiqué cette semaine. Importance d’équilibrer en intention et en attention. De ne pas se vider trop vite. De savoir protéger en ciblant l’attention et l’intention.
Ecrire article UCIA, court et laisser place pour photo !
Créer évènement Colibris Neufvy 2 sur facebook et envoyer invitation par mail également. Réserver agneau Seb.
Documentation sur le kendo et le bushido : liste vocabulaire entraînement notamment.
Entraînement kendo sérieux. Je me suis encore laissé embarquer dans un truc de fou avec cet examen que je passe dans un mois. Il s’agit d’un niveau équivalent à 5 ans d’entraînement. Certes mes cours sont intensifs. Mais quand même, je vais devoir travailler dur.
Fatigue infinie. Mon corps est complètement engourdi. Monter un escalier est difficile. Bouger le moindre muscle est un combat. Je ne sais pas ce que j’ai. Je n’arrive pas à évaluer objectivement la situation.
Oui, Hiro le gosse de 4 ans de la famille est épuisant et je pense hyperactif. Oui, la vie japonaise est épuisante. Je ne sais pas comment ils font pendant toute une vie. J’en ai parlé avec Yumi san sincèrement aujourd’hui. Elle m’a confirmé que l’UCIA m’aimait peut-être un peu trop, et que certains membres manquent probablement d’occupation. J’ai l’impression qu’ils gèrent l’agenda d’un ministre. Les familles d’accueils me permettent de comparer, et de confirmer ces dires. Ni Masami san ni Yumi san n’ont le temps de se prendre la tête à ce point là. La vie sociale japonaise devient très vite ingérable si on n’est pas pleinement engagé. Car les attentes d’intentions et d’attention sont élevées et le moindre faux pas est remarqué.
Le Japon est vraiment caractérisé par l’absence de toute limite du soi. Je donne jusqu’à la mort. Je ne compte pas mes efforts. Ne jamais montrer qu’on est fatigué, ou agacé… Manque de bol je suis un peu comme ça aussi. Du coup si je ne fais pas attention je finis vite à genoux ! Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, le Japon n’est pas le pays de l’équilibre. La pop culture en témoigne. C’est l’excès en permanence. Excès de paraître en forme en société, excès d’addictions dès qu’on est face à soit même, excès de travail, excès d’éducation pour les enfants… Paradoxalement, l’occident apparaît plus équilibré. C’est comme si, parce que notre culture collective et superficielle, de surface, pense un monde tiré par des extrêmes dualistes (Dieu et le diable) toujours noir ou blanc, nous pouvions trouver en privé un équilibre. Au contraire en Asie, parce que le verni est l’équilibre, le privé tombe dans l’extrême. L’extrême est dehors en occident et dedans en Asie. Personnellement je souhaite penser un équilibre en mouvement, une alternance d’équilibre et de déséquilibre, interne comme externe.
Article pour la newsletter (je suis très limité car ils me demandent d’écrire dans un anglais simpliste, pour les étrangers) :
Konnichiwa Japan,
Each month, I write an article to tell you about my stay in Utsunomiya. This is the second one!
Little by little, the French student that I am gets a deeper understanding of your wonderful culture. The only problem is maybe that punctuality and organization are not french qualities… However we like wine and revolution. That’s not bad, is it?
In Paris, we have a famous marathon, a race of 42 kilometers. But we also like the « barathon », that means going with friends from bar to bar all the night along. I’m happy to see the Ustunomiya invented the “jazzathon”, where you can listen to several jazz bar concerts in one night!
Thanks to my host family, I’ve visited Ashikaga, Nikko, museums, a strawberry farm, the Nissan Tochigi plants… We have been to Tokyo during the golden week. It’s a good timing, since many tokyoite are enjoying the countryside for holydays. By the way, I wish you had a goodtime.
My kendo training is getting harder because my sensei wants me to pass the ikkyū exam on june 11th, after only 3 months training. What a challenge! Will I succeed of fail? The answer in the next article…
To listen on the roads of Japan: https://www.youtube.com/watch?v=9IIPGYnuEoY
Arigatou gozaimasu,
Léopold.
