Journal de bord n°10 Février

01/02/17
Entraînement le matin. Problèmes cosmologiques, bloqué bien que j’ai réussi à pratiquer toute la série des 5 animaux. Je vais mieux physiquement. L’après midi est libre, et la journée de demain aussi. Je commencerai ensuite le taiji 28 !
Aprem de travail sur ma recherche. J’ai terminé la première sous partie de la partie 2 et écrit ma newsletter. Puis discussion avec M, et visionnage d’un film d’essai adapté d’une nouvelle de Lovecraft (the call of cthulu). Manu m’a aidé à étoffer ma newsletter :
Bonjour à tous,
Je vous écris depuis la chambre d’un ami, à peine chauffée par un petit chauffage électrique, la neige tombant à gros flocons sur la Chine du Wudang.
Le mois de janvier est derrière moi, et avec lui quelques nouveautés dans mon parcours. J’ai quitté la province du Sichuan et la ville de Chengdu le 21 janvier, plus mou et fin qu’une nouille chinoise après un passage à l’hôpital pour des infections diverses. Les risques du voyage exotique et de l’imprudence d’un jeune esprit. Arrivée dans le Hubei, province à l’est du Sichuan, le 22 janvier après une courte nuit dans le train. La Wudang Daoist Traditional Kungfu Academy qui m’accueille est située dans les montagnes Wudang, grand centre taoïste qui a connu son âge d’or sous la dynastie des Ming. Selon la légende, le Taiji en serait originaire, découvert par le maître Zhang Sanfeng lorsqu’il fut témoin de la victoire d’un serpent sur un oiseau, c’est-à-dire de la souplesse sur la rigidité… version orientale de la fable du chêne et du roseau.
Voici maintenant une semaine que j’ai commencé mon entraînement, entre travail sur ma recherche, discussions avec les étudiants et surtout festivités du nouvel an chinois. Chaque matin à 8h10, premier coup de sifflet. Je m’habille et me perds dans mes pensées. A 8h20, deuxième coup. Je sursaute et file me mettre en ligne avec mes vaillants camarades. Début de l’entraînement sous le vent et la gelée. Je donne des coups de pied dans le vide et m’étire dans tous les sens au rythme des « Hi ! Oh ! Ah ! Se ! Chan ! » du maître. Déjeuner à 11h40, reprise de l’entraînement de 15h à 17h. Dîner, puis séance du soir de 19h à 20h.
J’ai le temps de travailler sur ma recherche pendant les jours de repos et la pause du midi. Le Taiji développe l’attention au mouvement et l’économie du geste. Tirer profit des forces existantes, épouser le cours des phénomènes avant de vouloir le manipuler… Se forcer à la répétition rituelle des gestes, plusieurs heures par jour, affine les sens et ouvre l’esprit à des perceptions plus subtiles, à une énergie de vivre nouvelle, gratuite et universelle. Pour plus d’information sur les mystères de l’exercice rituel du corps, vous trouverez en pièce jointe la première sous partie de la suite de mes réflexions. Sachant que je développe toujours dans l’ombre pour le moment une étude plus libre, moins académique. Mon journal est également disponible sur mon blog :
Mon ami québécois M, qui a fait une belle partie de son parcours en Chine ; m’a offert entre conseils de taiji, histoires sur l’empire byzantin ou encore œuvres géniales de H.P. Lovecraft, une petite chinoiserie à consommer avec modération : « Rappelle moi ton expérience du chien en Chine ? » je demande. Il commence : « Ah ! Et ben la première fois que je mange du chien… bon, c’est mon patron qui m’invite pour un hotpot [fondue bourguignonne si j’ose dire] chez lui. Il me dit que dans le hotpot c’est du chien. Bon, c’était l’hiver et il me dit le chien est supposé te garder au chaud, et c’est une délicatesse… alors j’y suis allé. Ca ne goutait rien de particulier. Puis j’en ai mangé plus du chien. Dans le Guizhou, à 7 ou 8h le soir avec des amis on se ramassait des nouilles au chien en jouant au Majong et là là j’ai commencé à kiffer ça le chien.
Enfin bon, ça reste trop gras le chien. Si c’était émincé ça serait meilleur… et c’est là qu’arrive le chien de mon beau père. Je ne sais pas comment dire meilleur que délicieux. Lui il l’émince son chien et là on parle. Ca c’est de la bonne bouffe. La consistance du steak et le goût du poulet braisé… Mais il ne faut pas en abuser. Tiens anecdote intéressante, mon beau frère a tapé un chien a priori errant avec sa voiture un jour. Il a invité tout  le village : on va bouffer du chien ! Pour en bouffer j’en ai bouffé. Toute la soirée du chien… j’en avais marre, oh que j’en avais marre. 4h30 de chien en hotpot, tu vois le truc toi ?
Et sinon, ai-je l’impression d’avoir fait quelque chose de mauvais ? Franchement regarde, les escargots vous en bouffez bien ! Non mais regarde moi ça c’est dégueulasse là. Un chien je peux comprendre. Tu le regardes et tu vois y’a de la viande là, au moins. Mais qui est ce qui regarde une limace et se dit Mhmm ça semble bon ça ? Elle te le dit déjà en le regardant que c’est dégueulasse ». Je défends la gastronomie française en disant que la sauce sublime l’escargot. Manu n’est pas convaincu : «  Ouais bon, vous m’excuserez mais je crois que je vais m’en tenir au chien ».
02/02/17
Journée de repos bien méritée. J’ai posé par écrit toute ma cosmologie qui se tient. L’enjeu fondamental est d’avoir réussi à défendre la vie mortelle et respectueuse d’autrui face à la vie immortelle et destructrice de l’environnement. Pas évident, mais intéressant à faire. Car au nom de quoi faudrait-il accepter la mort ? Se sacrifier pour autrui ? Voire vivre plutôt que se suicider comme se demande Camus ? Voilà ce que j’ai défini. Le choix de la vie humble et mortelle constitue le bien, l’opposé le mal. Je définis précisément les deux.
Regardé whisperer in darkness avec Manu. Il y a quelque chose, mais je trouve le film fondamentalement mauvais. Un truc ne va pas. Trop plat. Mais l’ambiance est agréable. Pas de lecture de HP.
Répondu à mes mails et envoyé ma newsletter. J’espère que ça ira. Que je n’ai pas fait d’énorme erreur dedans.
03/02/17
Poursuite entraînement, journée particulière car réflexion très profonde sur ma cosmologie pendant l’entraînement, de manière à mieux développer mon attention à l’énergie physique que est mobilisée, mieux m’imprégner de cette force. Mais également savoir la canaliser. Source d’un fort sentiment de bonheur, de liberté, de puissance, de respect de la vie. J’ai encore à ajouter la visualisation pour renforcer la compréhension.
