Journal de bord n°9 Janvier

01/01/16
Nous y voilà, 2017. Une année de plus s’est envolée. Le calendrier est là pour nous rappeler que le temps passe. 2016 fut une belle année, une année où j’ai émergé peu à peu du mal être qui rythmait mes remises en question et réflexions pendant mes deux premières années à Sciences Po. C’est l’année où j’ai pu préparer intensément ce voyage de recherche que je vis. C’est aussi l’année de Colibris, du GN chez M et de la fête à Neufvy début septembre. Une année de vacances dans le sud, avec les cousins H. Abbaye, melons, vin, lettres… Souvenir notamment de cette baignade dans les gorges et les sauts de rocher. Paradisiaque. La moisson à la maison, j’ai peu aidé mais je suis content d’avoir malgré tout livré deux ou trois remorques. Année du weekend Guedelon avec la bande de potes, weekend Normandie, Neufvy ! Année du stop avec V vers Vienne, du ski chez F, encore et toujours… Que de magnifiques souvenirs, que de bonheur en y repensant. Importance des vacances, des voyages, des amis, de la famille. La base de tout. Année de l’accident de S, plus de saxo, cette voiture qui appartient au temps du lycée… Année de la perte de Ficelle et de Gromit. Avec du recul, on mesure que tout est bien. Comme il faut. Tant de moments de vie, tant de souvenirs. Merci aux forces qui m’ont permis de vivre tout cela. Merci à moi d’avoir eu l’entrain de le vivre. La fin d’année fut marquée par mon expérience indienne, puis chinoise. Un grand saut dans l’inconnu. La peur. Mais aussi l’expérience, la maturité. La lucidité. La clairvoyance. On s’éloigne pour mieux se rapprocher.
Les premiers jours de 2017 furent tranquilles. Je suis à l’hôpital et passe le temps comme je peux. J’ai terminé ma partie de recherche académique sur le yoga et m’ouvre maintenant au Taï-Chi. Lectures. Je vagabonde aussi sur wikipédia ça et là, guidé par ma curiosité. Beaucoup de contact avec les miens, grâce au téléphone et à whatsapp. Plaisir. Besoin. La solitude n’est pas pour moi. Je suis allé voir les animaux fantastiques au cinéma, c’était moyen, un peu déçu bien que je sois content de retrouver l’univers des sorciers. Aurait pu être mille fois mieux.
Je ne fais plus mes rituels rigoureusement, étant dérangé par les infirmières tôt le matin. Mais je vais méditer ce soir, essentiel de continuer. Je reste toujours aussi conscient de ma métaphysique et je profite de chaque instant. Mes théories me tiennent, c’est magique. J’en ai parlé un peu à F. Rêve de créer un triangle de l’écologie et de l’amitié entre Neufvy, Bois-Gérard et la normandie. 3 familles qui se complètent à mes yeux parfaitement. J’aurai besoin de demander conseil aux parents de M. Ils ont je pense beaucoup à m’apprendre pour mon projet.
05/01/16
Toujours à l’hôpital, le temps est long. Je n’ai jamais fait autant de tests : prises de sang, selles, urine, peau, scanners… j’ai appris ce matin que j’ai un staphylocoque, pour lequel ils me donnent des antibiotiques. J’aurai lundi, c’est-à-dire dans… 4 jours !.. les résultats d’un test à la tuberculose qu’ils pensent que j’ai. Si c’est ça, ça demandera un long traitement, chiant. Pourrait compromettre le reste de mon voyage… Croisons les doigts ! En attendant je suis bien en contact avec mes proches, par message et téléphone. Je lis beaucoup sur le taoisme et donc avance ma recherche. Je vais essayer de terminer au moins une partie avant lundi. Comme ça je ne prends pas le risque d’être en retard et je pourrai me concentrer sur mon expérience pratique dans l’école.
L’ambiance à l’hôpital est supportable. Ils font face à un nombre de patient énorme. Je m’en suis rendu compte en allant dans le centre de radios. La bouffe est dégueulasse mais pas pire qu’ailleurs, et au moins c’est pas trop gras et sans viande. Ce weekend je vais essayer peut-être d’aller voir star wars au ciné et de manger au redbeard burger. Histoire de me changer les idées. Faut-il que j’aille faire ma demande d’extension de visa aujourd’hui ? Tout dépend de combien de temps ils me gardent après lundi, sale dilemme. Mais si ça peut m’économiser un trajet à Leshan… Allons-y !!
… Bon il faudra que j’y retourne car il me manquait des papiers. Je ne sais pas si je trouverai le courage demain. C’est incroyable comme je me sens faible, notamment sur mes jambes. Symptôme pro tuberculose supplémentaire : sang dans les glaires… fait chier. J’attends lundi les résultats définitifs.
Je fais des concours de perfusion avec le papy qui est avec moi dans la chambre : qui finira le plus vite ?
06/01/17
Journée où j’ai pu commencer ma première sous partie de deuxième partie. Plutôt bien avancé, sans pression. Je suis retourné au centre de visa, mais le délai est vraiment trop long. Je ferai mon extension une fois dans le Hubei. Rencontre d’un français qui vit à Chengdu, donne des cours de français. Plaisir de parler à un frère de nation !
J’ai passé une bonne partie de l’aprem à écrire ma newsletter. J’étais content du résultat, et étonné de la facilité avec laquelle c’est venu. J’étais probablement porté par quelque chose à ce moment là. C’est quand on ne veut pas qu’on obtient. Ma satisfaction fut comblée par plusieurs retour chaleureux. L’art de manier la langue… c’est quelque chose ! Mon père est excellent à ça. Etonnant de voir comme finalement l’humour est ce qui fonctionne le mieux du mieux. On aime rire, sourire.
Je dois penser à envoyer ma première partie de recherche à AL. Je fais ça demain sans faute. Je voudrai aussi recontacter les potes, genre F, V, A et F.
07/01/17
Impressionné par la gentillesse des infirmières ici, la qualité de leur service. Elles me demandent chaque jour ce que je veux manger, m’apportent parfois du pain, des biscuits. Je suis comme leur bébé ! Elles m’ont emmené à une laverie pour mes vêtements… bref on s’occupe de moi comme il faut !
Journée studieuse, super bien avancé sur le Taï-Chi. J’ai aussi repris la partie 1 sur le yoga, parce que je l’ai envoyé à Lacroix. J’ai introduit le concept d’attention statique et rendu l’argumentation plus clair, articulé. Content de moi. Impatient de terminer ce mémoire, pour pouvoir revenir à ma recherche plus personnelle.
Fortes préoccupations politiques aussi… Peur que le monde sombre dans le chaos. Peur que les dirigeants ne parviennent pas à maintenir la paix… horreur du monde militaire, horreur des monstres économiques. Brulera-t-on tout le pétrole terrestre  comme le pense Etienne Klein ? Y a-t-il  un moyen, même infime, de créer un mouvement de révolution mondiale pour une transition écologique ? Si seulement les dirigeants pouvaient être éclairés…
Ma santé s’améliore, notamment au niveau du ventre. J’ai bon espoir. Quel plaisir ça sera pour moi d’arriver enfin dans l’école ! De pouvoir remonter la pente niveau santé !
10/01/17
Les jours passent, plutôt rapidement en fait. J’ai lavé mes vêtements, continué à travailler sur ma recherche. Je suis en plein visionnage du Retour du Roi. Bénédiction que je les avais sur mon ordi. Je relis aussi les harry potter, facilement téléchargeable sur internet en anglais.
