Journal de bord n°12 Avril

01/04/17
Le temps passe. Voilà le mois d’avril et le printemps bien installés.
Journée qui commence très bien. Enfin non, plutôt qui commence mal comme chaque matin. Sentiment de vide, de lassitude, de non sens… Mais cette fois ci j’ai décidé d’accepter, d’accueillir, et de me satisfaire de ce que j’avais, vivais. D’arrêter de vouloir toujours l’expérience optimale, la grande sensation, l’émerveillement. Accepter le creux de la vague. Et tout de suite, même si je reste maussade, tout va beaucoup mieux. Je ne suis plus dans la lutte permanente.
Spikes le chien renard a failli mourir ce matin, prise de convulsions. Bave, état de choque, refus de boire… Elle a probablement la rage. Le staff de l’école l’a emmené loin d’ici… Bye bye Spikes.
En fait non, quelques heures plus tard Spikes revenait de chez le vétérinaire (je n’y croyais pas trop en Chine, je me disais que veto = barbecue mais comme quoi…). En forme !
Bon entraînement. Tranquille. J’ai fait ma muscu le matin plutôt que l’aprem car la journée est chaude, presque trop !
Départ de Lewis, qui va à Chengdu retrouver sa famille (ça me rappelle quelque chose ahah).
J’ai terminé de lire le livre Flow de Csik machin. J’ai bien décortiqué sa théorie, critiqué, commenté. Très riche.
Soirée à l’auberge, partie d’échec avec Hg d’Allemagne. Il est bon le bougre ! Je me suis fait détruire. A la fin on a échangé de couleur pour que je puisse jouer avec ses pièces. La honte absolue. Mais bon, c’était intéressant. J’ai réussi à retourner la situation une fois, après qu’il met coincé dans une double fourchette avec cavalier qui m’a fait perdre ma reine et mon cavalier…
02/04/17
Discuté HP, Tolkien et GoT au déjeuner. Les gars, notamment Hg et Wlt (guatemala puis Allemagne) s’y connaissent ! Wlt est en plein dans Hp5, comme moi !
Journée d’entraînement chouette. Mon coach est parti pour deux jours. Du coup je termine avec un nouveau, qui est très bien car il parle plus anglais. Et chaque coach a une vision particulière, du coup il reprend certains de mes mouvements, notamment dans le Taiyi. J’ai fait beaucoup de progrès. Je travaille les détails, comme la position des doigts.
Fait un taiji magique en flow intégral avec G¨ et Ald. 10 minutes qui se sont envolées comme 2. La clé est la lenteur. J’ai pris conscience du moindre petit mouvement. Comme si mon attention était de plus en plus continue. Magique, c’est ça le flow optimal. L’engagement ultime de l’attention. La concentration très intense. Travaillé en Taiji le fait de garder le dos droit dans le pas de côté, et les directions.
Un monsieur qui est là, la cinquantaine, américain… s’est à nouveau révélé être quelqu’un de particulier, mais qui ne paye pas de mine. Il a servi dans les forces spéciales américaines, combattu dans les commandos d’élite antiterroriste en Irak, en Afghanistan… Aujourd’hui c’est un ours très calme, bon vivant, qui adore discuter de tout et de rien. Il pèse 107 kilos. Bref qui se serait douté ?
Discussion avec Jhntn d’Israël. Il a seulement 16 ans. A 13 ans il a peté un câble et ses parents ont décidé pour l’aider de lui faire suivre une thérapie par les chevaux… Il a fait un séminar avec klaus ferdinand hempfling, au Danemark. C’est le courant des murmureurs, comme Monty Robert que je connais depuis longtemps. Les nouvelles approches sont incroyables. En fait, le travail sur la relation cheval/être humain est un chemin d’éveil intérieur. De connaissance de soi. Bref intéressant, surtout que ça rejoint de près l’approche de G¨. Envie de remonter à cheval. De retourner au contact de ce grand animal.
Chanté avec Dawei qui lui jouait de la guitare, sur une chanson dont j’ai réécrit les paroles pour décrire brièvement la vie ici, et remercier les gens qui ont compté pour moi. Je ne voulais pas partir sans faire quelque chose ! Voici les paroles (sur youtube : 罗大佑 – 恋曲1990)
Maybe it’s kind of crazy
to dance with the Qi
Once upon a time far east, I’ve met you brothers
People run without seeing
What we feel blowing
Stretching Fan Mabu Taiji, hostel and snickers
Every morning at 6
I’m deeply asleep
Dreaming of the breakfast’s bread, so good for pubu
Mystery of the 5 powers
I know Ting Gur knows
By sharing some rituals, I’ve met you my friends
There’s no farewell cause I fly with your niiice wisdoms
One day we will find a cave, but not toooday
Small measure of peace in this simple but very true life
« Rhinoceroses find no place to pitch their horns »
03/04/17
Dernier jour dans le Wudang… il pleut. Je pars serein. Je vais avancer mes recherches sérieusement. Je dois me remettre au travail, mais surtout profiter du temps que j’ai là pour me former. MOOC. Comparaison des théories… A entreprendre sérieusement pour l’avenir. Ecrire dans l’optique passeur. Préparer le terrain. Suivre plan livre du rituel.
Je ne me suis pas entraîné, j’ai contemplé l’entraînement, les gestes, je me suis laissé imprégner du lieu, de la sagesse. Et j’ai lu le synopsis d’Inheritance, le dernier tome d’Eragon, série que je n’ai jamais terminée.
J’ai chanté avec Dawei mon morceau d’au revoir pendant le dîner. C’était puissant, et simple surtout… Avec G¨ auberge échange de pierre pour charger énergétiquement. Les pierres sont très symboliques dans le taoïsme. Les maîtres en portent des précieuses, celle de maître Yuan a le prix d’une voiture. Le bois également, des colliers de boules de bois. Les maîtres les font rouler dans leurs mains, à tel point que le bois se poli et le collier devient très brillant. Plus il est brillant, plus il a de valeur…
Soirée avec Dawei, j’ai ramené des boze. Joué à Skyrim !! Génial… quel univers. Les décors… les souterrains de la guilde des voleurs, avec cette voute. La discussion au bar, la quête du livre où il faut aller parler au sorcier… tué le dragon aspiré son âme. Le calme, l’ouverture. Le réalisme ! L’inspiration des décors. Je veux ce moyen-âge à Neufvy.
Besoin de temps. De plus de temps pour construire une relation humain. C’est avec le temps que tout devient naturel. Il est inutile de vouloir lutter contre le temps. De forcer. Il faut être ouvert mais ne pas forcer.
04/04/17
Jour du départ ! Dernier ptit déj, puis rangement de ma chambre. J’ai juste eu le temps de noter une adresse d’auberge à Shanghai et de prendre en photo le plan de la ville. Je ne peux m’attendre à rien de connu : le gigantisme chinois doit, je pense, être vécu pour être cru. Je suis arrivé en Chine à Pékin, mais je n’ai pas eu le temps de visiter la ville. J’aurai cependant une journée à Shanghai pour m’imprégner de l’atmosphère (au-delà de la pollution).
J’ai mon certificat d’entraînement pour Sciences Po. Mon « diplôme », même si, il faut être honnête, tout reste à faire concernant la pratique du Taiji et du Taiyi.
Emotion du départ alors que je quitte l’école, passant à travers mes frères de Kung-Fu ave mon sac à dos. Je les serre tous dans mes bras. G¨ me donne un tissu de prière qu’un moine lui avait confié dans la montagne. La veille, je lui avais confié ma pierre ramassée sur les plages du débarquement, pour qu’il la charge d’une énergie, d’une intention.
Je trouve sans problème ma place dans le train. Couchette du bas. Atmosphère agréable. Je vois l’école passer, avec le temple. A cette heure, mes amis sont probablement entrain de déjeuner !
05/04/17
Il y a quelque chose d’initiatique dans la traversée d’une terre sinotisée. Des colossaux complexes industriels défilent les uns après les autres, flanqués de cages à lapin géantes en construction ou habitées par les ouvriers. Le sol est percé comme un gruyère, sucé jusqu’au dernier gravier ou grain de sable. Impression futuriste ou apocalyptique, ou les deux. La profondeur de champ est limitée par le nuage de pollution, de manière à ce que les lapins ne puissent rêver plus loin que les barreaux de leur clapier. Si vous vous demandez où sont les 7 milliards d’humains et ce qu’ils font de leur vie, je crois avoir trouvé.
Jusqu’à présent, j’ai beaucoup cherché des souvenirs captivants à vous raconter, des histoires dépaysantes et originales. J’ai le sentiment que moi même, je cherchais dans mon voyage l’expérience transcendante, l’intensité et la puissance. Bien sûr, j’ai écrit conclusion générale pour ma recherche, enflammé avec un concitoyen une soirée karaoké dans une chambre dédiée grâce à Stromae, perdu toute notion de temps et d’espace dans une pratique du Taiji 28, débloqué mon bassin en méditation, acquis mon grand écart facial, poussé des chants et des cris de liberté en transe au milieu d’un parc public, mangé avec les gardiens d’un temple dans la montagne, choisi d’étudier la finance et la stratégie pour les deux ans à venir, défini mes projets à Neufvy, parlé de shamanisme et de murmureurs, fait au moins deux rencontres inoubliables… mais tout cela n’est pas la preuve d’une compréhension des sagesses asiatiques.
La dao n’est pas quelque chose d’exceptionnel qui se provoque et se fabrique. C’est un chemin à apercevoir, à comprendre et à suivre. Et cela commence dans l’acceptation du très simple de la vie. Disons alors simplement Shian Ke, Jaioyuan Chinkula ! Pinyin approximatif signifiant « le cours est fini, merci professeur ». Paume gauche ouverte contre poing droit fermé, mains au niveau du visage, je salue l’empire du taoïsme et des arts martiaux, ou la brume du matin se mélange aux fumées industrielles.
Grande fatigue. J’essaye de rédiger ma newsletter mais c’est laborieux. Les idées se mélangent dans un goût général de fadeur. Le temps passe et je n’avance pas. Ou peu. Et pourtant, je l’accepte. Je suis dans un état normal, l’extase ne doit pas être ce que j’appelle la vie. Je vis en ce moment intensément.
Réussi à gérer correctement ma soirée. Après avoir mangé un KFC, parce que je crois dans l’équilibre… direction les arrières rues de Nanjing road pour acheter une carotte et un concombre ahah. Incroyable contraste. Deux rues parallèles juxtaposées, l’une du monde du rien, du faste vide et déshumanisé, l’autre du petit, de la relation humaine et locale. Plaisir d’avoir senti le contraste et réussi à intégrer les deux.
Pas de lecture HP. Quelques nouvelles aux proches. Méditation et étirements, taiyi pour se détendre. Je suis heureux d’arriver à accepter cette simplicité.
06/04/17
Les idées milles fois plus claires. J’ai bien dormi. Travail sur ma recherche personnelle ce matin. Plaisir d’avoir une très belle structure. J’espère la définitive. Quatre grandes parties, ça va être du tonnerre. Limpide, efficace. Vrai.
Visite de Shanghai en bus, le moyen le plus rapide. Ville gigantesque, 5x NYC. Mais pas grand-chose à voir malheureusement, à part des immenses building de banques et des grands magasins. Plus tellement d’authenticité, moins qu’à Chengdu par exemple. Atmosphère stressée, orientée fric. Pas charmé.

Départ pour l’aéroport. Et là… avion annulé. Voici une copie de la news letter que j’ai envoyée, qui relate dans les grandes lignes cette journée et la suivante :

Chers amis de tous les horizons,

Comment allez vous ? Je suis un peu retard sur le mois de mars. Excusez moi… ça n’est pas que les vapeurs printanières (ou les belles chinoises) m’ont tourné la tête, mais j’ai eu quelques aventures imprévues (les meilleures).