Discussion avec M pendant un déjeuner en ville, dans la rue. Magique tous les vendeurs ambulants qu’il y a. Une famille avec son chariot qui fait des frites épicées, des brochettes en tout genre, des beignets… Ca a un succès d’enfer. L’homme avec son four ambulant à faire cuire des patates douces qu’on mange à la petite cuillère… M se fait faire des uniformes traditionnels par une tailleuse. Beaux matériaux naturels. Coton, lin… artisanat. Simplicité.
Terminé le film whisperer in darkness, intéressant comme expérience !
J’ai réfléchi à un manteau-cape, qui pourrait faire office des deux par quelques systèmes ingénieux de réduction, rentrée de manches et cintrage. Idée à la Martin !
Impatient de recopier cosmologie et de commencer recherche taiji, il serait temps. Mais j’ai préféré aussi donner du temps à M. La relation humaine, l’expérience… aussi essentiel.
04/02/17
Temps magnifique, soleil d’hiver. J’ai pu me mettre en tee-shirt et j’ai fait mon rituel de muscu ! C’était difficile. J’ai perdu en bras, en jambes et en cardio. Enfin en tout. Content de le maintenir. C’est la référence pour connaître mon état de santé. Entraînement sublime avec la présence de maître Yuan. J’ai bien avancé le taiji avec Jack.
On a pris une photo de groupe, tous en position particulière. Il faut encore que je la récupère, mais voilà un bon souvenir.
Surtout écrit le texte le plus fondamental de toute ma recherche personnelle entre midi et deux. Je dois encore le terminer et mettre au propre la cosmologie qui en découle. Mais je tiens ce qu’il faut.
Soirée dumplings dans la ville avec M, P et Ad. Je suis rentré relativement tôt pour avancer Harry Potter. Savoir varier les plaisirs. Essentiel. Ca va être différent quand M sera parti. Son goût de la vie, son esprit d’initiative, sa culture, son expérience chinoise… mais bon, on fera sans.
05/02/17
Entraînement avec enregistrement des exercices principaux pour les avoir en mémoire. Réflexion très intense, toujours, sur les fondements de ma cosmologie, qui bloquent l’entraînement ou du moins me font faire le double d’effort. Mais j’avance. J’aurai je pense terminé demain de mettre au propre ma feuille de brouillon. Il faut que je commence à reprendre ma partie sur le yoga. A moins qu’il soit plus intéressant de commencer le taiji pour avoir des outils de comparaison ? Difficile à dire. Dans tous les cas du brouillon s’impose pour poser les idées.
Appel de la famille. Belles discussions. Nouvelles. Colibris a maintenant un beau compost fabriqué par R¨ ! Les poules mangent et le terreau se fabrique. Grâce aux déchets alimentaires de la cantine de Gournay.
Soirée sublime. Commence par cérémonie du thé dans la salle commune, car une des étudiantes tient un salon de thé en Chine (elle est chinoise). Elle nous invite à sa table. Sa manière d’exécuter ses gestes. Ce sentiment de paix qui m’envahit immédiatement. Précision, calme. Lenteur. Le thé est délicieux. Elle nous dit que c’est du « poor the ». Je ne sais pas si c’est la bonne orthographe mais ça ressemble au thé noir en plus parfumé. Le thé est vieux de plus de 20 ans. C’est une variété qui se bonifie avec le temps comme certains vins.
Ensuite direction l’autre bâtiment pour visiter Manu quand j’entends un son de harpe à l’étage. Je monte. J’entre dans la salle et je vois la fille de maître Yuan jouer d’une grande harpe chinoise (instrument horizontal) avec son long manteau de coton rouge. Je précise qu’elle est très belle, sublime en fait. Tous les étudiants sont sur les genoux devant elle. Sa manière de jouer… c’est envoutant. J’ai pu enregistrer. Puis arrive master Yuan qui s’installe dans la même salle à sa table de calligraphie et commence à tracer des idéogrammes à l’encre de Chine et au pinceau. Au son de la harpe. Scène magique. Simplicité, art, maîtrise de l’énergie.
Discussion avec Manu sur les blasons. Ca m’amène sur la page du village d’Arrentières ou j’aperçois l’existence d’un Jean d’Arrentières. Mais si l’histoire de la famille qu’on m’a raconté est vraie, nous avons acquis ce nom plus tard que ce chevalier du moyen-âge, donc il ne serait pas mon ancêtre.
06/02/17
Je suis un peu malade, chiasse. Du coup peu d’énergie, les entraînements sont un supplice dans la mesure où je ne peux pas tout faire et que du coup je m’emmerde. Mais en même temps j’ai juste suffisamment d’énergie pour faire certains trucs donc je ne me sens pas de rester dans ma chambre… Pourtant je suis en retard sur ma recherche. Je n’ai toujours pas terminé de reformuler ma cosmologie. Ensuite je dois reprendre ma partie sur le yoga. Et enfin continuer le taiji. Ca n’est pas rien.
Rien de spécial aujourd’hui. Dernier jour pour Jack. Du coup on change de coach, ce qui est un grand changement car il devient chinois et un coach différent a des méthodes différentes. J’ai donc du modifier un peu ma forme de taiji. Mais ça n’est pas un souci, au contraire c’est enrichissant de comprendre les différences de style.
Départ de Manu tôt demain matin. Un peu de nostalgie. De fatigue aussi. Due à mon estomac en vrac. J’ai peur aussi de ne pas avoir suffisamment à dire philosophiquement sur l’attention dans le taiji. On verra bien.
07/02/17
Toujours problèmes de digestion mais vraiment rien d’inquiétant, une toute petite infection. Diarrhée limitée.
Très bon entraînement. Matinée sublime malgré le froid saisissant, il neige à nouveau. J’ai réussi à très bien sentir l’énergie dans le taiji dont l’apprentissage avance grâce au nouveau maître qui se révèle en fait excellent, il ne parle pas anglais mais il montre parfaitement. La communication non verbale est presque plus efficace. Il est bienveillant.
Sentir l’énergie, pure énergie, dans le geste. Juste sentir l’énergie. Et une fois qu’on la sent, on peut délicatement la contrôler sans aller contre elle. Je constate cependant que la sensation de l’énergie est difficile au début car il faut plus contrôler ses mouvements. Le contrôle prend donc le pas sur la sensation. Mais j’imagine que cela change avec le temps.
Repris la cosmologie, je suis en pleine rédaction d’une version entièrement nouvelle des fondements de la puissance. Coûteux, mais riche.
Idée de faire une forme de one man show pour restituer mon projet, en mêlant la mise en scène d’expériences de mon voyage et des parties théoriques.
Terminé HP3 ! Magique. La fin notamment, une bombe d’émotions. Rowling est dingue.