J’ai eu mes résultats d’analyse hier, pas de tuberculose mais une mononucléose + typhoïde + staphylocoque. Il faut que j’informe le docteur william et Sciences Po. Je mettrai un mail en fin de matinée au docteur. Pour Sciences Po j’attends un peu. Ce soir je répondrai à des mails. Je ne sais pas combien de temps je vais rester bloqué ici. Mon état est plutôt pitoyable. Sueurs nocturnes, horrible mal de gorge, peu d’appétit, constipation, fatigue… je tiens à peine sur mes jambes. Le point positif c’est que mon estomac va quand même mieux. Les antibiotiques sont efficaces.
Je sais ce que je dois particulièrement travailler à mon école. Je dois apprendre à contrôler ma sensibilité, et sans la perdre savoir ne pas me laisser vider par elle, au contact des autres. J’ai tendance à trop engager d’énergie trop vite, et donc à tout perdre rapidement. Je ne sais pas doser mon attention, mon engagement. A travailler.
Aujourd’hui j’ai finalement déposé ma demande de visa, sachant que je devrai rester encore une semaine à chengdu après vendredi. J’ai du prendre sur moi, je n’étais pas en forme. Il faut vraiment que je reprenne des forces.
Repris la méditation ce soir. Magique. C’est fou comme c’est important, mais aussi difficile, je veux dire de s’y tenir. C’est toujours un grand voyage et souvent on n’a pas du tout le courage. Mais l’avantage c’est que comme dans un train, il suffit de se laisser porter et de regarder par la fenêtre.
Que verrais-je si je regardais dans le miroir d’Erised ? Difficile à dire. Mon enfance fut merveilleuse. Je sens que si je ne fais pas attention, je ferais partie de ces gens qui voient leur enfance comme un âge d’or, et le passage à la vie adulte comme le sacrifice de l’innocence, le début des ennuis, de la souffrance… c’est faux. L’enfant souffre également. Et ensuite, je pense que l’âge adulte multiplie les possibilités, pour peu qu’on ne devienne pas un grand borné, fermé à toute activité et qu’on vive adulte comme un enfant, capable de s’enthousiasmer de peu. De s’habiller le cœur d’envie et de joie. Je dois penser ainsi, voir l’âge adulte comme une continuation, une amplification. On gagne en force, en profondeur, en résistance, en diversité. On enrichit sa construction existentielle, on donne du sens. Tel mon système rituel. 5, cheval, LOTR, HP. Avancer, ne pas s’arrêter et ne surtout pas vivre dans le présent à partir du passé.
11/01/17
Gentillesse d’un autre de mes voisins et de sa femme ! Qui me nourrissent de biscuits et d’oranges. Je crois que je dois vraiment leur faire pitié. Malgré la sonnerie de téléphone insupportable du gars, et le fait qu’il fume dans la salle de bain, ils sont plutôt gentils. Mais c’est tellement difficile de ne pas pouvoir parler…
Pour le reste les mois passent, et ce projet m’emporte, toujours plus loin vers l’inconnu. Je n’ai pas l’impression de changer beaucoup. Je pense que mon destin est tracé et que je ne fais que l’emprunter tel qu’il m’est donné. Je n’ai pas à attendre une révolution. Je ne suis pas quelqu’un qui se révolutionne. MaDans la maladie, dans la prison du temps et du corps, dans le défi de maintenir son esprit clair et de ne pas se laisser aller, dans le désespoir ou la folie. Il en faut peu pour détruire le jeune garçon innocent que je suis. Je n’ai pas connu les tranchées, ni la violence d’un camp, ni la famine, ni la guerre civile. Comme tous ceux de ma génération, je suis un rêve éveillé. Je pense que la réalité se réduit à quelques post sur facebook et une vidéo bien tournée. Mais le sens du réel, le bon sens, il se perd dans le virtuel. Ce voyage a le mérite de me faire revenir un peu sur terre.
Mais ce que j’y vois me terrifie. Et plus j’avance, plus je me dis que le monstre est bien trop gros pour qu’on puisse l’abattre. Je ne vois pas d’issue heureuse à la crise mondiale, le futur me terrifie, comme tous. Encore une fois, nous allons regarder notre démon nous dévorer. Crise de la société industrielle, vouée depuis le début à mourir plus vite que toutes les autres. Le problème, c’est que cette fois ci le chute risque d’être définitive. On se moque de l’effondrement de l’empire romain. D’autres temps viendront, les cités seront reconstruites. Mais aujourd’hui, qui va reconstruire le climat et les terres atomisées ?  Empêcher la catastrophe… oui mais putain, quelle tâche. Quelle folie. Quel fardeau.
Terminé le troisième film du seigneur des anneaux. Emotions. Quelle saga ! « C’est ici, au bord de la mer, que prend fin notre communauté. Je ne dirai pas : ne pleurez pas. Car toutes larmes ne sont pas un mal ». Le réchauffement, une quête à la hauteur de celle de l’anneau, assurément. Créer des alliances, convaincre des hommes de s’engager. Se battre. Par les mots si ce n’est par les armes. Nous en sommes là. Le seul problème étant que l’ennemi est en nous. Et que quand il se manifestera en plein jour, il sera trop tard. Mais comment convaincre quelqu’un d’agir contre quelque chose qu’il ne soupçonne pas ?
13/01/12
Sorti de l’hôpital aujourd’hui ! Bonheur. Retour à l’hôtel, où les conditions de vie sont paradoxalement bien meilleures. Je dois me reposer, bien que je meure d’envie de faire des choses qui me sont interdites : visiter, faire du sport… hâte d’être dans le Hubei. Mais le temps ici n’est pas désagréable. Je mesure le temps, je le compte, je le sens.
En arrivant dans ma chambre d’hôtel, un soleil orangé qui descend sur l’horizon. Le soleil à Chengdu en hiver ! C’est un miracle. L’astre a vaincu la pollution. Je vois des bandes d’oiseaux passer dans le ciel bleu parsemé de nuages. Signe d’espoir. La guérison approche !
Et soudain, je prends conscience que je ne suis peut-être pas un leader. J’ai excellé à l’école, parce qu’on me disait ce que j’avais à faire. Je faisais mon devoir. Idem dans mes activités. J’ai toujours été fasciné par les héros, pris des grands en exemple. Je suis nourri par ce qu’on me demande de faire. Par des défis qu’on me donne. J’aime répondre à une attente. Montrer à l’autre que je fais ce qu’il attend de moi. Et mieux encore. Mais je meure quand je dois faire des choses qui n’intéressent personne initialement. Et je suis convaincu que si changement il y a, il doit partir d’une demande. Je dois donc arrêter de créer la demande, mais plutôt y répondre, quitte ensuite à l’orienter. Mais je veux retrouver le goût d’accomplir un devoir. Aider. Le plaisir d’aider. Voilà ce que je veux. Relever le défi. Voilà ce qui fait de moi un homme. C’est cette ouverture à l’opportunité qui crée ensuite le contexte propice à la création. Mais l’amorce est dans la réponse à un appel. Aider.
Peut-être faut-il que j’arrête de vouloir me faire tout seul. M’ériger en leader. Je n’ai pas ça dans le sang. Cela ne veut pas dire que je ne le deviendrai pas un jour. Mais j’ai besoin dans un premier temps d’un mentor. D’un guide. C’est sur les bases des conseils d’un guide, notamment dans le monde professionnel et politique qu’ensuite je pourrai tracer ma route. Aller chercher Cyril Dion, des gens comme ça. Travailler avec eux. Valoriser mes compétences à leurs côtés. Je suis quelqu’un de compétent, pas fait pour manager, mais pour valoriser mes compétences. Arrêter de vouloir impulser. Suivre. Et par cela je comprends et réalise le dao. Je m’adapte au monde et le guide sans le guider.
