Journal de bord n°8 Décembre

1 et 2/12/16
J’écris depuis mon bus de… Rishikesh à Delhi !
Journée du premier difficile où j’ai couru dans toute la ville pour trouver de l’argent.
Je me suis arraché la gueule dans un restau de rue trop épicé. J’ai acheté un masque antipollution, apprenant dans le brouillard que Delhi est 3 fois plus polluée que Pékin. Génial.
Concernant mes affaires de voyage, j’ai appris que la dame de la compagnie China eastern ne pouvait pas m’aider plus pour mon ticket. Du coup appel de l’agent de voyage à rishi. Obligé de demander des portables à chaque fois, de rappeler 10 fois avant de comprendre un mot… Il me propose d’annuler le ticket et d’envoyer quelqu’un avec l’argent du remboursement à Delhi. Jai préféré y aller moi même ! Pour changer en même temps de ticket. Ça évite les gros échanges d’argent que je n’ai pas et me permet de ne dépenser que 120 euros de plus que sans les problèmes de visa. Contre 150 avec la compagnie China eastern.
Plaisir de lire que mijo et mes parents tiennent colibris solidement par les cornes et organisent un goûter au château dimanche !
Inde enfumée, les paysans brûlent les champs. Ça ajoute à la pollution. Odeur de fumée partout.  Terminé quasiment l’intro de ma troisième partie de recherche. Académique. Découvert les notes de bas de page sur word pour les références.
Dans le bus aller à Delhi, entre les porteurs de hauts parleurs costumés dans le bus, j’ai vu u singe voyager sur le toit d’un tuktuk. Était il apprivoisé ? Je ne sais pas. La scène était sympa. Dans rishi un homme se déplaçait avec son âne qui trottinait d’un bon pas. L’expérience du bus local, pas pour touristes, est sympa ! Tout en Inde est conditionné par la densité de population. La patience des gens, leur force de vie, leur respect, l’animation, le dynamisme. C’est une fourmilière.
Je pratique toujours mes rituels. Avec plaisir et résultats. Je gagné vraiment en maturité. J’arrive mieux à accepter de lire des sources philosophiques dans les phases où j’ouvre un champ de réflexion nouveau. De le faire sereinement. De moins vouloir avoir terminé avant d’avoir commencé. J’essaye de mieux vivre les moments de pure création, toujours coûteux en énergie. Plus généralement, mon système rituel et mon autonomie m’aide à valoriser l’humain, à le respecter plus et à me sentir comblé dans la simplicité.
Dans le bus, je me suis souvenu de pleins de moments que j’ai passé avec Valentin, des jeux d’enfance, parmi les plus beaux (dédicace à toi Valou si tu me lis) ! D’abord l’ambiance à Fleurie, quand j’allais y passer quelques jours. La ferme de valou dans sa chambre, le sol de l’étage transformé en champs. Le bruit du tracteur à imiter avec la bouche. La vieille gameboy de Clément. La maison en elle-même, dont l’étage est un peu sinueux, avec un grenier mystérieux, ambiance mythique. Valou qui s’occupe de ses poules, parties de ballon contre le mur du hangar à taurillons, je me souviens de la balle qui avait les motifs d’une coupe du monde. Parties de barrières dans le hangar à taurillon, courses poursuites. Sauts et escalade dans les ballots de paille, malgré l’interdit. Il suffisait de sortir dehors, de marcher dans la ferme, guidé par l’instinct. C’est cet ouverture d’esprit dont je me souviens particulièrement et qui est magnifique. On marche, on discute de tout et de rien. On monte sur un ballot l’air de rien et on commence à jouer, pas de construction a priori. Tout lieu et objet est un jeu potentiel. Plaisir d’explorer, de tester. Peur des chiens errants qui errent dans Fleurie, parties d’Unreal Tournament sur l’ordi du bureau de Guillaume, plaisir intense dans ce jeu, partagé avec Valou (on joue chacun notre tour). Visionnage de cassettes dans le salon, souvent louées par Valou : les trois mousquetaires, Astérix contre César… petits déj devant les dessins animés en pyjama, sur le froid canapé en cuir. Avec un grand bol de céréale. Glaces qu’on allait chercher dans le congélateur du garage. Puis la même chose à Dampleux. Souvenir particulier des courses poursuites et cache cache, le jeu le plus simple et le plus entraînant. Encore mieux quand on est en équipe avec les cousins ! Sans parler des souvenirs partagés en vacances à Artix, ou au ski avec Valou…
03/12/16
Recherche le matin. Terminé l’intro et envoyé compte rendu à Sciences Po. Début d’aprem appel de Florent. On a beaucoup discuté théorie politique. Toujours aussi stimulant, comment impulser un vrai changement dans la société ? Réflexion sur le concept de Geneocratie pour remplacer la démocratie.
Soirée avec Deeksha. On voulait voir un film mais la projection n’a jamais démarrée ! Du coup ils ont remboursé les tickets.
04/12/16
Journée studieuse ! J’ai commencé la partie 1.1. de ma recherche, qui m’oblige à assimiler l’histoire de la philosophie indienne et la naissance du yoga. Très intéressant mais peu philosophique pour le moment. Envoyé aussi mon plan détaillé revu et mon intro à Alexandre. Envoyé ma partie 1 à Florent qui voulait la lire. Je n’aime pas faire ça, ça n’est pas finalisé…
Une Aloo Parantha pour le ptit déj. Riz + Daal + Paneer + Chapati pour le déj et Daal paneer et chapatis pour le dîner. J’admire toujours autant la gestuelle du gars qui les fait, bien qu’on sente qu’il ne le considère pas comme un art, contrairement peut-être à ce que ferait un japonais. J’ai discuté un peu avec un mec de Mumbay. Il m’explique à quel point c’est différent de Delhi en termes de pollution, d’atmosphère humaine… plus développé apparemment. J’aime bien Delhi pour ses imperfections. C’est une ville folle.
