Synthèse n°2, Octobre

Je vous propose ici un résumé de mon parcours, théorique et pratique. Ainsi, vous n’êtes pas contraints d’entrer dans les méandres de mon journal de voyage. Je divise cette synthèse en deux parties. D’abord mon voyage, en pratique. Ensuite ma recherche, en théorie. J’ajoute également une annexe, pour ceux qui souhaiteraient des informations supplémentaires.

  1. Le voyage

A la fin de ma première synthèse, je vous informe que je quitte Tushita, le centre de méditation bouddhiste où j’ai effectué une formation d’introduction à la sagesse de Buddha, situé au dessus de la ville de Mclod Ganj. Ma prochaine destination était le Bihar, un état situé au nord est, très pauvre. Là bas se trouve la célèbre université de Yoga Satyananda, la Bihar School of Yoga. Je devais y rester 4 mois pour une formation. Cependant, il s’est avéré que l’école place, et je comprends parfaitement l’intérêt de cette démarche, le karma yoga, autrement dit le travail pour la communauté de l’ashram, au cœur de son enseignement. Ainsi, j’allais passer 4 mois à nettoyer des toilettes et à balayer des feuilles 6 heures par jour. Les cours de yoga ne constituent que 2 heures de l’emploi du temps quotidien. Ce cadre ne correspond pas aux besoins de ma recherche, car il ne me laisse aucun moment d’étude, ni même la possibilité d’utiliser mon ordinateur, interdit dans l’ashram. Je ne sais pas s’il est utile de mentionner que cette formation est tout sauf gratuite, et que je ne voyais pas payer pour 6 heures de service par jour.
Après mûres réflexions, j’ai décidé de ne pas suivre la formation et l’école ne pouvait me garder comme simple visiteur. J’ai tenté d’appuyer ma demande de rester quelques temps en visiteur, car je mesure l’importance du service dans la culture asiatique, la soumission de l’ego, mais la décision était irrévocable. Je suis donc parti début octobre, pour m’installer dans la ville où se trouve l’école, Munger. J’ai vécu là deux semaines, qui furent magnifiques, aussi enrichissantes que ma formation de bouddhisme. D’abord par le contact que j’avais avec l’Inde de la pauvreté mais de la richesse humaine et ensuite par l’épreuve que ces deux semaines de solitude sur une planète étrangère représentaient. Mes journées furent dédiées à ma recherche qui a bien avancée. Je me rends compte que le temps nécessaire pour formaliser théoriquement mes expériences pratiques est infiniment plus long que la pratique elle-même, des pauses dans mon voyage sont donc bienvenues pour laisser s’imprégner l’expérience. Sans cela, je déborderais vite de concepts et de rituels, sans être capable d’en tirer quoique ce soit.
Depuis vendredi, je suis à New Delhi. Mon voyage en train de nuit (20h) fut une belle expérience ! Très bon moyen de locomotion, service bien meilleur qu’en France. J’ai une amie à Delhi, Deeksha, qui me fait un peu visiter la ville et découvrir, parce que c’est aussi ça, être objectif dans une recherche, la face mondialisée de l’Inde et les contradictions qui s’y reflètent. Le connaught place au centre de la ville est une île d’occidentalisation en plein essor. A la fois beau et effrayant. La semaine prochaine, je pars pour Rishikesh, le temple du yoga, où je trouverai une formation en bonne et due forme, pendant un mois, afin d’acquérir une connaissance du yoga et de la philosophie indienne.
En attendant, j’admire à New Delhi les préparatifs du grand festival Diwali qui approche. Lisez mon journal et regardez mes photos pour en savoir plus (et s’il vous plait, ne jugez pas trop sévèrement mes délires personnels… je fais le choix de la transparence en me disant que mentir aux autres, ça n’est autre que se mentir à soi même !)

 

  1. La recherche

Comme je le disais, mes deux semaines de retraite à Munger furent productives. Cependant, cela fait à peine deux mois que je suis parti et mes « travaux » sont donc très primitifs pour le moment. Sur la forme comme sur le fond. Sans originalité, je tente de répondre, par une hypothèse et à une problématique que j’ai définies au fur et à mesure des impasses et des ouvertures que je rencontrais. Vous constaterez que les axes ne sont plus du tout les mêmes quand dans la première synthèse, qui était elle-même différente de mon projet initial. Loin d’hésiter en permanence, et de passer du coq à l’âne, je ne fais qu’approfondir les mêmes idées, fidèlement à mon désir initial de définir un problème fondamental. La version actuelle de ma problématique ne rejette pas les orientations précédentes, mais les intègre de manière plus précise, plus rigoureuse.
Le corps de la recherche est riche pour le moment d’une analyse critique du bouddhisme et d’une tentative de réponse aux problèmes soulevés. Concrètement je prends appui dans chaque partie de ma recherche sur un rituel en particulier, que je pratique et dont j’analyse la théorie au regard de mon expérience. Pour le moment, j’ai bien développé ma présentation de la méditation, en la divisant en trois formes : samatha, vipashyana et projective. J’ai également l’enchaînement avec les rituels issus du yoga et de la tradition indienne pure. J’ai quelques idées sur l’orientation de mon étude en Chine puis au Japon. Pour résumer, je m’intéresse dans le bouddhisme aux outils de connaissance de la nature de notre esprit et donc de notre environnement, ainsi qu’aux moyens de mieux nous y accorder. Le yoga me permet de passer de l’action mentale à l’action physique et de tester (critiquer et ajuster) les conclusions issues du bouddhisme. Le Tai-Chaï en Chine sera une tentative d’harmonisation de mes connaissances du corps et de l’esprit développée dans les rituels précédents. Enfin, le kendo au Japon me permettra de tester les conclusions précédentes par une confrontation de mon être avec son environnement naturel et social. Comment agir pour les autres ? Place du devoir, de la responsabilité… Chaque partie est présentée en lien avec ma problématique, dont j’ai placé l’introduction en annexe.
Lorsque je regarde l’état actuel de ma recherche, je suis forcé d’admettre qu’il ne s’agit pas d’une étude académique, au sens de celles que les chercheurs qualifiés produisent. Le fait est que je ne suis pas encore un chercheur qualifié et que le format même de mon voyage, ouvert sur des champs d’investigation très larges, m’empêche de prétendre les égaler en rigueur et en précision. Mais étant dans la troisième année d’un cursus visant l’ouverture sur le monde et l’acquisition de repères théoriques rigoureux, j’ai estimé dès le début qu’il était plus intéressant pour moi de poursuivre en Asie une plantation soignée de différentes espèces de graines intellectuelles, plutôt que de chercher le développement d’une seule. J’aime la synthèse. Mon travail est donc un essai qui rend compte d’un cheminement intellectuel personnel, d’idées susceptibles d’intéresser d’autres personnes, mais qu’il faudra approfondir pour leur donner un statut académique.
Mon investissement pour ce projet est total. Il s’agit non seulement d’un désir profond, motivé, et d’un devoir. Aussi, quel que soit le résultat final, je vous garanti d’y mettre tout mon cœur et toute la force de mon esprit rationnel. Voici pour un bilan express de mon projet. Je vous retrouve vite pour vous donner de nouvelles informations. Merci pour la chance que vous m’avez offert, d’une manière ou d’une autre, de vivre cette aventure.
Portez-vous bien, je pense à vous,
Hari Om Tat Sat.

Annexes

Voici pour les curieux mon programme personnel quand j’étais à l’école de Yoga :
Horaire
4h réveil et noter rêves. Méditation 20 mins
4h30 travail sur recherche pure par classement, lectures, enrichissement, réorganisation.
6h20 ptit dej
6h30 service nettoyage du matin
7h30 point objectifs journée
7h45 Prise d’information terrain vivre et comprendre leurs rituels, tous leurs symboles soumission active
12h Sieste
12h30 travail de lecture livres sur le yoga et philosophie indienne
1h45 Prise d’information terrain vivre et comprendre leurs rituels, tous leurs symboles soumission active
5h30 charge ordinateur illégale puis Prise d’information terrain vivre et comprendre leurs rituels, tous leurs symboles soumission active
7h30 intégration dans l’ordi de toutes les notes. Classement éventuel. A faire au fur et à mesure.
8h méditation, techniques RL. Dormir avec MILD
Voici le programme à Munger :
Horaire :
4h : réveil. Noter mes rêves. Soumission autel, 30 min méditation
4h30 : méditation du matin puis intégration matière pour ma recherche depuis papier bihar et tushita, lectures ressources
6h30 : petit déjeuner.
7h : écriture version pro recherche par intégration matière
9h : pause, étirements, bananes. Fin du Mouna. Mantra co P
9h30 : lectures sur le yoga, livres. Intégration recherche + bouddhisme cours
11h30 : déjeuner, balade ville, marché
12h30 : sieste et mantra de soumission je m’incline 20min
13h : écriture version public recherche
16h : pause, étirements, bananes. Mantra Co P
16h30 : création de mes rituels, en commençant par ceux de la vie quotidienne. Repas, seva, méditation
18h : dîner. Début du Mouna.
18h30 : écriture journal, faire le point pour la journée suivante.
19h : soumission autel, méditation 30 min, autosuggestion et sommeil.
 