Cela implique de retrouver ce goût de l’exemple. Etre exemplaire dans ce qu’on me demande, personnellement et socialement. Saisir les opportunités dans mon entourage. Voir l’autre comme une force motrice, plutôt que comme un mouton à traîner derrière soi. Car l’autre est une force motrice. Plus que moi. Je ne suis pas un tracteur. Tracter me tue. Je ne sais pas encore mener sans m’isoler. Je dois donc suivre tout en restant parfaitement fidèle à mon éthique, désormais puissamment définie. Je ne créerai pas, je reprendrai. Sauf peut-être pour le château. Quoique, si je trouve un mentor dans les chambres d’hôte, dans quelle mesure aurai-je créé cela seul ? Si je trouve un partenaire dans le projet ? Je ne suis pas leader.
Ajouter une méditation relative à cette idée !
Un ami m’a suggérer une idée intéressante aujourd’hui. En me disant qu’il valait peut-être mieux se décentrer que se recentrer, comme le prônent les sagesses asiatiques. Je réponds qu’il est impossible de se recentrer sans s’être d’abord décentré. L’enfance, l’adolescence et la jeunesse sont des décentrages. On doit découvrir le monde, les autres. Se nourrir de toute expérience. Et on doit apprendre par imitation. Mimétisme. Faire ce qui est juste pour la société, ce qu’on me demande. Apprendre les règles, les méthodes. Sculpter son esprit dans une direction, des directions. Académique, sport, art… Puis ensuite, quand on prend conscience que toute cette agitation ne mène nulle part, parce que je ne deviens qu’un fourre tout sans identité propre, sans valeur, sans éthique qui le guide et le rend capable de créer, je réalise que j’ai besoin de me recentrer. Non pas pour oublier ce que j’ai vécu, mais pour passer ne revue, tout revaloriser, comprendre, mettre en place les pièces du puzzle pour y voir clair. Et quand j’ai touché le centre, je suis capable de retourner vers la périphérie, de saisir les opportunités, mais je réponds cette fois avec aussi mon propre regard critique. Je suis capable d’être moi-même tout en aidant l’autre. En le suivant. J’avance dans l’équilibre de l’obéissance au monde, sa découverte et sa sculpture à mon image.
14/01/17
Mon anniversaire dans 4 jours ! Ca va être quelque chose… je me réjouis d’avance. La seule chose que je peux faire c’est inviter ma pote chinoise. Elle aura peut-être une soirée à me proposer, un truc, n’importe quoi moi je ne sais pas. Oui faisons ça. Je vais lui mettre un mail. Histoire quand même de s’amuser pour ce 18 janvier ! 21 ans. Je ne pourrais plus sourire en attendant « c’est beau d’avoir vingt ans ». J’ai passé le cap, de cet âge entre deux eaux. C’est fou comme la transition est douce. Tout vient naturellement. A son rythme. Je n’ai pas de surprise, ni de regret. Je vis chaque instant aussi intensément que possible.
Réflexion sur le progrès : j’ai encore lu dans un texte hier qu’on doit tout à une poignée d’hommes qui ont fait le monde, la politique, la science, l’art… ces hommes glorieux qui ont sacrifié leur vie pour leur œuvre. Et bien moi je les vomis ces hommes là. Le peuple ne désire pas le progrès. Il ne désire pas le changement. Il ne désire pas la guerre. Les bouleversements sont toujours la conséquence de la folie des dirigeants. Le peuple subit. On subit le progrès technologique. Economique. Il est faut de dire qu’on a besoin de ce confort supplémentaire. Les gens d’hier n’étaient pas moins heureux. L’homme simple demande peu. Il ne crée pas de vague. Le plus infime évènement suffit à remplir son cœur de joie. Son village, sa famille, son travail modeste. Une vie parmi des milliards. Heureuse. Mais l’homme orgueilleux et ambitieux, lui, veut le changement. Il est toujours insatisfait, il veut plus, mieux. Et bien sûr l’homme simple n’est pas fou : si on lui propose le graal il le saisit. Mais de là à dire qu’il en avait besoin et que l’homme ambitieux est un sauveur…
Les sociétés meurent à cause des névroses de leurs dirigeants. On met au pouvoir des fous. La solution serait d’apprendre aux gens à croire ce qu’ils sont, et de leur apprendre à ne pas prendre les désirs mégalo des chefs pour leurs propres désirs. Le chef croit que ce qu’il veut est le meilleur. Il promet au peuple la victoire et la conquête. Le peuple pense que c’est bon pour lui. Mais demande à l’homme de sonder son cœur au plus profond. Il découvrira que ça n’est pas ce qu’il veut. Les hommes sont manipulés. On les force à aimer ce qu’ils ne sont pas et ne veulent pas. Par les discours, les films… La majorité ne veut pas être premier, meilleur, nouveau. Il faudrait donc une politique de la vie simple, une politique du contentement et de l’équilibre. Et du sage changement. Celui qui admet la continuité.
Soirée dumplings ! Raviolis chinois confectionnés en groupe à l’hôtel. Fidèlement à ma nouvelle éthique, je me suis laissé porté. J’étais ouvert. A la fin, discussion avec une australienne, parlé des animaux dangereux d’Australie. Poisson tout petit et mortel. Araignées énormes chambre, histoire de son frère qui a failli se faire amputer la jambe pour une petite infection en Malaisie… Relation Australie avec le reste du monde. Balade forêt amazonienne pleine d’araignées.
Aussi une danoise, fière de son pays. Groenland histoire. Manière de parler très noble, qualité de conversation. Fait très américain.
Impression que le monde est un village. Impressionné de l’insouciance des anglo-saxons et danois. Côté je conquière le monde, je profite de la vie. Le poids de la responsabilité écologique semble si loin. Vie normale. Différence de tempérament des français.
16/01/17
Hier, journée chargée ! Travail le matin, mais je lève le pied car j’ai le temps pour rendre mes travaux, et je ne veux plus me tuer à la tâche. La vie mérite d’être vécue avec amour. Déjeuner à Mike’s pizza ! Galère pour trouver. Finalement mangé énorme salade et énorme pizza au fromage bleu français, délice. Elle s’appelait le « prince des grenouilles », en référence à la France ? Rencontre un couple avec une française de Montélimar et un anglais. Ils mangeaient avec une collègue chinoise, et veulent développer ensemble un centre d’éveil aux nouvelles technologies pour les enfants. Ils sont dans un incubateur. Plaisir de nouer des contacts, facilité.
Aprem direction la gare pour acheter mon billet de train. Quel monde ! Quelle organisation, propreté. Ordre chinois. Quand on est aussi nombreux, il faut croire qu’on n’a pas le choix. Appel de Florent en soirée et de mes parents. Lecture HP tranquille.
Effaré de ma faiblesse. Mes jambes peinent à me porter dans les escaliers. Je dois me remuscler…
17/01/17
Journée épuisante mais riche, je ne me laisse pas abattre. Je culpabilise de ne pas profiter de cette immense quantité de temps dont je dispose pour créer quelque chose d’énorme. Un livre, un concept, un projet… j’ai le temps de le faire. Le problème c’est que j’ai aussi ma recherche et cela est énorme d’une certaine manière. Si je m’y consacre suffisamment. Il faut accepter que ça soit long. Et surtout être humble. Je ne cherche pas à devenir connu, où à être celui qui changera le monde. Je dois agir, là où je le peux. Et on verra jusqu’où j’irai. « Ce sont nos choix qui déterminent ce que nous sommes, pas nos aptitudes ».
Mise à part cela j’ai donc visité le parc des pandas avec une française étudiante en Chine, Elodie de Montpellier. Je me suis reposé l’après-midi. Je suis allé chez le coiffeur, coupe d’anniversaire ! Rien de bien particulier donc. Je suis porté plus que je ne porte. Marcher sur des œufs, ne pas se bruler les ailes.