Je suis actuellement à Hangzhou, une petite ville chinoise à l’écart de Shanghai, dans la province de Zhejiang. C’est un bout de campagne au bord d’un lac, hier prisé des artistes chinois, aujourd’hui des touristes, comme lieu de tranquillité. J’ai quitté léger comme un nuage le wudang le 4 avril. Je maîtrise désormais les 5 animaux en qigong, le wudang taiji 28, et le taiyi wuxi. Certains de vous pratiquent ils ces disciplines ? Je serais intéressé de connaître vos expériences. L’enjeu est maintenant pour moi d’intégrer ces pratiques et les autres rituels que j’ai développé à un cadre de vie plus actif, car j’ai quitté le wudang monastique et mon voyage au Japon intègre un étage dans une asso culturelle.

Après mon départ du Wudang direction Shanghai pour décoller au japon le 7 avril. Enfin ça c’était le plan A, qui fut impossible à concrétiser car mon vol fut annulé pour cause de mauvais temps (cad de pollution). Ainsi avec Daniel (un compagnon de voyage improvisé canadien), on retourne sur le Bund, le coeur de Shanghai (et de HSBC), à 2 heures du matin. Tous les hôtels et auberges sont complets. Je commençe en toute logique à chercher un coin de rue pour finir la nuit… quand finalement on trouve un petit hôtel bien caché grâce à l’aide de jeunes barman.
Décision le lendemain de partir pour Hangzhou, puisque pas de nouveau vol possible avant le 12. Après une nuit paisible dans le dortoir de l’auberge « le voyage de Fiona », visite des alentours du lac, d’une grande pagode tapissée de gravures sur bois, de parcs aux jardins chinois féeriques. Cette ville est la cité perdue de l’Atlantide au milieu du trou noir environnemental que représente la Chine. Je me repose de mon entraînement au kung-fu, c’est une belle alternative à la folie de Shanghai.

Concernant la recherche. Monsieur Lacroix, mon référant pédagogique, a revu la première partie de mon travail. S’il reste bien sûr des choses à modifier, son commentaire est positif voire élogieux. Soulagements ! Je vais profiter de ces quelques jours de battement à Hangzhou pour avancer. Quelles que soient les modifications à faire, j’ai pu terminer la deuxième partie et écrire la conclusion générale !

Mes recherches plus personnelles ont aussi progressé. Je ne peux malheureusement les présenter maintenant, mais ça va venir ! Bonheur stoïcien, sobriété heureuse de pierre rabhi, écologie… ces sagesses invitent à faire de la simplicité un royaume. Il ne s’agit pas de faire moins, mais de faire parfaitement l’essentiel. Je retiens du voyage et des sagesses indiennes et chinoises le pragmatisme individuel. Mieux vaut faire que dire. Chaque geste du quotidien change le monde. J’apprends à mettre en pratique la philosophie à travers des attitudes et rituels. Enfin rien d’extraordinaire, j’imagine que j’apprends à vivre, comme nous tous. Ce soir, je vais envoyer cette newsletter, discuter un peu avec les gens de l’auberge. Je ferai ensuite des étirements yogic et ma série de taiji, avant d’aller rêver de vous, qui me manquez bien !

Exploration environnement, corps, mémoire, raison, imagination. Richesse de l’expérience humaine. Chaque jour et jusqu’au dernier, manipuler et ressentir simplement le mouvement, l’énergie. Agir et contempler. Pouvoir et acceptation. Intention et Attention.

En complément :

Mon journal de mars (je recommande les journées du 02,03,05,06,10,15,18,23,25,27,31) : https://pardelaleconnu.wordpress.com/2017/04/08/journal-de-bord-n10-mars/

Ma recherche pour SciencesPo complète, première version, avec une ouverture « exclusive » sur le confucianisme : pièce jointe

Mes photos seront postées sur le drive quand je serai au Japon, je vous redonnerai le lien).

À bientôt, puisse la force être avec vous, et en espérant que la prochaine newsletter parlera du Japon,

Léopold.

Ps : 10/03/17
Jour à marquer d’une pierre blanche. Je viens de franchir une étape fondamentale dans la progression dans la maîtrise de la structure corporelle. J’ai associé le côté étirement du Yoga à la pratique du Taiji. J’ai donc, plutôt que de faire les basics rapides et violents, pris le temps grâce à l’initiative de G¨, de m’étirer dans une grande lenteur, une grande douceur et une grande écoute de mon corps. Pour sentir mes besoins, relâcher les tensions profondément. J’étais bien. Je faisais du bien à mon corps. Je ne dépassais jamais un certain stade de douleur.
Puis Taiji. Etant complètement ouvert, l’énergie circulait à fond. Et les mouvements coulaient, dans une immense lenteur. Ma perception était décuplée. C’était facile. Bon. Ca coulait. J’étais presque aussi émerveillé que dans la prise de conscience vers un rêve lucide…
 