Voici, pour vous donner une idée de la direction que j’empreinte, l’introduction à ma problématique et à mon hypothèse (ni définitive ni académique, simplement un support mon le développement de la pensée, avec quelques références mal introduites) :
Dans une étude parue en 2011 (réf ?), une chercheuse américaine en neuropsychologie, Willoughby Britton, a montré qu’une des principales caractéristiques des états dépressifs était un défaut d’attention. Autrement dit, les dépressifs ne sont jamais capables d’investir toute leur attention dans une activité, par un manque de motivation à mobiliser cette dernière. A l’inverse, les personnes heureuses, trouvant du sens dans ce qu’elles font ; il peut s’agir là de n’importe quelle activité ; témoignent d’une grande capacité à être absorbé par leur activité. Elles sont capables, contrairement aux dépressives, de trouver suffisamment de sens aux activités de leur quotidien pour y investir toute leur attention et   ainsi éprouver un sentiment de complétude, de satisfaction dans ce qu’ils font dans un instant donné. Le psychologue Csíkszentmihályi, d’origine hongroise, fut l’un des premiers en occident à étudier de manière scientifique les états de focalisation totale de l’attention en lien avec le bonheur, que l’on observe notamment dans le sport de haut niveau. Les sportifs décrivent eux-mêmes cet état comme le sentiment « qu’ils sont dans la zone », l’état idéal de performance (https://en.wikipedia.org/wiki/Flow_(psychology)). Csíkszentmihályi  parle du flow, un état psychologique où l’on n’éprouve aucun effort à exécuter une tâche pourtant exigeante en énergie. Les sagesses asiatiques étudient cet état depuis longtemps et la grande majorité de leurs pratiques, méditation comprise, visent à s’approcher de cet état.
Ce lien entre la dépression/épanouissement et l’attention m’a interpelé pour plusieurs raisons. La première, et la plus évidente, c’est que j’ai vécu et je vis encore, bien que je me soigne, dans un état de procrastination intense, c’est-à-dire de distraction permanente de la tâche que je souhaitais effectuer initialement. La procrastination est la conséquence du défaut d’attention et dans mon cas, le chemin vers l’insatisfaction voire la dépression. Les médias numériques et la modernité en générale bombardent mon cerveau de stimulus, rendant ma pleine focalisation sur une tâche précise plus difficile. J’ai souvent une raison de faire autre chose que ce que j’avais prévu. Ainsi, l’activité que je choisis est rarement assez motivante pour absorber toute mon attention. Je reste souvent sur ma fin, projeté vers des objectifs futurs. L’exemple typique de ce phénomène, c’est quand je me surprends entrain de descendre mon fil d’actualité facebook machinalement, passant d’une nouvelle à l’autre, alors que j’avais ouvert mon ordinateur dans un autre but. 30 minutes se sont envolées, et me voilà contraint d’exécuter ma tâche initiale dans l’empressement et la frustration. Car inconsciemment pendant que je lisais mon fil d’actualité (que j’ai désactivé depuis quelques temps), j’avais en tête la pensée inconfortable que « je ne devrais pas être ici ».
Il y a 200 000 ans, avant la révolution néolithique, quand ils vivaient en petits clans de chasseurs cueilleurs dans la nature, les hommes ne souffraient probablement pas de procrastination. En effet, les besoins primaires de la survie individuelle et collective étaient suffisamment difficiles à satisfaire pour mobiliser toutes nos ressources physiques et intellectuelles naturellement. Nous devions être attentif, sans quoi on était mangé, où incapable de manger. L’instinct de survie produit naturellement de l’attention, car vivre, « maintenir sa structure » (Laborit) est la priorité ultime d’un être vivant. Dans la société moderne, manger et être en sécurité n’est plus mon plus grand combat quotidien. N’importe quel travail me permet, au moins en occident, de me nourrir et de vivre avec le minimum nécessaire. Certains Etats peuvent en plus m’aider à vivre si je n’ai pas de travail. Par ailleurs, la sécurité est presque totale. Malgré quelques attentats, je ne marche pas dans la rue comme si je marchais dans une forêt pleine de jaguars ou d’ours prêts à me dévorer. Ainsi, mon instinct de survie n’est plus stimulé comme autrefois. La survie elle-même, satisfaction de mes besoins primaires, ne suffit plus à me donner une raison d’être. Beaucoup de livres parlent d’une nécessité de revenir à la simplicité, apprécier les choses simples. Mais si on ne parvient pas à ressentir la valeur de ce que l’on possède, faute d’avoir développé des efforts conséquents pour l’obtenir, il est impossible d’apprécier la simplicité.
Dans cet état de procrastination moderne, mon attention expérimente une forme de vide existentiel, incapable de trouver un objet qui la focalise de manière entière et durable. J’ai donc décidé de réfléchir à une solution, convaincu que je tenais là un problème important. Premier constat : dans la mesure où mon cadre de vie quotidien ne mobilise plus mon attention de manière naturelle (à moins de pratiquer un sport extrême ou de jouer à la roulette russe tous les matins), c’est-à-dire sans effort de ma volonté, alors je dois fournir un effort de volonté pour la remobiliser. Cet effort, concrètement, devrait consister à créer une puissante source d’attention, qui ne se limite pas à mes besoins primaires déjà satisfaits. Il s’agit pour moi de trouver une raison d’agir et de choisir une action qui soit supérieure à toutes les autres et ainsi me motive au maximum dans l’action.
Autrefois, la société était, pour reprendre le terme du sociologue Emile Durkheim, mécanique. Autrement dit, les individus vivaient dans un système pratique et théorique unifié, qui donnait à la vie de chacun une finalité définie, qu’il était impossible de contester faute d’un point de comparaison ou de développement de l’esprit critique. Qu’il s’agisse de la pensée et des rituels religieux ou familiaux, la survie de chaque individu dépendait entièrement de son obéissance aux normes communes. Aussi longtemps que les individus ne faisaient pas l’expérience directe d’autres systèmes, potentiellement meilleurs, leur attention ne pouvait qu’être pleinement investie dans leur société ou communauté. Aujourd’hui, la mondialisation permet à chacun d’accéder à une immense diversité de cultures, de parcours. Les individus se distinguent, c’est la société organique.
Je ne grandis plus en sachant que quoi qu’il arrive, je devrais plus tard reprendre l’entreprise familiale. Je peux si j’en ai envie faire un autre métier. Je peux aussi choisir ma religion, mon lieu de vie, ma femme, mon dirigeant politique (quoique)… Nous sommes, on ne peut le nier, à l’ère de la liberté et donc du choix. Le revers de cette époque, dans mon cas, c’est la difficulté du choix qu’entraine la liberté. Je reviens ici au problème de la procrastination : tout semble intéressant, et tout semble apporter une touche de sens particulière. Ainsi, lorsque je choisis l’option A au détriment de l’option B, je me sens toujours privé d’une satisfaction potentielle. L’adage dit que choisir c’est renoncer. Je ne sais pas s’il s’agit d’une vérité générale, mais il s’agit au moins d’une vérité que j’expérimente au quotidien. Je n’arrive pas à me définir pleinement en théorie et en pratique en tant qu’individu comblé, car j’ai en permanence le sentiment qu’il manque à ma définition subjective une référence nouvelle, une expérience future. Si je pratique une religion, je ne parviens pas à m’y abandonner pleinement car je sais que d’autres religions ou la science la contestent sur certains aspects. Je n’arrive à m’identifier pleinement à aucun de mes choix et par conséquent j’arrive rarement à mobiliser toute mon attention et à ressentir une profonde et durable satisfaction dans l’action. Cette ouverture des esprits à une multiplicité des possibles rend obsolète la solution traditionnelle des sociétés mécaniques, qui reposait, par devoir ou par ignorance, sur une absence de choix.
Nous connaissons les conséquences. Faute d’arriver à trouver du sens par moi-même, je me soumets à des objets qui captent mon attention de l’extérieure, par des stimuli puissants, voire addictifs : films, cigarettes, shopping, jeux vidéos… le point commun de ces activités étant la recherche d’une motivation extrinsèque, fournie par l’objet plutôt que par notre volonté. Malheureusement ou heureusement, cette motivation extrinsèque est éphémère. Si je ne renouvelle pas sans cesse les sources d’attention dont je dépends, mon cerveau finit par s’y accoutumer, jetant à nouveau mon attention à la dérive.
La difficulté à trouver du sens m’a d’abord encouragé à renoncer à la modernité, par un modeste retour à la nature. Mais j’ai compris rapidement (il ne faut pas avoir inventé l’eau chaude pour ça) que cette modernité a aussi des avantages, qu’elle est partout, constitutive de mon identité et de mon environnement et qu’ainsi je ne pourrai y renoncer sans me couper d’une partie de moi même, et donc sans ressentir une incomplétude, une fuite dans ma capacité d’attention… Je me suis donc dit que le conformisme à la consommation de masse et aux plaisirs immédiat était peut-être la solution. Après tout, pourquoi chercher du sens si on peut toujours trouver des produits capables de nous l’apporter sur un plateau ? Evidemment, j’ai compris que ce toujours était une illusion, et que si je me soumettais à ce système, je serai en permanence entrain d’osciller entre frustration et satisfaction.
Problématique, hypothèse et enjeux
  1. Problématique
Mon processus de réflexion fut mille fois plus complexe, hésitant et naïf que ma présentation artificielle et très formelle d’introduction. L’important, c’est qu’après un an d’étude à Paris, j’étais, pour les raisons évoquées ci-dessus, dans une impasse existentielle. J’ai alors compris que si aucune solution unilatérale ne convenait, il fallait créer une solution multilatérale, autrement dit qui synthétise les avantages de chaque référence et expérience de mon existence pour construire un support sans faille à mon attention. J’étais convaincu que cette démarche était choisie par la majorité des individus. Seulement, faute d’une conceptualisation et d’une expérimentation rigoureuse, elle souffrait de nombreuses incertitude, rendant les quêtes de sens individuel très longues et faisant peser cette longueur, source de frustration, sur les autres et l’environnement. Un cours d’anthropologie qui j’ai suivi à Sciences Po, intitulé « Rites et Ritualisation, la construction du soi », a particulièrement inspiré ma recherche de problématique, bien que je n’ai pas fait le lien immédiatement. Plus particulièrement, une citation de Levi-Strauss vient soutenir et peut-être même justifier toute ma démarche : «   recherche de la réf exacte en cours »
De cette prise de conscience est donc né un désir de systématiser ma quête de sens, afin de ne plus avoir l’impression d’avancer à l’aveugle, soumis à mon destin. Mon école Sciences Po nous donne la chance de proposer un projet de recherche pour notre troisième année d’étude à l’étranger. J’ai saisi l’occasion et présenté un projet. Mes axes d’étude initiaux étaient très éloignés de l’introduction que vous venez de lire. Ils furent mille fois redéfinis, comme en témoigne mes articles sur mon blog. Je pense pouvoir aujourd’hui présenter ma problématique de recherche finale, qui reprend les problèmes évoqués ci-dessus :
Comment définir une raison et une manière d’agir au quotidien, suffisamment globales et cohérentes avec la diversité de nos possibles individuels et indépendantes d’une motivation extrinsèque, pour remobiliser durablement toute notre attention et notre satisfaction dans l’action ?
  1. Hypothèse
Après d’autres longues hésitations et recherches avortées, j’ai finalement réussi à mettre la main sur une hypothèse et plus particulièrement sur un concept classique qui, quelque peu redéfini, semblait répondre à ma problématique :
L’exercice rituel, inséré dans un système pratique et théorique unique et personnel, qui intègre et réconcilie la diversité de mes possibles individuels, fournit à la fois une raison d’agir ; en m’imposant par la raison la fonction intrinsèque de mon existence ; et une manière d’agir ; la recherche de l’être plutôt que l’avoir dans l’action, d’une motivation intrinsèque plutôt qu’extrinsèque.