13/05/17
Les derniers jours furent vraiment difficiles. A cause de la fatigue, des changements de famille et du renforcement de l’entraînement de kendo, je n’arrivais plus à contenir la demande en énergie de l’environnement et je me suis donc déchargé de partout pour le remplir, jusqu’à l’extrême. Surcharge environnementale. Je dois donc briser le lien et ressourcer mes autres structures, notamment le corps et la raison. Je vais commencer ce matin par une séance de vrais étirements.
J’ai grandi dans l’effort et la compétition, j’en ai fait mon dieu et mon bourreau. Je dois désormais apprendre à vivre et à communiquer dans plus de bienveillance et de douceur. De calme. De confiance. Mon rapport à l’autre a toujours été violent, angoissé. Un rapport fondé sur la peur. Je veux changer ça. Mon ton a toujours été illuminé, unilatéral, déjanté. Je veux l’apaiser. Respirer profondément. L’autre travaille avec moi car nous avons tous au fond de nous la même ambition. Je ne joue pas contre mais avec. Chaque action mérite d’être comprise. Chaque comportement est fondamentalement légitime. Il contient toujours une part de vérité. Communication non violente !!
14/15/16
A mesure que mon retour approche, la motivation et la liberté d’esprit que j’avais pour conduire ce projet disparaissent. Pourtant, ça n’est pas parce que j’ai envoyé ma recherche académique que mon travail est terminé. Je dois encore beaucoup, au kendo club d’Orléans, à mes contributeurs en général. Je n’ai pas écrit une ligne sérieuse sur le Japon. Et mon essai personnel n’est qu’un plan général. Le problème, c’est que je me fais beaucoup de souci pour mon avenir, avec ce choix de master qui, probablement de manière très artificielle, précipite un peu les choses. Ca n’est pas la même chose d’être formé pendant deux ans par des administrateurs de ministères que par des manager d’entreprises du CAC40. Ainsi, le choix est difficile. Raison d’Etat ou feu d’artifice économique ?
Mes « rituels » me paraissent d’une futilité immense comparé à l’enjeu de me former à un métier, et de contribuer à la société d’aujourd’hui comme un adulte. Aident-ils vraiment à quelque chose ? Dans tous les cas, je ne me sens pas de les utiliser professionnellement. Non. C’est pour moi un loisir, et ça ne signifie pas qu’ils sont futiles. Aussi je retire ce que j’ai dit. Ils sont un loisir au même titre que le sport, la musique et les jeux de rôle. Je souhaite pouvoir consacrer au moins 2 heures de chacune de mes journées à ces loisirs. Mais le véritable enjeu est de pouvoir partager ces loisirs, avec mes amis et ma famille. En faire don. Arrêter de développer ces compétences uniquement pour moi.
Il y a l’antagonisme fondamental : vie dans la haute ou vie dans la basse société. Je suis pris en tenaille entre le domaine du château et Paris. Je suis pris en tenaille entre deux modèles de société. Solution ? Le juste milieu intégral.
Je rachète au moins la partie maison bulot et maison presbyt du château (pour Olivier) afin de continuer les activités colibris (et rituel) et d’avoir toujours un vrai espace à exploiter. Je viens le weekend. Je peux éventuellement gérer une activité économique locale, ferme et commerce…
Je fais le master communication et je balance tout en politique, pour Colibris et Mélenchon. Organisation de campagnes marketing viral (opération Génération, ultra liste…), de marketing ciblé (consulting compagnies). Action dans le groupe coeur local.
Entraînement kendo :
Je dois maintenant parler plus en profondeur de ma pratique du kendo. Contrairement à mes autres expériences de sagesse asiatique, je mets du temps à rentrer dans ma pratique, et surtout dans la théorie qui y est associée. Il n’empêche que mon entraînement progresse.
Un entraînement classique commence par un salut collectif en cercle, en position seiza avec salut drapeau, sensei (discours) groupe.
Puis kata, bokuto éventuellement.
Puis échauffement collectif au rythme compté. Puis échauffement avec shinaï toujours collectif. Ici il d’agit de faire des coupes droites d’avant en arrière. Puis de côté, puis très rapide avant arrière. Cardio.
Puis on enfile le bogu et début des formes de combat classiques : kirikaeshi etc…
Fin avec combats puis on retire les men, cercle et à nouveau salut.