Nous avons vécu de sacrées aventures avec Daniel. La journée du départ pour Hangzhou fut folle. On s’est pointé à la mauvaise gare pour prendre notre train. Du coup on a sprinté pour changer les billets avec le départ. Puis direction l’autre gare. Dans le métro Daniel se rend compte par un grand et heureux hasard que cette fois les billets étaient pour la gare qu’on venait de quitter… demi-tour. Et on arrive finalement à monter dans le train. Ca fait beaucoup après un avion annulé. Mais le fait d’être deux permet vraiment de vivre le voyage différemment. Seul, je suis déjà relativement détaché de ce qui m’arrive. C’est nécessaire. A deux on peut plus en rire.
La visite de Hangzhou à vélo le 9 fut magique. Bien que c’était samedi, et qu’il y avait beaucoup de touristes ! J’ai pris des photos, qui parlent mieux que mes mots je pense.
Je dois filer en urgence jusqu’au centre de visa de Hangzhou car l’auberge ne veut pas me garder sans un justificatif (mon visa se termine le 8 mais cela ne pose pas de problème légalement car c’est du à une annulation de vol). Problème réglé. J’ai un toit sous lequel passer la nuit. Je me pose un instant au bord d’une rivière pour finir d’écrire ma newsletter. Que j’envoie dans la foulée !
Départ de Daniel. Ami d’un jour. Ainsi va le voyage.
09/04/17
Journée studieuse où je reprends la fin de ma première partie. Je ne suis pas satisfait de ce que je fais, mais du tout. Mais je pense que ça suffira pour sciencespo. A mes yeux, ma recherche était terminée. Le fait que mon référant me demande de la reprendre me mine un peu. Mais je fais de mon mieux, et on verra bien. J’ai souvent eu la surprise de recevoir des retours très positifs pour un travail que je n’apprécie pas.
Fais ma muscu très laborieusement. Je suis épuisé, ou bien j’ai pris du poids, ou bien j’ai perdu du muscle. Mon circuit training est un repère de forme. Il sera à refaire une fois au Japon pour vérifier le diagnostique. La fatigue semble être l’explication la plus logique.
Skype avec la famille ! On a bien discuté. Je vous avais dit qu’ils viennent me voir au Japon en juin ? C’est une belle nouvelle. Ce dimanche c’est le repas breton à Colibris, ce petit mouvement garde la pêche. Contre vents et marrées.
Soirée Hotpot maison, avec le staff de l’auberge. Magique. Une des filles n’arrête pas de dire que je suis handsome. Elles sont un peu folles (pas de moi) mais géniales. On a regardé leurs photos d’un voyage au Tibet.
10/04/17
Recherche à nouveau. Laborieux. Pas de motivation. Je manque cruellement de matériel empirique et théorique pour avancer. Ce que je dis est pauvre. Ca manque de références. Berk.
Taiji, Taiyi pour garder le rythme et ne pas oublier. Puis étirements de yoga. J’ai réussi à faire mes grands écarts ! Je suis satisfait de ça. Je referai une séance au Japon.
Répondu à des mails, notamment concernant le Japon.
11/04/17
Décidé de faire mon rituel méditatif ce matin. Cela fait trop longtemps que je n’arrive pas à les faire. Le problème est que ça prend du temps. Mais j’en ai marre de ne pas faire ces rituels, qui sont essentiels à mon équilibre.
Importance de l’autosuggestion comme méthode méditative générale
Bien avancé sur ma recherche. Je suis plus satisfait de ce que j’ai. Allongé la partie sur la concentration, ainsi que les parties décrivant le processus d’apprentissage et de maîtrise d’un asana. J’ai ajouté quelques références et il m’en reste encore à intégrer. J’ai gagné 5 pages word, en simplifiant la démonstration, et en expliquant que la continuité de l’attention est aussi une continuité de l’intention. Parfois je pense à cette recherche comme à un sport de haut niveau. Finalement les penseurs professionnels (ce que je ne suis pas pourtant) jonglent avec une telle complexité de réflexions qu’ils doivent pratiquer chaque jour pour rester familier avec leurs disciplines. C’est pareil partout où il y a une grande maîtrise
Retour vers Shanghai ! Au revoir au staff de l’auberge. Je fais mon sac… j’avale un bol de nouilles dans une petite rue près de la station de bus et go. La conductrice du bus a du avoir son permis dans une pochette surprise, jamais vu quelqu’un conduire aussi mal. C’était peut être son premier (et son dernier) jour.
J’achète du thé pour offrir à Kazumi. J’ai des sucreries genre boules coco pour la famille. Le minimum syndical quand on voit comme ils se démènent pour arranger mon séjour !
A Shanghai, direction un ciné pour regarder la belle et la bête. Je peine à trouver, demande à dix personnes, mais finalement arrive dans la salle. Beau film, vraiment. Ou plus beau conte. C’est du pur Disney, mais j’ai apprécié car l’histoire est pleine de sens, humainement parlant. La bête est punie pour son arrogance. Et dans sa malédiction elle apprend à être un homme… à renoncer à son égoïsme pour mesurer la valeur du monde. Si bien que quand l’amour se présente, elle n’en a pas besoin réellement. Elle ne se souci plus d’elle en soi. Là est la clé. La destruction de l’ego. Vivre sa vie dans une forme de service, et renoncer au bénéfice personnel.
En sortant de la salle, traversée d’une grande pièce de réception complètement vide, au cœur de Shanghai. Je n’emprunte pas le parcours habituel. Sentiment surréaliste. L’ascenseur est en verre avec vue sur toute la ville, illuminée dans la nuit. Tandis que je descends encore bercé par l’énergie du film, je fais mes adieux à la Chine.
12/04/17
Jour de mon arrivée au Japon. J’imagine que je pourrais écrire un roman… Atterrissage sans encombre à l’aéroport d’Haneda, Tokyo. Un nouveau monde s’ouvre à moi. Non pollué. Je suis déjà touché par la culture japonaise du respect. Les responsables des départs de bus, travailleurs de bas étage qui chargent les bagages dans les soutes, s’inclinent devant le départ de chaque bus. Beau à voir.
Après 2 heures de bus depuis l’aéroport, arrivée à Utsunomiya. La campagne japonaise est agréable, comme dans les mangas. Des fils électriques un peu partout, pleins de petites maisons relativement modernes, modestes. Le tout très propre. Toujours la vue sur des montagnes au loin. Je remarque peu d’agriculture, du moins à grande échelle. Beaucoup de petits champs. Mais pour le reste j’avoue avoir dormi pendant la majorité du trajet, cette nuit aérienne fut mine de rien fatigante, sans parler des évènements des dernier jours !
Accueilli en grande pompes par tous les membres de l’UCIA dès la sortie du bus. J’avais appris à dire Je suis Léopold (Léo de su) et heureux de faire votre connaissance (Hazimemasite). Ca fait toujours son impression. Mais ils vont vite remarquer que mon japonais s’arrête là. Direction un restaurant pour le déjeuner. Je suis invité… Repas délicieux, très classe, à la française étrangement mais sans baguettes (pain inclus !) : beaucoup de crudités en entrée, poulet en plat avec petit gratin dauphinois, pina cota en dessert avec thé. Juste génial. Une dame dans la soixantaine semble prendre en main la cérémonie d’accueil. Je dis cérémonie car ils ont posé par écrit tout un protocole de présentations. UCIA, quelques mots de ma part… j’espère ne pas avoir dit trop de bêtises. Kazumi est très gentille, mais je l’avais senti par mail. Un monsieur responsable du jumelage d’Utsunomiya avec Auckland me dit qu’il a vécu 4 ans à Paris. Tous sont très gentils, d’une incroyable humilité. La dame m’offre un livre en français/japonais sur la culture japonaise. J’offre en retour mon thé de shanghai. Masami (je crois) est là, c’est la maman de ma famille d’accueil. J’ai aussi une lettre de Kato san, la mère de la deuxième famille d’accueil.
Nous discutons de mon programme. Il semble que tout doive être défini précisément. J’aurai une alternance d’entraînement kendo et séance de travail à l’UCIA selon des demi-journées. Programme chargé mais qui promet d’être intense. L’Utsunomiya City International Association gère les échanges culturels de la ville, l’accueil des étrangers (notamment en famille). Elle donne des cours de langues. Je participerai aux leçons de japonais, de français et d’allemand (les deux derniers pour aider). Je vais aussi réfléchir à une conférence de présentation de ma recherche. Pourquoi pas ?
Mon programme personnel est toujours le même. Je reste fixe à mes rituels, qui rythment mes journées. Je dois continuer à les enrichir d’idées, de techniques. Aujourd’hui c’est l’imagination ! De loin mon préféré. Je pense peut être ajouter une excursion dans la ville pour découvrir la vie japonaise, notamment le soir, la vie étudiante, la cérémonie du thé… cela aurait bien sa place dans la semaine, notamment le weekend. La famille d’accueil a aussi un piano. Ca serait l’occasion de reprendre ma pratique. Mais je dois rester fondamentalement concentré sur ma recherche, sinon académique au moins personnelle. Je souhaite tenter quelques MOOC de psychologie. Enfin j’hésite, l’idée est aussi de profiter du Japon. En divertissement pur de l’imagination, lecture hp et visionnage du manga Bleach… souvenirs fréro !
Après le déjeuner direction la maison avec Masami san. Sa voiture, une belle nissan fournie par le boulot de son mari, est garée dans un parking en hauteur. Une plateforme mouvante « va la chercher » et on la voit descendre sous nos yeux. Pour gagner de la place ! Avant la maison, balade dans le parc du centre ville. Tous les cerisiers sont en fleur. Le festival n’est pas terminé. C’est très beau car il y en a beaucoup, c’est comme une mer de blancheur à perte de vue. Des japonais pique nique tranquillement sur l’herbe.
La maison est grande, pour le Japon. Retirer ses chaussures à l’entrée, chaussons. Chaussons spéciaux pour les toilettes également. La douche se fait en deux temps si l’on souhaite prendre un bain : d’abord se laver à l’extérieur, puis dans le bain. Car toute la famille utilise la même eau. Nous à la maison il y a quelques années on se baignait et se lavait dans la même eau en mode rien à foutre. Ahah. Les toilettes hightech… lunette chauffante, petit jet chaud pour se nettoyer les fesses (attention de ne pas appuyer sur le bouton « pour les femmes ». J’ai une pièce à moi comme chambre, grand luxe. Lit japonais, au sol. Je ne sais plus quel est le nom. Dîner avec le père qui vient de rentrer du travail. On est aussi allé chercher Hirato, le fils de 9 ans. Il est adorable. Il m’a montré tous ses jouets, on s’est amusé un peu ensemble. On a fait du piano aussi. La maman en joue un peu. C’est une famille très cultivée, équilibrée. Vraiment agréable à vivre. Je me demande si c’est ainsi dans tout le japon ? Ou est-ce des gens privilégié ?
Bref, journée chargée, en émotions et en échanges humains.
Mots appris :
Konnichiwa = bonjour
Alligato = merci
Dōitashimashite = you are welcome
Hazimemasite = Nice to meet you
どうぞめしあがれ (douzo meshiagare)
= ‘enjoy your meal’ – said by the cook/chef
いただきます (itadakimasu)
– said before a meal by those eating it
ご馳走さまでした (gochisōsama deshita)
– said after a meal by those who have eaten it
Watashi wa Léo de su = je suis Léo
Anata wa Léo de su = tu suis Léo
Kare wa Léo de su = il est Léo
Kanojho wa Masami de su = elle est masami
Watachi tachi wa desu = we are
They are = karera wa de su (ils), kanozhora wa de su (elles), sorera wa de su (it).
13/04/17
Première vraie journée japonaise. Croissants au petit déjeuner, Masami san est fan de la France. Puis direction UCIA. Avec Kazumi on a discuté un peu de ce que je pouvais faire. Je vais aider pour les classes d’Allemand et d’Anglais, faire de la traduction anglais/français. J’écris aussi un petit article sur mon arrivée, pour la newsletter de l’association. Je réfléchis à d’autres activités possibles.
A 11h, direction le dojo ! Arrivée du professeur, Kusaka san. Une dame qui parle bien anglais, et semble être géniale. Je commence déjà l’entraînement. Elle va me prêter le matériel. Je fais du « shadow » de kendo, déplacements avant/arrière et droite gauche face à l’adversaire. Pour apprendre à me déplacer. Il y a aussi le salut de début de combat, de fin de séance, d’entrée sur l’espace d’entraînement (salut du drapeau japonais). Après tout c’est logique, toute la tradition samouraï est née et a existé pour la protection de l’île nippone. J’ai des progrès à faire concernant la terminologie.
Voici un lexique des termes utilisés dans le pratique, bien utile : http://kendo.nklec.fr/le-kendo-de-a-a-z/
Déjeuner dans un resto de ramen avec Kazumi, Masami, la mère de ma troisième famille d’accueil et enfin une dame dont je ne me rappelle plus la fonction. Menu : soupe de nouilles. Mais particulier ici car nouilles servies dans un bol chauffé à 300°C, et l’eau est versée devant nous. Très bon.
Direction dans l’après-midi le magasin de bogu, l’armure de kendo. Boutique géniale, celle où Ptck G, le président du club de kendo d’Orléans, a acheté son propre bogu. Je ne vais pas en acheter un pour le moment, ou du moins si j’achète ça sera une occasion. J’achèterai peut être le casque dans ce magasin, qui de toute évidence propose de la grande qualité. Le vendeur a pris mes mesures, avec rapidité et efficacité. Ses mains son celles d’un artisan. Je me sentais comme Harry chez Olivanders. Pièce après pièce, il m’a fait revêtir le bogu. Jusqu’au casque. Les femmes qui m’accompagnaient prenaient plein de photos. Je n’étais pas super à l’aise. Finalement donc on conclut que je reviendrai pour le casque. Et le vendeur m’offre le tissu que l’on met sur sa tête, sous le casque. Belle expérience !
Soirée tranquille, petit tour dans une rue du festival hanami (voir les fleurs), sous les cerisiers. J’ai mangé une petite crêpe de haricots rouges sucrés. Hirato (le fils de 9 ans) a lui préféré les beignets de poulpe !
Soir, j’ai fait mes étirements. Difficile. Je n’ai plus mal à la jambe droite (le fessier était un hyper extension depuis quelques temps, mais la gauche me fait mal depuis la dernière séance). Je gagne des millimètres de grand écart à prix fort. Agréable cependant.
Mangé du poisson délicieux pour le dîner… Le non m’échappe.
J’ai rêvé que je demandais à Papa si on pouvait faire une réunion avec lui et mes oncles pour discuter de l’avenir du château, et que je puisse présenter mon projet. Signe que cela approche !
14/04/17
Journée chargée, je suis fatigué de l’adaptation culturelle mais très heureux. Le Japon est véritablement une culture infinie, quelle richesse ! Elle se manifeste essentiellement dans les relations humaines, qui sont sacrées. Comme Bob me l’avait dit, alors que l’hindouisme cherche une libération, les japonais et le shintoïsme cherchent à incarner leur existence dans l’harmonie la plus parfaite. On trouve cela en Chine également, mais bien moins pratiqué qu’ici. Tout doit être défini en harmonie, discuté, pesé. Une ouverture et une curiosité étonnantes. Du moins ici à Utsunomiya, dans le cercle des membres de l’UCIA. J’imagine que c’est un environnement propice à l’échange culturel. Il n’empêche. C’est beau.
Travail sur ma recherche toute la matinée, j’ai terminé de reprendre ma première partie. J’espère que ça conviendra. Je dois maintenant attaquer la seconde partie. J’aimerais finir rapidement pour pouvoir me consacrer au kendo, et à mes travaux personnels. Il y a tant à faire. Je dois vite commencer à étudier le kendo pour apprendre la terminologie et les principes fondamentaux. Mes cours me permettent de pratiquer, mais la barrière de la langue limite l’apport théorique.
Maruyama san, un homme âgé de l’UCIA, m’a accompagné au dojo dans l’après midi, après que j’ai dégusté de délicieux sandwich préparés par Masami san, ma maman d’accueil ! Surprise à l’arrivée : mon professeur, Kusaka san, m’offre un bogu ! Il est usé, je pense qu’il était à elle il y a quelques années. Mais encore parfaitement utilisable. Quel honneur. Je n’en reviens pas. D’une manière générale, il ne se passe pas une heure depuis mon arrivée sans que je sois émerveillé par leur générosité. C’est presque difficile pour moi, je ne sais pas quoi faire. J’essaye de dire que c’est trop, que je ne peux tout accepter… mais c’est impoli de refuser et ça semble être pour eux tellement naturel… Elle me prête aussi un shinaï et un katana en bois pour les katas (oublié le nom). L’entraînement peut commencer.
Les pratiquants sont des hommes adultes, plutôt âgés. D’une générosité folle. J’ai lu que le kendo et les arts martiaux en général donnent une grande importance à l’entraide dans le groupe. Les étudiants se conseillent mutuellement. Ainsi je suis enseigné par tous. Position des mains pour tenir le shinaï, position des pieds, manière de se déplacer en avant, en arrière, à droite à gauche…
L’entraînement commence par des katas. Il y en a 7. C’est des simulations de frappes, que l’on fait par deux. Chaque kata implique donc d’apprendre deux rôles. Kusaka et les autres m’ont montré les deux premiers katas. A chaque frappe, on doit pousser un cri particulier (encore une fois je vais bientôt intégrer la terminologie adéquate), selon la partie du corps touchée. Mais pour les katas il n’y a que deux cris, un pour chaque combattant. C’est impressionnant à entendre la première fois. Je peux vraiment percevoir l’histoire samouraï de cette discipline. Une chose marquante est aussi le fait de devoir regarder l’adversaire dans les yeux, par exemple pour le salut. Ce contact est profond, et le cadre combattant oblige à avoir dans son regard une certaine détermination à vaincre l’adversaire, du moins si je ne pense pas ainsi je me sens bête, à éprouver de l’affection pour quelqu’un que je dois frapper avec un shinaï !
Après les katas c’est l’échauffement collectif, étrangement similaire aux jibengong du kung fu chinois (basics) mais fait bien plus rapidement. On sent que l’objectif ici est vraiment le combat, moins la préparation physique au combat qu’on trouve dans le yoga et le taiji par exemple. D’où l’importance de l’approche multiple !
Après l’échauffement on enfile l’armure et on commence à exécuter des formes de combat, je n’ai pas encore bien saisi la différence avec les katas. J’ai travaillé avec le seinsei car Kusaka san ne peut rester qu’une heure. Il m’a parlé en japonais, je ne comprenais pas tout mais globalement ça fut très riche. Encore une fois, je n’arrive pas à croire cette générosité japonaise… J’ai fait des attaques sur la tête (men si je ne m’abuse), en avançant et en reculant, puis en alternant avant arrière gauche et droite. J’étais gêné de devoir frapper le seinsei des dizaines de fois. Au début je n’osais pas frapper, mais à force qu’il me dise d’y aller plus fort j’ai fini par envoyer un peu. Heureusement le shinaï est fait des quatre morceaux de bambou assemblés de manière à créer à amorti lors de la frappe avec effet rebond, très intelligent. Et le casque est bien sûr rembourré.
A la fin, après le salut au drapeau, on m’a appris à ranger mon bogu et mes armes. Je suis sur un nuage, tout cela ne peut être vrai… Je ressens un véritable aboutissement, et perçois toute la pertinence de mon projet. Pratiquer ces disciplines ensembles, yoga taiji et kendo, permet vraiment de développer son corps et son esprit en harmonie. Complétude. Connaître leur philosophie permet ensuite de l’appliquer à d’autres sports et à la vie quotidienne. C’est l’art d’habiter son corps et de l’utiliser… le kendo se distingue par le rapport à l’autre, l’environnement, le sens du respect et de l’honneur qu’on trouve dans le bushido. J’aurai l’occasion d’approfondir cela.
Maruyama san a insisté pour m’emmener manger des Gyoza, les dumplings japonais. On a discuté de sa famille, de son travail (pour l’administration de la ville), des villes jumelles d’Utsunomiya… Puis visite de shrine shintoïste avec lui et « Chérie » san, la mère de ma troisième famille d’accueil. Et enfin achat de chaussettes et de caleçons (avec un lot de 4 jusqu’à présent je serai vraiment passé pour un gros dégueu, que j’étais je l’avoue en Inde et en Chine, mais il me fallait voyager léger !)… offert par Maruyama.
Le soir, dégustation de sashimi, des sushi sans le riz. Donc simplement des lamelles de poisson cru. Délicieux vraiment. Avec des salades et des sauces, soja et wasabi… plus un morceau de tofu. Je ne reviens pas de la qualité de la gastronomie. A quel point c’est pur, bon pour la santé. On a bu du vin de riz aussi. Rien à voir avec l’arrache gueule chinois. Très léger, proche en fait du vin blanc ! Discussion ensuite à propos de la rencontre de Eiki et Masami san. Ambiance joyeuse.
15/04/17
Samedi. Belle matinée. Le temps est magnifique depuis mon arrivée. Réveil fatigué, je sens vraiment la fatigue. Etrangement j’ai pris du poids, je pèse 65 kilos ! Et je le sens. Je ne sais pas si c’est du muscle ou du gras. Toujours utile que c’est le jour de mon circuit training. Du coup avant le petit déj direction le central park, juste à côté de la maison… véritable paradis japonais. Cours d’eau, rochers, cerisiers en fleur, ponts, jardins japonais. Les pétales des fleurs blanches de cerisiers qui tombent avec le vent, se déposant sur l’eau brillante avec les rayons du soleil matinal. Il neige. Un canard qui s’ébroue. Des vieux qui font leur marche et gym matinales. Je m’échauffe. En fait je sens que la fatigue accumulée est plus psychologique. Le footing d’échauffement est difficile, très difficile, je suis à bout de souffle pour rien. Mais je sens que j’ai simplement besoin de me dérouiller. Je révise ensuite mes katas de kendo. Puis circuit training. Difficile, mais bon de le faire correctement.
Journée folle à nouveau. Départ après un déjeuner copieux pour le village natal de Masami san, où vivent toujours ses deux parents. C’est vraiment dans la montagne. Me rappel les Alpes. On aperçoit cependant des singes (les mêmes qu’en Inde) sur le bord de la route, qu’il n’y a pas chez nous ! Ses parents tiennent un petit supermarché. J’ai fait une blague au père en entrant dans le magasin et en achetant une bouteille de vin blanc japonais, pour lui offrir juste après.
Hirato est un peu malade du coup il reste dans la maison se  reposer. Dans le salon il y a une table chauffante, qui est en fait reliée à un petit chauffage électrique, et couverte d’une couverture sous laquelle arrive l’air chaud. Permet d’avoir les pieds au chaud. Très pratique ahah ! La maison n’est pas dans le style japonais traditionnel sauf une pièce, qui abrite un autel de prière et les photos des ancêtres de la famille. Masami san m’explique que le magasin est dans la famille depuis plus de 4 générations.
On part en direction d’un autre petit village, là pour le coup très traditionnel. Je me croirais dans le dernier samouraï l’hiver. Magique. Les maisons ont des toits en chaume. Quand on arrive, un petit moulin à eau tourne, il servait à nettoyer le riz. Il y a un petit musée municipal qui rassemble des objets du travail montagnard traditionnel. La pièce centrale est constituée de deux âtres, pour se réchauffer et cuisiner. Les cloisons sont coulissantes, constituées de ces feuilles épaisses bien connues. Tout cela a des noms qui m’échappent pour le moment. Bref, belle visite.
Ensuite direction une source d’eau chaude, ou l’on peut se baigner, mais à poil. Comme il y avait un homme avec sa femme, j’ai évité. Ils auraient été terrifiés par la pilosité occidentale, peut-être !