 

 

Parce que ma recherche vise à construire un système rituel individuel, j’ai un journal de rituels, dans lequel je définis et regroupe les rituels que j’expérimente. Ils mélangent mes propres références et les références issues de mes découvertes en Asie. Voici un extrait d’un rituel fondamental du bouddhisme (il s’agit encore une fois d’un mauvais aperçu de mon expérience, mais mieux que rien) :
Méditation Samatha
Découverte
En pratique régulière, pendant retraite Tushita septembre 2016
Moment propice
Moitié de chaque méditation du matin et soir 20 min.
Série
génératrice
Actions
Ouverture = s’incliner mentalement devant l’autel, prendre l’objet concerné par la série. Estimer son niveau de charge en P par rapport au rituel précédent. Lui dédier la quantité de P ressentie pendant le rituel. Réussir à y concentrer toujours plus de P. Faire une prière.
1.       Cette méditation est une préparation à l’orientation de la cs, pas une finalité. Ne pas avoir peur de se perdre dans l’observation neutre J
2.       Lâcher prise sur tout concept. Renoncer, vide. Renoncer à tout ce qui émane de visualisation. Chercher le repos total de l’esprit.
3.       Se relaxer dans le corps, détendre chaque partie du corps, sentir la respiration
4.       Défaire la CF, passer en mode JO de la cs
5.       Etre le caillou jeté dans la rivière qui tombe doucement vers le fond. Immobile dans le courant.
6.       Si dispersion, relaxe/release/return
7.       sentir le détachement progresser jusqu’à l’instant zéro
8.       être tel le chevalier passant désarmé dans une forêt d’épée. Tel le lion marchant calme et détendu.
Fermeture : Visualisation Marius, cohérence animaux, nature. Lui communiquer mes sentiments.
support
Crayon, symbole sagesses asiatiques et tout autre référence liée cœur.
Effet recherché
Permettre de se libérer de la CF, pour avoir une conscience plus objective, libre des afflictions mentales.
Rituel associable
Autres types de méditation
Répétitions niveau 1
Problèmes niveau 1
170916 : les premiers jours de la retraite à Tushita, je n’étais que dans la stimulation de la puissance, dans une tentative de me connecter à l’énergie de mon environnement pour penser de manière plus positive. Peu à peu, j’ai réussi à apaiser l’esprit.
Ce jour, très grande profondeur de relaxation et de cs de mon état relaxé. J’ai réussi à sentir le sang monter et descendre dans mes tempes, l’effet de mon souffle sur la position et la tension des yeux, front, dont les muscles sont toujours trop tendus.
Confusion samatha et vipashyana.
180916 : réussi à ne pas localiser la P, à simplement la sentir partout, en tout. A réaliser que ma cs pouvait fusionner avec la P. Je suis déjà là à la limite du processus soustractif de fusion, à expérimenter pendant les grandes retraites.
131016 : reprise rigoureuse de ce rituel. Je m’y tiendrai chaque soir. Très très belle reprise. Probablement du à l’effet de reprise lui-même. Mais n’empêche. A utiliser en exemple ! Lorsqu’on arrive à revenir en position d’observateur de ses problèmes, alors tous les problèmes deviennent contingents. On réalise que les problèmes ne sont pas moi, et que je ne suis aucunement atteint pas eux. Que je peux donc les résoudre comme je veux. On est libéré du poids de nos problèmes. On existe indépendamment d’eux. Dans l’être, vide de toute CF.
141016 : bonne samatha, malgré beaucoup de pensées divergentes. Constat que la samatha est plus facile à pratiquer que je vais mal, car désir de se détacher de mes pensées négatives. Mais ici, dans un état positif, j’ai réussi à prendre conscience de la fragilité du bien être et surtout, de toutes les peurs et le mal qui restaient là, sous la couche de joie superficielle. Plaisir non stable, agité. Donc besoin détachement d’autant plus criant.
151016 : moyenne, trop dans mes pensées, réflexion sur comment avancer ma recherche.
161016 : bien réussie ! J’ai réussi à me décoller.
Malgré une obsession à la fin de vouloir retrouver le visage d’une none de l’école de yoga. Peu encore améliorer ma concentration et manque aussi de relaxation. Esprit agité.
171016 : bonne pratique, longue, de 25 min. Je commençais dans un état de précipitation. Je comptais regarder un film après. Pendant la pratique, j’ai renoncé au film, allongé la pratique et je me suis bien ouvert.
Difficulté cependant à maintenir la focalisation sans effort.
191016 : pratique moyenne, trop préoccupé en CF par les pensées relatives à ma recherche.
La base est là mais pas de stabilisation.
221016 : pratique moyenne, je pense que mes sessions sont trop courtes, où que mon mental est trop long à se calmer. Maintenant que j’ai posé mon programme par écrit (là était le problème !), j’ai l’esprit plus libre. Je pense que ça ira mieux demain.
Le fait est que je ne veux pas me calmer, car je suis angoissé par des tonnes d’idées, de choses à faire, que je veux penser avec d’accepter de lâcher prise.
Enfin, un bref extrait de la partie de ma recherche amorçant mon étude de la méditation samatha :
 