Skype avec ma famille et… Colibris ! Mijo, Nana, Francis, Olivier, Marie-François, plaisir de les voir. De partager ce moment avec eux.
05/12/16
Derniers jours en Inde ! Je m’imprègne de tous les détails de ce pays magique. Incredible India. La vie, l’intensité, les gens. Journée studieuse, après être allé, enfin, récupéré mon passeport au centre de visa. Procédure sans encombre pour une fois. Rentré à l’hôtel et moment de recherche difficile. Fatigue, manque d’inspiration, sentiment de faire un résumé wikipédia de l’histoire de l’Inde. J’ai alors ouvert un nouveau document word et posé par écrit mes frustrations, puis tenté de théoriser intimement ce que pouvait signifier le rituel pour moi. Différence entre yoga et autres disciplines. J’ai ainsi retrouvé de l’inspiration, en me libérant de la pression d’arriver directement sur quelque chose de formel et de référencé. Travaillé jusqu’à 18h. Bien avancé. J’ai pu faire une petite heure de yoga sur le toit de l’hôtel. Plaisir de sentir la ville par le haut. J’ai vu des chats qui se baladent entre les immeubles. Les enfants qui jouent dans la rue en contrebas.
Soirée écoute de musique sda et réflexion sur le devenir de mon travail de recherche au-delà de Sciences Po. Je pense à l’œuvre de Tolkien, qui a eu un tel succès. Il ne s’agit pas de vouloir faire pareil, mais je regrette tous ces livres publiés, sur la psychologie et le développement personnel et qui ne changent en fait rien du tout à la vie des gens. Rien au monde. Sentiment que c’est une illusion, le livre n’a aucun pouvoir. Comment écrire un livre qui changera le monde ? Il faut l’écrire dans cette perspective. Lui donner quelque chose de religieux, de sacré et de secret. Pensé à ne pas le diffuser en plusieurs exemplaires, à ne faire que des copies manuscrites. Dans tous les cas, je  compte m’installer à Neufvy dans maison bulot. Pour lancer sur place et sérieusement projet colibris. Parler de ma recherche, voire enseigner. Enfin réunir réellement autour de moi. Donner. Construire une vraie structure et amasser des dons pour racheter le château. M’y consacrer pleinement. Jouer aussi un personnage quand je suis dans mes moments sacrés. Avec costume. J’ai aussi réfléchi au prolongement de ma recherche, faut-il que je fasse un manuel ? Peut-être vaut-il mieux en rester à un enseignement oral.
06/12/16
Journée avec Deeksha. Je mets de côté la recherche et les rituels. Visite du Taj Mahal ! Départ à 8h30 avec la voiture de Deeksha sur l’autoroute direction Agra au sud est de Delhi. J’ai conduit à gauche ! Sensation étrange, tout est inversé.
Arrivée au Taj. Monument magique. La blancheur du tombeau majestueux. La légende raconte que le roi, qui a construit cela pour sa femme, a coupé les mains des artisans pour les empêcher de construire une telle merveille à nouveau.
Chance immense d’avoir pu faire cette visite avec Deeksha.
07/12/16
Dernier jour à Delhi. Balade dans la Connaught Place avec Deeksha qui devait trouver un cadeau pour l’anniversaire de sa nièce. Elle a acheté un petit pull tout mignon. De mon côté je voulais trouver le tome 2 du seigneur des anneaux. On a fait plein de librairies sans succès. Finalement la rue m’a sauvé à nouveau ! Je suis retourné à un petit bouquiniste que j’avais visité il y a peu. Il n’avait pas le livre. Mais entre temps il a pensé à moi et l’a trouvé ! Une magnifique édition de 1991. Miracle. Bienveillance des gens.
Beaucoup à faire avant de décaler en avion. Je dois envoyer des mails, mettre à jour mon blog, le drive…
L’inde me manquera beaucoup. J’ai tellement appris. Ma synthèse parle pour ce journal qui ne peut traduire la richesse de mes découvertes.
09/12/16
Chengdu !!! La Chine pour le peu d’expérience que j’en ai eu jusqu’à présent, est étonnante. Merveilleuse. Les gens sont bons, ici aussi. Je ne saurais pas dire s’ils le sont plus que chez nous, mais il y a une disponibilité à l’instant. Une générosité. Et surtout un calme dans la rue, différent de l’Inde. Une introspection, une retenue. Que de différences comparé à l’Inde. Ca n’a rien à voir. Pas de klaxonnes dans les rues, circulation ordonnéee… certe par conséquent c’est peut être moins vivant, moins libre, moins « incredible »… mais aussi plus reposant, apaisant.
Retrouvé Alexia dans une auberge de jeunesse génialissime, 5 euros la nuit pour un service mille fois mieux qu’en Inde, et au même prix, c’est à peine croyable. Nous sommes allés nous balader dans un quartier traditionnel, qui est en fait juste à côté de l’hôtel, le coin du temple. Plein de monastères, tellement typique. Thé avec des feuilles fraiches sur une terrasse. Plein de locaux entrain de discuter en groupe, de jouer au go et au majong… c’est un rêve réalité. L’architecture du quartier est traditionnelle, magnifique. Dîner avec une soupe de pâtes délicieuses.
Reçu une très mauvaise nouvelle de Sciences Po qui remet en cause mon parcours des mois précédents, estimant que je n’ai pas suivi de formation suffisamment « régulières, denses et consistantes ». Ce qui est peut-être vrai, mais ils confondent ma recherche avec une 3A d’étude pure. Je ne sais pas quoi leur répondre. C’est stressant, fatiguant. Comme si en plus de la recherche je dois gérer cet aspect. Répéter les mêmes choses.