Retour à la maison. On attaque le dîner. En mode plancha. Donc plaque chauffante au milieu de la table, sur laquelle la grand-mère ajoute viande et légumes au fur et à mesure qu’on mange. Elle a préparé une sauce délicieuse à base de pomme, de sauce au soja, d’ail et de vin de riz. C’est délicieux. Le grand-père est un sacré buveur ! Il s’enfile des whisky sans pause, entre deux verres de vin de riz (sake). Le père me dit que sa mère est toujours en vie, elle a 106 ans ! L’art de vivre japonais ? L’ambiance est top, Masami san rigole sans arrêt. On termine la soirée en discutant du travail au Japon avec Eiki san, le père d’Hirato, puis de l’avenir du monde… je parle d’écologie. Faisant ainsi ma part de colibris.

J’ai une chance immense. Je ne serai jamais suffisamment reconnaissant. Merci à tous.
16/04/17
Dimanche de pâques ! Il a fallu que je skype ma famille pour m’en souvenir. Ici pas d’œufs en chocolat ou d’ascension divine. Mais plutôt des haricots fermentés gluants au petit déjeuner (très bon pour la santé mais rappelle un peu notre roquefort !) et une prière aux esprits des ancêtres. Masami san a montré ses kimono à Maman, Papa a montré des baguettes encore chaudes et un gros œuf en chocolat !
Journée de repos. Fait un Qigong 5 animals rapide. Joué au loup avec Hirato derrière la maison des parents de Masami san. Puis retour vers Utsunomiya. Le grand-père a insisté pour que j’emmène son shinaï (il faisait beaucoup de kendo). Masami san m’a dit que je pouvais accepter, mais qu’il valait mieux que je le laisse chez eux et pas que je le ramène en France. C’est difficile de trouver la juste mesure entre ce qu’on doit accepter par politesse, ou refuser.
Retour Ustunomiya. Après-midi de recherche, mais surtout de mise à jour concernant la campagne présidentielle française. J’ai regardé les meetings de mélenchon, le pen et macron. Mélenchon est, de loin, le plus éloquent et sa campagne est, de loin, la mieux organisée. Il m’a personnellement convaincu. Big up à A !
Le Japon se distingue vraiment pas la recherche permanente du juste milieu dans les décisions. Bob avait raison, le non n’existe pas. C’est incroyable. Eiki san (le père) a dit quand je lui ai demandé si je pouvais venir à son travail : « peut-être compliqué ». C’est une réponse plus juste que le non, signifiant qu’il va essayer, mais qu’il y a plusieurs raisons pour lesquelles ça ne sera peut être pas possible (dont éventuellement celle qu’il ne veut pas). Quand j’ai proposé un bout de kiwi à Masami san, elle a répondu « un petit peu ». J’ai compris que ça voulait dire non, elle m’avait dit avant qu’elle n’aimait pas trop les fruits. Du coup j’en ai rigolé et j’ai dit que j’étais sûr qu’en fait elle n’en voulait surtout pas ! C’est bon de penser comme ça, car cela permet d’éviter les extrêmes dans la prise de décision, de ne jamais dépasser le 80%.
Mangé dans un restaurant type hotpot barbecue pour le dîner, balade en vélo jusqu’à cet endroit, très agréable. Prêt à entamer une nouvelle semaine japonaise.
17/04/17
Journée très riche que je ne pourrais que faussement retranscrire ici en détail.
Au Japon, chaque jour correspond à une planète. Le samedi c’est la lune, le dimanche c’est le soleil. Dans mon système philosophique et psychologique, chaque jour correspond à une structure informationnelle. Le lundi c’est la mémoire. Alors je me souviens. Je me souviens des toiles d’araignées qu’on « tissait » avec mon frère dans notre salle de jeu (qu’il fallait toujours ranger le dimanche soir, car lundi Mireille venait faire le ménage. Souvent on se contentait de fourrer tous les jouets sous les meubles ahah, maman n’aimait pas ça du tout). On y grimpait sans arrêt, je faisais Spiderman.
Par association je me souviens de Cécile, notre baby-sitter qui était bien plus que cela, une véritable amie (et David également). Elle n’aimait pas trop les cordes en toile d’araignées auxquelles on se balançait. Nous jouions à cache-cache comme des fous. C’était toujours un plaisir si bien qu’il venait nous garder même quand nous n’en avions plus besoin !
Plus tard dans la journée j’ai pensé au petit prince grâce à une édition pop-up magnifique de Masami san. Puis par association au petit prince audio que j’écoutais dans les voyages en voiture dans la xantia break de Papa, ainsi que Pierre et le loup. Et les cassettes de contes dans la 106 de ma chère maman quand on revenait du Poney, dans une odeur mélangeant poils de chevaux et frites de macdo (quand on y avait droit !).
J’ai donc vraiment bien travaillé sur ma structure mémorielle aujourd’hui. C’est important d’exercer ces structures. Et encore, concernant la mémoire, j’ai peu pris le temps de la traduire dans les autres structures (par exemple corps par la mémoire et corps dans la mémoire). Il faut vraiment que j’arrive à étoffer comme cela ma théorie, que je l’enrichisse progressivement de manière à être prêt à l’affirmer à mon retour. Qu’elle soit parfaitement fonctionnelle.
J’ai pris conscience, même si ça n’était pas le jour, des dangers de la structure imaginative, par son côté simplificateur. Elle a un pouvoir de clarté, mais contient par conséquent un risque de réduction. Ne pas mélanger les idées et caractères soulevés dans les fictions avec la réalité.
Matin : article pour la newsletter de l’UCIA

 