L’apport du bouddhisme
La méditation samatha est la forme de méditation qui s’est le plus occidentalisée. Nous la connaissons en France sous le nom de « pleine conscience ». Les anglo-saxons parlent de « mindfullness ». Samatha est un terme sanskrit signifiant « atteindre le calme ». C’est « un état de concentration dans lequel la conscience est capable de se focaliser avec constance, sans effort et aussi longtemps qu’elle le désire, sur un objet de méditation » (Introduction to Buddhism).
Citation de la moine qui a médité seule dans une cave documentaire. Idée qu’on peut faire toutes les activités que l’on veut, tant qu’on a pas ce recul que permet la méditation, ce détachement de l’attachement affectif, nos décisions et nos actions sont contrôlées par nos afflictions mentales, elles même déterminées par notre instinct biologique et notre socialisation. Peu importe à ce stade que l’instinct et l’habitus soient bons ou mauvais, le fait ait que je n’ai pas conscience de leur influence. Je me crois libre parce que j’ignore que je suis déterminé. La méditation permet de prendre conscience des déterminismes en les mettant à l’écart pour les observer sans leur obéir.
Concrètement, le principe de la méditation samatha est très simple : si l’on arrête de penser à nos afflictions mentales et qu’on déplace et maintient notre conscience sur un objet stable, alors naturellement notre conscience s’approchera de l’objet stable et s’éloignera des afflictions. La méditation Samatha est l’outil qui me permet d’améliorer ma conscience et mon expérience de l’indépendance de ma conscience vis-à-vis de mes problèmes, me laissant ainsi un espace de liberté pour les observer et les comprendre. Littéralement, je peux lire dans mon Introduction au bouddhisme qu’une méditation samatha bien conduite « apporte immédiatement une sensation d’espace nous permettant d’observer le fonctionnement de notre conscience plus clairement ». Du côté des sciencs cognitives, on peut lire dans Le Cerveau et la Pensée : « La conscience a pour objectif de briser la modularité cérébrale [déterminisme]. Le sentiment d’être conscient est d’avoir accès à un large espace de travail ».
L’objet ultime de la méditation samatha est la conscience elle-même. Son avantage est de nous placer au plus proche de nos expériences mentales, sans pour autant nous plonger dedans. Autrement dit, je suis au maximum ouvert à ces expériences, mais elles n’absorbent pas ma concentration. Cet objet de méditation est donc celui qui me place au plus proche de ma réalité mentale, mais donc par conséquent celui qui m’y rend le plus vulnérable. C’est pour cette raison que l’on commence généralement pas s’entraîner sur des objets moins vulnérables à la distraction. La respiration est le plus classique.
Mon cours de bouddhisme ajoute que « atteindre la concentration et le calme de la conscience est nécessaire pour toute transformation réelle, durable et mentale ». La méditation samatha est donc bien présentée comme un prérequis à toute transformation durable, c’est-à-dire exactement ce qu’on cherche dans l’exercice rituel.
Mon développement
Tout d’abord, la finalité de la méditation samatha que j’adopte est celle donnée par le bouddhisme, à savoir orienter toute l’attention de la conscience vers l’observation stable d’un objet, généralement les phénomènes de la conscience elle-même, pour améliorer notre perception objective des évènements mentaux.
Pourquoi d’abord la méditation samatha dans la construction de mon système rituel ?
Tout d’abord, je souhaite présenter une justification la position primordiale de la méditation samatha en développant ma caractérisation de l’exercice rituel.
Préparation au rituel : toujours phase de préparation, de mise en condition physique et mentale qui fait déjà partie du rituel (chant, procession, peinture, transe, habillage, méditation…)
Dans le cadre de mon projet rituel, je n’ai pas, au début, la certitude de l’utilité du rituel. Pourquoi cette thématique au-delà d’une vague intuition ? Pour percevoir cette finalité, et donc ensuite la direction dans laquelle le rituel doit être défini et pratiqué, il faut se donner les moyens de percevoir. Il faut créer un référentiel. Référentiel pour quoi ? Qu’est ce que je cherche ? Je souhaite que la méditation samatha réponde à ces questions. Premier point à résoudre: où est l’individu ? Où est le groupe ? Suis-je mes pensées ? Suis-je mes sensations ? Solution : chercher l’individu, le groupe etc… mais où chercher ????
La méditation samatha nous dit qu’il faut chercher dans le flux de notre conscience. Cependant, le problème que l’on rencontre ici est : comment, si la conscience est comme je disais notre unique voie d’accès à l’expérience, faire l’expérience de la conscience elle-même ? Comment observer ce qui permet d’observer ?
La méditation samatha a en fait le pouvoir de créer le miroir dans lequel les yeux peuvent s’observer observer. D’un phénomène en apparence unique, elle crée deux images : le miroir et la source. Ce que le bouddhiste dit, c’est que nous sommes la majorité du temps piégé dans le miroir, pensant qu’il n’y a aucun moyen de s’en échapper. Nous confondons la réalité et l’image de la réalité. Le rêve et l’éveil. Glen Svensson, notre professeur, a associé la pratique de la samatha au concept de fusion cognitive. = supprimer la cognitive fusion. Ca n’est pas parce que la fenêtre est sale qu’il n’existe pas une fenêtre propre sous la saleté. Rêve, fenêtre, miroir, matrice… autant d’images pour parler de la même fusion cognitive. Mais comment la résoudre ? Comment s’échapper ?
Pour permettre à un bout de la conscience de sortir du miroir et de se regarder de l’extérieur, la méditation samatha invite simplement à arrêter de s’identifier au contenu de la conscience : les sensations, perceptions, conceptions… Ce faisant, on réalise naturellement que nous avons la liberté de sortir du miroir. Et le point d’observation situé hors du miroir, c’est un référentiel dans lequel ma conscience et donc mon identité individuelle peut exister indépendamment des objets du monde. Ce référentiel, c’est le point de repère qui a accès à tous les états mentaux sans appartenir et donc sans réduire le moi à aucun. La méditation samatha offre ainsi la liberté d’expérimenter sans s’identifier (annuler la fusion cognitive) et de mettre en place les conditions du travail de structuration du système : détacher le tout que je souhaite constituer de ses parties ! Dans tout système, il faut un phénomène générateur, c’est-à-dire dont la fonction n’est pas le développement du système lui-même, mais la création des conditions permettant le développement du système. La méditation samatha a cette fonction. Le passage de l’indentification aux afflictions mentales à leur observation.
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Journal de bord n°6 Octobre

1/10/16
Beaucoup de choses à ajouter en ce premier matin d’octobre.
Je déplace ma retraite à dans un mois. Car je veux profiter de la présence du groupe yogic studies (dans un mois ils partent dans un autre ashram pendant 1 mois pour s’attendrir face aux pauvres) pour rassembler matière, informations. Donc là, pendant un mois, je suis en mode chercheur à 200%. Plus logique. Me permet de descendre en profondeur petit à petit et de soulagé de la présence du groupe pendant ma retraite = possibilité d’être plus en profondeur
Ca veut dire :
Support ordinateur pour théorie rituel et théorie Bihar Yoga rituels et système
Mettre à jour les rituels, problèmes sur le document dédié. Définir précisément chaque type de rituel. Distinguer partie informations et expérience.
Lectures des livres principaux, notes
Poursuivre travail intégration Tushita, classement théorie rituel, lectures ressources, enrichissement version château, construction version pro, augmentation input sagesse asiatique
Comprendre leurs rituels, tous leurs symboles. Poser toutes les questions que j’ai aux gens. Avoir papier et stylo toujours sur moi. Enregistrer avec mon téléphone chants.
Programme précis pendant temps école de Yoga Bihar (série d’orientation) :
4h réveil et noter rêves. Méditation 20 mins
4h30 travail sur recherche pure par classement, lectures, enrichissement, réorganisation.
6h20 ptit dej
6h30 service nettoyage du matin
7h30 point objectifs journée
7h45 Prise d’information terrain vivre et comprendre leurs rituels, tous leurs symboles soumission active
12h Sieste
12h30 travail de lecture livres sur le yoga et philosophie indienne
1h45 Prise d’information terrain vivre et comprendre leurs rituels, tous leurs symboles soumission active
5h30 charge ordinateur puis Prise d’information terrain vivre et comprendre leurs rituels, tous leurs symboles soumission active
7h30 intégration dans l’ordi de toutes les notes. Classement éventuel. A faire au fur et à mesure.
8h méditation, techniques RL. Dormir avec MILD
Je dois annuler mon billet d’avion de janvier.
Je dois réserver ma place au Sivananda en demandant sortie pour internet de cet ashram dans un mois + mail nouvelles. Juste avant retraite.
On a eu une présentation du cours en début d’après-midi. Très mauvais. Dans une salle qui ne fait pas salle de cours, très amateur. Les « profs » avaient des notes, ils hésitaient, ne savaient pas ce qu’ils disaient. Présentation yoga, histoire tradition et discipline ashram. Aucune mise en perspective avec d’autres approches. Présentation dogmatique. Elle m’a interdit de poser une question. A confirmé mon idée de ne pas suivre le cours. Heureux de cette décision. Beau processus. Fait de manière très posé. En écrivant les pour/contre, et prévoyant un plan B, essentiel face à des choix difficiles. Faire un tableau, idée prof de maths seconde ! Choix S ou ES. Importance aussi dans le processus de prise de décision entre plans de parler avec les gens, le plus possible. Ouvre.
2/10/16
Rester ici en ashram life est impossible soit disant car trop de monde. Je pense qu’ils veulent plutôt m’empêcher d’éveiller les étudiants au non sens du cours.
Je vais proposer de rester et de partir si ça devient trop juste en termes de place. Je ne comprends pas qu’ils ne puissent pas me garder, étant donné qu’actuellement il y a des places de disponibles et qu’on m’a déjà dit qu’on était en capacité maximum actuellement. Une place près, je pense que vous pouvez me garder. Si vraiment ils ne veulent pas : s’ils me réacceptent dans le cours, je ne sais pas si j’accepte. Pas sur… ! S’ils ne m’acceptent pas, ou si je décide de ma barrer accceptation, alors je glane maximum d’information théorique : livres, chants… avant de partir. J’essaye de rencontrer le guru. Prenant photos des livres. Ensuite je pars dans l’autre ashram et je demande pour vie yogic pendant 1 mois. Avec recherche. Puis retraite totale pendant un mois, réfléchir format. On sera en décembre. Puis le cours. Le mois de janvier, intégration du cours, rattrapage du retard. Puis départ Chine ! Ca semble être un bon plan. Le meilleur. Je ne vais pas rester dans le cours yogic studies. Définitivement pas.
Avantage pour moi de découvrir deux traditions. Mesurer les différences.
Témoignage d’Yvan qui me dit avoir parlé avec des gens qui a fait le cours 4 mois. Ils disent que c’est up and down. Donc loin d’être formidable. Contrairement à ce qu’a dit le guru ce matin pendant le Satsang.
Discussion avec Yogatirt, j’ai essayé de comprendre pourquoi ils ne me gardent pas alors qu’il reste objectivement des places, je suis seul dans ma chambre. Elle s’est emportée, très étrange. « You lost me, I don’t understand » « Ca ne sont pas tes affaires ». Ici, l’information n’est pas donnée. On valorise le secret car donner des infos, c’est donner les moyens de critiquer, de refuser. En maintenant dans une sorte d’ignorance, par cloisonnement des départements, discipline ++. Dommage. Donc elle n’a rien voulu entendre.
Du coup j’ai tenté le tout pour le tout : j’ai écrit une autre aux deux responsables du cours, expliquant que je ne le suivrai pas mais que je veux rester ici 1 mois, cf photo. On verra ce qu’il en est.
J’ai demandé à mon ami indien (nom impossible) de me prêter les livres qu’ils ont reçu dans le cadre du cours. Je prends en photo chaque page pour les avoir.
3/10/16
Continué de prendre en photo livres. Il me reste plus qu’à faire le manuel asanas et pranayama. Ce matin, je compte continuer d’intégrer papiers. Trop de retard.
Programme pour le mois à venir, que je reste ou pas = avancer dans le rituel soustractif, contemplation, réflexions mais surtout pas d’utilisation. Canaliser et explorer la puissance et l’entropie. Distinguer. User des rituels soustractifs (chants très longs, méditation…). Le deuxième mois sera consacré à une retraite profonde liée à la soustraction.
Matinée difficile, mal au cœur encore une fois. Mangé trop de samosas. Le dîner de la veille était festif (panipuri etc…). Gourmandise ! Seva de nettoyage difficile avec mal de cœur. Après-midi très intéressante, seva bien mené grâce à nouveaux axes de focalisation.
Soirée sadhana, toujours période de fête, ça va durer 9 jours. Invocation des énergies de vie. Présence des enfants, groupe de jeunes filles qui chante, magique. Rituel du feu, avec tous les attributs. J’ai enregistré et noté les chants ! Référez vous à la théorie sur le yoga pour des détails.
4/10/16
La routine s’installe petit à petit. Toujours pas de réponse à la lettre que j’ai écrite aux responsables, pour savoir si je pouvais ou pas rester ici 1 mois.
En attendant je m’inspire en maximum, note, enregistre. Je rentre de plus en plus dans le détail des expériences rituelles, de la théorie associée. Quand je parle des expériences, il s’agit principalement des seva et des chants, puisqu’il n’y a que ça. Rituels soustractifs.
Dîner très bon ! Mangé Jagri, très bonne boisson indienne. A base de sucre noir indien et d’eau, chaud. Exemple extrait de ce que me permet de faire le travail rituel, sur les repas :
Répétitions niveau 1