Je compte faire de mon mémoire la première partie de ma recherche. Je soulignerai en transition qu’il me manque une unité de l’attention, une compréhension du pourquoi agir, du pourquoi une bonne santé et de la finalité de la quête, de l’action humaine. Bref pas suffisamment d’unité de l’attention. Lien vers le conflit. Et là je balance ma partie mentale. J’évoquerai à nouveau le corps quand j’arriverai à la partie 4 de la partie mentale, je lie les concepts. Puis je termine sur le kendo.
18/01/17
On y est, anniversaire ! Bon on s’en moque un peu, je veux dire ça n’est pas la révolution. Je me souviens de J qui y tenait plus que tout pour elle-même et de l’énervement que ça produisait en moi. J’étais si occupé en terminale que mon anniversaire était une formalité. Ou bien un projet de fou il est vrai que j’ai fait cette soirée de dingue au château…. Finalement l’anniversaire est peut-être important ! Amen. 21 ans, ma résolution ? Perfectionner et continuer mes rituels pour maîtriser ce temps qui passe tellement vite. Les partager, les enseigner. Mais aussi agir avec. C’est-à-dire saisir l’opportunité, soutenir l’action, aider à son développement. Suivre les sages, apporter mes compétences, saisir les énergies plutôt que d’aller contre. Le pilote n’est pas le navire. Développer l’idée de l’équilibre, c’est-à-dire du combat dans l’adaptation et l’humilité. Chaîne youtube, site internet démocratie ? Avancer.
Je peux me souvenir qu’il y a un an, j’ai médité une journée entière le lendemain de mon anniversaire. Je compte faire la même chose demain. Et déjà je mesure l’évolution. Il faut dire tout simplement que l’an passé j’ai cherché une logique cosmologique, sur une grande feuille de papier. Mais rien n’a abouti, j’étais perdu. Aujourd’hui, je possède toute ma logique cosmologique. Tout est clair dans mon esprit.
Départ pour le redbeard burger avec David ! On doit retrouver Holly là bas, l’amie chinoise qui était venue faire de l’escalade avec moi et Will. Quel plaisir de la revoir ! Et comme elle est charmante. Super déjeuner, original parce que David est plus âgé que nous. Ce donne un côté très sage, sérieux et en même temps agréable, spontané. Je me sentais vraiment avoir 21 ans, et plus 18 où on a peur d’être sincère. Nos discussions reflétaient une vraie maturité et un beau dynamisme, un amour de la vie, de l’histoire, des cultures, des gens… On a bien mangé, et il me restait un tout petit peu de place pour le dessert qu’Holly m’a offert. Je n’attendais pas un cadeau ! C’était génial.
Puis ballade dans le parc des bamboos près de l’université du Sichuan. J’ai voulu graver DHL sur un arbre mais juste après avoir commencé je me suis fait engueuler comme un chien par une femme, qui ne voulait pas qu’on abime les arbres. Beau de voir comme les gens osent ici rappeler quel est l’ordre à respecter. Ca n’est pas chacun laisse faire et tout le monde ferme les yeux, comme en France.
A ma grande surprise et pour mon grand plaisir, Holly est restée avec moi plutôt que d’aller à son dîner de famille éloignée. Direction le ciné ! D’abord un ptit snack, achat de provisions pour le film, puis taxi. On est allé voir Star Wars Rogue One. Plutôt cool, avec Holly qui sursautait à côté de moi. Après le film on a beaucoup parlé. C’était magique. De la Chine, de l’Europe, de l’avenir. Des cultures. Des rancoeurs historiques. Nos musés sont pleins de trésors chinois dérobés au début du XXème siècle. Des détails qui témoignent de blessures bien vivantes. Mais on a pu en parler tranquillement, c’était beau. Holly a de quoi être fière de la Chine. Je suis serein sur la politique de cette grande civilisation. Ca n’est pas de là que viendra une éventuelle menace militaire.
Je suis comblé de cette journée, grâce à David et Holly. 21 ans passés sans encombre. Il n’y a plus qu’à continuer. Seul regret, devoir quitter Chengdu bientôt, Holly notamment. Elle est habituée à rencontré beaucoup d’étranger à travers les cours de langue. Mais c’est un aspect difficile du voyage de faire des rencontres et de savoir que la distance sépare. Oser briser cette loi ? Folie.
19/01/17
Journée de travail et de repos. Enfin travail… j’ai du aller à l’hôpital le matin, mais pour rien car il manquait un papier de l’assurance. Ensuite j’ai essayé d’avancer ma recherche. Mais je suis un peu bloqué car je dois commencer la deuxième sous partie, sans être pleinement satisfait de ma première. Or je n’ai pas commencé à pratiquer le Taiji, je manque de connaissances, d’expérience et d’idées. Donc soit je lis sur le taiji, soit j’avance ma toute première recherche psychologique.
Réponse à mes mails et préparation d’une sorte de best of, sieste pour me remettre de la journée d’anniversaire. Le soir j’ai regardé hp1 ! Plaisir de le revoir. Beauté du film, des décors. Grande qualité. Ah oui avant cela j’ai aussi pratiqué le yoga, pour me remettre en forme doucement !
Réflexion sur le problème d’articulation mémoire/recherche perso : j’hésite à lier les deux, vraiment… Je perdrais la chronologie originelle. Si je ne lie pas alors rien ne m’empêche de revoir la partie sur le bouddhisme. Jamais du temps de perdu. Mais je dois définir l’orientation que je souhaite donner. Quelles modifications je veux apporter ? Je trouve le tout trop long. Raccourcir ? Je dois dans tous les cas préciser dans la description rapide de la série 4 que ma cosmologie est très proche du taoïsme, mais différente malgré tout car elle va dans un sens là où le taoïsme est relativement figé dans l’équilibre, comme le bouddhisme. Reprendre cette série 4. Donc c’est décidé, je ne retouche pas trop la partie bouddhisme. Juste éclaircir mes raisonnements, l’articulation générale, les transitions.
Ce qui est paradoxal avec la partie corporelle c’est que je parle de pratique mais que j’ai quand même une approche intellectuelle, philosophique de la discipline. Je dois vraiment trouver un meilleur système d’articulation des 5 structures. Il y a des faits fondamentaux : j’ai étudié d’abord les trois premières structures, chronologiquement. Mais ces structures ne peuvent se développer sans exercice physique. Je dois lier les deux. Je pense maintenir ma deuxième partie telle qu’elle est car cela correspond à ma personnalité, d’abord intellectualiser. Donc le mémoire vient en deuxième partie. Mais pose problème. Il faudrait avoir le mémoire en premier comme étude la plus objective possible du concept d’attention et de rituel. Ensuite je constate le manque de raison d’être de cette entraînement de l’attention.
J’ai une définition rigoureuse de l’attention et du rituel dans partie mentale grâce à mémoire. Reste à intégrer distinction rite interne et externe. Mais cela peut arriver après les 3 premières structures. Ne pose pas de souci. Donc… j’introduis la partie corporelle en disant qu’il faut s’intéresser à la base physique de l’esprit et à l’environnement. J’explique que le yoga et le taiji donnent une importance primordiale au corps, contrairement au bouddhisme. Taiji = art martial et yoga = science du corps. POINT commun fondamental : rituels internes. J’explique l’importance du mouvement d’intériorisation du rituel, passage d’externe à interne. Différent d’externe, comme le kendo par exemple. D’où grande proximité entre Yoga et taiji. Je les étudie ensemble, complémentaires. Je montre que ces cosmologies sont bien plus en cohérence avec ma cosmologie, car plus de valeur accordée au réel, aux sens, à l’énergie physique, à la dualité qu’il faut réussir à dompter, dans laquelle il faut s’intégrer. L’esprit n’est pas la source, c’est le réceptacle. Moins une logique spiritualiste que le bouddhisme. Mais yoga reste utilitariste = l’esprit est la finalité et Taiji immobiliste. Il s’agit donc de s’inspirer avec un regard critique. Puis enfin je balance la méthode rituelle en distinguant attention statique et dynamique : la force du hatha yoga = sculpter le corps = contenu pour ensuite mieux apprendre à faire ce qui constitue la force du taiji = canaliser l’énergie = le contenu. Tout en précisant que l’on peut apprendre à canaliser dans le yoga et à sculpter dans le taiji. Question de degré. J’ajoute pour les deux une partie relative à ma cosmologie = interprétation, sens de la méthode.