First glimpse of Japan, a french report
Bonjour/Konnichiwa,
The following words are dedicated to you and I hope you will enjoy them. Sorry for writing in English, but it’s the best I can do so far. This letter is the first part of a string of 3. Let the story begin !
I’m Léopold d’Arrentières, a 21 year-old french student who arrived in Japan on April 12th. I’m conducting a research project for my university about Asian rituals practices. It started last September in India whith Yoga and Buddhism, as well as sacred cows and masala chai. In december, I entered China to study Taiji and Taoism and here I am now, in Utsunomiya. If I miss India and China, I enjoy the island of the sunrise even better.
I haven’t met Mister Abe, Nausicaä or Samouraï but true people of Utsunomiya. And this is awesome ! I’ve tasted your generosity and efficacity through the UCIA social network, as well as “oishi” gioza, sashimi and nihonshu… I hear konnichiwa instead of namaste or ni hao, see more Samsung than Huawei and wasabi than chilli. But as a little french bunny in the Japanese world, I have everything to learn.
So far, I’m glad I managed to use high tech toilets and house slippers. You could meet me by chance, as I’m riding a bike on my way to the Syokuin-kaikan or Tochigi Gym dojos (wearing a shinaï instead of a “baguette”). Besides my volunteering within the UCIA, studying kendo and the spirit of bushido is, because of my research and great interest, a purpose of my stay. See you then and thank you for being such a nice people,
Léopold.
Ps : If you want to practice foreign languages, I give free English, french and german discussion. 1 hour. Private or collective. About western culture, travelling, philosophy, asian wisdoms or whatever you want. CONTACT : leodarrentieres@gmail.com
Après-midi : direction la maison d’Ichikawa san, une amie du cours de chant de Masami san qui est maître (sensei) de l’art du thé (sado). C’est sa mère qui notamment lui a appris, elle était elle-même experte. La maison est magnifique. Neuve, mais entièrement construite dans le style japonais traditionnel. Avec tatamis au sol, et cloisons coulissantes couvertes de feuilles de riz semi transparentes (shoji). Magique. Tout en bois. Ichikawa m’explique qu’il ne faut pas marcher sur les lignes de tissu qui séparent les différentes parties du tatami, car c’est « délicat ». Elle a une pièce entière consacrée à la cérémonie du thé. Vous pourrez regarder les photos. Ambiance magique, d’une pureté pénétrante.
On entre dans la pièce par une série de saluts. Saluer la calligraphie, la fleur… La cérémonie commence par la dégustation d’un gâteau sucré. Politesse extrême, considération des voisins… Puis le thé. Les bols ont une grande importance. Ceux là appartenaient à la mère de la dame. Ils sont magnifiques, on ne doit pas boire du côté du dessin, pour ne pas abîmer. Tout est mesuré.
Ichikawa san m’a fait revêtir le kimono de son mari, ayant avant appartenu à son grand-père… le sous kimono, robe de soi précieuse, porte un tigre brodé dans le dos. Magnifique. Bon par contre moment de honte monumental quand je suis obligé d’interrompre la cérémonie. Mes jambes meurent dans la position assise à genoux. Plus de circulation du sang. Je ne sentais plus du tout mes pieds. Très particulier comme sensation. Je pouvais me faire mal sans le sentir… J’ai donc terminé assis sur un coussin, puis sur un tabouret. Pour me consoler, Masami san m’a expliqué que c’était difficile pour elle aussi.
Dîner délicieux, poisson cuisiné par Masami san. Réponse à de nombreux mails, et planification d’une visite de l’énorme usine Nissan d’Eiki san.
Je dois trouver une idée de cadeau pour la famille. Réfléchir.
Idée révolutionnaire pour le projet de permaculture. Je pense créer une boisson à infuser, comme le café ou le thé, pour remplacer le café. Avec des vertus différentes. Je ne vous communique pas la recette… secrète. Mais j’ai trois plantes fondamentales qui poussent chez nous qui pourront faire l’affaire ! De quoi se distinguer avec un produit.
18/04/17
Sacrée journée ! Travail sur la recherche le matin. Je vois le bout. J’ai intégré des références à Confucius à partir du cours de chinese thoughts que j’avais suivi il y a presque deux ans, et qui a beaucoup inspiré ma recherche (donné par l’excellent Edward Slingerland sur EDX). Je suis en relecture, et articulation de la deuxième partie par rapport à la première. J’aurai terminé définitivement d’ici la fin de la semaine. Ce qui me permettra d’envoyer ma prose à mon référant pour une dernière relecture et commentaire, que j’espère positif.
Direction le dojo en fin de matinée… à vélo. Sale aventure. Je ne connais pas la ville, je pensais pourtant avoir bien mémorisé mon trajet, mais pas du tout. Je me perds une première fois. Puis retrouve finalement ma route mais j’arrive en retard et Masami san m’a cherché dans toute la ville. Les japonais sont de nature pour le moins… anxieuse.
Entraînement court mais intéressant. Je n’en peux plus de la générosité japonaise. C’est magique mais ça devient presque lourd à la fin, car je sens bien que c’est des dons qui ne sont pas gratuits, qui attendent en toute logique quelque chose en retour. Du coup ça me force à rendre la monnaie. Et quand je dis des dons, c’est pas un porte clé. Non. Demain je vais recevoir un bogu entier, avec casque et gants, seconde main mais quand même ! Un homme de l’entraînement dans l’autre dojo vient aussi de me donner deux sous vêtements traditionnels de kendo, un blanc et un bleu, magnifiques. Tout va bien. Une femme du cours m’offre un étui pour mes sabres (eux-mêmes donnés par on professeur Kusaka san) et me dit qu’elle veut broder mon nom dessus. Je manifeste ma gêne, mais comment refuser quand on te met l’étui dans les mains ?
Entraînement bilan :
Habillage. D’abord le haut, puis le bas (jambe gauche la première). Ensuite resserrer le haut en le glissant bien dans le bas. Armure du bas, puis partie principale.
Entrée sur le dojo : commencer toujours par un salut au groupe, et au drapeau japonais. Le shinaï se tient dans la main gauche, lame vers le haut. Quand on engage le combat, un salut à l’adversaire en regardant dans les yeux. Puis on colle son shinaï à sa taille et on fait trois pas en avant. Arrêt. On sort un peu le shinaï de son fourreau imaginaire en grippant bien de manière à le sortir lame en avant avec la droite. Puis on se met en garde. Salut à croupi. Puis go !
Exercice de frappe sur le men (tête). Importance de la prise sur le sabre : annulaire et auriculaire gauches à la base du sabre, vraiment à la base. Les droits sur l’autre extrémité de la garde. Les trois autres doigts relâchés. Il ne s’agit pas de passer en force. Mais d’être juste et rapide. Le pouce vient couvrir le majeur. Bien aligner les deux mains. Face au fil.
Penser à : pieds bien droits, pied droit devant, pied gauche légèrement en suspension jambe presque tendue chargée en énergie, pas avant par glissée énergique pied droit APRES avoir levé le sabre au dessus de sa tête si frappe du men adverse. Abattre le sabre en refermant les poignets et en donnant un petit coup sec des poignets. Suspendre un instant pour sentir la réaction de l’adversaire puis réagir en levant à nouveau le sabre… bien anticiper le déplacement de l’adversaire. Coup tête droit + alternance gauche droite avec jeu du poignet gauche.
Révision des deux premiers katas.
Retour du dojo terrible. Je me suis complètement perdu alors que j’étais certain de connaître le chemin. Incompréhensible. Les japonais n’aident pas dans la rue. Impossible d’emprunter un portable. Tous me disaient d’aller au bureau de police. Putain mais franchement, qui fait ça aujourd’hui ? Aller dans un foutu bureau de police juste parce qu’on a besoin de passer un coup de téléphone !? Fondamentalement tout est de ma faute, mais les japonais n’aident pas à s’en sortir en toute simplicité. J’ai du me trimbaler mon vélo qui pèse une tonne avec l’équipement de kendo, je crevais de faim. Ca a duré au moins trois heures, et je ne pouvais joindre Masami san qui, morte d’inquiétude, m’a dit après coup m’avoir cherché dans toute la ville en voiture. Bref, la prochaine fois j’ai intérêt à mieux connaître mon chemin. Et à avoir sur moi au moins les numéros de téléphones de l’UCIA.
Très bon déjeuner une fois rentré. Riz genre cantonné avec muzo soupe et salade d’une espèce de céleri moins fort avec crème. L’aprem, on est allé acheter des cadeaux pour ceux qui m’offrent toutes ces affaires de kendo… Le minimum. Je vais devoir retourner dans le magasin. J’ai acheté des livres du petit prince en japonais. En espérant qu’ils ne l’ont pas.
Soirée magique grâce à un skype et une discussion par message très marquants. Beauté de la relation humaine. FFMC musique… Je ne citerai pas de nom ! Je suis convaincu qu’il existe une dimension de la réalité avec laquelle nous pouvons interagir, mais que nous ne connaissons pas, ou à peine. Ce soit il y avait une connexion très puissante, magique. Je ne sais ni pourquoi elle s’est établie, ni comment. C’est un mystère, mais ça existe. C’est beau, et source d’espoir. J’utilise l’imagination et je pense aux auras, aux traces énergétiques… le corps dans l’environnement, l’adéquation des fréquences.
19/04/17
Pensé à mon retour à Paris. Anxiété. Je ne veux pas revivre les mêmes vides existentiels que l’année dernière. Il s’agira de mieux s’investir dans rolling dice, dans les cercles de jeu de rôle, et dans le mouvement colibris de l’Oise. En plus de cela, bien créer mon intérieur rituel, avec mon autel et pratiquer selon programme château ambulant (donner exercices à Colibris ?). Faire mon activité sportive régulière ET par-dessus tout fixer des déjeuners et dîners réguliers avec des amis proches. Avoir de points de rendez-vous définis (faire liste des options et arranger au mieux). Plus prendre le temps de cuisiner. Et enfin, le plus important, travailler avec Papa au développement du projet château et permaculture : création de l’association, voir avec les frères, création d’un business plan (penser au Mugifvy !), voir si je peux intégrer un truc de sciences po pour cela. Voilà le plan

 