Problèmes niveau 1
1/10/16 : décilieux. Exercice de détachement en me demandant si je serai capable de ressentir même plaisir avec simple bol de riz.
Exemple d’action forte réflexion de la conscience : ce pain industriel que je mange là est mauvais, pas cohérent avec l’énergie vraie. Mais juste observation.
Effort d’ouverture de la cs, quelles infos disponibles ? Emotions qui me traversent ?
Eviter attachement manger et la P extra présente = effort de projection rituel vers repas plus simple, ou annulation du repas, ou mort de faim.
Prendre cs du lieu, environnement, sérenité et puissance
Manque de considération additive, réflexive sur le travail de culture et cuisine de ce que je mange. De valorisation.
03/10/16 : petit déjeuner très mal digéré. Samousas contiennent trop de puissance, dont germes qui créent conditions propices à ma destruction par entropie. Je dois accepter d’avoir abusé d’énergie et de perdre face à l’entropie. Continuer à honorer énergie.
La plus puissante des additions et pourtant ajoutée en dernier !! Se souvenir que le rituel commence par les actes les plus courants, le quotidien. Cf second chapitre yoga bihar.
Mesurer valeur de ce que je gagne en P : origine, énergie dépensée
Honorer ce qui va vivre en moi. Créer sentiment de responsabilité dans l’utilisation de cette P, venant d’être vivants, frères, unis face à entropie
Ne pas chercher extase, ne pas être passif, se projeter aussi sur les actions qui suivent le repas. Ouvrir cs extra présent
Toujours résistant à la perte, on n’arrive pas suffisamment à voir la puissance dans la perte et la destruction. Pourtant, ça sauve quand c’est inévitable (maladie).
4/10/16 manger Jagri, très bon. A base de sucre noir indien et d’eau, chaud. Très bonne concentration, à 100% dans présence ouverte, sans attachement. A chaque bouchée, je pensais à un coup de chiffon sur les carreaux de la cuisine, un coup de couteau des autres pour couper légumes… prise de cs P. Addition.
Puis synthèse des principes essentiels :
  1. Effort d’ouverture de la cs, quelles infos disponibles ? Emotions qui me traversent ?
  2. Eviter attachement manger et la P extra présente = effort de projection rituel vers repas plus simple, ou annulation du repas, ou mort de faim.
  3. Mesurer valeur de ce que je gagne en P : origine, énergie dépensée
  4. Honorer ce qui va vivre en moi. Créer sentiment de responsabilité dans l’utilisation de cette P, venant d’être vivants, frères, unis face à entropie
  5. Prendre cs du lieu, environnement, sérenité et puissance
  6. Ne pas chercher extase, ne pas être passif, se projeter aussi sur les actions qui suivent le repas. Ouvrir cs extra présent
  7. A chaque bouchée, je pensais à un coup de chiffon sur les carreaux de la cuisine, un coup de couteau des autres pour couper légumes… prise de cs P. Addition.
(petit aperçu de ma méthode rituelle).
J’ai eu la réponse. Je dois partir. La vieille yogatripth n’avait même pas lu la lettre. C’est une marque d’irrespect mais voilà, je suis fixé. Elle m’a sorti la phrase parfaite de l’institution totalitaire : « Je ne fais que transmettre l’information ». Le nazi qui exécute les ordres. La vérité, c’est que je soulignais à quel point leur cours est une arnaque. A quel point leur routine manque de remise en question. A quel point ils se protègent dans un cocon qu’ils savent complètement vulnérable. Ils lavent leur prison dorée et la protège de l’éclosion, par peur du grand monde. Krishna me l’a bien dit : nous préservons la tradition. Donc pour ça ils se coupent.
Rapidement, je dois trouver un plan pour la suite.
Constat : j’ai du retard dans mes notes, mais je vais le rattraper avant de quitter l’ashram. J’ai du retard dans l’écriture théorique version pro et grand public, ainsi que dans lectures ressources base + livres yoga et intégration théorie rituel et cours de tushita. Je dois quitter cet endroit pour aller ailleurs. Soit je continue à mettre priorité sur expérience, soit je rattrape mon retard en me focalisant sur ma recherche (je prends une chambre quelque part pour faire que ça)… Personnellement, j’ai envie de finir l’entreprise de karma yoga que j’ai commencée. Me semble important. Et de finir par retraite totale. Problème : perturbé par mon retard dans mes notes. Mais j’ai pas le choix. Je dois continuer à maintenir un emploi du temps permettant les deux. Je me laisserai deux semaines après mon séjour à l’ashram dans le sud de l’inde, deux semaines pour tout rattraper. En attendant, le plan c’est 1. Je vois si je peux aller dans leur ashram pour pauvres. Si oui je me donne à fond, dans la réflexion et la puissance. Tout en faisant lectures yoga et intégration ressource/notes + écriture sur je trouve le temps et l’énergie. Si je ne peux pas aller dans cet ashram, je vais dans celui plus au sud. Sivananda. Même principe.
Durant la semaine qu’il me reste ici, je reste sur le même fonctionnement. Il faudra que j’ai un battement, demande de sortie dans cyber café, pour envoyer mail de nouvelles. Je dois contacter Scpo. Je dois publier mon journal sur le blog. Au moins ça. Article de synthèse pas envisageable.
Ou que je sois dans une semaine, j’y resterai jusqu’à mi novembre. Mi novembre, je fais ma retraite totale pendant deux semaines ou je me tiens coute que coute à rituels fixés à l’avance. Aller jusqu’au bout. Puis je reprends équilibre dans l’ashram de ma formation au yoga début décembre. Mi décembre, je fais le cours d’introduction. Deux fois éventuellement. A voir. Mi janvier ou début janvier, isolement pour écrire et intégrer, visa chine puis départ.
05/10/16
Je précise que j’ai de nombreux supports de recherche, pas seulement mon journal. Ainsi, certaines expériences que je vis se trouvent sur d’autres supports. Je ne veux pas que ce journal devienne trop long.
Bonne journée. Seva très fatiguant, difficile voir impossible de faire recherche en même temps. Confirme importance de me consacrer à 100% à la vie de l’ashram si j’y suis. Ce que je ferai pendant un mois à Rikya.
J’ai décidé de partir pour Rikia, le lundi 10, dans 4 jours.
06/10/16
Sans aucune explication, j’ai été convoqué à 12h30 et on m’a dit que je devais quitter l’ashram aujourd’hui. J’ai insisté pour avoir jusqu’à demain, disant que c’était inhumain, dangereux pour moi, qu’ils auraient du me prévenir plus tôt. Auprès d’une personne qui parle français, elle a vécu à Bruxelles, j’ai pu être rassuré sur le fait que ça n’est rien contre moi, que c’est une question de procédure administrative. Cela prouve à quel point ils ne parviennent pas à avoir une structure politique qui respecte les individus. A quel point cette école est traditionnelle, et je le dis de manière positive. Ca n’est pas parce que je ne suis pas en accord que je n’apprécie pas l’expérience. Il faut oublier ici les principes de gouvernance démocratique, sociocratique, non violente, horizontale… Krishna me l’a d’ailleurs dit de vive voix quand j’ai pu aborder le sujet.
J’ai finalement accepté de partir le jour même, en soulevant un grand sentiment de pitié pour la personne, une suisse froide et sans cœur, responsable de la discipline, qui a géré mon départ. Je lui ai dit que j’espérais qu’elle réalisait, elle et son équipe, ce que ça représente humainement parlant, et ce que ça montre de leurs principes yogic.
Je suis content d’avoir trois jours de battement pour mettre à jour ma recherche et ainsi pouvoir aller serein et ouvert dans l’autre ashram et vivre pleinement l’expérience de soumission rituelle = le balayage des escaliers du temple pendant 3 ans dans les films ou livres classiques (quand l’aspirant rencontre le maître, c’est la mission qui lui est confiée).
Nouveau programme pour temps de battement entre l’école et l’ashram pour les démunis. Me permet de rattraper mon retard et de me préparer à l’épreuve de la soumission autrui, puis la soumission totale à la puissance (retraite).
4h : réveil. Noter mes rêves. 30 min méditation
4h30 : mantra d’addition 20 min puis intégration matière pour ma recherche depuis papier bihar et tushita, lectures ressources
6h30 : petit déjeuner
7h : écriture version pro recherche
9h : pause, étirements, bananes
9h30 : lectures sur le yoga, livres. Intégration recherche + bouddhisme cours
11h30 : déjeuner, balade ville, marché
12h30 : sieste et mantra de soumission je m’incline 20min
13h : écriture version public recherche
16h : pause, étirements, bananes
16h30 : création de mes rituels, en commençant par ceux de la vie quotidienne. Repas, méditation
18h : dîner.
18h30 : écriture journal, faire le point pour la journée suivante.
19h : méditation 30 min, autosuggestion et sommeil.
A faire :
  1. appeler l’ashram pour confirmation. Appeler air india annuler billet avion !!
  2. Prendre du liquide banque et voir si possible déposer argent virement.
  3. 12h30 voir le travel man pour réserver taxi
  4. samedi 16h wifi, contacter maison. Skype si possible.
  5. samedi : wifi publier journal blog. Maj photos
  6. wifi mail nouvelles.
  7. wifi mail Sciences Po communiquer numéro de téléphone ashram. Expliquer situation.
Je dois avoir très bien avancer version pro. Finir le cadre général puis détailler la série génératrice. Adopter format problèmes/question puis réponse/solution, en s’appuyant sur sagesses asiatiques et références occidentales en jouant avec l’esprit critique. Intégrer des volets « La sagesse asiatique » pour définitions, exemples, comparaisons…
La version grand public doit être revue selon plan version pro. Questions des maîtres = l’esprit critique. Ajouter points bibliothèque = définitions dans version pro. Et