Quoi d’autres ? Je suis accueilli comme un roi dans les dojos et le sensei saïto me prend sous son aile en plus de Kusaka san. Il insiste pour que je passe le 1er kyu, qui correspond au niveau le plus élevé avec le 1er dan. C’est un véritable honneur. Et j’en mesure la portée. Je vais tout faire pour réussir.
J’aborde le kendo de manière intéressée, mais aussi objective. Je progresse vite avec ce détachement, peut-être plus que quelqu’un qui se prendrait la tête sans arrêt, ou serait tremblant d’excitation avant chaque séance. C’est un sport difficile, très exigeant mentalement. Et par conséquent très intéressant.
17/05/17
Je me suis décidé pour le master affaires publiques !! Fierté. Je souhaite servir l’Etat par le haut, mais je n’abandonne surtout pas l’action par le bas. Ni la promotion de mon système d’équilibrisme. Dans lequel je crois dur comme fer.
L’entraînement de kendo avance. Je fais pleins de gaffes du type je prends deux gants pour la main droite, mes nœuds d’armure ne tiennent pas… Je travaille à améliorer cela, car ce qui entoure la pratique est aussi important que la pratique elle-même ici. C’est cela le rituel.
Je suis bien décidé à réussir le test. J’ai pour la première fois fait du combat. C’est vraiment intéressant, et ça demande une concentration exceptionnelle. Je suis étonné de la fatigue causée par les entraînements. Rien qu’une heure de pratique suffit à me mettre à genoux.
Je travaille en ce moment beaucoup sur la fête que j’organise avec N à mon retour à Neufvy.
Je prends mes marques dans ma nouvelle famille, mais j’ai du mal à suivre le rythme des emplois du temps japonais. Tout doit être planifié à l’avance, hors il est impossible que tout se passe toujours comme prévu. Alors au fil des changements de planning, les gens se frustrent, se fatiguent. Tout cela pour rien. Il suffirait de me laisser plus d’autonomie, et d’accepter de ne pas toujours savoir ce que je fais ou compte faire. Tous se mettent en quatre pour me servir comme un roi, mais je ne demande pas ça. Si je dis que je souhaite plus de liberté, on me dit en sous entendu que j’avais qu’à choisir d’être à l’hôtel.
La culture japonaise est vraiment difficile à intégrer. Et je ne souhaite pas vivre comme eux. Ils fondent toute leur fierté sur le service de l’autre. Autrement dit, ils ne s’estiment que dans la qualité de leurs relations sociales et donc aussitôt que quelqu’un ne répond pas à leurs attentes, ils se sentent blessés, heurté dans leur ego. Ils disent qu’ils n’attendent rien en retour de leurs gestes, mais c’est complètement faux. Ils ne font pas les choses pour faire plaisir, par amour véritable. Mais uniquement pas convention sociale. C’est très triste. Tout est calculé pour l’image.
Au-delà, tout absolument tout est contrôlé par des règles. Chaque comportement est ritualisé. Et c’est là que je mesure la limite des rituels. Lorsqu’on n’est plus capable de vivre sans rituel, il y a un problème. Car la vie est faite d’imprévus. Les règles posent problèmes car elles forcent les individus à rentrer dans des cases en permanence. Et ne laissent aucune place à la liberté individuelle. Je suis en famille d’accueil, je dois jouer au parfait grand frère et être au service de la famille à 100%. Sinon, je vais à l’hôtel. Peu d’adaptation possible. Tout est rigide, près décidé. Et donc jugé. Le jugement est énorme, et toujours dissimulé. Aucune tolérance. La personne en position dominante fixe les règles du jeu, et celui qui ne les suit pas est nécessairement une merde. Car le dominant est nécessairement toujours légitime. On est dans l’extrême de rigueur là où l’occident est soit dans l’équilibre, soit dans l’extrême de laxisme.
18/05/17
Je suis loin d’être parfait, ou libre de mes démons. Mais quel égoïste je ferais à attendre de l’être pour faire ma part dans le monde.