 
20/01/17
Bonne journée. J’ai réussi à réorganiser ma recherche au niveau du plan, cf ci-dessus. Je préfère me remettre au Taiji quand je serai dans l’école. Je pense que je vais être obligé de réécrire la première partie, en commençant directement par le Taiji et en intégrant à ce thème la philosophie taoïste. Ainsi ça me laisse deux parties pour vraiment avoir une approche philosophique et pratique. Mais l’objectif de demain c’est de commencer à intégrer le yoga, à faire la synthèse. Je préfère le faire maintenant. J’aurai tout le temps dans l’école de lire sur le Taiji. J’espère seulement qu’il y a internet. Sans ça je vais être embêté…
Concernant les autres occupations je vais essayer de télécharger les livres Harry Potter et les films. Disons au moins trois livres et trois films. J’ai aussi le tome 2 du LOTR. Mais je pense que le temps va passer vite. Mon objectif principal dans l’école est quand même de développer une réelle sensibilité attentionnelle. Et une gestion de mon énergie. Une retenue.
Sur mes activités du jour, hôpital le matin. Ils m’ont redemandé un test de selle… fait chier ! Mais content d’apprendre que tout est bon. Le médecin qui m’a accompagné est très gentil. Il m’a amené à la Tianfu square dans son gros 4×4 BMW. Il m’a dit qu’il avait une fille mais pas plus à cause du gouvernement, et maintenant sa femme ne peut plus avoir un deuxième (c’est autorisé depuis 3 ans). Il regrette. J’ai récupéré mon visa étendu au centre, puis retour à l’hôtel. J’ai beaucoup dormi l’après-midi, crevé. Puis rituel du matin que je n’avais pas pu faire, yoga et enfin réponse à mes mails. J’ai skypé François avec grand plaisir ! Puis HP 2, j’ai vu la moitié, toujours un plaisir immense. Je suis surpris par certaines scènes, je soupçonne la version chinoise d’être différente de la version occidentale, j’ai le sentiment qu’ils ont ajouté des scènes. Où bien simplement ma mémoire me joue des tours.
Cette quête identitaire d’Harry, qui ne sait rien sur son passé. Ce côté… je subie les évènements qui me tombent dessus. Je reste ouvert à l’aventure mais l’aventure vient à moi. « Who a I ? What am I ? ». Son goût de l’aventure s’explique par le fait qu’elle lui permet d’en apprendre plus sur lui-même. Dans sa traque de Voldemort, il se traque lui-même. Importance de l’idée que l’on se construit et se définit par nos actes, nos choix. C’est dans l’action qu’on apprend à se connaître. Mais dans le raisonnement abstrait. Rowling avait toute l’histoire en tête dès le début. Sa saga se développe selon un plan réglé au millimètre. Chaque élément conduisant aux révélations finales sont introduits dans l’ordre, logiquement. Chris Colombus est vraiment meilleur que Yates. C’est une certitude.
21/01/17
Dernier jour à Chengdu. J’ai aimé cette ville, qui respire le calme malgré la modernisation galopante. Les gens s’efforcent véritablement de préserver la tradition, le gouvernement local aussi d’ailleurs. En témoigne le musée de Chengdu, qui a ouvert en 2016. Magnifique scénographie. Beaucoup beaucoup de monde, et l’entrée est gratuite. Apprécie particulièrement la petite statuette sur laquelle sont gravés les méridiens de la médecine chinoise. Date du IIème siècle, peut-être même plus ancien… J’y suis allé avec l’allemande Rahel. Mangé des patates frites de rue. Reprend un peu confiance dans la nature.
j’ai réussi le matin à travailler un peu sur ma recherche. Surtout repris la partie 1 du mémoire. Mais je suis bien fatigué, ça n’aide pas à me concentrer. Surtout que les efforts à développer sont toujours aussi intenses. Au moins j’ai tous mes plans de construits. Ne reste qu’à rédiger.
Dernière dumplings party à l’hôtel ! David qui s’empiffre. Rahel qui parle d’elle comme d’habitude de manière bien narcissique. Je juge, je suis méchant. Ils sont formidables, tous. Adieux à Ken, Jenny, du staff. Et direction la gare en taxi. Un groupe de jeunes chinois est venu s’assoir à côté de moi, m’a posé pleins de questions dans un anglais approximatif. Offert des oranges. Heureusement qu’ils furent là car j’attendais dans le mauvais hall. Ils m’ont aidé à trouver la bonne entrée. Arrivée dans le train… un monde fou. Obligé de rester dans mon wagon. Contrôleurs très strictes. Et j’ai vite compris que ticket sans place assise signifie vraiment pas assis. Impossible de trouver un espace pour poser ses fesses. Plein à craquer. J’ai essayé, mais dérangé sans cesse par des gens qui passent. Couloir enfumé par les clopeurs chinois, nombreux. Insupportable. J’ai craqué au bout de 2 heures. Direction le wagon restaurant. Là un contrôleur a vu ma tête et m’a dit qu’il était possible d’acheter un ticket couchette. Il aurait pu me le dire plus tôt ! Je remarque que les wagons couchettes sont presques tous vides. Je comprends pas pourquoi on m’a dit qu’il n’y avait plus de place. Bref je paye et enfin je peux dormir.
22/01/17
Arrivée à Wudang Shan après une courte nuit. Paysages très particuliers. On sent la pauvreté mélangée à une industrialisation encore sauvage. La nature est mangée de tous les côtés, extraction de sable, de pierres… tout est en construction, comme si tout venait de naître. On se demande comment il est possible de vivre dans les petits groupements de maisons qui longent les usines, entrepôts et carrières.
La ville de Wudang Shan est agréable, bien que très peu esthétique et pleine de béton. Moins agité que l’Inde, bien qu’on soit proche de l’atmosphère de Daramshala par exemple. Plus développé dans tous les cas. Nancy, l’assistante de maître Yuan le directeur de la Wudang Daoist Traditional Kungfu Academy où je suis, avait réservé un taxi pour moi, qui m’a conduit de la gare à l’école. Un gars très joyeux, qui n’arrêtait pas de crier « let’s go !! ».
Arrivée dans l’école. Choque positif. Je vois quelques étudiants au loin, s’entraîner dans une grande cours. Cette cours introduit un immense temple, où à lieu les entraînements quand le temps est correct. D’après site web de l’école, le lieu est très ancien, bien qu’il fut plusieurs fois reconstruit. On palpe l’histoire. Je prendrai des photos. Nancy m’emmène dans ma chambre. J’achète des gamelles pour les repas, puis direction la salle à manger. Riz, pommes de terre frites, légumes. Tout végétarien, ils récupèrent l’eau du riz pour faire une sorte de soupe. Très bon. Là je rencontre les étudiants. Certains on des look très particulier. On sent la force de leur caractère et la richesse de leur histoire. Cet afro-américain avec ses piercings et sa barbe rouge, son long manteau noir… un chinois en tenue traditionnelle noire, long cheveux queue de cheval, le jeune black des quartiers nord de Londres, qui a grandi dans la rue et les combats. L’américain est aussi un spécialiste du MMA, le free fight. Il y a un français ! Né en Thaïlande, parents expatriés, puis retour en France jusqu’à 14 ans, puis départ pour le Cameroun jusqu’à 16 ans puis Lille jusqu’au BAC. Depuis plutôt que d’étudier il est parti en Chine, apprendre le chinois pendant 6 mois. Il a travaillé à Taïwan 5 mois pour se payer sa formation de Kung Fu ici, c’était son rêve d’enfant. Il fait du Kung Fu depuis qu’il a 9 ans et il veut ensuite partir aux USA. Son projet ? Devenir un fighter professionnel de MMA… Dingue. On a beaucoup discuté.