10/12/16
Belle journée ! Le froid est saisissant. Je dois aussi récupérer de mon long voyage jusqu’à Chengdu. Et de mes aventures indiennes. Mais il s’agit de ne pas s’endormir. J’ai reçu un mail de Sciences Po me disant qu’ils sont inquiets vis-à-vis de ma recherche. Très négatif. Ils sont mécontents de mon programme des mois passés et il y a énormément de malentendus sur ce qu’ils attendent. Je dois donc demander des éclaircissements. Sur le plan humain, ils sont infects, enfin juste Amy Green qui ne démontre aucune compréhension.
Bien travaillé sur ma recherche le matin. Je dois continuer, mais il s’agit aussi de découvrir la ville avec Alexia. Elle gère comme une chef pour l’orientation, elle arrive à se faire comprendre en chinois ce qui est indispensable ici, formidable qu’elle soit là ! Nous sommes partis vers 13h vers le people’s park, au centre de la ville près du Tianfu Square où on peut admirer une statue de Mao. Avant cela nous sommes allés à la messe, ils parlaient en anglais donc on a pu comprendre. Les chants étaient beaux. Un nouvel évêque s’est présenté. Très particulier de voir des asiatiques pratiquer le christianisme. J’ai pu mettre en parallèle les concepts chrétiens avec les concepts de ma théorie. Intéressant. Notamment la symbolique de l’eucharistie, pratiquer l’aspiration entropique, en prendre conscience, l’accepter et la valoriser avec l’espoir que l’énergie = Dieu finisse par gagner. Jésus symbole de la foi ultime dans l’énergie.
Vu des gens jouer au go et au Majong, un peu partout : restaurant, café, rue, parc à l’hôtel aussi… ils aiment les jeux de société.
Toujours ce calme dans la ville. Tous les scooters sont électriques. Le soir j’ai fait mon rituel de muscu avec Alexia et ma méditation. On s’est couché tard, vers 12h. Ca me dérange car du coup réveil tardif, pas vraiment de temps pour travailler sur ma recherche le matin. Mais je dois aussi lutter contre ça, la recherche est une forme d’addiction à combattre. N’est-il pas plus important de visiter la ville avec Alexia ?
11/12/16
Journée spirituelle ! On était au monastère avex Alexia. On a mangé un repas partagé avec les nones. Je précise à quel point l’ambiance dans le monastère bouddhiste est incroyable de sérénité. C’est un rêve. Les feuilles dorées tombent, les vieilles pierres gravées de dragons, les toits élancés… Le repas est ouvert à tous. Les nones n’en prennent que un par jour. Riz, légumes dont patate douce, soupe, tofu braisé… on est aidé par deux personnes dont une dame qui insiste pour faire notre vaisselle et nous emmener dans le temple principal de la ville. Intéressant de remarquer que les temples sont au cœur de la ville et donc entourés de grands buildings. Contraste maximal. Arrivée à Daci temple. Immense. Une cérémonie est en cours. Les gens portent des longues robes marron. On s’assoit avec d’autres gens à l’extérieur du temple avec Alexia. Et bientôt un commence une longue procession, où on marche en carré les uns derrière les autres en récitant un mantra. Très intense.
Puis balade dans les arrières bâtiments. Pièces d’artisans, notamment des tableaux brodés d’une finesse telle qu’on croirait de la peinture. Puis concert de musique religieuse traditionnelle que j’ai en partie enregistré. Magnifique aussi.
Direction l’hôtel pour se remettre du froid et des émotions. J’ai pu travailler un peu mais difficilement à cause de la fatigue. Envoyé le mail à Sciences Po, je croise les doigts… On voulait dîner dans un resto veg mais finalement on s’est retrouvé à manger des momos à la viande ! Génial. Couché tôt à mon grand plaisir. Repos. Pour mieux profiter de la journée et avancer ma recherche.
12/12/16
Dernier jour avec Alexia. C’est passé très vite ! Trop ? Réveil 8h30 pour profiter de la journée. Méditation comme chaque matin. J’ai décidé de ne pas du tout travailler à ma recherche pour me consacrer pleinement à Alexia. Ptit déj à l’hôtel, porridge pour moi. Simple et efficace. Direction ensuite un parc qui contient également un musé. Enfin avant, nous traversons un marché local. Expérience particulière notamment en raison de la viande et du poisson exposés de manière répugnante. Les odeurs, le sang, les têtes de mouton morts… je crois aussi avoir vu des chien grillés. Bref ignoble. Ensuite on est retourné à l’église pour récupérer mon sac qui était sur le banc là où je l’avais laissé. Puis métro vers parc. Zone de la ville que je ne connaissais pas. Intéressant, toujours autant de buildings. Balade dans le parc, pièces d’eau avec plein de ponts. Pas le temps finalement de visiter le musée du Sichuan, nom de la province où je suis qui signifie les 4 rivières. On s’est longtemps assis face à un grand lac, sur lequel volent beaucoup d’oiseaux. Et sur le bord se trouve une armée de photographe, munis d’appareils photo aux objectifs énormes, des passionnés et/ou des professionnels. Je pense que c’est particulièrement en vogue en Chine, de faire de la photo. Les photos ont véritablement quelque chose de sacré. Certains nous prenaient en photo, mais sinon ils tentent d’avoir les oiseaux. Ils passent là des heures, c’est comme la chasse sauf qu’on ne tue pas l’animal, on capture son image. Intéressant. Ambiance sereine. Bel endroit.
Retour auberge. J’ai fait du yoga, magique de reprendre j’avais l’impression d’être en Inde à nouveau. « you only miss the sun when it starts to snow ». On s’est montré nos photos avec Alexia, beau moment, plaisir de voir en image la 3a qu’elle vit à Hong-Kong. Les paysages de là-bas, magnifiques, avec la mer… la vie étudiante, ses voyages… fort contraste avec mon projet.