A partir de maintenant et jusqu’au 23 mai, les entrées de ce journal relatent principalement un conflit entre mes besoins personnels (relatifs à mon projet de recherche et mon emploi du temps ici) et ceux de ma famille d’accueil, les Katos (pourtant pas catholiques du tout). J’écris cette introduction après coup, et donc avec du recul. En revanche les textes qui suivent témoignent à vif du conflit. J’y accorde une importance immense, car cet évènement est probablement l’expérience humaine la plus riche que j’ai vécu cette année. Je me suis demandé si c’était lié à la culture japonaise, mais c’est bien la famille chez qui je réside, et notamment la mère, qui est complètement folle. C’est les valeurs japonaises poussées à l’extrême, tellement que tout le monde les détestent dans la ville. Voisins, UCIA, écoles… La mère est consciente, elle le dit, mais elle s’en tape. Très spécial.
Je mesure la complexité de gérer des conflits avec des personnes en déséquilibre mental. Impossible de lui expliquer que son comportement n’est pas normal… Que ses remarques ne sont pas rationnelles. Elle est absolument incapable de concevoir un échange culturel. Comme je viens ici avec un objectif et un programme prédéfini d’activités, je ne peux me soumettre 100% à sa folie…
Par respect pour elle, je coupe les passages concernant cette histoire ! Malheureusement c’est une grande partie de mon mois de mai que vous ne verrez pas. Les histoires sont liées. J’utilisais ce journal comme sas de décompression.
Mais impressions sont très subjectives. Je n’aime pas les gens qui se permettent de parler d’une culture en général après avoir seulement rencontré quelques individus du pays. Je ne connais pas le japon, je connais quelques japonais. Ne pas faire d’un cas une généralité. Ainsi quand je dis que la politesse est malade ici, ça ne vaut que pour certaines personnes qui, par exemple manquant de confiance en elles, tournent à l’extrême des règles sensées apporter l’équilibre. La famille mashushige par exemple est adorable. Et mon séjour n’a posé aucun problème. Tout comme le sont chin, kazumi et nobby. Je crois que cette nuance mérite d’être apportée. J’ai rencontré aussi des gens formidables. Qui savent faire la part des choses. Qui comprennent que je ne peux pas être traité comme un touriste de 4 jours quand je reste 3 mois dans le pays.
19/05/17
Entraînement de kendo !
Très bonne pratique. Le test kyu1 que je vais passer intègre kirikaeshi, combat et les 9 formes au bokuto. Finalement pas la mer à boire. Je progresse en combat et surtout je m’habitue à l’armure, probablement la partie la plus difficile (poids, sueur, coups, enfilage…). Par contre je suis inquiet, douleur qui se réveille dans le poignet gauche, tendinite. Il est très très sollicité.
Importance des rituels de préparation ! Le fait de prendre son temps !! Importance d’arriver en avance. Pour pouvoir soulever la motivation tranquillement.
Importance d’y aller comme à la guerre. Chaque entraînement est vécu comme une vraie bataille.

21/05/17

Rituels ? créer du contenu. Je n’arrive pas à gérer l’exploration diversité. Mais en même temps je suis au Japon donc vite limité. Je devrais y consacrer plus de temps. Et il faudra que je le fasse une fois à Paris. A reprendre en plus, je pense. Mon organisation n’est pas la bonne. Je devrais me focaliser plus géographique. Genre Asie, Europe, Amérique et Moyen-Orient. Ca serait beaucoup mieux. Et je m’efforce de parcourir les grandes époques. Et de focaliser thématique sur les rituels. Oui oui oui !
Chaque continent source a une civilisation antique… A aborder en priorité. Comment articuler les différentes sources dans la trame rituelle générale ? Faut-il les distinguer d’une quelconque manière ? Par un code symbolique peut-être ? Pour souligner l’origine. Créer une classification ultime. Oui oui oui ! La création ultime.
Rituels du corps à traiter nominativement uniquement dans la partie guide pratique. Je reste général sur la théorie.
Très bien travaillé à mon système rituel. Revu notamment les inspirations de l’écologie de l’humanité. Il faut encore que je mette au propre les rituels et commence le travail de référencement.
Après midi épuisant avec un festival de l’UCIA. J’avais mal aux joues tellement je devais sourire sans arrêt. La vie sociale est horriblement difficile à gérer ici. Ca demande une telle énergie. Tant de démonstrations, de faux sourires… J’en pouvais plus. A part a, jolie festival autour des cultures du monde. Scène avec différentes danses, notamment hawaïennes et africaines. Dommage encore une fois que ça soit… au Japon. Avec le côté hyper coincé des gens. Toujours faux.