J’ai appris que le Taiji peut être très violent pour les genoux. Certaines formes. Le style Wudang est spécifique, différent du Chen et du Yang. Toujours une querelle pour savoir quelle école fut la première. Mais probable qu’il y ait eu différents berceau de naissance. Cet aprem pas d’entraînement. Je commence demain matin. Tout va très vite. Mais inutile de perdre du temps. J’espère trouver du temps pour avancer ma recherche. Cette formation s’annonce intense ! Il faut que je me refocalise sur mon mémoire et sur le taiji. En attendant, direction les toilettes et la douche. Je dois changer de vêtements car je commence à me momifier dans ceux là. Me raser. Etre propre pour saluer le maître de l’académie, master Yuan. Un autre monde, j’ai parfois peur de la force de cet autre. Quelle richesse que l’humanité.
Achat de mon uniforme blanc. Je vais devoir me trouver aussi des chaussures adéquates. Direction la cour d’entraînement. Un immense espace parallèle aux bâtiments d’hébergement et aux bureaux. Entouré de hauts murs. C’est un lieu très ancien, avec un temple appelé palais. Reconstruit plusieurs fois. Il y a deux grandes cours, une à l’entrée et une devant le temple au fond. Au milieu un grand parc où de nombreux locaux et touristes viennent se détendre. Beaucoup d’enfants. Très vivant. Les étudiants de l’école se mélangent aux néophytes, qui admirent leur pratique des arts martiaux. Mouvements de Taiji, épée, bâton, boxe, Qigong, il y a de tout. Je suis impressionné par la pratique de Pierre, mais il m’a dit qu’il avait des problèmes de genoux. Le canadien m’a dit au dîner que c’était signe d’une mauvaise pratique. Le fait de pousser trop loin les mouvements ? Il a 19 ans, et je sens à quel point il est motivé. Mais plus dans une recherche de performance que d’adoration humble de l’énergie. Je veux sentir simplement l’énergie physique qui coule en moi, muscles et fluides. Jouer avec elle comme deux amis dans une cour de récrée. L’aimer. Faire du beau pour son honneur. Mouvoir mon corps en totale harmonie, le haut avec le bas.
23/01/17
Discussion avec M de linguistique (spécialiste) chinoise, 221 unification du pays par l’écrit. Marié depuis 10 ans à une chinoise. Explique les difficultés de la relation avec la belle famille. « Le père comme tous les chinois de 50 ans, il boit et regarde des séries télés où les chinois butent des japonais ». Chinois = langue archaïque : 22 000 mots contre 200 000 en allemand et 120 000 en français. Parlé de l’influence culturelle des langues sur la vision du monde Chomsky. Ce canadien est définitivement brillant. Plein de vie. On a discuté une heure alors qu’il lavait ses chaussettes à la main dans un saut.
Tui shou, pushed hand = jeu incroyable qui consiste à déséquilibrer l’adversaire avec une main. L’enjeu est de sentir l’autre, son intention, de tirer quand il pousse et de pousser quand il tire. Aide pour le combat à main nue, comme la lutte. Pierre et Aaron on fait de la lutte. Aaron est très bon. Ca me rappelle le Sénégal.
Début entraînement. Magique. Beaucoup de répétition, physique car effort léger mais très long.
Mco, 22 ans. Discuté avec lui au dîner. Un allemand/italien incroyablement intelligent, fait de la sinologie à l’université de Munich, la meilleure d’Allemagne. Un cerveau qui tourne à 200% à l’heure je n’ai jamais vu ça. Il a deviné d’où l’afro-black venait (un quartier de New-York) comme Sherlock Homes. Il parle Français, Allemand, Italien, Anglais et Chinois. Peut-être un tout petit peu d’arrogance. Et une difficulté à s’adapter aux débiles dont je suis ? Je pourrais comprendre. Comment avoir la patience d’attendre ceux qui pensent en marchant quand on peut faire la même chose en courant, et donc créer deux fois plus dans une vie ? Je pense que c’est une source de souffrance pour lui aussi. Il est trop puissant pour se sentir à sa place avec les gens normaux, isolement… J’imagine que ça n’est pas forcément évident. Je note qu’il s’agit d’une intelligence particulière, que j’appellerais fulgurante et encyclopédique. Capacité à briller en conversation. Il veut faire de la recherche, ce qui est louable.
Qu’en est-il de son intelligence émotionnelle, de sa capacité à sentir l’autre, à agir par empathie, dans l’humilité, à valoriser les choses intrinsèquement, l’amitié, la famille… Il est plus difficile de mesurer sa soumission à la vie et son rôle de servant dans l’existence quand on domine intellectuellement le commun des mortels. Mon idéal n’est pas celui de la tête universitaire. Je reviens à Harry, Harry Potter. Où bien aux Hobbits du SDA. Ils  resteront à jamais mes modèles car ils vivent d’une sagesse émotionnelle, sincère. Ils aiment l’humain dans sa pure simplicité (les Hobbits par spécificité culturel, Harry par son histoire familiale) et choisissent par amour de l’autre. Ils se savent petit et ignorent qu’ils sont grands. Voilà le véritable sage et comme dirait Dumbledore, c’est-à-dire Rowling : ce ne sont pas nos capacités qui montrent ce que nous sommes vraiment, ce sont nos choix.
Entraînement du soir. Revu la forme du dragon, et ajouté la partie respiration avec le coach, Jack.
Lecture chapitre 1 HP3
Pas suffisamment de recherche académique.
24/01/17
Deuxième journée d’entraînement. Douleurs dans tous les muscles, mais surtout dans les jambes. Rarement eu autant de courbatures. Aussi du au fait que j’ai perdu en force à cause de ma maladie. Je dois me refaire une santé. Je connais maintenant trois animaux : dragon, tigre et grue. Chaque animal  soigne un organe particulier. Dragon = reins, Tigre = poumons et Grue = cœur.
J’ai réussi à travailler 30 minutes sur ma recherche académique. Demain j’essayerai de pousser à 50, soyons fous ! Je pense qu’il est sage de procéder ainsi. Je dois y aller progressivement. Monter jusqu’à 3 heures dans l’idéal.
Souhaité bon anniversaire à Violaine. Discuté avec l’entraîneur Jack de taoïsme. C’est un super professeur. D’autant plus super qu’il est occidental à l’origine. Donc il a la bonne pédagogie. Les chinois sont butés, hermétiques.
Allé au supermarché acheter des vivres car parfois ras le bol de leur bouffe dégueulasse. Enfin je veux dire qu’on se lasse vite du menu riz blanc et chou. Je n’ai cependant pas trouvé de confiture ! Qui aurait été salvatrice pour le petit déjeuner, histoire de mettre quelque chose dans leurs pains vapeur.
25/01/17
Le temps passe vite, en raison de la routine qui s’installe. Même sentiment dans tout système monastique. Je m’adapte au froid, et à l’entraînement. J’accepte mieux les douleurs musculaires. C’est incroyable comme l’esprit s’accoutume à la douleur. Supporte sans effort ce qui était insupportable.