08/02/17
Journée de repos. Réflexion très intense sur mon avenir presque toute la matinée. Projet d’une année de cesure à mon retour de 3A pour mûrir ce que je veux faire. Beaucoup d’options s’offrent à moi. Continuer un master, arrêter… Je veux profiter de l’année de césure pour faire des stages. Si possible 6 mois en consulting et 6 mois chez Colibris. Ne pas faire de master a l’avantage de me faire gagner du temps et économiser de l’argent pour le projet du château. Je peux me consacrer 100% à ce que je veux vraiment. Me former de manière adaptée à mes projets. La seule utilité du master serait une sécurité si jamais je n’arrive à rien par moi-même. Une sécurité pour m’installer confortablement dans une entreprise qui paye grassement et qui fait pas chier. Je ne vois pas d’autre utilité. Je sais à quoi m’attendre pour avoir discuté avec de nombreux master. Pour faire ce que je veux, y compris développer ma méthode de perfectionnement éthique et moral qui pourrait devenir source d’argent une fois au point (livre, cours…), je peux être autonome. Tout cela est en réflexion. Très bien si j’ai l’option année de césure.
Après midi sur mon système cosmologique, moral et éthique. Bien avancé. Un travail qui me semble de qualité. A poursuivre demain.
Début de soirée en ville. J’ai fait quelques achats, notamment du miel, des clémentines et des dates. Puis je suis allé voir les autres à l’hostel de la ville, point de chute occidental. J’ai gouté les « yeux de dragon ». Des espèces de litchi rond et jaune clairs. J’ai commandé une bonne pizza aussi. Les gars parlaient du film 10000 BC qu’ils comptent regarder ce soir. P m’a raconté les histoires autour de la fille du maître, un cliché de beauté et d’intouchabilité, c’est la princesse de la seigneurie qui joue de la harpe pour les gueux le soir venu (sans exagération, si l’on accepte de me qualifier de gueux à côté d’elle). Un des profs est fou amoureux. Personnellement, je préfère ne pas me frotter à ce jeu là, on pourrait m’assassiner aux coin d’une rue marchande pour moins que ça ! La petite ville de Shiyan est pleine de rumeurs entre les élèves des écoles de kungfu, les commerçants, les professeurs… J’ai pris aussi un encas au petit restau de rue qui fait des frites avec du tofu, des brochettes… Elle cuisine les patates et le tofu sur une plaque de métal qui chauffe. Les brochettes sont frites dans l’huile. Les frites sont assaisonnées d’herbes, de sauces, de sel. C’est vraiment bon. Elle a un succès fou. Son restau tient sur une carriole de vélo. On voit cela partout, en Inde comme en Chine, les commerces ambulants. Je suis certain que ça marcherait du tonnerre en France.
Le temps passe très très vite. Je suis ici depuis deux semaines. C’est une caractéristique commune à tous les rythmes monastiques que j’ai expérimenté. Y a-t-il un moyen de ralentir le temps ? J’imagine que non. Que dès lors qu’on est heureux, ou occupé de manière satisfaisante, le temps file… Il faudrait que je devienne malheureux. Mais quelque chose me dit que même en prison je serais encore capable de trouver à m’occuper. C’est une qualité qu’on développe à force de vivre dans le rien à longueur de semaines. Des mouvements, des pensées, du riz. J’exagère bien sûr un peu quand même. Commençé HP3 film. « Le bonheur peut se trouver même au plus profond des ténèbres. Il suffit de se souvenir d’allumer la lumière ». Cela fait échos à mon idée que le plaisir ne dépend pas de l’expérience vécue, mais de la manière de la vivre.
09/02/17
Journée de repos à nouveau. Continué réflexions sur avenir et recherche éthique et morale. Voici les 5 axes sur lesquels je dois travailler pour un moment :
– mes amis/familles, soutien essentiel, le vrai sens de la vie
– projet pour l’année prochaine de stages pour enrichir connaissances et réseau
– continuer recherche pour le mémoire
– continuer recherche personnelle éthique et morale
– développer le projet château (lié au projet de stages)
Discuté avec M, un italien qui est arrivé il y a quelques jours. Il tient une auberge en Sicile. Incroyablement bon vivant, drôle, social. Il organise en octobre un festival burning man du type de celui qu’il y a chaque été dans le Névada, bien sûr en moins énorme. Une sorte de carnaval en mode woodstock. Il a du mérite de faire un tel projet. Tant de gens se donnent corps et âme dans des projets, tant de belle énergie dans le monde. Tous les hommes sont bons, du moment qu’ils agissent à une échelle humaine. Trop de moyens, trop de pouvoir… et il n’y a plus personne de bon. Je pense souvent au modèle de la démocratie antique, ou au système féodal. Des petites échelles, qui ont durée dans le temps bien plus que notre système… mais le prix à payer était la guerre. Trouvera-t-on un jour une solution ?
J’ai fait un skype avec F en soirée, bien discuté ! Direction Edimbourgh avec F pour lui ce weekend. Me rappelle qu’il faudrait que j’appelle V et A que je n’ai pas eu depuis bien longtemps.
Ecrit quelques mails, mais il m’en reste beaucoup à faire pour demain soir.
10/02/17
Continué à travailler sur cosmologie et éthique. J’espère terminer demain, ça devrait le faire. Mais il me reste ensuite à reprendre, revoir. Ca n’est pas encore très précis. Trop complexe. La première fondée sur la préservation de l’énergie était un peu plus limpide, mais trop bancale. Cependant je suis plutôt satisfait !
Répondu à de nombreux mails. V, N, F, P, M, A… Prends du temps mais c’est beau, et essentiel. Du coup je suis allé au lit direct après ma séance mail.
11/02/17
Journée ensoleillée. Soleil d’hiver, mon préféré. On a chaud au soleil, mais on sent la vigueur du froid quand même. Déjeuner assis dehors, depuis quelques jours en compagnie des deux M, du chinois fou qui sort des blagues sans aucun sens à longueur de temps (il se dit grand maître du taiji en haut de la montagne) et des londoniens.
Tenté d’approcher fille du maître pendant l’entraînement de l’aprem, mais je n’étais pas certain que ça soit elle… le con. Après quelques regards indiscrets, je m’approche. Puis-je te demander ton nom ? Elle me répond. Je tente le tout pour le tout : joues-tu d’un instrument de musique ? Elle me dit… non. Et ensuite, avec un sourire malicieux : « tu me confondrais pas avec quelqu’un d’autre ? ». Foutu. A bien y réfléchir et en discutant un peu, je réalise qu’elle doit avec près de 40 ans. Les chinois sont difficiles à âger… ahah.
Terminé le premier jet de toute ma morale !!!! Je devrais le célébrer en grande pompe ahah. Il reste du travail, car ça manque de clarté, je dois intégrer des concepts que j’ai pour le moment laissé de côté. Notion de service d’une cause supérieure, le Grand être. Mais globalement très bien ficelé. Clair.
12/02/17
Discu sur les drogues au déjeuner avec M et Ph. Ils ont une sacrée expérience… M m’a raconté une fois où il a plongé dans l’eau sous LSD. Tout était au ralenti, il pouvait distinguer chaque bulle d’air dans l’eau et percevoir des films à l’intérieur de chaque bulle… sur la plage de son festival il pouvait distinguer chaque mouvement, chaque phénomène plus clairement. Du moins en avait il l’impression… Ph m’a parlé de l’ecstasy (mdma) qui décuple l’empathie et la libido… ils sont fous, mais c’est pour cela qu’ils sont géniaux. Ils vivent la vie de A à Z. Plus du côté Z que A, mais c’est un choix.