Passé la matinée à apprendre à enfiler et ranger mon équipement de kendo. Déjeuner (pâtes de blé noir) puis direction un deuxième magasin de bogu. Le vendeur a proposé de me donner non pas un mais deux tenues complètes… Heureusement j’avais le dvd (her) et le livre du petit prince pour le remercier. J’ai également acheté mon shinaï et katana en bois. 45 euros pour tout cela…
Entraînement niquel. J’affine ma maîtrise de l’enfilage de bogu. Pratique des deux premiers katas, révisions et apprentissage du rôle leader. Puis frappes sur men, avec ajout des gants. Enchaînement…
Importance de garder la garde bien haute quand on dépasse l’adversaire après frappe au men
Importance de bien frapper le sommet du crane et non le front
A la fin j’ai pu observer les combats. Tout est une question de rapidité, et de réflexe. Le monsieur adorable qui a proposé de réparer un peu les deux men que le vendeur m’a donné m’offre en plus un shinaï… Masami san me dit que j’ai beaucoup de chance, je veux bien le croire ! Elle me dit que les gens m’offrent car j’aurais « un cœur pur ». Du moins c’est ce que je dégagerais. Pourtant je ne me sens pas pur du tout. Enfin insha allah !
Retour maison. Je termine l’entraînement en faisant 5 animaux, taiji et taiyi dans le parc. Endroit magnifique plein de petits jardins japonais, d’un grand plan d’eau…
Le soir, j’ai fêté mon retour sur facebook mais une newsletter en avance et le postage des photos de la Chine. J’ai décidé de limiter au maximum mon utilisation de ce réseau. Je passe le plus possible par les mails ou whatsapp pour les messages. Il s’agit avant tout d’un moyen d’être informé d’évènements et d’en organiser. La newsletter :
Salut la compagnie ! Vous m’avez bien manqué… Une newsletter en avance, pour fêter mon retour sur ce mur :
Je me souviens… la dernière fois que j’écrivais sur facebook, j’étais à New Delhi en Inde. Je suis maintenant à Utsunomiya au Japon, après 4 mois merveilleux passés dans le Wudang en Chine. En juin je serai de retour à Neufvy sur Aronde, en France. Autrement dit, la boucle de mon voyage est presque bouclée. Hier quelqu’un qui se reconnaître peut-être me demandait ce que je retenais de l’aventure jusqu’à présent. J’ai répondu le silence. Mais c’était orgueilleux de ma part car où que je sois et quoi que je fasse, je constate qu’il y a toujours quelque chose à entendre. Ouep, même la brume des montagnes du Wudang n’est pas silencieuse. De l’Inde et de la Chine, je retiens donc qu’écouter le silence donne une voix à ce que l’on croit muet.
Prana, Qi et Ki,
Des traditions la magie de l’énergie embrassée, croire.
Mouvement,
De la magie le savoir complété, traduire.
Eau, métal, bois, feu et terre,
Des sagesses 5 éléments annoncés, m’inspirer.
Environnement, mémoire, corps, imagination et raison,
Du voyage 5 structures engendrées, me retrouver.
Attention des sensations et Intention de la puissance,
Pour le mouvement parmi les 5 vitalisés, m’engager.
Entendre leurs voix et accorder cette symphonie,
Le savoir par-delà le connu, apprendre.
Silence ! Embrasse Musique… Faites de tout bruit naître l’harmonie,
Espérer !
… un ton qui se veut poétique, pardonnez cet arrangement ! C’était pour faire comme dans un meeting de Mélenchon. Mais restons dans l’émotif : j’ai reçu et je reçois en Asie bien plus que je ne pourrai jamais rendre. Je pense à mes amis indiens et maintenant aussi chinois. A mes frères de kungfu, chercheurs de sagesse. Merci du fond du coeur, où plutôt Arigatou gozaimasu ❤ Car fort de mes chinoiseries, je poursuis ma route au Japon.
Oui, alors que les pâtes de poulet grillées s’éloignent, le soleil se lève. Rouge comme le sang versé par mon shinaï depuis qu’à commencé mon entraînement de kendo à Utsunomiya (merci à l’UCIA et à M. Gannat).
Dans un océan de sushis fraichement roulés, ma recherche pour Sciences Po touche à sa fin (j’ajouterai une partie annexe sur le bushido). Je cherche aussi pour vous et moi, développant en théorie et en pratique le poème ci-dessus. Et puis comme cela ne suffit pas, je bois du saquet avec ma famille d’accueil, me perd en vélo dans des jardins urbains, regarde Bleach, prends des nouvelles de vous autant que possible, pense à l’avenir d’un certain château et essaye d’apprendre le Japonais.
A suivre !
avec la hâte de vous revoir,
Léo.
20/04/17
Nouvelle journée qui commence. Je suis fatigué car cela fait deux soirs de suite que je me couche vers 11 heures. Il faut dire que quand on dîne à 21h ça n’aide pas. Ce matin, après mes rituels sur le corps (mercredi), travaille non pas sur ma recherche mais sur le japonais. J’ai commencé un cours memrise. Le problème c’est que je ne sais pas si je me lance vraiment… Je ne tiens pas particulièrement à apprendre cette langue, c’est-à-dire à chercher mon esprit de ces nouvelles informations. Du coup je pense réduire au strict minimum. Par contre je suis très intéressé par les alphabets. Qu’il s’agisse des idéogrammes, du sanskrit, des runes… Je voudrais les utiliser pour en faire des langages imaginatifs, servant à donner du corps aux prières rituelles.
Entraînement kendo ok. Amélioré le pas en avant lors de la frappe du men. Bien pousser avec la main droite, fouetter avec le poignet gauche, bien viser le « coco » (crâne).
Kurosaki san m’a offert, en plus de mon très bel étui à shinaï vert, le sac pour porter le kendogi et le bogu ! Elle a fait broder mon nom dessus en ajoutant Orléans, la ville grâce à laquelle je suis ici. C’est magique. Je dois lui envoyer un mail avec des photos et des musiques.
Direction l’UCIA en vélo. J’ai aidé à faire de la traduction de l’anglais au français. Participé à la réunion de relecture de la newsletter, et notamment de mon petit article qui a fait impression. Je resterai chez Masami san jusqu’à 10 mai, ce qui m’arrange bien car je commence tout juste à m’habituer aux trajets en vélo.
Soirée étirement ! Très fatigué du fait de me coucher tard… mais j’arrive finalement à me motiver après une sieste. Je termine par les grands écarts qui sortent parfaitement, je les tiens. Cette fois j’ai bien élaborer un programme motivant, avec un temps de tenue des positions. Et j’ai beaucoup plus pris mon temps, notamment pour les tendons des genoux toujours les plus douloureux. Je termine par une démonstration de mon grand écart sagital à Masami san.
21/04/17
Douleur dans le fessier droit, suite aux étirements de la veille. Fait chier. C’est en voulant montrer mon écart à Masami san que je me suis fait mal. Mais ça reste raisonnable.
Très bien complété mes rituels et traité. Ajouté au traité le concept de paradoxe de l’équilibre et le problème de la motivation. Ajouté aux rituels le poème 5tructures pour ouvrir la méditation systémique. Ajouté la partie calligraphie dans le rituel, en mode kido de bleach : matérialiser l’imagination en calligraphiant les 5 éléments et structures par idéogrammes et runes.
Entraînement de kendo. Fatiguant mais positif. J’ai appris un troisième kata. Je n’ai toujours pas le « droit » de mettre le men (casque). Je dois être meilleur pour cela. Mais quel est fondamentalement le sens de cette pratique, de mon choix ?
Le kendo c’est l’utilisation externe de l’énergie. Du mouvement. Certes, je ne vais pas avoir à défendre la vie et mes proches réellement avec un katana… mais c’est une pratique symbolique. Dont les enseignements peuvent se décliner dans toute action orientée vers l’environnement. Il s’agit de prendre ce dont on a besoin, et de respecter le reste. De défendre de manière responsable. Humble. De vivre tout projet d’environnement, métier, activité économique, négociation, comme un combat de kendo. Chaque défi, mauvais esprit… est l’expression d’une souffrance passée que je dois libérer, réharmoniser, rééquilibrer. Bleach, shinigami. Ma mission envers l’environnement est de pacifier le passé, la mémoire, en soignant les plaies qu’ils nous laissent dans le présent. Donner une juste place à chaque structure dans l’environnement. Importance mémoire. Partout, en chacun, on observe des énergies/esprits qui n’arrivent pas à partir en paix. Qui hantent le monde parce qu’ils n’ont pas eu une vie satisfaisante, qu’ils ont le sentiment que leur voix ne fut pas entendue. Mon rôle de traducteur est d’entendre leur voix. Et de forcer le rééquilibrage avec respect. Pour les libérer. Voici ma vision. Cela demande un engagement, un service. Shinigami. Avoir la force et la détermination, la maîtrise de l’énergie, mais l’humilité et la pureté du cœur car les esprits sont des signaux, des guides vers l’harmonie. Ils détiennent la sagesse. De savoir être fort, chaque jour. De savoir compter sur la puissance du mouvement qui nous anime. Source infinie comme dans Ichigo. De savoir s’entraîner rigoureusement. Et enfin de savoir économiser, être juste et observateur comme Urahara.
Garder la pureté de son coeur. A l’heure où je sens mes amis et moi même préciser le chemin de l’avenir, ne pas laisser la pression de la vie adulte nous perdre dans l’ambition, la hâte, les sacrifices de la santé et du bonheur. Garder un cœur pur, et toujours savoir lire Harry Potter, regarder Bleach, et se sentir innocent. Dans l’innocence de l’enfant, le modèle ultime, réside la garantie de la pureté, l’intention naturelle du corps. La bienveillance. Ne pas avoir besoin de sublimer son image social, ne pas avoir honte d’être humble et d’oeuvrer à petite échelle. Parce que c’est là que le plus important réside, et que tout peu commencer. Un grand homme fera de grande chose, où qu’il commence. C’est là que se trouve la lucidité, la vérité. Se méfier dans grandes gueules, des beaux parleurs et de ceux qui jettent de la poudre aux yeux. Rester lucide, et prudent.
Rappeler discussion skype avec M. La mauvaise discussion, le mauvais état d’esprit. Commencer par aimer les gens. Le réseau vrai, d’amour véritable. La famille, Colibris, les amis. Voici la vraie vie, les vraies valeurs. C’est dans cet amour qu’on peut construire durablement. Pas dans les projets de startup à la con. Où on lâche des millions pour des obsédés de l’argent, des addictes de l’activité mentale et du pouvoir.
Imaginer… moi face à quelqu’un du monde du show. Il se mettra à parler, à parler de ses projets, des enjeux, des urgences, des opportunités. Je ne dirai rien, et je commencerai pas sourire. Ressentir. Puis j’entendrai le vent dans les feuilles. Et je soupirerai de bien être. Après peut-être je commencerai à parler. Du beau temps. Prendre le temps. Refuser les projets à taille inhumaine. Construire dans la proximité. Le vrai. Commencer petit, vrai. A la racine. Mon village.
Je dis cela, mais mon avis est biaisé. C’est tout simplement ce que je suis, mon histoire. Les choix des autres sont très légitimes et je les accepte. Cependant je ressens leur mal être et leur détresse intérieure. Je ressens leur angoisse, leur surpression. Et je ressens la paix de la vie rurale. Oui on peut aimer le stress, la pression. Les grands manager y sont accrocs, comme les grands sportifs. L’adrénaline. Mais est-ce là le signe d’une santé mentale ? D’une humilité ? D’une lucidité ? Qui paye cette suractivité ? Je maintiens que l’homme reviendra tôt ou tard à la simplicité rurale. Que c’est ce pour quoi nous sommes fait. Qu’un jour les villes se videront et les campagnes renaîtront. Telle la comté.
respecter les rituels, oeuvrer d’abord à son développement intérieur. A la richesse de son expérience. Penser l’environnement. Penser l’imagination. La raison. Le corps comme l’enfant… Amour. Mouvement. Humilité. Equilibre.
Je me sens comme Uruhara. Ou gandalf. Je suis celui qui, caché dans le monde des petits, est grand en silence. Reste ouvert au monde des grands, à la vie folle. Mais en retrait. Ne s’enferme pas. Est lucide. Attentif et détaché. Assidu, s’entraîne, est le meilleur dans le secret de son coeur. Dans l’endurance, l’absolu secret et humilité. Et qui le moment venu frappe. L’équilibre absolu. Contrairement aux moines, je ne renonce pas à l’amour de l’autre, du plaisir du corps, de la joie simple. Contrairement aux leader, je ne renonce pas à l’humilité et au développpement intérieur… Uruhara. Cf bleach importance fondamentale épisodes 15 et 16 !!! Etre humain avant tout. Mais le vrai humain est équilibré. Notre plus grande qualité est l’adaptation, mais nous ne savons pas encore parfaitement l’entretenir. Trop de simplification.