Je me sentais mal le matin à l’entraînement, au début. A cause de la bouffe. Ils font cuire les légumes dans le bouillon de la viande, car étrangement ils servent aussi de la viande, je pensais que c’était uniquement végétarien. Enfin du coup tout a un goût de gras de viande immonde. A vomir. Enfin on fait avec.
Pierre m’a raconté que le bâtiment où on dort est un ancien hôpital, et qu’ils sont nombreux à faire des rêves hantés. A voir des esprits. Je suis étonné qu’il croie à ces bêtises. Il n’empêche que savoir qu’on dort à la place d’anciens malades agonisants, et que des gens sont enterrés partout autour de l’école n’est pas réjouissant. Enfin ma chambre est très confortable. Je n’ai rien à dire.
Mic, le néerlandais, nous cuisine un dîner pour dimanche, il est chef dans son pays et s’y connaît donc bien. Hâte !
Je dois envoyer un mail au Japon que j’aurai l’adresse et j’aimerais recevoir une réponse de Sciences Po sur la date limite de remise de mon mémoire. Anniversaire de Papa vendredi à ne pas oublier ! Ca lui fera 56 !… Putain de temps de merde qui passe bien trop vite.
Repris recherche, réussi à avancer une heure. Je suis lancé maintenant, c’est plus facile.
Allé acheter des provisions en ville car pas de ptit dej servi dans les trois jours à venir. Manu le canadien nous a accompagné. Il voulait acheter des bouteilles d’alcool pour préparer une espèce de vin chaud pour le nouvel an. Il est ensuite allé chez un médecin traditionnel chinois pour faire un traitement aux ventouses. Jeter de l’argent par les fenêtres je trouve mais bon.
Le sifflet vient de retentir. Je me prépare à lâcher prise. A entrer de le mouvement et l’économie de l’énergie, son adoration. Ils nous sifflent tous les matins pour commencer l’entraînement. Désagréable, mais acceptable quand on lâche prise et qu’on s’en remet à l’énergie. Reste la méthode la méthode la plus simple et écolo pour appeler tout le monde.
26/01/17
Entraînement seulement le matin. Appris le Léopard. Il me reste le Serpent. J’ai pratiqué sans excès, enchaîné mes quatre animaux en 30 minutes. Puis discuté avec Manu qui adore les anciens jeux vidéo, ceux de son enfance. Il a un émulateur Gamecube sur son pc pour y jouer ! Je m’habitue au froid, ça va de mieux en mieux. Réussi à enchaîner 3h de recherche ! Exceptionnel. La force revient. Après-midi consacrée au rituel du nouvel an : nettoyage des locaux ! Je trouve ça étrange comme rituel car ça sous entend, et ça semble être vraiment ça en Chine, que le reste de l’année on ne nettoie rien. On trouve la même chose en Inde pour le Dewali. Donc nettoyage. J’ai pu mettre en application mon savoir-faire tiré du Bihar. Quand on me dit de nettoyer, je nettoie. J’ai fait une salle de bain. Puis ma chambre. Enfin moi-même, il était temps que je me douche (ça demande un peu de courage par le froid qu’il fait).
Extrait d’une partie de ma recherche en cours de travail, pour montrer comment je fais pour me rappeler où je dois reprendre et ce que je dois faire :
« L’école neijia (interne) s’oppose à la tradition waijia (externe) des moines shaolin. Elle aurait été fondée en même temps que le Taiji au XIVème siècle (dynastie Ming) par le maître taoïste Zhang Sanfeng dans les montagnes Wudang[1]. Le premier véritable traité de Taijiquan est écrit par… On y trouve des références directes à la cosmologie chinoise. DEFINIR FINALITE DU TAIJI PUIS BALANCER : spécificité école interne ».
Un peu de mal à m’endormir. Mais j’ai pensé de manière intéressante à mon projet pour le château, qui se concrétise de plus en plus. Je dois fonder l’association, créer une plateforme de financement en ligne, notamment des travaux dans un premier temps. Puis monter le dossier EN COLLABORATION avec l’équipe projet, on doit être deux ou trois fondateurs de l’idéal. A trouver en priorité ! Distinguer les soutiens, et les vrais membres. Proposer aux gens potentiels d’aider à la rédaction du projet, en précisant que ça ne signifie nullement un engagement strict à s’y investir au-delà. Trois niveaux d’engagement : sorcier, apprenti sorcier, Rusard et Moldus (les anciens de Neufvy seraient plutôt à considérer comme des Rusards !). Donc je disais rédiger le projet avec l’équipe de manière à pouvoir le soumettre aux frères d’Arrentières dans un an. Essentiel. Les informer d’une rédaction en cours. En parallèle, multiplier les stages dans des chambres d’hôtes, des écovillages, des centres d’activité. Bref me former au maximum, réunir de nombreuses idées. Définir le fonctionnement de chaque projet. Chambres d’hôte et réceptions pour l’association et le commun en général. Projet central. Ecole des Sorciers : besoin de beaucoup d’aide, pas seulement mon projet. Lié à structure des cinq. Formation petits et grands (à voir) à la magie de la vie + sport + culture + développement personnel… Besoin au minimum en plus d’un projet jardin/AMAP + Taverne. Les membres peuvent aussi travailler à l’extérieur du domaine. Il faut bien sûr aussi une gestion administrative, financière, communication.
Mettre un message aux amis potentiellement intéressés dès maintenant ? Problème du manque d’investissement si pas projet définitif, si pas engagement de vie. Donc mieux vaut attendre. Il faut que j’arrive à convaincre de s’engager avec moi sur ce projet… Je suis prêt à arrêter Sciences Po pour partir avec lui étudier différents projets, réunir des informations.
Il faut que je définisse un près projet, rapidement. Je définis les grandes lignes, pour aider à la prise de décision de s’engager. Je diffuse le projet. A la rentrée prochaine, je demande un engagement. Niveau total ou extérieur (dons, coup de main). Je trouve deux personnes prêtes à se lancer, vraiment. Il faut qu’on signe un truc symbolique. Et qu’on se réunisse en vrai. Donner quelque chose de sérieux à l’engagement. Puis rédaction projet final, avec en parallèle réunion d’idées par stages, lectures… pour affiner le dossier projet.
La deuxième année, focalisation sur le rachat/location, et la recherche de financements/subventions. Installation et début travaux troisième année.
27/01/17
Anniversaire de Papa ! 56 ans. Je lui ai enfin dit que je l’admirai beaucoup. Une bonne chose. Maman lui a préparé une surprise avec des amis et de la famille. Une bonne chose aussi. Il donne beaucoup, énormément pour les autres. Il mérite qu’on lui rende un peu.
Journée off ici dans le Wudang pour le nouvel an chinois. Les pétards explosent partout. La plupart du temps il s’agit de longues bandes type mitraillettes qui font un bruit d’enfer. J’ai filmé celle qu’on a fait exploser pour l’école. On se croirait à Verdun. J’ai passé une bonne journée. Beaucoup de travail sur ma recherche. Travail fébrile, un peu dans la dépendance à l’exercice. Moi qui était tombé dans la flemme totale je suis maintenant dans la fièvre. Par contre moins de motivation pour ma recherche plus perso, que je n’ai de toute façon pas le temps d’avancer pour le moment. Mais il va bien falloir que je finalise le tout et aussi que je pense à écrire le livre de vulgarisation ! Je devrais avoir terminé demain la réécriture de la première sous partie. Et donc commencer dimanche la deuxième sous partie qui va m’autoriser à entrer vraiment dans la pratique du Taiji. Hâte.