Terminé de relire toute ma cosmologie. Toujours ce manque de limpidité qui me gène. Manque de cet aspect mission de gardien de l’énergie face à l’entropie. Certes, on peut dire que je suis responsable de ma structure et donc que je dois économiser l’énergie, mais ça n’a pas une porté suffisamment universelle. Je ne suis pas satisfait. Pas du tout. Possible de réécrire du point de vue de gardien de l’énergie qui transforme en information l’énergie qu’il ressent pour la préserver ? + l’humilité car on reste dominé de toute manière mais champ d’action relativement aux élastiques ? Oui. Et je vais le faire. Aujourd’hui. Nouvelle morale. Ne m’empêche pas de dire que cette morale est source de plaisir (accomplir sa morale) et de durée (protéger l’existence et éviter l’excès). Aussi de dire que ça passe par une alternance entre contrôle et sensation. Sensation pour honorer et connaître, contrôle pour informer et préserver. D’un autre côté le rôle de serviteur est foireux. Trop peu motivé… et je peux le retrouver dans ma morale du plaisir car ressentir le plaisir existentiel c’est ressentir l’énergie fondamentale et donc la servir, la préserver l’honorer pour préserver mon existence. Je contrôle pour obéir, servir l’environnement. Non pour décider.
Bonne journée d’entraînement. 5 animals ce matin de 25 minutes grâce à A d’Argentine + taiji nouveaux mouvements. Je ne cherche pas à répéter sans arrêt car je préfère faire peu mais bien. Le début de ma forme commence à devenir vraiment fluide. Mais je manque encore d’entraînement. Je suis physiquement beaucoup plus résistant. Avant le dernier break, j’avais des courbatures sans arrêt, je n’arrivais pas à finir les exercices. Désormais ça me paraît presque facile. Je retrouve ma force d’antan ahah.
13/02/17
La fatigue de la fin de semaine se fait sentir. J’ai un peu mal aux genoux… les basics du kungfu ne me font pas de bien aux articulations, bien que ça soit bénéfiques pour la santé. Trop violent. Du coup je ne les ai pas fait l’après-midi. Mon taiji avance. Pas d’évolution notable, je suis toujours dans le contrôle beaucoup. J’apprends à faire la forme en étant un peu plus haut sur mes jambes pour moins me fatiguer. Plus raisonnable. Et pouvoir répéter plus de fois.
Je ne sais toujours pas ce que je fais en master… Mon père m’a mis un mail pour me conseiller de faire un master… je doute. 30000 euros d’économies et une formation en autonomie, bien plus efficace que si je reste à Sciences Po c’est certain. MOOC… Tout cela mérite le doute. Il y a le problème des prêts. Mais ça n’est pas comme si j’étais seul dans ce projet et que je ne pouvais pas demander des prêts de particuliers et de demander à un proche d’emprunter à ma place. Là maintenant je déciderais d’arrêter. Enfin de prendre une césure pour conventionner les stages. Dépend aussi de la décision de mes amis. S’ils peuvent me soutenir ou pas. J’ai besoin d’eux.
Rien de particulier sinon. Lu un livre d’un psychiatre allemand. Docteur frank quelque chose, qui a passé plusieurs années en camp de concentration pendant la seconde guerre. Il y a développé une méthode, la logothérapie fondée sur la recherche d’un sens à l’action. Méthode pour garder la forme psychologiquement. Très similaire à mon approche morale, source d’inspiration nouvelle fondamentale. Et découverte complètement par hasard ! Le livre s’appelle « Man’s searching for meaning » un truc comme ça.
Les gars ont fait une petite soirée après avoir regardé le film d’un réalisateur amateur chinois de l’école. Il paraît que c’était bizarre, pas ouf. Il faisait souvent passer l’image en négatif, ce qui rendait impossible de distinguer les personnes. Bref de l’art. J’étais trop fatigué pour me joindre à eux. Et le vin chinois à 42% m’aurait achevé !
14/02/17
Discu avec P de Londres. Il a pris quelques mois pour voyager et bientôt il va partir pour Los Angeles… la Californie. « Je pars en Californie Bro, à LA. Je connais un gars qui m’a trouvé un job. Je veux vivre ma vie chaque jour comme une aventure ». C’et dingue comme, bien que je sache qu’il s’agit de la source de nombreux problèmes et d’une forme d’endoctrinement, le rêve américain m’attire. Je suis malgré moi conditionné par les films que j’ai vu. Les ambiances de campus US, l’ambition sans limite, la conquête de l’ouest avec le côté cow boy du Nevada ou du Colorado, les produits phares de consommation, la station service au milieu du désert, l’atmosphère street life avec les cinés, les bars, les fast food, le rap et la drogue, le soleil de la côté ouest… tout cela est grisant. C’est l’impression qu’il n’y a pas de limite à développement, pas de peur d’échouer. Oser le risque, pousser la machine, braver les interdits.
De l’autre côté, la majeure partie de moi est européenne, ancrée dans l’histoire. Amour du petit, du local, du vieux. De la conservation. De la morale et de la sagesse prudente. De l’humilité. Du contentement. De la transmission du patrimoine. L’art de vivre parisien dans la culture. Les grandes familles de chevaliers. Le moyen-âge. Le paysan ardéchois. Le montagnard tanné. Le vieux marin d’un pub irlandais. Les problèmes de famille. La romance. Le questionnement existentiel. Les Noces de Camus…
Soirée consacrée à la cérémonie du thé, deuxième édition. Enseignement incroyable, chaque geste est appris, pensé. Rien n’est négligé, gaspillé. Tout doit être cercle, harmonie, respect des gens et de la matière. Donner du sens au geste en le fixant, manière de ne pas le laisser au hasard, de se concentrer dessus. De l’honorer. Les gestes du quotidien sont en Chine plein de sens. La vi ne s’épanouit vraiment que dans l’exercice rituel. Là où, dans la répétition et la conservation, l’esprit critique est débranché, laissant place à la pure sensation. Energie. Mouvement. Maîtrise. Art. Kung-fu.
15/02/17
Journée de repos. Enfin… Matinée difficile. Réflexion relative à mon hésitation entre faire un master ou arrêter mes études pour me consacrer à 100% à mon projet. Arbitrage très difficile.
Puis grosse prise de tête sur cosmologie et éthique. Obligé de revoir tout mon système. Passé 3 heures à réfléchir, allant de problèmes en problèmes. L’obstacle principal tient dans l’application de ma méthode théorique. L’idée qu’il faut éviter de surcharger ou de surdécharger nos structures existentielles dans l’action. Mais concrètement comment réguler ? Je m’en suis sorti grâce à l’intégration de 2 nouvelles catégories relatives à l’éthique/spiritualité, méta structures et expériences. J’ai aussi intégré quelques règles fondamentales, comme l’unité des structures dans la direction du mouvement pour l’action malgré des spécificités dans sa forme. La domination d’une structure dans l’action mais le besoin du soutien/de la validation des autres structures. Et aussi la distinction entre sensation éthique = immersion éthique dans la sensation et l’information induite par l’action = le flow. Et l’information éthique = détachement pour induction de l’action éthique. Finalement réussi à pondre une théorie plus cohérente, réaffirmée. Plus solide. J’avance dans la douleur, mais j’avance.