22/05/17
Noms japonais importance du nombre de traits, forme de superstition. Yumi san qui me dit qu’elle a souvent des visions et qu’elle peut voir les fantômes. Elle pense aussi que depuis qu’elle a changé de nom de famille avec le mariage, son nom est moins équilibré et que du coup elle a moins de chance dans la vie.
A part ça, testé le beuf japonais au dîner !! Très gras, je plaints la pauvre bête. Mais expérience intéressante. Sauf que j’ai mangé tout seul pendant que la folledingue boudait dans une pièce à côté, porte fermée, avec son gosse déjanté.
23/05/17
Très longue discussion avec Maruyama san et Nobi san. Ils m’ont emmené au restaurant. J’ai expliqué les problèmes relatifs à la famille d’accueil. Ils comprennent très bien. Et semblent sincèrement me croire et admettre qu’elle a un gros souci. Ils vont l’appeler. Elle même m’a dit aujourd’hui qu’elle n’allait plus reprendre d’étranger chez elle car elle est incapable de ne pas s’emporter. C’est particulier car elle se défend en disant que je suis très impoli et qu’elle incarne la culture japonaise. Mais c’est faux. Elle est felée. Oui je fais des erreurs. Mais comme l’explique Nobi, c’est de l’ordre de la normalité quand on est à l’étranger. Et c’est à elle de rester calme et de m’expliquer comment je dois me comporter.
A part ça ? ^^
Entraînement kendo !! génial. Mon corps se renforce. Je gère ma tendinite avec des compresses mentolées. Et j’ai changé de shinaï. Celui que j’avais été bien trop lourd… Ca va beaucoup mieux. Espérons que je vais tenir la semaine. J’ai d’abord travaillé les 9 formes au bokuto pour mon test. Puis entraînement classique. Sauf, c’était intéressant, nous avons repris en vitesse réelle les 9 formes.
24/05/17
Entraînement de kendo excellent. Mais particulièrement difficile. Et mon poignet ne s’arrange pas (enfin c’est pas très étonnant). J’ai enchaîné les kirikaeshi et les combats sans relâche. Sensei m’a poussé loin, je suais plus que jamais. Il m’o offert un tissu pour la tête, made in Utsunomiya. Génial !
J’ai reçu des précieuses sagesses. La première c’est qu’il ne faut surtout pas penser « après coup ». C’est-à-dire ruminer pendant le combat sur les coups qu’on vient de donner. Car c’est là qu’on laisse l’ouverture à son adversaire. Quand on se fait frapper par l’adversaire, on doit le remercier car il vient de nous révéler un de nos points faibles. Enfin il y a 4 étapes pour un coup classique parfait. Le premier niveau c’est de frapper avec les bras. Le deuxième avec les jambes. Le troisième avec le hara et le dernier avec le cœur.
Différence yeux asiatiques occidentaux : les asiatiques sont moins sensibles aux lumières claires, mais aussi moins sensibles aux lumières sombres. Inverse pour occidentaux. C’est pourquoi en occidentaux on aime les ambiances tamisées. Pas en Asie.
Champs de riz entourant la maison des Katos. J’entends les grenouilles chaque soir. Beaucoup de moustique aussi… On se balade dans les petits chemins entre ces risières. De nombreux canaux d’irrigations partagés par les fermiers, qui se battent pour qui remplira en premier son champ…
Au Japon, les jours correspondent… aux 5 éléments chinois ! Avec en plus la lune et le soleil (je crois). Juste oufissime.
Fabriqué des avions en papier avec Tohru, le mari de la famille d’accueil. C’était cool, il est un vrai pro. Je trouve que les avions en papier c’est quelque chose de très japonais.

 

25/05/17

Entraînement de kendo ok. Je m’améliore en combat.
26/05/17
Ce matin étirements. Je sens des véritables progrès. Même si ça arrache encore beaucoup. J’ai réussi à claquer tous mes grands écarts en 45 minutes, avec échauffements. Incroyable la puissance énergisante du yoga. Hallucinant. Ca redonne vraiment du mouvement à la structure corporelle. Ca la développe.