Désormais, reprise avec sérieux de ma recherche. J’ai une semaine pour presque terminer la partie 1. Je dois réfléchir de manière sérieuse et approfondie, refaire un programme :
  1. création conceptuelle pure
  2. place de la pratique et des références asie/occident ? Format de démonstration ?
13/12/16
Réveil à 8h30, je me recale petit à petit, et continue à récupérer du voyage et du décalage horaire. Ptit déj puis recherche jusqu’à 14h. J’ai bien avancé, même si je ne suis jamais pleinement satisfait. Je pense que ça manque de philo pure, il faudra que je passe par la case raisonnement pur, comme j’ai fait dans la première sous partie.
Le froid n’est pas facile à supporter, je sens à quel point je suis plus fatigué. Je suis également toujours détraqué de l’intestin, probablement plus du stress qu’autre chose mais ça n’arrange rien.  A moins que ça ne soit la recherche qui m’épuise. Quelle épreuve. Quelle école. Comment avoir peur de quoique ce soit après ça ? La solitude, la page blanche, la pression de l’école, le pays étranger, le poids de l’avenir… un concentré de difficultés, de défis. Face à moi-même. Ma théorie m’aide, c’est certain. Mais elle peine à compenser la pression de la recherche. Vraiment. Je sais aussi que je m’inquiète pour rien. En effet mon travail avance, doucement mais surement. J’y travaille régulièrement. Mais je ne sais pourquoi je n’arrive pas à me faire confiance, à être satisfait.
Après-midi peu productive, fatigue du matin. D’où insatisfaction, mais j’en veux trop. J’ai continué un peu ma recherche, terminé notamment de lire le bhagavad gîta. La soirée fut belle. J’ai continué à lire La pitié dangereuse de Zweig. Livre magnifique. Passage incroyable sur le désir, l’ambition et la soif de richesse et de pouvoir, à quel point c’’est inutile et ça transforme l’être en monstre cupide. A quel point la foi, l’innocence et la gentillesse valent mieux : « Il se regarda comme on examine dans le journal la photographie d’un malfaiteur : le menton fuyant, la lèvre mauvaise, les yeux durs. […] Toutes mes habilités ne m’ont pas rendu heureux. Je ne suis qu’un pauvre type qui ne connait pas le repos. Et il poursuivit son chemin, Léopold Kanitz, étranger à lui-même : jamais il ne s’était senti si misérable qu’en ce jour de son plus grand triomphe » (p. 190).
Repris l’écoute du sda. Beauté des morceaux. Où ils m’emportent. Repris espoir. J’espère de tout cœur réussir à monter un projet en commençant avec Niel, et en développant ma thérapie. Peut-être pas uniquement comme quelque chose de psychologique, mais comme servant simplement à valoriser les chefs d’œuvres de notre civilisation, et l’énergie du présent. Ne pas gâcher tout ce sur quoi nous sommes assis. Retrouver du sens dans ce qu’on est.
14/12/16
Période intense, car je n’ai pas d’autre occupation que ma recherche. J’ai travaillé je pense 6 heures en pleine concentration. J’hésite à faire autre chose. Il serait bon que je trouve une autre activité mais difficile de déterminer. Lire des textes techniques implique aussi une concentration, à moins que je ne le fasse de manière détachée. Genre en philo occidentale. Pourrait être très bien. Je peux aussi accentuer ma pratique du yoga, le faire plus longtemps, plus sérieusement. Mettre en place un véritable dispositif expérimental… Mais viendra plutôt en dernière partie. C’est aussi le fait de me changer les idées qui m’inspire pour ma recherche.
Dans l’immédiat je dois faire un rush purement théorique puis terminer l’étude des textes classiques et enfin ouvrir sur quelques références occidentales. Je terminerai ma dernière partie avec la dimension expérimentale et les limites.
Je dois envoyer ma première sous partie à Lacroix, je pense. Il me l’avait demandé.
La nourriture est dégueulasse, parce que je n’arrive pas à demander ce que je veux. Ils mettent u piment, de la viande et sinon un bouillon de viande gras qui a le goût de porc mariné infect. Je me suis tapé du gésier de poulet pour le dîner… je pensais que c’était des champignons. Fatiguant. Je pourrais acheter dans un supermarché mais je veux réussir à trouver un bon restau par loin de l’hôtel et surtout pas cher. Comme dit ma mamie, les nouilles c’est bon mais un peu ramolo.
Il y a moins de chaleur humaine qu’en Inde à cause du développement plus élevé et de l’individualisme corrélé, mais les gens restent très gentils. Vraiment. Loin de tout ce qu’on m’a dit sur les chinois.
J’ai attrapé froid ! Rhume et petit mal de tête. Juste ce qu’il faut pour que ça soit désagréable. Mais ça va passer.
15/12/16
Descartes, Discours de la Méthode (partie six, 138-139) : « en voyageant, ayant reconnu que tous ceux qui ont des sentiments fort contraires aux nôtres ne sont pas pour cela barbares ni sauvages, mais que plusieurs usent autant ou plus que nous de raison ; et ayant considéré combien un même homme, avec son même esprit, étant nourri dès son enfance entre des Français ou des Allemands, devient différent de ce qu’il seroit s’il avoit toujours vécu entre des Chinois ou des cannibales, et comment, jusques aux modes de nos habits, la même chose qui nous a plu il y a dix ans, et qui nous plaira peut-être encore avant dix ans, nous semble maintenant extravagante et ridicule ; en sorte que c’est bien plus la coutume et l’exemple qui nous persuade, qu’aucune connoissance certaine ; et que néanmoins la pluralité des voix n’est pas une preuve qui vaille rien, pour les vérités un peu malaisées à découvrir, à cause qu’il est bien plus vraisemblable qu’un homme seul les ait rencontrées que tout un peuple ; je ne pouvois choisir personne dont les opinions me semblassent devoir être préférées à celles des autres, et je me trouvai comme contraint d’entreprendre moi-même de me conduire.