16/02/17
J’ai fait le grand choix ! Le choix de l’équilibre, de la sagesse et de l’ouverture maximale. Choix du master. Mais optimisation extrême du temps de ce master pour combiner tous les avantages. C’est reparti comme en terminale. La machine redémarre. Après trois longues années de recherche et de développement. Il s’agit maintenant de concrétiser les fruits de mes découvertes. Je me suis décidé après avoir posé par écrit les avantages relatifs au master, choix qui s’est révélé être le meilleur très clairement.
Réponse d’Etienne concernant un stage chez Havas ! Je me réjouis à cette idée. Il me faut juste savoir si l’emploi du temps à Sciences Po permettra ce stage. J’espère vraiment que oui. Il faut que je regarde combien d’heures de cours j’ai. Le programme s’annonce chargé.
Revu ma cosmologie un petit peu. La structure rationnelle pose quelques problèmes. Résolus si je place tout acte d’information du côté de la volonté éthique. Il est logique que tout ce que j’informe soit motivé par mon éthique. Complètement logique ! Mais du coup la sensation rationnelle doit être purement une sensation. Là en cet instant je parviens à ressentir l’action de ma raison. Je réfléchis tout en ressentant. Et ça fait du bien. Oui, je pense qu’il faut mieux placer l’information du côté de la volonté éthique. Donc trois changements possible : la manière dont je fais l’action, le sens de charge/décharge des structures dans l’action, et enfin la nature même de l’action c’est-à-dire la structure dominante.
Bossé un peu sur ma recherche académique. Ca avance mais je dois réussir à distinguer plus précisément la nature de l’attention statique (aller vers un point) ou dynamique (accomplir un mouvement).
Balade géniale dans la montagne avec A d’Argentine, P de Londres et Luis du Colorado. Aldo nous a emmenés sur des pentes sans sentier. Je trouvais ça absurde mais finalement on s’est bien amusé. A descendre en se tenant à tous les arbustes qui longent la pente. On a croisé la route de plusieurs fermiers. Qui ont des vergers de pommiers. Au sommet de la montagne, quelques maisons en torchis, figées dans le passé. Une famille travaille le bois. Quelques chiens viennent à notre rencontre méfiant. Des oies, des poules. Des jardins en escaliers. Ils cultivent même ce qui ressemblent à du blé. Une vie entièrement reclus. Isolée du monde et de ses folies. Sourire que j’ai pensé à Donald Trump depuis cet endroit.
17/02/17
Entraînement : nouveau coach. Reprise des cours intensifs après les vacances du nouvel an qui m’ont permis de me remettre en forme en douceur. Le coach a corrigé beaucoup de choses dans ma position. C’est bien pour moi d’en avoir eu 3 ils ont chacun une vision particulière.
Bossé sur ma recherche académique. Clarifié le nature de l’attention selon le niveau de pratique.
18/02/17
Je suis très fatigué. Je ne sais pas pourquoi, peut-être un contrecoup de quelque chose, des traces récalcitrantes de mononucléose. Ou le stress de mon choix de master. Ou tout à la fois. Ce putain de choix… quelle horreur. Je pense en faire un… mais je vais devoir prendre sur moi pour mener de front et le master et mon projet et ma recherche.
Ca devrait le faire. Le master me donnera l’occasion de faire des stages et rencontres intéressantes malgré tout. Dans tous les cas, je dois créer l’association à la rentrée. Et gérer le site web, fondamental pour la communication et la construction du réseau. Avec la partie tempere memorias etc… Si les collaborateurs initiaux ne sont pas les définitifs c’est pas la mort. L’essentiel est qu’il soit facile pour tout les gens intéressés de saisir la nature du projet, son évolution…
Le nouveau coach est relativement impatient et par conséquent mauvais professeur. Mais il a l’envie de nous faire travailler donc ça va. J’apprends plus de mouvement, ça va plus vite. Rien à dire sur la sensation, toujours dans cette phase d’apprentissage. La pratique des premiers mouvements n’est pas très excitante ou intéressante. Je ne fais pas suffisamment l’effort d’engager une attention substantielle.
Des français sont arrivés il y a quelques jours, ils viennent du nord de la France. Un père, N, et ses deux fils. Ils sont très sympas. Les frères s’engueulent un peu parfois, en compétition pour le kungfu ? Ca me rappelle un peu Simon et moi il y a quelques années !
19/02/17
Le temps passe tellement vite… J’ai skypé mes parents, ils reviennent de la montagne, en forme. Tout va bien à la maison. Je suis de mon côté plus serein sur mon avenir mais j’hésite toujours entre les deux master… difficile de choisir entre le cœur et la raison. De plus, si Florent est motivé pour le grand saut je ne dirai pas non.
Je ne fais plus du tout mes rituels, car mon système a perdu toute cohérence et donc il ne me motive plus. Je n’y crois plus. J’attends de finir ma recherche pour reprendre tout ça, mais il faut que j’insiste plus sur le service de l’énergie, le côté mission pour l’existence, amour de l’existence. Que j’insiste sur l’importance du rituel pour vivre dans l’intention de l’attention. Et il faut ensuite que je développe la mythologie et les rituels associés.
On est allé manger des dumplings avec les french, P et quelques autres. Ca fait du bien de sortir un peu de l’école. J’espère qu’avec mon élan vers l’avenir en équilibre entre master/projet/recherche/colibris/jdr, j’arriverai à m’entraîner de manière plus sereine. Peu importe ce qu’on fait, l’important c’est comment on le fait.
20/02/17
Entraînement correct. Je me suis bien étiré, en utilisant la machine de torture ahah, un siège qui permet d’étirer les adducteurs pour le grand écart facial, avec une manivelle. Je maîtrise de mieux en mieux mon taiji, ce qui me permet d’être plus dans la sensation continue et donc de vivre l’existence pure et d’honorer l’énergie à sa source.
Moment de grand grand plaisir ce soir. J’ai bien avancé ma recherche, bien repris ma troisième partie sur le yoga. Arrivé à des résultats intéressants, il me semble, pour la théorie de l’attention et ma recherche personnelle. Installé pour lire HP4. Ouvert le livre et découvert que je m’étais volontairement arrêté hier juste avant un super passage, celui où le nom des champions est tiré de la coupe de feu. Sacrifice hier, plaisir aujourd’hui.
21/02/17
Ptit déj délicieux constitué de pains vapeur fourrés avec des petits morceaux d’oignons fondants.
Entraînement difficile car j’ai un sale rhume qui me monte à la tête. Mais j’ai tenu malgré tout les deux séances. Je pense que ça ira mieux demain. Surtout que c’est le weekend, je vais pouvoir rester au chaud. Il faut que je mange plus de protéines.