27/05/17
Bref aujourd’hui séminaire d’anglais avec un niveau avancé. Je leur ai proposé de traduire un discours de Macron. J’ai enchaîné avec le salon international de l’UCIA. J’ai fait une présentation de 10 minutes sur mon voyage. Les gens parlaient très peu anglais donc j’ai du adapter. Et valoriser les photos, les démonstrations de yoga etc… Finalement c’était cool, ludique et sans prise de tête. Les membres de l’UCIA semblaient contents, c’est l’essentiel.
Anecdotes :
Au Japon il est interdit de montrer ses tatouages dans les piscines ou les spas.
Maruyama san m’a expliqué qu’une partie de sa famille a du rester à Utsunomiya pendant la Seconde Guerre, et que la ville a beaucoup souffert des bombardements au napalm de l’armée américaine (comme toutes les maisons sont en bois c’était plutôt efficace…). Les habitants étaient parfois obligés de passer des nuits entières dans la rivière pour se protéger des flammes, dont sa mère et son frère.
Les oiseaux dans la maison apportent la chance.
Aucun moment à moi pour ma recherche, encore moins pour me reposer. Ce mois est un fiasco total à ce niveau. A cause de la famille d’accueil.
28/05/17
Je commence à réfléchir à ma newsletter. Je suis embêté car impossible de travailler à ma recherche correctement. Trop de sollicitations de l’environnement… Mais d’un autre côté je ne me plains pas. C’est cela le Japon, même si j’en ai eu une présentation extrême avec cette famille d’accueil démoniaque.
Pas de réponse d’Alexandre Lacroix. Il faut que je le relance. Même si je n’ai pas envie de reprendre cette deuxième partie de mémoire, son silence m’inquiète.
Aujourd’hui entraînement de kendo spécial dans le dojo de Kusaka san (qui a perdu son beau père cette semaine désolé pour elle…). J’ai vécu un vrai parcours du combattant. L’autorité et le niveau sont élevés. J’ai enchaîné trop sessions avec trois différents sensei. Avec très peu de poses entre chaque. Je devais enchaîner les kirikaeshi et les men sans arrêt. De bons conseils : Frapper plus sec et fort. Ne pas trop lever le men. Pour le Kirikaeshi, bien lever le men et priorité force et amplitude plutôt que vitesse. J’ai aussi fait un combat contre un gars qui va passer le kyu en même temps que moi. D’une grande agressivité ! Ca m’a obligé à m’adapter à son rythme. J’ai réalisé que jusqu’à présent les sensei me ménageaient bien comme il faut ahah. J’ai du retirer deux fois mon men tellement j’étais transpirant et épuisé. Je n’arrivais même plus à marcher. Le kendo fait travailler le cardio d’une manière selon moi proche du badminton. Petits déplacements rapides et répétés. Le poids de l’armure (10 kilos) ajoute bien sûr à l’effort.
Suite à cela visite du centre équestre de la fille de Kusaka san, Momo. Puis direction maison de Kusaka san. J’ai une chance immense d’être autant immergé dans la culture japonaise. Sa maison est géniale. Deux chiens adorables, des oiseaux et un lézard. Son mari est très gros. Il tient un restaurant de poulet grillé et il est prof en primaire la journée. On a partagé un déjeuner ensemble et pour le dessert on a fait un milkshake de fraises. Beau moment de légèreté après les problèmes avec la famille d’accueil. Plaisir d’être avec des gens qui ne se prennent pas la tête.
29/05/17
J’ai repris en main ma recherche ! Je veux dire, j’ai d’un côté mes rituels et théories personnelles que je reprendrai au propre à mon retour (j’ai tout l’été). Et de l’autre l’annexe à mon mémoire que je dois écrire sur le Japon. J’ai mon plan, qui tient franchement la route. Et je commence d’ores et déjà la rédaction, en faisant des recherches sur les origines historiques du Japon et du kendo.
Fatigue plus qu’immense. Je ne peux croire que c’est normal. Vraiment étrange.
Journée de randonnée dans la montagne avec Yumi san.
Les forêts montagneuses japonaises sont vraiment magnifiques, je me croirais vraiment dans princesse Mononoké ou le voyage de Chihiro ! Pris pleins de photos.