Mais, comme un homme qui marche seul, et dans les ténèbres, je me résolus d’aller si lentement et d’user de tant de circonspection en toutes choses, que si je n’avançois que fort peu, je me garderois bien au moins de tomber ».
Bien avancé sur la recherche le matin. Rush théorique, bien que pas terminé. Je dois affiner ma définition de l’attention analytique, de l’attention comme ressource et sa nature dans le yoga. Ajouter les références. Attention pratique vs théorique. J’ai lu le pradipika et pris des notes. J’ai aussi reparcouru le discours de la méthode de Descartes. Souvenir de ma phase de lecture fondamentale intense en janvier il y a deux ans. Il faudra de toute manière que j’ajoute quelques références occidentales. Je me rends compte que mon travail n’est pas suffisamment rigoureux en définitions.
Je suis allé au centre de visa pour étendre le mien. C’est possible. Soulagement. Peu de documents à fournir. J’y retourne la semaine prochaine. Je suis toujours malade, rhume et un peu de fièvre. Mais rien d’alarmant, ça va passer.
Vu à nouveau l’américain du Colorado, Elly. Il retouchait des photos (passionné de photographie). Il fait de l’escalade et m’a proposé d’aller grimper avec lui demain en salle ! J’ai accepté, quelle opportunité. Je ne pensais pas avoir cette chance ici en Asie. Il ne manquerait plus que je fasse du Ski pour me sentir pleinement en France. M’oblige cependant à redoubler d’effort le matin sur la recherche pour compenser la « perte de temps » de l’après midi.
Belle soirée avec la pitié dangereuse et le message d’espoir légendaire des musiques du Seigneur. Notamment l’excursion commençant à la page 234 du roman de Zweig. Le plus beau chapitre que j’ai jamais lu. Autant sur le fond que sur la forme. Comme le dernier vestige d’une civilisation que nous n’aurions pas du perdre. J’en suis de plus en plus convaincu.
16/12/16
Journée studieuse mais laborieuse. Difficile de me motiver, et je suis bloqué sur des distinctions conceptuelles entre attention, concentration, conscience, apperception… je n’arrive pas à avancer, motivation au plus bas. Finalement, je me décide en début d’après-midi à réfléchir avec un papier et un stylo comme je le faisais à Tushita. Résultats très concluants. Bien plus puissant, je suis bien plus créatif ainsi. J’ai aussi pu schématiser. Je n’ai alors plus qu’à recopier sur l’ordi, ça sera pour demain. Je pense tenir quelque chose de correct pour ma deuxième sous partie et une grosse partie de la troisième.
En fin d’aprem, départ en taxi vers la salle d’escalade ou Will, l’américain du Colorado m’a donné rendez-vous. Je vais faire de l’escalade en Chine ! Long trajet, beaucoup de circulation. La tension dans la voiture, sachant que je ne peux pas dire un seul mot au chauffeur, c’est désagréable au plus haut point de ne pouvoir parler chinois. Où que les chinois sont incapables de dire le moindre mot d’anglais, je ne sais pas dans quel sens le prendre.
J’arrive au bookworm, un café où Will m’a donné rendez vous, il y a plein de livres, ça fait salon de lecture à l’occidental. La salle d’escalade est au sommet d’un building, comme la plupart des centres d’activités. Ambiance très sympa, bien que petit et vieux mur. Le jeune qui a monté le business à une espèce de préfabriqué qui lui sert de maison, il dort sur le toi du building à côté de son mur. On a joué à 2+2. J’étais malade et j’ai pu constater à quel point le sport remet sur pied, le fait d’activer son corps aide vraiment à se remettre. A la fin j’étais en pleine forme. Belle soirée. Rencontré un jeune qui est prof d’anglais ici. Il paraît que c’est le grand classique, les occidentaux qui s’installent ici pour enseigner l’anglais.
Projet d’aller dimanche grimper en extérieur. Je pense y aller.
17/12/16
Journée studieuse. J’ai à nouveau brassé de nouvelles sources, notamment académiques (James Mallinson etc…). Matinée difficile. Il me fallait intégrer tout cela. Sentiment d’être embrouillé. Je n’arrive toujours pas à accepter ces moments de lecture de matériel. Précipitation. Globalement toujours cette hâte fiévreuse. A corriger. Après midi parfaite, j’ai pu tout intégrer, bien avancer. Enfin.
Skype avec les deux parents. Titouan était en cours. J’ai vu les animaux, bébés. Tout va bien à la maison ils se préparent à me rejoindre en Chine !
Soirée sympa. Il y avait à l’hôtel une dumplings (ravioli chinois) party. Je suis arrivé seulement pour la dégustation… Ils passaient à la télé des combats virtuels de jeux vidéo. J’étais assis à côté d’un gros québécois de Montréal très sympa. Il me fait penser à Sam de GOT, d’autant plus qu’il était avec sa copine moins grosse. L’accent donne vraiment un côté gentil ours.
18/12/16
Grande journée ! Escalade sur une falaise non loin de Chengdu (1h de route). Parti à 7h avec Will Eaton, l’américain du Colorado rencontré dans mon hôtel. Direction la salle. On retrouve les autres. On est trois voitures au total. Nombreux. Des jeunes chinoises dont une charmante (prénom oublié). Un gars d’afrique du sud, de nouvelle zélande, une autre américain. Belle bande.