Je dois mieux définir ce que je mets dans la série génératrice et soumission comme rituels. Définir support.
Je garde additif, orientation et utilisation pour plus tard.
Travail sur mes rituels, puis je sors pour aller manger. J’achète des bananes et des cacahuètes. Puis je vais manger un samossa dans un snack juste en bas de l’hôtel. La rue est bondée comme toujours en Inde. La densité de population est effrayante mais ça donne un ensemble magique, débordant de vie.
Retour dans ma chambre. Je regarde un bout du Seigneur des Anneaux. Soudain j’entends des coups à travers les écouteurs. Je me dis que c’est le gars du chantier d’à côté du continu à travailler. Les coups se répètent, plus forts. Je finis par retirer les écouteurs. On frappe à ma porte. J’ouvre, en caleçon et à moitié endormi. Une dizaine de gars devant ma porte. Dont un de la police qui voulait vérifier mon passeport. Simple formalité, mais je ne sais pas pourquoi c’est devenu un évènement très vite. Ils étaient tous là à me regarder, entrant dans ma chambre. Tout va bien !
07/10/16
Je m’organise bien ici. Beaucoup de temps pour travailler sur ma recherche. Trop ? J’ai fait mon « karma yoga » en nettoyant ma chambre ce matin. Ca m’a fait du bien. Cet aprem, appel de mamie et grand-mère. Mamie n’était pas là. Souffre de la distance avec famille, amis.
Penser à peut-être écourter mon séjour. Pas seulement parce que un an complet c’est très long, mais aussi parce que j’ai besoin de me poser au calme pour finaliser ma recherche et préparer mon projet pour l’année prochaine. Ouvre des possibilités pour mes parents de venir me voir en Chine pour Noël ou au Japon en fin d’année scolaire. On rentrerait ensemble. A méditer. Je pourrais regretter de ne pas vivre l’expérience jusqu’au bout.
Me refocaliser sur mes proches, accepter le fait qu’ils me manquent, m’a fait beaucoup de bien. Réussi à accepter une émotion source de souffrance plutôt qu’à la rejeter à travers méditation.
Découvert que la rivière que j’ai pris en photo et qui coule derrière l’école de Yoga n’est autre que le « ganga », le Gange ! Il paraît que c’est dangereux. Je ne pense pas m’en approcher.
Soirée très belle. Mangeais des samossa dans le boui boui habituel. Avec des indiens. La rue est tellement vivante. Je ne vois plus ça comme un énorme capharnaüm, mais comme un concentré de puissance, de vie. Les gens discutent, vendeurs de légumes, de nourriture, de chai, magasin en tout genre. Vaches et chèvres qui se baladent au milieu des vélos, tuktuk et motos. Chacun arrange comme il peut son commerce, débrouille. Economie. Quand on regarde de loin, on voit une décharge. Quand on s’approche, on voit un monde ou chacun a une place bien défini, des habitudes. Ce qui apparaît cassé est en fait réparé et très fonctionnel. Agréable.
Bien avancé les rituels, défini les méditations journalières à thème pour le matin. Plaisir de regarder le seigneur des anneaux. Quel film magnifique, qualité de la photographie, pureté des dialogues…
08/10/16
Réveil. Une nouvelle journée qui commence et qui me laisse la chance d’avancer dans ma recherche. J’aurai aussi à me rendre à l’ashram pour leur demander s’ils ont reçu la lettre de mes parents. Appeler ashram. Appeler famille. Appeler SciencesPo. Organiser voyage… Faire mes rituels : Tout un programme !
Ptit déj dans un boui boui avec des jeunes indiens. Ils me prenaient en photo ! Difficile de créer du lien sans se comprendre par le langage. Mais malgré tout, beau moment.
Je dois faire mon sport normalement ce matin. Je vais essayer de la faire si le toit de l’hôtel, s’il y en a un. Sinon dans ma chambre. Soumission, dévotion à l’énergie. Important de m’y tenir.
Bien avancé sur ma recherche, mais je suis très fatigué. Pourtant je dors 8 heures par nuit. Je pense que l’environnement est épuisant en lui-même. Stressant. J’ai trouvé un endroit où je peux avoir internet. Je vais pouvoir envoyer mes mails. J’ai pas réussi à joindre l’ashram. Ce qui m’embête parce que je pense qu’ils doivent être fermés le dimanche. Donc je vais probablement devoir attendre jusqu’à lundi. J’espère vraiment que leur réponse sera positive. Sinon direction le sud directement. Je ne vois pas d’autre alternative.
Je n’ai pas fait correctement mes méditations et autres rituels aujourd’hui, dépassant pour ma recherche, trainant trop longtemps le soir… Je dois être plus rigoureux. J’ai quand même fait le sport, ce qui n’est pas rien par ce climat et dans une chambre d’hôtel de 6 mètres carré !
09/10/16
Réveil, noté rêves. Méditation du dimanche = soumission à la puissance.
Passage difficile ce matin, sentiment de grande solitude, ma famille, mes amis, mes proches me manquent. J’ai tenu bon, et surtout, j’ai utilisé cet état comme support pour enrichir ma recherche. En méditant sur mon état de manière analytique (Vipassana), j’ai développé un rituel très important, appelé catharsis ou méditation sur les abysses. C’est le rituel qui me permet de gérer les émotions négatives.
Je vais bientôt me rendre au cyber café pour poster mon journal, ajouter des photos et donner des nouvelles. Cependant, cela dépend de la réponse de l’ashram que j’attends cet après midi. S’ils peuvent m’accueillir, je partirai demain pour cet ashram, pendant un mois. S’ils ne peuvent pas, je vais rester ici quelques jours de plus. Puis je partirai pour le sud de l’Inde. Dans l’ashram conseillé par Laura, où j’irai de toute manière car je dois y suivre un cours de yoga (quand même !).
Pas réussi à joindre l’ashram ! Frustrant d’être sans réponse, mais je suis content car quelle que soit cette réponse, je serai satisfait. Je n’ai pas peur de l’alternative.
Point sur mon programme de voyage : je pense faire le nécessaire pour être en Chine mi décembre. Moment où ma famille pourrait probablement me rejoindre. Je vais écourter je pense un petit peu mon séjour (retour début ou mi juillet) afin d’avoir un bout de l’état devant moi pour atterrir, préparer mon projet de master et finir ma recherche. A voir.
Pour la Chine mi décembre, cela implique demande de VISA un peu avant. L’idéal serait que je suive la formation au yoga de mi novembre à début décembre. Cela signifie que je pars de l’ashram Satyananda rapidement, peut-être n’y rester que trois semaines. On alors je demande mon VISA pour la Chine AVANT de rentrer dans l’ashram. Et je fais la formation au yoga de début décembre à mi décembre. Peut-être le plus sage.
10/10/16
Pris des informations supplémentaires sur la fête religieuse du moment. C’est le dernier jour aujourd’hui. J’étais dans la rue entrain d’essayer de téléphoner à l’ashram qui devait m’accueillir quand j’ai vu deux femmes avec des offrandes dans les mains marcher vers je ne sais où. Je les ai suivi. A tout hasard. Les deux femmes sont entrées dans un petit temple, au coin d’une rue. Je suis entré avec elles. Là, il y a avait le prêtre responsable du lieu ainsi que son fils, et d’autres personnes. J’ai pu discuter avec le fils, qui parlait bien anglais. Lui poser des questions sur cet évènement particulier. Voilà ce que j’en ai tiré (c’est brut, il faudra que je me renseigne via livres et internet, j’étais surtout content qu’un indien me donne directement ces informations, plus vivant) :
Le nom de la fête est Durga Puja. Ca a lieu deux fois par an mais les dates changent car cela dépend du calendrier indien, pas le nôtre. La fête est en l’honneur de la victoire de Maa (mère) Durga sur le démon Meishar. Cet épisode de la mythologie indienne est raconté dans le livre Durga Saptsati.
Dans le temple, plusieurs petites maisons abritant les divinités. Au centre, Maa Durga. Cette déesse a 9 représentations, 9 faces. Et un grand nombre de noms, plus de cent. J’ai pris en photo une peinture où on peut lire tous les noms. Shiva a 3 visages. L’un est hanuman, le singe protecteur, et l’autre est le Seigneur Mahwair. Le fils de Shiva est Ganesh. Son symbole est la croix gammée (détournée par Hitler) qui donne sa protection. On dessine cette croix au dessus des portes.
Le tika est le symbole qu’on dessine entre les deux sourcils. A la peinture généralement. Montre qu’on est dans la tradition. Qu’on croit à ce qu’on fait comme pratiques religieuses.
J’ai pu observer le prêtre faire les différents rituels. On retrouve les mêmes symboles que dans l’ashram. Les gens venaient les uns après les autres pour faire des offrandes : argent, bananes, fleurs, gâteaux sucrés, noix de coco… Plaisir de voir vivre une tradition.
A côté de ça, j’ai réussi à joindre l’ashram qui ne peut pas m’accueillir.
Je dois donc changer de plan, mais j’étais préparé. Je ne regrette en rien d’être passé par le Bihar, d’être entré dans l’école puis d’en être sorti. Maintenant je dois me renseigner sur internet et trouver un bon ashram, et surtout m’assurer que cet ashram peut m’accueillir avant d’y aller. La question est : faut-il que j’aille au sud, où bien je reste dans le nord ? Rishikesh est connu pour le yoga… mais aussi très touristique. Ce qui est certain c’est que rester au nord me reviendra moins cher. Je vais me renseigner sur les ashram Sivananda et faire mon choix. Ensuite réservation voyage et départ ! Ca me laisse du temps pour continuer un peu mon travail. Rattraper mon retard. Tout colle. Je vais obtenir mon visa pour la chine avant de rentrer dans l’ashram afin d’être certain de pas être bloqué par les délais. Ce qui est le plus probable maintenant c’est : 1. Direction Pondichery, 2. Visa, 3. Ashram, retraite puis cours yoga.
11/10/16
Quelle journée… ça a commencé ce matin avec une méditation avortée à cause de moustiques qui n’arrêtaient pas d’essayer de faire de moi leur petit déjeuner.