Résolution à reprendre l’entraînement. Après avoir fini ma recherche sciences po me consacrer entièrement à la pratique. A la sensation et la déclinaison de l’énergie dans les structures. Valoriser ainsi le temps qu’il me reste ici. Insister sur le kendo en particulier. Tel Ichigo qui s’entraîne pour Rukia. M’entraîner pour mes proches. Pour rayonner. Devenir un maître. Tel Urahara. Pour sauver ceux que j’aime. Le monde. Par ma grande maîtrise et compréhension de l’énergie.
CF mouvement dans traité de systémique !!
Achat d’un petit goûter sur le trajet du retour. Réponse de mails l’après-midi.
22/04/17
Samedi. Ptit déj délicieux, Masami san a fait des pancake… avec confiture, miel et chantilly. Que demande le peuple ?
Pas de recherche aujourd’hui. Réponse de mails… je voulais enfin me mettre à jour parce que j’en avais marre d’être sans cesse
La difficulté parfois à s’adapter à la vie de la famille japonaise.
Les repas à différentes heures, la très grande quantité de viande et poisson, matin midi et soir… Mais j’apprécie l’expérience. L’adaptation est une qualité essentielle.
Demander à mamie de livrer tous les secrets de cette maison. Elle est l’esprit du château, et cela à jamais. Elle l’habite. Imagination, mémoire.
Amour fondamental du shintoïsme à ce sujet, définitivement la religion asiatique qui me plaît le plus. Comme me le disait Maruyama san, ici tout est sacré. Chaque objet, chaque geste… à travers eux s’exprime une tradition, une mémoire. Chaque espace est habité par une énergie, un esprit. Il s’agit de préserver l’harmonie du monde, de faire honneur aux esprits qui en ont pris soin avant nous. Et aux éléments qui ont fait naître la vie à l’origine. Comme une immense chaîne d’efforts, conscients et inconscients, pour nous permettre de profiter de ce que l’on a. A respecter. Parfois, ces esprits/énergies agissent contre nous. Mais n’est-ce pas nous qui plutôt ne comprenons pas assez précisément l’histoire de la personne, de l’objet auquel nous avons à faire ? Je pense que c’est ainsi qu’il faut voir les choses. Les mauvais esprits sont le fruit d’une souffrance passée qui demande à être libérée.
J’ai regardé les photos du blog de Stéphane, un cousin issu de germain. Incroyable travail. Il vit à Tokyo du coup c’est très intéressant, je découvre le Japon à traver l’œil d’un artiste. Voici le lien de son blog : http://blog.stephane.photo/
Après midi à l’UCIA pour un salon d’échange international. J’ai rencontré deux français, Nathan et Pierrick ! Ils vont à Tokyo demain pour voter… moi je n’ai pas réussi à aboutir dans les démarches. Sympa de discuter avec eux. Ils m’ont appris l’expression mystères et boule de riz. Pour mettre un peu d’animation dans le groupe du salon, très timide à la japonaise, et coincé, j’ai proposé un pictionnary. Succès incroyable ! C’était cool.
Après le salon direction un restaurant avec la famille de Masami san. Spécialisé dans les grillades à base de poulet, enfin grillade… toutes les parties de la bête sont mangées… plutôt ignoble. Et aussi bien cru que cuit. J’ai pas aimé. Le foie, les intestins… Du coup j’ai commandé un ramen pour me caler. Masami san s’est enfilée les verres de sake. A la fin elle était complètement bourrée. Si bien qu’elle a perdu son téléphone ! Elle répétait bourrée « I’m sorry I’m sorry ». Ce qui exprime bien je trouve la force de la culture japonaise, respectueuse et humble même ivre mort. On a pris l’évènement plutôt à la rigolade.
Retour maison et skype avec M qui est à Compiègne en ce moment mais repart à Nantes demain. Il prépare pour son stage une croisière de luxe, qui sera un colloc pour « construire le monde de demain » avec des personnalités influentes. Plutôt intéressant ! J’aime son énergie. Sa vitesse de pensée. La qualité de son information. On peut toujours compter sur lui pour les bons plans.
23/04/17
Journée excursion ! Hirato participe, entre cours du soir, piano et arts martiaux, à un club nature avec lequel il fait des sortie une fois par mois. Aujourd’hui c’est dans un grand parc, avec des jardins, des étangs, des piscines, du sport… bref des activités de plein air. Ca fait toujours très artificiel et organisé, mais c’est le Japon. On s’est baladé avec Masami san. Personnellement je me suis entraîné à percevoir les échanges énergétiques des structures. Les jardins étaient fragiles, en bonne santé de recharge mais malgré tout à la limite de la décharge, à cause de tous les humains déchargés qui viennent leur pomper leur énergie. Une nature contrôlée, exploitée. Mais mieux quand même que des champs agricoles par exemple, ou qu’un parc urbain ! Du coup j’ai donné de l’énergie corporelle, rationnelle et imaginative. Beaucoup d’imaginative. Je me suis aussi un peu rechargé, mais je restais quand même très fatigué à la fin. Mais je suis fier d’avoir nourri l’environnement. Apaisé les esprits qui y résident, rétabli des équilibres. Mon rôle de shinigami. Trop peu par contre ressenti le mouvement pour lui-même, j’étais trop dans l’intention.
On est ensuite allé dans des spas. Au Japon c’est systématiquement à poil, séparé homme femme. Il me faut vous le dire : le mythe de la petite b*** asiatique est bien un mythe. Ou bien c’est moi qui en ait vraiment une petite, ce qui je veux bien admettre. Je précise cela parce que se balader nu devant des vieux inconnus, c’est toujours une expérience. Que j’apprécie. On assume son corps, on se sent égaux, non jugés car tous obligés de manifester cette humilité.
Puis direction Mashigo ! La ville des potiers. Dans la rue principales, des dizaines de magasins de poteries magnifique. Force de l’environnement dans cette ville. Energie mémoire très présente aussi. Les objets sont chargés des corps qui les ont façonnés. Mais trop peu. Trop dilué, trop grande quantité, trop peu de qualité. Etrangement, le style local n’est pas ce qu’on pourrait attendre du Japon. Vaisselle épaisse, motifs grossiers, couleurs chargées, sombres. Ca fait très occidental en fait. J’ai acheté une tasse à thé pour Kusaka san, ma professeur de kendo. Je lui donnerai à la fin du séjour. Rien pour moi. Je préfère me fabriquer mon bol idéal moi-même !
J’ai dormi sur le trajet du retour. Masami san a retrouvé son portable qu’elle a perdu hier quand elle était bourrée ahah. Bonne nouvelle. Pour le dîner, direction un bar à sushis ! A ma demande. Endroit incroyable. Des grandes lignes de tables. Avec le long des tapis roulants sur lesquels défilent des petite assiettes de couples de sushis. La majorité coûtent seulement 100 yen soit 1 euro. On commande via un écran à la table. Et rapidement l’assiette passe devant nous, il n’y a qu’à se servir ! On rend les assiettes vident par une petite trappe. Pas de serveurs. Toutes les 5 assiettes, petite animation sur l’écran. Si on est chanceux on gagne un cadeau pour enfant, une petite boule avec une surprise à l’intérieur qui descend d’une machine suspendue au dessus de la table. Bref. L’excentrisme japonais ! J’arrive à ne pas manger de viande ni de poisson. Miracle (vu que je suis libre de choisir ce que je veux).
Au retour skype avec mon fréro Titouan et A. Plaisir ! Que de dépense pour l’environnement aujourd’hui. Et de recharge aussi. Mais bien d’être fatigué, la nuit est la recharge interne la plus efficace.
Peu de travail sur la recherche. En revanche pris des résolutions : je ne me mets pas à l’apprentissage du japonais. Pas le temps. Mais quand j’aurais terminé la recherche sciences po, je me consacre pleinement à mes exercices rituels et ma pratique du kendo. Je veux revenir en France avec une très grande maîtrise. Me permettre d’enrichir d’idées ma recherche personnelle. Je vais travailler à sa mise en forme sans pour autant rédiger.
Réflexion organisation : je dois trouver un système innovant de narration. Efficace. Mieux que les sommaires traditionnels. Gérer correctement les démonstrations. Faire modèle « observation, problème, hypothèse, exemple, résultat, interprétation, conclusion (ophéric) ». Bien s’appuyer sur la psychologie moderne, les neurosciences. Les sagesses asiatiques. L’anthropologie. La philosophie. Mon voyage.  = les axes d’exemplification et de justification principaux. Intégrer au fur et à mesure.
Avoir toutes les déclinaisons dès le début et préciser de se rendre à la description imagination par raison pour avoir une présentation rationnelle de la structure !
Ajouter un paragraphe : autocritique
Faire document de trame, encore plus général, uniquement les intitulés, pour définir l’ordre dans lequel aborder les concepts.
24/04/17
J’apprends le résultat des élections avec un jour de retard J Quel bonheur ! S’il était certain que Mélenchon ne passerait pas, c’était tendu entre Macron et Fillon. Et Macron est passé ! Magique. Ca veut dire pas de droite au pouvoir pour les 5 prochaines années (car il est impossible que le FN passe le deuxième tour). Ca veut dire un peu d’écologie dans le débat politique. Ca veut dire du progrès malgré la crise, et des solutions intelligentes plutôt que bestiales. Primitives, réactionnaires.
Matinée commencée par étirements rapides du matin, et notamment le rêve indien partiel pour réactiver la circulation. Toujours aussi efficace. Puis long moment consacré au rituel méditatif sur la mémoire, journée dédiée. J’ai appliqué la calligraphie mais j’avais de nombreux problème à régler. Pour faire simple l’idée est d’accorder le dessin au cheminement intellectuel lié au service et à l’expérience de la structure. Qui est soit en décharge soit en recharge. Il s’agit de rétablir l’équilibre et de ressentir ce rétablissement. Puis de vivre la journée en y déclinant la mémoire dans les différentes structures.
Pour le reste, journée consacrée à ma recherche. J’ai terminé la reprise de la conclusion générale. Je vais peut-être modifier un tout petit peu l’introduction, mais sinon je passe en mode relecture générale et composition de la bibliographie. Avant de renvoyer à mon référant. Je dois aussi penser pendant la relecture à corriger ses remarques de forme !
Déjeuner original : que des pâtisseries ramenées par Masami san. Un peu space, on voit que l’on est pas en France. J’ai cependant apprécié, notamment le anpan, pain brioché fourré à la pâte de haricots rouges.
Je suis allé en fin d’aprem m’entraîner au taiji et au kendo dans le parc. Bel entraînement. Après l’échauffement j’ai réussi à faire un taiji très pur, bien en conscience des mouvements du corps. J’ai rechargé ma structure corporelle en fluidifiant les énergies. Bien même si il y a encore des hésitations. Manque d’entraînement. Les katas de kendo progressent mais je devrai encore répéter 30 minutes demain avant l’entraînement. Je rappelle que le kendo est l’utilisation du corps pour l’environnement, l’extériorisation de l’énergie.
Importance de bien équilibrer le service de chaque structure. Le service de l’environnement est souvent sur mobilisé. On oublie que le corps par exemple a aussi une mémoire, qu’il est aussi habité par des énergies noires, esprits mauvais… et qu’il mérite notre attention pour l’équilibrer. Le shinigami ou passeur n’est pas seulement orienté vers l’environnement ! Chaque structure mérite d’être soignée. Nous sommes chaque structure.
Soirée dîner presque français, avec couverts français (mais au Japon ils sont plus petits, parce que tout est plus petit…), un bon bordeaux à 20 euros la bouteille, et un bri qui a du coûter cher également. Ambiance cool. On parle de la société japonaise, du fait que les inégalités se creusent. De la politique de Shinzo Abe, des élections françaises. Eiki aime bien la politique. Masami san un peu moins !
25/04/17
Eiki san le mari de Masami san travaille chez Nissan, dans une des plus grandes usines de la marque. Nous sommes allés visiter ce lieu cet après-midi. Claque incroyable. Visite très bien organisée. J’ai compris en pleine face la complexité de l’économie d’aujourd’hui, la perfection des stratégies d’économie d’échelle et de satisfaction de la demande. Quelle intelligence, quelle folie.
5000 employés sur le site. C’est là qu’ils produisent la GTR, qui est construite à la chaîne contrairement à ses concurrentes, d’où son prix plus abordable. Zone industrielle pour le moteur, le corps de la voiture, la peinture et enfin l’assemblage final. Des énormes bâtiments. Sur les routes du site, on voit passer des chariots robots, sans conducteur. Des camions, des ouvriers, la cantine… un vrai écosystème. Dans le bâtiment de la fabrication du corps, des centaines de robots sont réunis autour de la ligne d’assemblage. Les carrosseries défilent, pivotent en bout de ligne pour repartir. Etape après étape, tout prend forme. Une voiture est terminée toutes les 2 minutes. Cadence de folie.