Arrivée sur le lieu, petite montagne. Beaucoup de bamboos. J’adore ces arbres, étonnants. Campagne chinoise charmante. Ce qui est désagréable c’est le ciel gris, en permanence, jamais un rayon de soleil que ça soit à Chengdu ou sur le lieu d’escalade. Et du brouillard. Moribond. On descend de voiture. Je sens un peu plus la pauvreté, qui n’est pas palpable en ville. Enfin je dirais plutôt simplicité que pauvreté, il ne s’agit pas de l’Inde quand même.
On prend un petit escalier pour monter à la falaise. Content de regrimper, mais il fait très froid. Conditions pas évidentes. On ne sent pas ses doigts. Parois glissante. Je ne grimpe pas en tête. Surtout que les voies sont difficiles. Importance des pieds, grande maîtrise de Will. Plaisir malgré tout de pratiquer. Cadre jolie.
Déjeuner traditionnels. Tous autour d’un réchaud au feu de bois, grand fait tout où ils font cuir un poulet (évidemment) et des patates. On regarde cela cuir en cercle. Le chauffeur mélange. On s’assoit pour manger, ils apportent en plus du riz, des légumes vapeurs, des œufs… petit festin dans la simplicité, je pense que c’est fournit par la famille qui habite en bas de la falaise et que le gérant de la salle d’escalade, Raw, paye. Discussion sur la métaphysique à table. Les chinoises parlent de fantômes, propre à leur culture ! Mais je retourne vite grimper avec Will.
Sur le retour Jonathan l’anglais très « naturel » est malade. Sans avoir la chiasse il lâche des pets pestilentiels qu’il avoue ouvertement ne pas pouvoir retenir. Plutôt drôle. Sans gêne.
Will est quelqu’un d’étonnant de générosité. De calme. De sérénité. Il grimpe très bien, parfaite maîtrise des pieds. On sent qu’il est habitué à l’extérieur.
Belle journée. J’ai appris que le charmante chinoise est peu liée à sa famille. Elle fut envoyée en internat à 9 ans. Elle l’a très mal vécu. Ses parents ne voulaient rien entendre. Elle confirme que l’éducation reste dure et traditionnelle ici.
Constate quel le sport, loin d’aggraver ma petite angine, améliore mon état. Comme quoi rester à ne rien faire n’est pas forcément une solution face à la maladie.
19/12/16
Journée de travail complète. 6h. J’ai terminé grossièrement ma deuxième sous partie. Il me reste à ajouter des références, à compléter. Je dois encore rédiger la troisième !.. Cela va être laborieux et je manque de temps. Demain je commencerai par la rédaction de la troisième sous partie. Faire un plan de travail. Passer par l’écrit. Mercredi je m’occupe des références. Bonne motivation. Pas vu le temps passer.
Dîner gala j’ai commandé des sandwich salade avec frites ! Je voulais regarder le film Warcraft mais la qualité est trop mauvaise. Je télécharge du coup.
Toujours malade. En fait la fièvre se lève le soir. Dans la journée ça va à peu près.
20/12/16
Journée de travail pas évidente. Le matin j’ai réussi à formaliser par écrit le plan de ma troisième sous partie. Plutôt content de moi. Mais j’ai du ensuite rechercher des références, relatives notamment à Bergson et Maine de Biran. Chiant à mourir à cause d’internet effroyablement lent et qui bloque. Pas réussi à rédiger un poil. Donc nécessaire de mettre bouchées doubles mercredi. Je vais devoir rédiger partie 3 et je n’aurai pas fini dans les temps. Pas grave, il me suffira d’envoyer mon travail à la fin de la première semaine de janvier. Quitte à rester à l’hôtel jusque là pour ne pas tout mélanger avec ma formation Taï-Chi. Deux jours suffiront.
En fin d’aprem, visite de la ville autour de l’hôtel avec des gens de l’hôtel (activité gratuite) pour repérer des bons restos. J’ai maintenant des adresses où aller avec mes parents !
Soirée exceptionnelle. J’ai regardé Warcraft que j’ai finalement réussi à télécharger en torrent avec l’aide du staff. Film incroyable. Très belle mythologie. Travail d’association à toutes mes idées fondamentales, sur l’énergie et le sens profond de l’existence, la place de l’absolu, de la solitude, la valeur des autres, les dangers de la force solitaire, « magie de la force psychique ». Je ne juge plus le fait que des clichés soient exposés. Il s’agit d’histoires mythologiques, de contes. Les clichés sont importants car il s’agit de valeurs éternelles, universelles. Je trouve que ça fut là traité avec beaucoup d’intelligence. Voilà mes notes relatives :
la lumière amène les ténèbres
les ténèbres amènent la lumière.
La magie noire contrôle l’énergie (et donc la vie) physique et peu donc l’aspirer. La vie est le niveau élevé d’information, fréquence particulière = le fel. L’aspiration permet de servir une volonté. Mais prix de la destruction permanente de tout. La modernité est proche de la magie noire, bien qu’elle ne contrôle pas cette fréquence.
La magie blanche contrôle l’énergie perdue de l’entropie et peu donc l’aspirer pour servir une volonté. Concrètement, il s’agit de récupérer de l’énergie perdue dans l’entropie. De créer une conversion. Bien plus difficile que magie noire, moins puissant car le prix à payer est la concentration. Il faut atteindre un niveau de concentration tel qu’on échappe temporairement à l’emprise entropique, qu’on peut ramener de l’énergie de l’au-delà.
Tentation du mal, la facilité. Utiliser l’énergie physique « gratuitement » (car magie). Elle est partout, d’abord en nous (symbole du gardien qui a appelé dans le passé les orcs). Attention à ne pas confondre magie noire et magie blanche. Le pétrole est noir, très noir même s’il n’est pas aussi puissant que la magie noire, heureusement non encore découverte.
La même énergie est contrôlée. Mais la magie blanche implique une traduction, plus difficile. Notre monde est sur le point de basculer définitivement dans l’ombre ou dans la lumière.