Ensuite, je me suis mis à ma recherche… et je me suis rendu compte que la forme et les grands axes sur lesquels je partais étaient mauvais. Le fond du fond est là, les idées, les concepts… mais la présentation est tout sauf sérieuse, académique. Ce fut très difficile de l’accepter, encore plus de m’adapter, c’est-à-dire de reprendre une nouvelle forme. Ca me vidait d’énergie, j’étais découragé de cette recherche, de ce voyage. J’étais prostré sur mon lit, incapable de faire quoique ce soit, le ventre noué, inquiet pour les gens qui m’ont financé, pour la validation de ma troisième année…
Puis j’ai réalisé que je devais tenter de faire face à l’aide de mes rituels, en partie. J’ai commencé par réalisé que si je me sentais découragé et vidé de motivation, c’est parce que je pensais à la recherche en général, pas à l’action qu’il me fallait effectuer dans l’immédiat. Oui, en général cette recherche est une folie, mais je peux y arriver si je me concentre sur des petits bouts. Manger l’éléphant à la petite cuillère.
La méthode de résolution que j’ai adoptée est l’écriture, définitivement la plus efficace pour gérer les grosses crises, chez moi en tout cas. Poser par écrit le problème. Le principal défaut qui est ressorti est celui-ci : « J’intègre beaucoup trop mes idées personnelles, sans du tout présenter ce que je vis comme expérience et la théorie asiatique. J’aurai pu écrire ça chez moi. Je n’exploite pas mon voyage. Je dois désormais toujours partir de mes expériences pratiques et théoriques. »
J’ai également pris conscience de l’impossibilité de continuer à écrire sans partir de mon expérience de chaque tradition, et de parler des traditions en général, sans les relier à mon expérience. D’où cette idée essentielle, vers plus d’humilité : « Je n’ai pas l’ambition de vous présenter une étude exhaustive du rituel dans le bouddhisme, l’hindouisme, le taoïsme et le bushido/shintoïsme. Il s’agirait d’une folie ambitieuse et vouée à l’échec. Aussi, je compte sélectionner ce qui me semble être la spécificité de chaque tradition, la porte par laquelle elles sont généralement introduites, et étudier dans quelle mesure elle se rattache au concept de rituel ».
Ensuite, j’ai tenté de revoir l’organisation de ma recherche. Je me suis décidé à faire un plan en 4 parties, une pour chaque approche expérimentale. « Dans chaque partie, je dois définir un peu plus précisément l’effort rituel. Partir des rituels que j’ai expérimentés. Les problèmes que j’ai rencontrés. Lien avec la problématique. Ce qu’en dit la théorie de la sagesse en question. Mon propre commentaire critique, mise en perspective sciences et traditions occidentales, réponse aux problèmes que j’ai rencontrés. Résolution problématique ».
Partant de là, j’ai commencé à élaborer la structure de la première partie et c’est encourageant. Je dois me concentrer sur le témoignage de mes expériences et l’apport des sagesses étudiées dans les jours à venir. C’est mon socle. Il faut que je revoie en conséquence le fichier cœur de ma recherche pro précédent. Je continuerai de l’utiliser en premier, car je constate que mes idées méritent presque toujours d’être revues après coup. Le nouveau document devra rester synthétique.
J’ai fini ce que je voulais résoudre à 14h. J’avais commencé à 9h… Content de m’en être sorti. Mais anormal que ça me mette dans un état pareil. Je vais méditer sur ce point : ma difficulté à me remettre en question.
Soirée magnifique. Derniers jours du festival spirituel Durga Puja. Alors que je mangeais de mon boui boui à riz habituel (j’adore la famille qui le tient, surtout la mère qui a une autorité d’enfer !), je voyais une foule de gens se diriger quelque part. Après avec fini, j’ai suivi la foule. Des centaines de personnes, plusieurs milliers. La route était bondée. Les marchands partout. Roulotte à popcorn, camionnettes distributrices de boissons… les gens se rassemblaient autour du terrain de criquet. C’était plein. Les gens étaient montés sur les toits, les murs. Au milieu du terrain, un totem géant, représentant probablement un Dieu. Feu d’artifice animé par un speaker déjanté, émerveillement des gens, ils brûlent le totem… Ca fait un peu carnaval mais la quantité de gens est impressionnante, je baignais dans l’énergie, la puissance… !
Parenthèse concernant mon voyage et mon budget : Je compte rester ici encore quelques jours, car je suis bien adapté à l’environnement, et j’arrive bien à avancer sur ma recherche. De plus, je dépense un peu moins de 500 roupies par jour, soit 6 euros, tout compris. Ca serait beaucoup plus cher à New Delhi. En fin de semaine, je partirai pour New Delhi en train. Là bas, je ferai pas demande de visa pour la Chine, histoire d’être sur de pas être embêté avec les délais. Puis je partirai fin octobre/début novembre, pour l’extrême sud de l’Inde, car c’est là bas que se trouve l’ashram qu’on m’a conseillé. Si c’est faisable et intéressant niveau prix, je voyagerai en train (dépend de mon expérience précédente). Si dans tous les cas ça me revient trop cher, je choisirai un ashram moins éloigné. Il y a bien des ashrams à New Delhi, mais on n’y réside pas, c’est simplement pour venir prendre des cours de yoga. Ce qui n’a rien à voir.
En attendant, j’ai à faire avec ma recherche, puisque je dois finir la partie sur le bouddhisme avant d’attaquer le yoga !
12/10/16
Les difficultés avec ma recherche continuent, mais j’y suis mieux préparer. Très éprouvant physiquement et mentalement.
J’hésite à ma focaliser sur un seul rituel, de manière à vraiment pouvoir l’explorer en profondeur. Plutôt que de me perdre dans des dizaines que je ne fais qu’à moitié. Décidé. Je vais me focaliser sur un rituel. Ou un par série. Oui un par série me semble l’idéal. Parfait. A définir et après-midi.
Forte tentation de me divertir. De laisser tomber. Je ne sais pas si ça serait bon ou mauvais. Je constate plutôt que ça me fait fuir mes problèmes de recherche. Et que quand je la reprend après la distraction, je n’en suis que plus éloignés. A méditer.
Constat que j’ai quand même réussi à accepter un mode de vie où je suis seul face à moi-même toute la journée, ou je ne peux parler avec les gens à cause de la langue. Où je n’ai aucune distraction, sauf un film parfois. Psychologiquement, c’est un cap. Je n’ai pas tout à fait accepté. C’est encore difficile. Important d’accepter pour ne plus développer d’attachement possessif aux choses et aux gens, ne plus être dans des relations de dépendances et de peur de perdre.
Regardé la première moitié du film Seul sur mars, plutôt a propos étant donné mon cadre de vie actuel ! Ca m’a donné de la force pour ma recherche.
13/10/16
Journée à nouveau très difficile, mais je savais que ça le serait depuis la veille. Je travaille sur le fondement de ma recherche, et je constate qu’ils sont mauvais. Que ça ne me permet pas de donner du relief et de la force à mes idées. Très frustrant. Heureusement, j’ai plusieurs angles d’approche possible.
J’étais arrivé à un point de découragement où même les rituels que j’avais créé perdaient leur sens. A nouveau, je me suis retrouvé en position fœtale sur mon lit. Puis finalement, j’ai compris que je ne devais pas laisser tomber ces rituels. Et que j’avais abandonné récemment des idées importantes, que je devais réintégrer. Ainsi, j’ai réussi à récréer un nouveau document, partant notamment sur une idée que je suivais quand j’étais à l’école de Yoga et que j’avais laissé de côté depuis. Ces redéfinitions sont coûteuses, et ne me permettent pas d’avancer comme je voudrais. Mais je les estime nécessaires, de toute manière je ne peux pas les ignorer.
J’espère avoir maintenant une base de travail solide, qui pourra être enrichie, mais que je ne serai pas contraint de redéfinir entièrement.
Je suis allé à l’école de Yoga pour voir s’ils avaient reçu la lettre de ma famille. Rien pour le moment. Je reste ici jusqu’à lundi j’espère qu’elle arrivera entre temps. J’ai croisé un ami qui suis le cours de 4 mois. Il m’a dit que c’était horrible pour lui aussi. Qu’il hésitait à partir, que la prof lui avait dit de se laisser du temps. J’ai lu dans un magazine des articles de témoignage sur le cours. Tous sont unanimes à dire (je n’en reviens qu’ils aient publié ça) que c’est très difficile à cause des services et que le plus grand bénéfice qu’ils ont retiré du cours c’est l’acceptation passive face à la dureté de la réalité. Rien donc, sur le théorie du yoga, le sens des pratiques… Simplement une expérience de mise à l’épreuve, chère. Pas ce que j’attendais. Heureux d’être parti. J’aurais pu rester et facilement car aussi étrange que cela puisse paraître, ce cadre me plaisait. C’est facile de se contenter de faire ce qu’on nous demande. Seulement j’ai ma recherche. J’ai le sentiment d’être bien plus challengé ici, dans ma chambre d’hôtel, seul face à mon projet, que là bas.
Je mange toujours dans le petit restaurant de rue de cette famille attachante. Les deux parents ont quatre enfants, trois garçons et une fille. C’est incroyable d’être nourri par des gens qui ont si peu. Incroyable aussi de constater leur bonheur, leurs sourires. Souffle de puissance à chaque repas !
14/10/16
Complètement sorti de l’impasse. Nécessaire d’y passer, c’est ainsi. Cependant, j’ai un rituel de recadrage très puissant, que j’avais oublié d’appliquer à ces situations de crise de recherche, qui permet d’aborder mon travail avec beaucoup plus de sérénité. Voici le rituel en question (chance qu’on soit vendredi !) :
Méditation sur les abysses, catharsis
 