Je suis allé à l’auberge de jeunesse de la ville, repère de tous les jeunes des écoles de kungfu du coin. Très occidental. Fait du bien. Difficile d’avoir un avis sur ces oasis au milieu de l’océan étranger. Empêche probablement une réelle intégration. Il faudrait que j’en parle avec L.
Entraînement rapide de Qigong. Mais oublié de faire mes assouplissements, ce qui est moyens. Je vais essayer de remédier à ça demain.
Soirée fête ! Les chinois ont préparé un festin, qui était dégueulasse évidemment. Désolé de le dire, mais leur cuisine n’est pas à mon goût du tout. Voilà. C’est froid, gras, viandard, acide, croquant, glissant, mal coupé, incoupable à cause des baguettes. J’ai régulièrement besoin d’acheter des choses à côté, et j’ai toujours une légère chiasse car l’hygiène de leur cuisine ne peut l’éviter. Mais bon ! On s’est malgré tout amusé. Surtout après le dîner grâce au vin chaud préparé par Met A, que j’ai pas mal aidé. J’aime aider. Je connais maintenant la recette, en fait toute simple. Ma question : par quoi replacer les bouts d’oranges si on ne veut pas de produit « importé » ? Difficile.
Ecouté du Daft Punk avec le portable de M. P adorait. Dans cette pauvre salle à manger glaciale, pendant que les chinois s’arracher la gorge sur leur karaoké larmoyant… Ambiance particulière. Avec le vin chaud ça faisait presque ambiance montagne l’hiver. A le Suisse m’a dit que d’ailleurs ils louaient souvent un chalet dans la forêt avec ses amis et faisaient des grillades et du vin chaud dans la cheminée.
Je ne suis pas resté très longtemps à cette petite soirée, car j’avais un besoin urgent d’aller lire HP… Une vraie maladie ! Il faut que je réduise. Demain je resterai avec les autres, ou je méditerai plus longtemps. D’ailleurs je précise au passage que je fais moins mes rituels. A reprendre.
28/01/17
Journée difficile car j’ai remis à jour toute ma cosmologie en fonction de ma lecture de HP 3 qui est très intéressant car il constitue la transition entre la période light et dark de la série. Le 4 étant le livre du retour de Voldemort. On sent dans le 3 une insistance profonde sur le thème de la mort et de la peur. Sur l’idée qu’on porte tous les mal en nous. Harry ne tombe pas dans le mal car il préfère créer et préserver la vie plutôt que de la dominer. Voldemort gère les difficultés de la vie en la dominant, en la contrôlant, en la détruisant. Harry accepte la souffrance en partie, et combat le mal par le bien, c’est-à-dire en essayant de le ramener sur le droit chemin, en travaillant en collaboration avec ses amis, en s’entourant. Il tente de ne pas répondre par vengeance ou colère. D’arrêter le mal en créant le moins de mal possible, c’est-à-dire en économisant l’énergie.
J’ai passé la matinée à détailler concrètement ma cosmologie. A développer mes concepts. A les illustrer. Pour les affirmer. J’ai eu du mal à accepter de passer du temps à cette activité. Frustrer de ne pas avancer ma recherche. Mais dans l’ensemble satisfait. Essentiel de l’avoir fait. Je ne peux me permettre de ne plus avoir foi dans mon penta système.
Déjeuner dumplings ! Dommage qu’ils soient à la viande, j’en ai mangé quand même. J’ai aussi aidé à la préparation avec les autres.
En soirée, je m’étais interdit la lecture d’HP, trop addictive. Direction chambre de M. Je n’ai pas regretté, il était dans le couloir comme un zombie à attendre que l’eau bout. Il a choppé une sale infection intestinale à cause de leur festin dégueulasse de nouvel an. Du coup on a pu discuter un peu, c’était génial. De Star Wars, il m’a parlé des bd de l’extended universe. J’adore son regard sur le monde. Toujours très juste. Impressionnant tout ce qui a été fait concernant Star Wars. Il m’a aussi parlé de son perroquet, qu’il a depuis peu et de l’intelligence de cet animal. De tous les jeux qu’il fait avec lui, les parcours, l’appeler par son nom… beauté de la relation homme/animal. Sentiment qu’on appartient vraiment tous à la même famille, celle du vivant. J’ai pu donner à Manu du Tiorfan… plaisir de pouvoir aider un peu. J’espère qu’il ira mieux demain. Incroyable l’humanité de Manu, son goût de l’autre. Je suis vraiment plus solitaire. Mais ça n’est pas pour autant que je me laisse tomber dans l’entropie. Je lutte, je m’accroche pour rester dans la vie. A l’image de Harry, maudit par Voldemort.
29/01/17
Journée où j’ai à nouveau passé la matinée sur ma cosmologie ! J’ai réussi à tout clarifier, à rendre la logique implacable. Bon travail. J’ai ensuite enchaîné sur ma recherche, après le déjeuner, pendant trois heures que je  n’ai pas vu passer. Je regrette de ne pas avoir filmer l’écran. C’est passionnant de voir la manière dont les paragraphes se construisent. En accéléré. De voir la quantité de fichiers et de pages internet que j’utilise, parcours. Passant de l’un à l’autre, divisant mon écran, attrapant là une citation, là une référence, copier-coller, ne pas trouver puis finalement y arriver, avoir trois choses à faire en même temps, conclure enfin…
Après-midi de cuisine avec M, Mco et d’autres. Aidé M à préparer son dîner. Purée de patates délicieuse et salade de haricots en tout genre moins délicieuse. Glace en dessert. Un goût d’occident en orient.
Soirée skype ! F et famille. Plaisir de parler avec F, de nos réflexions, de nos projets… Je lui souhaite de tout cœur de réussir ! La smala va bien.
Avant de dormir, visite à M qui jouait à Zelda sur un emulateur PC de la nintendo 64 avec A. Plaisir de les voir jouer, avancer. Renouer avec leurs souvenirs d’enfance. M me disait qu’il n’avait pas assez d’argent pour acheter plus d’un jeu par an, en fait son cadeau de Noël. Du coup ils se les prêtaient entre copain.
J’étais gelé quand je suis allé me coucher. J’ai mis du temps à me réchauffer sous la couette. Mais je me suis finalement endormi tranquillement.
30/01/17
Reprise de l’entraînement, j’avais oublié à quel point c’était difficile. Surtout en termes de motivation. Les cinq animaux sont tellement répétitifs et lent. Ca ne peut pas être une pleine méditation car il faut agir et faire malgré tout des efforts. Mais parfait pour l’attention au corps. J’ai appris le serpent, dernier animal.
Passé mon temps libre sur ma cosmologie. Mon raisonnement principal est encore trop flou, brouillon. Manque de clarté. A revoir mais pas demain. Je vais faire ma recherche, je dois finaliser la première sous partie, puis je pourrai me lancer dans le reste.
Journée relativement simple, monotone. Encore une fois, principalement des prises de tête sur ma cosmologie, notamment pendant l’entraînement.
31/01/17
Poursuite de l’entraînement. J’arrive mieux à supporter la pratique des cinq animaux. Je m’y résous en quelque sorte. Il n’empêche que ça demande énormément de volonté, car il s’agit toujours des mêmes exercices, aucun divertissement possible, il faut lâcher prise totalement et ne pas attendre la moindre stimulation externe.
Le soir, plutôt que de ne faire que lire, j’ai visité M. Belle discussion M. J’ai parlé de mon père qui me lisait HP quand j’étais enfant et lui me parlait du sien qui lui narrait le Seigneur des anneaux. Manu est passionné d’Histoire, il a une culture géniale. Il écrit des nouvelles, inspirées notamment de l’univers psychédélique de Lovecraft.
Shira Kammen, Music of water.