J’ai commencé à lire sur le concept d’intentionalité comme me l’a recommandé mon référent. Histoire de référencer un peu ma recherche. Je dois faire attention de ne pas m’y perdre. Et je dois impérativement terminer cette relecture de la première partie à la fin du weekend pour attaquer le taiji. J’hésite à faire une pause en flippant sur ma recherche perso. Mais il ne me reste pas une masse de temps. J’aimerais terminer fin mars le premier jet. Ca fait deux semaines sur chacune des deux sous parties qu’il me reste. Loin d’être trop. Donc je pense enchaîner direct sur le taiji. Commencer par des lectures, lire les livres que j’ai apportés notamment ! Poser quelques idées… approfondir les concepts de la première partie.
Départ des français aujourd’hui, et d’Adrien le Suisse. Ils vont manquer.
Toujours en hésitation sur le master. Aussi l’option philo… ne coûte rien de candidater. Pourrais-je vraiment supporter fin strat ? Ne vais-je pas devenir fou ? Penser au stage colibris en fin de diplôme… aux stages possibles dans des oasis entre deux pour décompresser…
J’ai un besoin d’écrire ce matin, mais je ne sais pas quoi raconter. Peut-être que je fuis simplement ma recherche ? Je ressens un manque ici. Manque de contact avec mes amis et ma famille. Mais aussi manque d’un projet concret, collectif, humain. Cette période de ma vie est très particulière car je suis encore entrain de définir ma méthode philosophique/éthique/psychologique. Cela implique beaucoup de moments de solitude, pour réfléchir, conceptualiser, intégrer mes expériences. J’ai hâte d’avoir quelque chose de satisfaisant pour m’ouvrir.
Souvenir ressons sur matz. Collège. Magie de ces années… quelle magie en y repensant. Il y a du Poudlard là dedans. Ces voyages, ces activités… ces professeurs incroyables, généreux. Courageux. A quel point je leur suis reconnaissant… Ca n’est que plus tard qu’on réalise la chance qu’on a eu.
L’époque du collège… je faisais les choses principalement animé par un désir, une curiosité, une envie. Je n’étais pas angoissé dans l’action. Quand je me souviens par exemple du rubikscube, des cartes yugi, du diabolo, du sport, de la rédaction de mon « récit du moyen-âge » voire éventuellement du carnet de voyage poquelin en seconde… je répondais à une vraie passion. J’ai le souvenir de ce sentiment, ce profond désir de rentrer à la maison ou d’être en récréation, ou tel jour, pour jouer à telle ou telle chose. Mes débuts à l’escalade… La passion… j’en avais parlé avec Wilfrid. Comment la maintenir dans la durée, notamment dans son métier ? L’art de trouver la passion. De la maintenir, la retenir. Est-ce possible ? Je pense que oui, il suffit de l’entretenir en valorisant ce que je fais. L’enjeu à terme n’est plus de faire ce que l’on aime mais d’aimer ce que l’on fait.
Ne pas penser au passé avec nostalgie. Cultiver ma mémoire sans oublier de vivre au présent. J’ai pris plaisir à écrire des histoires par exemple. Pourquoi ne pas continuer ? J’ai pris plaisir à faire du théâtre, le jeu de rôle aujourd’hui ! Il faut continuer à vivre avec passion. Il faut injecter de la passion dans mes activités. Du plaisir. C’est à moi de rendre mes actions passionnantes, en unifiant mes cinq structures dedans.
22/02/17
Belle journée. Fatigante sur le plan de la recherche, car j’ai du commencer la réécriture de ma dernière partie sur le yoga, enfin partielle car il suffit d’ajouter des références, mais l’ajout de concepts et de référence entraîne de remises en question parfois difficile à intégrer. J’ai du travailler au moins 6 heures.
Fin d’après midi en ville, j’ai fait quelques achats. Notamment des graines pour les protéines. J’ai mangé une bonne pizza au poulet à l’auberge. Puis j’ai rejoint les gars qui voulaient regarder un film de kungfu chinois… « Catching the flying daggers » un truc comme ça. Bon… c’était une expérience. Proche de celle du film de bollywood que j’avais vu en Inde. Pour être honnête c’est nul à chier. L’idée de base c’est que le film n’a pas à être réaliste, il s’agit de poésie. Donc on voit des choses absolument absurdes à l’écran, mais il faut rentrer de la poésie de la chose. Se contenter de la beauté de l’image. Seulement c’est difficile car la cohérence de l’histoire entre en contradiction avec ses évènements.
Le pire de tout, c’est le screenplay en général. L’histoire était ce qu’il y a de plus banal et chiant. Hollywood ne fait pas nécessairement mieux, mais au moins ils essayent de ne pas enfoncer les portes ouvertes comme des taureaux, ils tentent de faire ça avec légèreté. Là c’est lourd, lourd à en crever. Les scènes d’amour sont horribles, répugnantes (les chinois embrassent comme des porcs), ils jouent avec les émotions de manière assommante, ils t’en balancent à la gueule par paquets de 1000. Après que la fille ait hésité quatre fois entre deux hommes qu’elle aime, qu’elle ait quitté l’un, puis qu’elle se soit fait rattrapée, puis quitter à nouveau, puis tuée par l’autre jaloux, puis qu’elle se soit relevée agonisante pour sauver le premier qui est revenu, puis que finalement elle ne tue pas l’autre, puis qu’elle crève dans les bras du premier qui lui chante une chanson niaise, j’ai pu aller me coucher.
Je ne regrette absolument pas cependant ! C’était sympa avec Ph, P, A, M, J. Et les performances des acteurs en termes de cascades sont remarquables en revanche.
23/02/17
Journée de recherche intense. J’ai presque terminé l’énième relecture de ma première partie. En espérant que ça conviendra cette fois. Je dois vite commencer la seconde désormais.
Le matin est toujours difficile, car je ne sais pas où je vais. Ma journée n’a aucune forme prévisible. Ainsi je me sens vide, perdu. Certes, il y a le plaisir d’exister, de ressentir. Mais je ne sais pas comment je vais exister. D’où la très grande importance pour moi de tenir à jour un programme, mon organisation quotidienne. Ca fait partie de mes rituels, de la structure rationnelle. C’est grâce à ces programmes que la journée de vague pas d’actions isolées et déconstructrices en actions isolées et déconstructrices.
Aprem sympa où P m’a parlé de la boxe et du MMA. Il m’a montré plusieurs vidéos. De Mike Tyson, Muhammed Ali, un cubain, mais aussi le fighter MMA Mcgregor. Ali est incroyable, il se démarque pas sa capacité à maintenir la distance entre lui et son adversaire, à esquiver parfaitement tous les coups. Il domine tout. C’est d’une grâce, d’une maîtrise magique. Les boxeurs sont fous, c’est d’une violence immorale. Mais d’un autre côté c’est beau que ça existe. Le combat. Un monde que je ne connaissais pas du tout. Encore une expérience qui me permet de m’ouvrir à la richesse de l’humanité.