ATTENTION la solution n’est pas la pleine magie blanche partout car la vie créé ou soutenue par la magie blanche n’est pas la vie véritable, qui consiste à être soumise à l’entropie. Les lois biologiques sont nées dans ce cadre « naturel », sans magie. La magie ne peut être la finalité de la vie car trop puissante, rendant l’individu trop indépendant, elle contredit sa nature même, sa nature véritable = un être vivant de la nature. La stratégie de la vie, niveau inférieur de fréquence d’énergie physique que la magie blanche, est l’union dans la tension face à la soumission. C’est la soumission de la vie à l’entropie qui permet l’amour. Celui qui maîtrise l’art de la traduction risque de détruire la valeur même de la vie et de se détruire lui-même. Donc dans les deux extrêmes la vie disparaît. D’un côté elle disparaît physiquement dans l’entropie, de l’autre elle perd sa raison d’être, son sens (parce que plus besoin d’union, d’amour). Le Gardien de Warcraft est allé trop loin dans la magie blanche, et par conséquent il ne vaut pas mieux que la magie noire. Et il est d’ailleurs consumé par elle, parce qu’il nie sa propre nature soumise en voulant s’affranchir des lois de l’univers soumis à l’entropie. Il cherche trop l’absolu, alors qu’en tant qu’être vivant il est dans l’équilibre soumis. Renoncer à la soumission, c’est renoncer à la vie elle-même telle qu’on la connaît.
C’est l’idée que la voie de la puissance et de la force n’est jamais la solution. Le gardien l’utilise trop, parce qu’il est seul et égoïste. La force n’amène que la destruction, car la vie ne peut être créée dans l’affranchissement de l’entropie, elle y est soumise. Donc par le noir ou par le blanc, la magie détruit et celui qui est blanc en absolu… rejoint le noir. Une solution serait de renoncer au pouvoir, de retrouver le goût des autres, de l’amour, de l’humour, d’arrêter de vouloir être puissant seul. Mais comment faire ? Quand on n’a pas l’autre dans le sang depuis le début, quand on se sent étranger à la vie ? Qu’on refuse de se soumettre à l’entropie un minimum, qu’on cherche l’absolue liberté individuelle ? L’autre solution c’est avoir le courage d’abandonner sa vie humaine, de se retirer du monde pour s’accomplir dans l’absolu. Comme le proposent les sagesses asiatiques. Le gardien est lâche et égoïste. Il veut la vie sans son prix, la soumission. Du coup il sert le mal car il amène l’absolu dans la vie, ce qui la détruit.
Je me demande où j’en suis personnellement. Suis-je capable de ne pas basculer dans le mal ? Ne devrai-je pas chercher la libération absolue en me retirant ? Quelque chose en moi est dangereux. Je sens cet absolu. Je devrais abandonner le monde pour l’énergie entropique (même si ma méthode consiste à me confronter et à honorer l’énergie physique, en poussant à l’extrême et en restant dans l’individualité responsable j’atteindrai l’absolu = énergie entropique cf yoga)… Renoncer complètement. Et sinon je dois arrêter ma quête d’absolu et me contenter des autres comme ils sont et de moi comme je suis. J’ai suffisamment de puissance désormais… plus me fera plonger.
MAIS si le monde avait besoin de cette puissance entropique pour détruire la magie noire ? Ne pourrait-on pas anihiler les deux magies pour gagner au moins du temps ? Après tout, il va bien falloir que quelqu’un tue Gal’Dan ! Le mage noir. Comment faire sans force entropique ? Je dois pousser plus loin et rester dans le monde. Il le faut. L’extrêmité de la situation l’exige. Mais la mage dit que la solution est dans les amis………… on ne traiterait donc pas le mal par le mal. Même message dans sda.
La magie en surabondance, extrême en quantité, doit être détruite. Surtout pas utilisée, surtout pas stockée. Car la force n’amène que la destruction et donc même la magie blanche devient noire. On ne sait jamais quel est le dernier moment d’une histoire. C’est souvent dans les instants les plus sombres que les hommes deviennent capables du meilleur. Donc ne pas empêcher les hommes de se réaliser en héros en usant d’une force contre nature. Exemple de la fin de Warcraft où les sacrifices humaines permettent la paix. Le bon mage détruit la source absolue de pouvoir, il ne l’utilise pas. Il s’en débarrasse. Sa magie est faible, mais il compense son peu de puissance par l’intelligence et l’aide de ses amis. Cf téléportation du golem.
Je suis personnellement sur la lame du rasoir. J’ai la tendance de Mehdiv à la solitude et à l’égoïsme. Le goût de la puissance exclusive. Depuis ma jeunesse. Je dois être prudent. Je porte trop mes projets seul. La vérité est dans l’union avec les gens. C’est les autres qui me donnent la force d’agir bien. J’ai besoin de soutien, d’encouragement, mais personne ne me suit. Je reste terriblement seul. C’est épuisant.
Arrêter de chercher l’effusion, la puissance, l’explosion. Il faut viser plutôt la calme et heureuse monotonie.
30/12/16
Message famille pour leur départ :
Je n’aurais peut-être pas internet à l’hôpital mais je ne compte pas y rester longtemps de toute manière ! Je dois terminer ma première partie de recherche vite fait bien fait et filer dans le Wudang. Je vous donne des nouvelles dès que je peux. Je vais pouvoir raccourcir ma demande d’extension à une seule journée en la faisant à Leshan, là où il y a le grand Buddha. Ca me donnera l’occasion d’y aller et de compléter « notre » parcours car vous n’y êtes pas allé finalement. Si tout va bien, je serai en fin de semaine prochaine maximum dans mon école. Je croise les doigts. Ca dépend aussi du diagnostic.