Arrivée bâtiment assemblage final. Ici que des ouvriers. Deux étages : au dessus des lignes, les composants (roues, moteur, siège, fils électrique, poignées…) se déplacent. Apportés régulièrement par des chariots robots. Les voitures sont fabriquées en cohérence et synchro avec la demande de chaque consommateur (carnet de commande), qui depuis la révolution toyotiste personnalise sa voiture. Ainsi, chaque assemblage est particulier. D’où les ouvriers plutôt que les robots, qui s’adaptent plus facilement. Ainsi un ouvrier peut successivement fixer le moteur d’un crossover, puis d’une berline. Les chaînes sont modulables. Crée une complexité incroyable dans l’approvisionnement des pièces. Chaque ouvrier a un petit chariot à lui, qui est automatiquement rempli avec les pièces de la voiture qui arrive sur la ligne. Il assemble, puis voiture suivante avec éventuellement des pièces différentes. Ils travaillent à toute vitesse. Vertigineux et complètement inhumain.
Finalement, on arrive aux tests. Pollution, vitesse, eau, freinage… toujours à la chaîne. Les ouvriers conduisent donc déjà les voitures à peine assemblées pour les tester. Les modèles les plus chers subissent une inspection particulière, hors chaîne. Voilà. Je n’en reviens pas. On nage dans un océan de pièces, robots, de gestes, de postes de production… Tout est optimisé pour que les ouvriers n’aîent pas à porter de lourdes charges. Les outils sont parfaitement accessibles. Dingue.
Je ne sais pas quoi en penser. Je pense que les processus d’optimisation de la production sont à garder. Mais c’est l’extrême concentration des entreprises et le gigantisme des usines qui est mauvais. Je pense qu’on peut profiter des économies d’échelle avec des structures beaucoup moins grandes.
Et enfin dans le monde de l’automobile comme des appareils technologiques, le problème fondamental est l’obsolescence programmée et l’absence, pour le consommateur, de possibilité de réparer lui-même ses engins. Sans parler du problème du pétrole évidemment. Des structures plus petites permettraient une spécialisation moins extrême des travailleurs. Peut-être que chaque famille n’aurait pas sa voiture (coût plus élevé), mais cela encouragerait le partage, la collaboration. C’est possible, Sieben Linden le fait ! Voilà donc la solution : déconcentration, meilleure qualité, réparabilité, artisans plus qu’ouvriers et durabilité.
Masami san au piano, musique d’une beauté… voir enregistrement. Le morceau est d’autant plus beau qu’il n’est pas maîtrisé parfaitement, le côté répétition par un après midi paisible à la maison est sublime.
26,27/04/17
Manqué de rigueur avec ce journal. C’est que les jours furent intenses. J’ai tenu à jour mon journal d’entraînement de kendo cependant. L’entraînement avance bien, très bien. Mais j’avance aussi beaucoup sur ma recherche personnelle (la recherche académique étant au point mort, terminée mais pas glorieuse). Je fais des découvertes très riches, notamment en symbolique. J’intensifie également beaucoup ma pratique quotidienne des 5 structures. Je profite de mes trajets en vélo entre l’UCIA et le dojo pour méditer « activement ».
Côté nourriture… j’ai découvert la pate de riz, à partir de laquelle sont faites les boules coco. Délicieux à manger avec des graines de sésame et un peu de sucre. Ou du sirop de sucre noir (très brun). Mangé du Wasabi en salade (une des plantes de la famille, qu’on trouve dans la nature).
Skype avec mon pote F ! Parlé un peu politique. Mais aussi philosophie et projets d’avenir, comme d’hab J Grand plaisir de le retrouver.
Pratiqué mes étirements. Très difficile même en y allant avec une extrême lenteur, je pense à cause de la fatigue notamment. J’en garde de sacré courbature. Mais c’est aussi le signe que j’en avais besoin. Et c’est les séances difficiles qui font avancer.
Confirmé date pour ma fête de retour : weekend du 1 et 2 juillet. J’ai mis à jour le programme. Je vais bientôt créer l’évènement facebook. Il y aura avec certitude l’équipe de l’asso EMTT, qui organisera un jeu de rôle grandeur nature au château pour l’été 2018 (mais il ne faut pas s’emballer, je n’ai pas encore demandé l’autorisation aux propriétaires ! Mais je les connais je pense pour les savoir d’avance motivés par le projet… à suivre).
Je suis fatigué, car je regarde 2 épisodes de bleach chaque soir et qu’on dîne parfois tard, vers 21h. Et je me lève à 7h. Mais j’ai une très bonne énergie, portée par mes rituels notamment, qui avancent je le répète. Voici un exemple de création d’objet personnel, projet à faire à mon retour. Cérémonie pour m’intégrer à ma propre religion (au risque d’être pris pour un fou) :
1.       Pratiquer pour la première fois la  5alutation rituelle : expirer (Qi, mouvement). Lier poings devant soi main droite couvrant main gauche devant poitrine. Enchaîner en formant le 5 avec les mains, angle avec main droite (Qi5). Pivoter mains en Qi5 vers l’avant à l’horizontal et frapper l’angle main droite avec arc main gauche = Environnement. A FAIRE AVEC MON GUIDE en mode 5alutation fraternelle (cf paragraphe ci-dessous). Puis directement reformer le poing et laisser tomber la tranche des paumes contre ventre (hara) = corps. Geste explosif d’élévation mains jointes en prière au dessus de sa tête bras tendus = imagination. Laisser à nouveau tomber mais cette fois contre l’arrière de la tête mains toujours jointes mais poings fermés doigts croisés = mémoire. Puis décroiser doucement paumes contre crâne et sans toucher oreilles venir placer ses mains verticales paumes côtés crâne au niveau des tempes, sans toucher la tête cependant = Raison.
Méthode 5alutation fraternelle (endosser le statut de traducteur en plus d’invoquer l’environnement). Le 5alut que l’on fait avec un guide ou ami traducteur est celui de montrer sa paume devant soit bras légèrement tendu en formant l’angle pour celui ayant le plus d’ancienneté. L’autre, le jeune, vient cogner la paume avec l’arc (cf 5alutation pour explication angle et arc).
2.       rituel d’association corporelle : sélectionner la main intention et la main attention. Placer ses deux mains ouverte tranchant paume vers le bas paume vers l’intérieur, brans légèrement levés devant soi. Sentir quelle main a tendance à tomber paume contre sol, et quelle main est plutôt paume vers le ciel. La plus lourde sera l’angle, la plus légère sera l’arc du 5.
3.       Passer « l’habit », bien sûr. Composé : d’une tunique mis cuisse. Toile de lin épaisse marron foncé (couleur terre). Peu se porter ouverte ou fermée, en mode kendogi mais un peu plus long et fin. Le col est blanc cassé sur toute la longueur. L’intérieure est doublé vert feuilles nouvelles. Il y a une grande capuche. Manches longues et relativement amples.
+ une cape de voyage pour la pluie, en laine bouillie (version la plus étanche possible). Couleur vert foncé (forêt).
+ chaussures à définir.
+ verni à ongles sur un majeur (alterner) : points couleurs des 5 structures
4.       Il s’agit maintenant de donner au nouveau traducteur (chinois 译者 = yi zhe) le totem (译者工具 = yi zhe tsuru (outil en japonais)) qui l’aidera à développer ses pouvoirs structurels, énergétiques. Cet outil est spécial car il porte en lui les 5 structures. Se composant de 5 parties détachables. Il tient dans une poche, classique ou secrète. Il s’agit d’un tissu imaginatif brodé, enroulé autour de la deuxième branche contenant la symbolique (et indirectement la logique) de 5tructures et notamment le pentagramme complet et les symboles fondamentaux), un fragment de pierre environnementale fixé au sommet de l’axe (galet débarquement), du bois corporel qui forme un compas et peut être utilisé comme règle et équerre, un ensemble rationnel lame et mines amovibles (stylo ou couteau, rangés dans le tissu) + une gravure mémorielle = nom réel du traducteur. Développer l’art de manier le t5uru : le t5udo.
Le nom du t5uru est celui de la conscience du traducteur. Sa substance fondamentale qui tient ensembles les 5 structures. On peut parler d’âme. C’est le centre de la force du traducteur. Le nom est révélé dans un état de conscience particulier, une expérience transcendante (méditation, rêve lucide…). Il n’est révélé qu’en situation ou ça semble nécessaire.
5.       Tracer le pentagramme des 5 avec le t5uru… puis l’effacer
6.       Conclure par 5alutation rituelle et fraternelle.
28/04/17
Matinée à l’UCIA (travail de traduction), après avoir travaillé sur mes rituels. Aujourd’hui est une journée consacrée à l’environnement. Il m’a fallu décider comment appréhender les journées dédiées. Soit l’environnement décliné dans les autres structures, soit les structures déclinées dans l’environnement. Faire les deux prend trop de temps, et crée une répétition. Du coup j’ai opté pour la seconde option.
Après obento de masami san, et la dégustation d’une pâtisserie traditionnelle (pâte de riz fourrée aux haricots rouges), direction le dojo.
Bilan entraînement kendo :
kata : bien être dans l’axe quand on lève le katana au début du 3 pour élève. katana toujours à un poing de la tête quand levé.
Echauffement au shinaï : moulinés, coups droit avant arrière lent, puis rapide. Avec levée et baissée du shinaï à chaque avancée, recul. Puis pareil avec coup sur le bord du men droite gauche.
Entraîné au jeu de jambes. Petits pas (avancée d’un pied). Avant arrière droite et gauche. En déplacement latéral importance de ramener les pieds pas trop écartés (un poing entre). Garder pied gauche en interne.
Tous les coups se donnent en restant bien droit, dans l’axe.
Insisté sur le coup de fouet qui doit être donné par la main gauche. Entraîné à frapper uniquement avec la main gauche qui tient le shinaï. Bien frapper le men sur le dessus, pas la grille. Bien verrouiller les deux bras. Et casser en avant le poignet droit.
Rédaction newsletter, sacré travail. Expérience unique de méditation. Approfondissement du rituel d’initiation. Mais le mieux est que je place ici une copie de cette newsletter :
Eiki san m’explique au dîner qu’il regrette que le caractère japonais soit aussi obstiné au travail. Il reconnaît que plus de travail ne signifie pas mieux. Et qu’il vaut mieux souvent se détendre que rester la tête dans le bureau. Il aimerait que cela change au Japon. Intéressant de voir qu’il en a conscience. Je lui dis qu’il y a aussi du bon dans ce sens du devoir et de l’effort.
 Une soirée karaoké avec mes potes français et Kazumi se profile. Ainsi qu’une virée à Tokyo la semaine prochaine avec la famille d’accueil ! 🙂
29/04/17
Ce matin rituel muscu. Très difficile, fatigue et bouffé par les moustiques (qui commencent à se réveiller… !). J’ai cependant bien réussi à mobiliser la théorie des 5. Idée que j’offre mon énergie corporelle à l’environnement. Je laisse mon énergie être absorbée. Je recherche le fait d’être aspiré. Remarqué à ce titre de points particuliers de l’environnement qui sont des trous noirs énergétiques, probablement du à la mémoire du lieu. Et bien dans l’optique de décharge du corps, je me vide pour soigner ces trous noirs, les rééquilibrés. Apaiser leur souffrance. INTERPRETATION IMAGINATIVE ICI. ATTENTION A NE PAS TOUT REDUIRE A L’IMAGINATION. La sensation de vide physique c’est L’ENVIRONNEMENT et la MEMOIRE dans le corps… Je décharge le corps pour l’environnement, don à la nature. Et en même temps je préserve ma vie, crée le mouvement, gagne en amplitude. Me débarrasse de la crasse. RAISON DANS LE CORPS ICI. RAISON AUSSI QUAND je prends conscience des interprétations trop déterminées dans certaines structures : esprit critique.
Mais aujourd’hui je veux insister sur structure rationnelle. Difficile de la cibler. Je pense que c’est en raison de sa nature. La structure rationnelle crée du lien entre les autres structures. C’est elle qui met dans l’ordre dans le mouvement des structures, par le langage logique. Dès que je formule un raisonnement, une démonstration logique, je suis dans la raison.  L’intention rationnelle est un désir de compréhension relationnelle. L’attention rationnelle est une tempérance, prise de recul, compréhension relationnelle, mais elle-même peut devenir extrême. Elle permet de mieux s’orienter dans les structures par la raison, en construisant un système logique de l’expérience plus riche. La raison est l’outil connecteur de la traduction (terre), après bien sûr le Qi5, qui est le carburant.
Ptit déj japonais, Nato et riz. Délicieux. Mais j’ai refusé l’œuf cru sur le riz. Pas dès le matin quand même y’a des limites ! Masami san qui s’occupe du linge… tout en fredonnant le thème du château dans le ciel… je suis au Japon <3.
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