Séance de réponses de mail en soirée, puis HP que j’étais content de retrouver !
24/02/17
Quand je suis arrivé ici, il y avait un américain, Ezra un truc comme ça. Il était venu avec un autre, un black bien bâti au caractère particulier, genre ténébreux déjanté. Les deux étaient sympas. J’ai pratiqué le Qigong avec eux, on a appris les cinq animaux ensemble. P avait demandé à Ezra ce qu’il faisait, il avait répondu vaguement « des jobs à droite à gauche, des voyages ». Puis Ph a demandé. Il a simplement dit… « you will see ». Ce soir, j’ai discuté avec P qui m’a dit qu’il avait discuté avec Ph qui a discuté avec le black. Le black, Rubi, est en vérité un garde du corps. Le garde du corps d’Ezra Miller, un acteur américain qui est sur le point d’exploser au grand jour car il a décroché le rôle du héro flash dans le prochain DC cinematic universe (je sais pas si c’est marvel ou pas) (2018). Bref, il est déjà très connu, il a joué dans les animaux fantastiques le rôle du gosse démoniaque Credence ! On lui prédit une immense carrière.
https://en.wikipedia.org/wiki/Ezra_Miller
J’ai travaillé sur ma recherche, relecture… mais je me rends compte que je vais devoir reprendre des raisonnements. Putain de merde. C’est dingue de voir à quel point c’est difficile. Le nombre de fois qu’il faut rectifier, reprendre, améliorer. Je ne connais aucun projet qui demande un tel effort. Quand tu as réécrit 15 fois des textes qui prennent des heures à rédiger, il y a de quoi devenir fou. Je manque aussi de méthode, à l’évidence. Je ne devrais pas rédiger le tout aussi proprement tant que je ne suis pas certain de la fiabilité de mes réflexions. Je vais en tenir compte pour ma deuxième partie. Ne pas refaire la même connerie. La rédaction doit venir à la fin.
Le concept de non soi, non ego… Agir pour former le monde autour de nous vers le bien, le bonheur durable et par là se remplir et s’épanouir par nos actes. La vraie manière de vivre. Ne pas vouloir exister pour soi. Satisfaire nos besoins fondamentaux, mais ne pas être dans une quête de plaisir ou d’accomplissement égoïstes. La beauté est dans ce qu’on donne au monde. Tout doit être une offrande. Toujours regarder autour de soi, et agir le mieux pour améliorer, servir. Dès qu’une occasion se présente. Faire la chose juste. Le moi juste. Le silence juste. Pour l’autre. Transformer nos compétences personnelles en aide pour les autres. Car seul le monde, le présent en développement, mérite d’être manifesté. Le passé trouve son accomplissement dans le présent. De même que le futur. Ce sont nos choix qui déterminent ce que nous sommes, pas nos capacités (Dumbledore).
Le plaisir de jouer. L’importance pour l’homme de jouer, même adulte. Bataille de boules de neige par exemple. Eviter les projectiles, se cacher, changer d’endroit furtivement, élaborer un plan d’équipe, viser juste… Un adulte qui ne joue pas n’est pas vraiment humain. Jouer doit faire partie d’une bonne éthique. Chaque structure doit pouvoir s’émanciper dans le jeu, c’est-à-dire l’action qui vise une finalité sans conséquences dangereuses pour l’autre et l’environnement, qui ne cherche pas d’autre récompense que de réussir à atteindre la finalité. Implique d’éviter les extrêmes. Je me demande parfois ce que les jeux olympiques ont encore de jeux.
25/02/17
Discussion incroyable avec Ph de Londres et P le français. Ph a 28 ans, il a eu une enfance sacrément difficile, venant des quartiers nord de Londres. Pas d’études. Cependant, il a réussi à tracer sa route. Il a travaillé pour des « gansters » de Londres, dans le domaine des salles de sport et ce qui peut s’y cacher (drogue…). Nous avons discuté de notre avenir.
Ph a un frère un peu plus âgé qui est à Los Angeles. Il a fait des études dans une grande école pour acteurs. Il a actuellement un des meilleurs agents d’Hollywood. Comme quoi Hollywood a la côte dans le Wudang… bref un acteur montant. Ph va rejoindre son frère l’année prochaine, et devenir son manager. Ca n’est pas comme si c’était un rêve désespéré, le frère est déjà dans les starting blocks de ce monde de fous. Ph est clair :  » I want power ». Son frère est en couple avec un mannequin qui va probablement finir chez Victoria Secrets. « LA est magique, parce que bourrée de gens qui veulent réaliser leur rêve devant le monde entier ».
Bref, une vie particulière qui se dessine. Et moi, qu’est-ce que je veux faire de ma vie ? Il me semble évident que m’épanouir dans les clubs hollywoodiens va être difficile. Bien que j’aurai plaisir à visiter Ph si j’en ai l’occasion… !
Je vois toutes ces opportunités, ces vies passer devant moi. Ces projets. Actuellement, je suis à un carrefour. Je n’ai jamais était aussi ouvert de mon existence. Je n’ai jamais eu la possibilité d’accéder à autant de mondes différents. Et dans un mois, je vais devoir choisir un master, ou pas. Commencer à fermer des portes. Quelque chose de difficile à faire. Car où veux-je aller ? Que veux-je découvrir ? Notre discussion a dérivé sur le monde de demain, et les changements à y apporter. Entre réalisme et idéalisme. De quel côté de l’échiquier se placer ? Faut-il commencer par le bas ou gagner le haut ? Faut-il construire à partir de rien comme Colibris ou se battre pour grimper les échelons d’un monument déjà établi, comme l’empire de la politique, de l’économie ou du cinéma ? Et qu’est-ce que je veux fondamentalement pour moi et le monde ?
La réponse : Commencer par assoir ma morale et mon éthique. Insister sur la notion d’expérience et de service existentiels de l’énergie, du mouvement. Face à une entropie dominante. Etre un guerrier du bien relativement à ma morale. Equilibrer les 5 structures par les rituels. Faire de mon mieux dans ce que je choisis, peu importe le choix. Suivre mon cœur. Paris n’est pas pour moi. Clairement pas. Ainsi, réussir à vivre et agir local après un master, car avec ça quand même un pied dans le grand monde avec les contacts. Local tout en vivant et en agissant intensivement. Ne pas se dire que parce que c’est local et petit, on peut se permettre de faire les choses à moitié. Il faut une grande qualité. Un réel investissement de temps et d’énergie. Pur. C’est ainsi qu’il est possible de créer quelque chose de viable. Voire ensuite d’étendre le modèle.
Bel entraînement, je commence vraiment à ressentir les mouvements en profondeur, à créer une fluidité. On approche de la fin de la forme 28. Ensuite je vais en apprendre une autre je pense. Importance du regard, j’ai travaillé mes défauts indépendamment, et le regard en corrige plusieurs à la fois. Bien lever la tête. Et penser que c’est la taille qui entraîne les bras dans le mouvement, pas l’inverse. Le haut du corps ne fait que suivre.