Au sommet après la visite du sanctuaire shinto, dégustation de délicieuses soba dans un petit café, avec terrasse et vue sur toute la ville d’Utsunomiya ! Super moment.  Gâteaux de riz (Yuzu Dango), Kuromitsu (miel noir), kanako (poudre de sésame sucrée) avec mochi… Sasami yakitori, Yasai…
Traditionnellement, les mamans japonaises qui veulent avoir un bébé peuvent se rendre dans des sanctuaires spécialisés, elle apportent des œufs qu’elles brisent, donnent de l’argent… Viennent une fois avant et une fois après la naissance. Yumi san l’a fait.
Le long de l’escalier qui mène au sanctuaire, il y a de nombreuses pierres gravées et des drapeaux. C’est les noms des gens qui donnent de l’argent pour l’entretien.
Etrange mélange d’inspiration shinto et bouddhiste. Les deux sont en fait très liés. Dans un temple shinto on trouve par exemple la cloche qui permet de purifier les 108 désirs terrestres (tradition bouddhiste).
Le shintoïsme peut être perçu comme très superstitieux. Il l’est en fait. Les japonais le sont. Ils confondent imagination et pensée magique. Rituels de matérialisation des structures et réalité. Ils réduisent la physique à l’imagination. Mauvais. Exemple des gens qui lancent des malédictions sur des « ennemis » en clouant une poupée d’eux sur un pin. Yumi a déjà vu cela à Nikko. On se croirait dans Tintin et le temple du soleil ahah.
30/05/17
Etirements ignobles. Cette fatigue. Ma cuisse droite est complètement bloquée. Douleur insoutenable. A reprendre plus tard… C’est étrange car je n’ai pas le sentiment d’avoir forcé plus que d’habitude la dernière fois. Au passage, pas de circuit training cette semaine. Trop de fatigue. Je dois garder mon énergie pour le kendo.
Entraînement kendo à mourir de fatigue. Très intéressant cependant sur le plan psychologique. Mais mon corps ne suit pas. Je dois me reposer. Je comptais chaque minute. Chaque mouvement je pensais que j’allais m’effondrer. On peut voir cela de manière négative. Mais je préfère penser le positif : j’ai tenu bon. Je tiens toujours bon.
Après midi de réflexion générale :
développer Livre des 5 origines (chapitrage pour chaque tradition par structure fondamentale) utilisé pour obtenir les infos associées au lien référence dans le texte rituel et théorique (code particulier pour retrouver le passage type œuvres classiques, préciser si matérialisation ou pas). Les ressources constituent de la matière objective, brute, non dérivée dans le système. Comment le développer ? Dès que je lis un rituel et que je sens une référence, je crée un lien et un point information dans les origines (avec citation externe si nécessaire). Il ne s’agit pas faire une encyclopédie sur le Japon. Seuls les informations mobilisées dans les rituels sont listées. Cependant, LISTE d’idées inspiration à la fin de chaque chapitre.
valoriser matériellement les quelques références et rituels essentiels : habits, objets, livres et vidéos (le numérique gravé sur des amulettes en bois). Pas besoin d’aller chercher d’autres sources. Quand j’ai besoin il suffit de valoriser et développer celles que je possède déjà.
éthique de l’information :
ne plus jamais aller sur youtube pour autre chose que TELECHARGER des musiques/vidéos à revoir (rituel)
ne plus jamais aller sur facebook (utiliser messenger sur portable et diffuser mes projets autrement, pour de vrai)
J’ai pris ces résolutions in extremis. J’avais plus beaucoup de ressources mentales. Il faut vraiment que je fasse plus de méditation pour renforcer mes défenses. Et ma capacité de traduction équilibriste.
développer Livre des 5 origines (cf fichier 2.8 grand public)
reprendre méditation soir et matin rituel !
Très bonne soirée de méditation. Très positive. Apprendre à maintenir le cap dans la difficulté. Parce que c’est là qu’on reconnaît quelqu’un de grand. Dans la difficulté.
31/05/17
Aujourd’hui on plante une carotte, demain (le film) deux, après demain trois. Et ensuite quoi ? Ces petits gestes changent le monde. Un temps sur facebook je publiais chaque mois la somme de ce que j’économisais en ressources par mes gestes colibris. C’est colossale rien que pour une personne. Comme dirait mon cher père il y a ceux qui font ce qu’ils disent et ceux qui disent qu’ils font.