Vous n’imaginez pas comme je suis heureux de vous avoir vu et senti pendant cette semaine (et triste de vous quitter). Certes, je m’en veux terriblement d’avoir été malade, ça a donné une teinte particulière au séjour… Je n’avais pas mon énergie habituelle et c’était juste horrible de devoir attendre seul à l’hôtel sachant que vous étiez là et restiez si peu de temps. Tout est passé très vite, presque comme dans un rêve. Mais on ne peut pas tout prévoir. Je pense que ce Noël 2016 sera dans tous les cas mémorable, et pas seulement à cause du camembert offert aux chinois ! J’ai adoré ce qu’on a pu faire ensemble, le peu qu’on a pu faire, et notamment certains moments à l’hôtel, ou au restaurant Redbeard.
Ca m’a fait un plaisir fou de revoir mes fréros et Lola, bien sûr. Ils m’apprennent à être plus raisonnable et indulgent avec moi-même par leur joie de vivre simple et sans trop de « privations écologiques ». Ca m’a remis les pendules à l’heure. Papa et Maman vous aviez l’air en pleine forme, bien désolé encore de vous avoir causé du souci avec cette maladie mais heureusement que vous étiez là pour m’aider ! Qu’aurai-je fait sans Maman pour me remplir ma bouteille d’eau ? Mine de rien je suis aussi très content d’avoir pu discuter des mes études, un sujet qui me préoccupe et ça m’a fait du bien d’en parler avec vous. Je pense faire un choix raisonnable ! Je mesure à quel point j’ai aussi besoin de soutien et de cadre pour mes projets. Paradoxalement ce voyage me permet de plus estimer l’importance des autres.
Vous allez retrouver votre petite vie neuvillonne, compiégnoise, angelaise et amienoise. De mon côté je me sens reprendre des forces. Je vais terminer rapidement comme je disais la première partie de ma recherche, pour pouvoir me tourner vers le Taï-Chi, un art probablement passionnant qui complètera bien tous mes rituels et idées ! Les rituels sont peu utiles lorsqu’on vit une semaine de folie avec sa famille adorée à Chengdu, mais que l’on soit seul ou en groupe, quand la vie quotidienne reprend son train normal, ils deviennent super important.
Voilà mon ambulance ! Elle est très belle. Ahah. C’est tellement ridicule. J’ai essayé de prendre une photo mais j’ai du remettre de travers mon appareil… bon j’arrête je ne veux pas le faire attendre, à très vite,
Bon voyage !
Léo.
J’écrirai plus sur ce séjour de ma famille avec moi. L’hôtel fut formidable, adorable. Ils ont arrangé de nombreuses sorties. Le souvenir de cette soirée au Redbeard burger ! Et le soir de noël avec le camembert et les chocolats. Et les jeux comme la pomme qu’on presque gagnés Simon et Lola. Mérite le détour.
J’écrirai plus sur ma maladie. Mais je peux déjà dire que ça fut quelques jours très riches en apprentissages. J’ai réalisé à quel point j’étais vulnérable. L’importance d’être plus raisonnable. Tolérant avec moi-même. Il faut aussi que j’écrive sur la Chine et notamment l’influence de l’architecture sans histoire de la ville sur le côté froid et sans âme. Pas la 3D comme en Europe, l’histoire semble figée dans le présent. Donne quelque chose de déraciné.
Concernant la journée je me suis cassé le nez à l’hôpital, problèmes d’assurance. Je dois y retourner demain. Je vais essayer aussi d’avancer ma recherche. Faire un premier jet de dernière partie avant de peaufiner. Je dois enfin répondre à mes mails. Donner des nouvelles aux amis. Mais priorité recherche et santé.
31/12/16
Dernier jour de 2016. Seigneur. Une grande nostalgie, tristesse. Ma famille est partie. Me voilà de nouveau livré à moi-même dans ce pays immense. Avec mes petites idées, mes petits projets, dans ce monde infernal où chaque être est une poussière. Je mesure toute la petitesse de mon être.
J’ai réservé une chambre à lazybones, pour rien. Car je vais à l’hôpital pour terminer mon diagnostique. Car je fus gravement malade pendant que mes parents étaient là. Ca n’est pas tombé bien, car je n’ai pu faire ce que je voulais avec eux. En profiter autant que j’aurais voulu. Un mauvais coup du sort. Maintenant ils me manquent terriblement.
Donc départ prévu pour l’hôpital, après un long combat avec l’assurance. J’ai eu le temps d’avancer quand même ma recherche, dont je dois vraiment boucler la première partie rapidement pour ouvrir sur le Taï-Chi. J’ai peur que ça ne convienne pas, je ne suis pas très satisfait de ce que je fais. Mais je verrai bien.
Arrivée à l’hôpital où je passerai le nouvel an… Chambre vétuste mais correcte. Appel de mes parents. Fais du bien. Je dois trouver une carte sim avec internet. Pour cela il faudrait que j’appelle lazybones et leur demande s’ils peuvent me mettre internet. Cela me permettra de répondre à des mails, donner des nouvelles et surtout référencer ma recherche.
En m’endormant, souvenirs des nuits passées chez mamie et grand-mère. L’ambiance particulière qui y régnait, rassurante et angoissante à la fois, quelque chose de décalé, d’ancien et de bienveillant. L’isolement du moulin, sans parler de la grande maison d’Eloges. Les assiettes en terre cuite de grand-mère, la télé le soir, les petits livres d’histoire (Sylvin et Sylvette…), les golden grams le matin… Chez mamie la bouillie, le potage délicieux, chauffer le lit, les coups sur le mur quand on parlait trop, la fraicheur du matin, le petit déj avec le pain troué… des instants de grand bonheur, qu’on ne mesure pas sur le coup, bien évidemment.
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s