Peu de recherche en raison du prolongement de la discussion avec Ph, j’ai pensé à mon avenir. Je suis maintenant plus serein. Je crois que nos choix se construisent sur notre passé. En continuité ou en rupture avec lui. Je n’ai rien à rejeter de mon passé. La continuité me convient, même si je veux y ajouter une touche de grand, de pouvoir.
26/02/17
Journée tranquille, bonne dynamique d’entraînement. Skype le soir avec F et la famille. Plaisir d’avoir des news. Discussion philosophique passionnante avec F. Il est évident que lui et moi adorons la philo, que nous ne le faisons pas uniquement pour trouver une réponse, mais aussi pour le plaisir de chercher. De son poser des questions, d’être porté par un problème.
Je pense que la spécificité de l’homme par rapport à la nature, c’est qu’il a besoin d’un sens dans sa vie (logotherapie), c’est à dire, d’une direction vers laquelle se diriger, un pourquoi et/ou un comment. Autrement, nous avons d’un axiome moral pour trouver du sens.
Spinoza, et je le rejoins entièrement, nous encourage à valoriser ce que nous sommes par Nature. Cela implique deux choses : d’aimer notre substance la plus fondamentale de notre existence et d’en faire l’expérience, de se retrouver, de s’accomplir par le fait même d’avoir des affections + de respecter les lois de la nature dans nos choix, de planifier nos actions en adéquation avec elle = plus de l’ordre de la morale kantienne, mais qui devient associée aux principes de l’écologie la valorisation de la durabilité, du juste milieu (proche de ce que dit Aristote je crois), de l’équilibre entre nos différents besoin etc…
Dans cette logique moraliste particulière, la satisfaction existentielle est totale que je ressens l’action comme la manifestation parfaite de mon existence, mon accomplissement direct (il y a du mouvement, de l’énergie, je suis mouvement et énergie), et qu’en plus cette action est en adéquation avec les lois de la Nature (je suis aussi une structure qui cherche à se préserver face à l’entropie (vie/énergie vs entropie = univers) .
Dans cette école, il y a quatre classes : la soft, la traditionnelle avancée, tradi débutant et enfin les enfants (je fais bien sûr partie de la soft, il n’y a que des chinois dans la traditionnelle). C’est impressionnant de voir des tous petits s’entraîner. De même que de constater la rigueur et la difficulté du cours traditionnel. Ils commencent à 6 heures du matin, jusqu’à 9h du soir.
Discussion avec les gars au dîner. Comparaison des récents films sur l’espace : gravity, interstellar, the martian…
Demain direction la montagne pour faire figurant de taiji dans le tournage d’un documentaire sur le wudang !
28/02/17
Levé 6h pour partir vers les montagnes. Ici, la zone où il y a des temples est payante, c’est toute une organisation touristique. Le fait est que ça marche, de nombreux visiteurs sont là, même en semaine. On prend un bus avec des étudiants d’une autre école de kungfu/sport. Ils pratiqueront aussi devant les caméras, pour faire des cascades et autres figures impressionnantes. Arrivée devant le purple heaven palace. Complexe magique, énorme. Construit sur les pentes d’un mont. Vue magique avec le levé du soleil. Le palace est très ancien, malgré de nombreuses rénovations (on est en Chine). Temple taoïste, aujourd’hui géré par des moines. On se rend au sommet du palace, sur la terrasse du dernier temple. Le premier shot est pour la partie internationale de la chaine de télévision (cln something), il s’agit d’un live show transmis en direct sur facebook, twitter, youtube… Ils partent du bas du palace, filment les étudiants, puis remontent jusqu’à nous, avec une femme qui commente « voici des étudiants étrangers, ils viennent des USA, d’Angleterre, de France… Ils apprennent ici le taiji et le kungfu. Pendant ce temps on nous film entrain de pratiquer. Tout est faux, c’est-à-dire qu’ils font croire qu’on s’entraîne toujours dans ce cadre idyllique, alors que l’école est en bas de la montagne, mélangée aux vapeurs pollués de la ville. Mais la Chine entretient cette image des écoles perdues dans la montagne, bien évidemment. Deuxième shot cette fois ci pas en direct, pour un documentaire tv. Deux de notre groupe furent interviewés.
Déjeuner dans les hauteurs, petite balade puis retour en bus (dans lequel les chinois vomissent abondamment c’est immonde). La ville de Wudang Shan est en plein travaux, je veux dire plus encore que d’habitude car en mars se tient un festival taoïste célèbre. Tout doit être beau. Et comme les constructions sont d’une qualité pourrie, je suppose qu’ils doivent tout rénover chaque année… le carton pâte chinois.
J’ai essayé de travailler sur ma recherche après l’entraînement de l’après-midi mais trop de fatigue. Je dois référencer ma première partie, ce qui est aussi épuisant que de l’écrire car je dois prendre connaissance des théories existantes et les articuler avec mes idées. Je préfère faire de ce sens là que dans l’autre. Car si je commence par lire trop sur mon sujet d’étude, je ne fais que coller aux théories et n’arrive pas à innover. Je me pose quand même des questions de méthode. Dans tous les cas, je constate à quel point il est important de resserrer l’axe d’étude. Le miens est trop large pour être traité avec une rigueur maximale. Mais d’un autre côté à trop resserrer on tombe sur les chevaliers de l’an mille au lac de palagrue.
29/02/17
Dernier jour de février, il faut que je pense à écrire ma newsletter ! J’attends le bon moment, celui de l’inspiration profonde. Avant, j’aimerais vraiment finir la reprise de ma première partie. Je ne suis pas encore sorti de l’auberge. Cet après-midi et ce soir ne seront pas de trop pour revoir tout ça. J’ai juste à évoquer les références quand cela est nécessaire. Implique quelques lectures également… Avec détermination et intelligence, je devrais y arriver ! Comme ça vendredi je passe au taiji, la newsletter derrière moi.
J’ai terminé le taiji ! C’est-à-dire qu’il ne me reste plus de mouvements à apprendre. Mais je dois encore travailler, rectifier les positions, puis intégrer le souffle. Gagner en fluidité etc… Ensuite je dois réfléchir à une autre forme.
Cela fait longtemps que je n’ai pas travaillé à ma recherche perso, m’ai j’y pense en arrière plan, toujours. Je ne pense pas y revenir franchement avant d’avoir bouclé le taiji premier jet. J’ai aussi besoin de recul. Mais l’idée soulevée avec Florent d’association d’une éthique déontologique (le quoi faire) et d’une éthique de l’expérience (le comment faire) à la morale générale (le pourquoi faire) me semble la meilleure piste. Je devrai aussi veiller à reprendre mes rituels, et à intégrer mieux les disciplines auxquelles je me forme cette année. Et vraiment avoir des rituels pour la mémoire, d’autres pour le corps/affectif etc… plus préciser. A inventer. Et surtout trouver une manière ensuite de pouvoir les enseigner chaque semaine, diffuser.

 

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