Découverte
Retraite à Tushita
Moment propice
Matin, vendredi. Mal être, peur, dépression
Série
soustractive
Actions
BASE THEORIQUE :
Une aversion et un attachement où le sens du devoir domine sur l’affection sont intrinsèques, connectés à la puissance. On ne désire pas posséder la chose, mais il faut la protéger et en avoir conscience. Au service de la vie.
Une aversion et un attachement où l’affection domine sur le devoir sont extrinsèques, connectés à l’entropie. On désire posséder la chose ou la détruire. Au service de l’ego.
Ouverture = s’incliner mentalement devant l’autel, prendre l’objet concerné par la série. Estimer son niveau de charge en P par rapport au rituel précédent. Lui dédier la quantité de P ressentie pendant le rituel. Réussir à y concentrer toujours plus de P. Faire une prière.
Prérequis : samatha.
1. Accepter le mal être en ouvrant la boite noire. Penser qu’on aurait pu le laisser là, céder à la violence et à l’action affective destructrice (lettre admin Scpo) plutôt que de soigner détachement de P.
2. Briser la CF si pas déjà fait par Samatha. Reconnaître l’attachement et l’aversion affectifs = extrinsèques. Nommer.
3. La peur est l’angoisse affective de perdre quelque chose auquel on est attaché et qu’on estime essentiel pour nous. Or, l’affection est une illusion.
6. Aimer ma peur, comprendre son intérêt, renverser l’affection pour réaliser le fait qu’elle est un leurre.
7. Accepter de pouvoir passer sa vie à aimer cette peur. Si réussite, preuve que j’ai réussi à me libérer de la peur (renversé l’affection)
8. Comprendre que je n’aime pas l’opposé positif de ma peur pour l’affection que je ressens, mais par sens du devoir, de cohérence avec la puissance. Comprendre que je peux avoir mal remplit et mal choisit mon devoir = mal servi P. Tout est possible, je peux réparer, mais possible que l’espace-temps joue contre moi. Si possible temporiser.
9. Faire de ce qu’on pense difficile et effrayant la facilité (être seul). Comprendre que c’est la facilité. Puis rendre difficile et effrayant ce que pensait facile (être avec ses proches).
10. Trouver le juste milieu : comment adapter mon comportement pour me protéger de ma peur tout en respectant son message. Car je peux toujours faire les deux à la fois. Ca n’est pas parce que je suis en Inde que je dois me couper de mes proches. Que je me sépare de Julie que je dois la détruire. Pour l’Inde, si je suis capable d’aimer la solitude, alors leur parler sera un devoir. Mais j’aime ce devoir pour ce qu’il est : un engagement, une responsabilité. L’évolution positive est que moins je suis dans l’aversion pour ce qui me fait peur, plus j’ai de plaisir à remplir mon devoir (heureux de parler de mon expérience solitaire à ma famille).
Fermeture : Visualisation Marius, cohérence animaux, nature. Lui communiquer mes sentiments.
support
Le mala, la boite noire (achetée dans l’Himalaya et perdue, mais souvenir).
Effet
Se libérer de l’attachement et de l’aversion affectifs en aimant l’opposé de l’affection ou l’aversion elle-même = aimer ce qu’on déteste. Puis comprendre que ça n’est pas parce que j’ai un devoir quelque part que je dois avoir de l’affection pour ce devoir et de l’aversion pour le reste. Que ce que je déteste mérite d’être aimé autant que le devoir et que le devoir ne dépend pas de l’affectif.
Rituel associable
Chant de concentration. Méditation de libération de l’attachement.
Répétitions
Problèmes
09/10/16 : moment de tristesse intense, sentiment de solitude. Mes proches me manquent. Angoisse vis-à-vis de mon futur. Peur d’être seul pour mon projet à Neufvy, de ne pas trouver quelqu’un pour partager ma vie. Réalisé qu’il fallait que je trouve un rituel pour gérer ces moments d’angoisse, de stress existentiel. D’où le rituel catharsis, qui existait déjà mais non développé.
Précisément, la peur que je ressens à cet instant est la peur d’être seul car je suis seul, et je suis mal dans cette situation. J’ai peur également d’accepter la solitude, car alors je me dis que je risque de ne plus avoir envie d’aller vers les autres, de me fermer. Mais ça serait être tombé dans l’extrême inverse. C’est-à-dire la peur de l’autre. L’enjeu est de vivre sans être attaché affectivement. Rester flexible, mais avoir des attachements intrinsèques, de devoir. Ainsi, je dois arriver à correspondre avec mes proches non pas parce que j’en ai besoin, mais parce que c’est mon devoir d’honorer ceux qui m’ont construit. C’est mon devoir d’exister parmi ma famille et ceux qui ont croisé ma vie. Si j’en retire du bonheur, tant mieux, mais je dois aussi arriver à retirer du bonheur de ma situation ici. Pourrai-je m’imaginer vivre ici toute ma vie ? Voilà la question à se poser !
10/10/16 : réalisé ce matin sur ma recherche, que je prenais pour aversion affective, peur d’échouer. Flemme de faire l’effort nécessaire. J’ai appris à aimer l’absence de recherche, une vie passive, où on va vers ce qui coûte le moins. La facilité. J’ai compris que je faisais cette recherche plus par devoir que par désir. Devoir envers ceux qui m’ont aidé financièrement et humainement notamment. J’ai le droit de ne pas avoir de motivation, de vivre la recherche comme un terrible effort. Mais je n’ai pas le droit d’abandonner.
141016 : très bien réussi. Imaginé rester toute ma vie dans cette ville, cette chambre d’hôtel, à faire cette recherche. J’ai réussi à l’accepter ! Permet d’être contraint de valoriser mes activités ici, d’arrêter de me dire que je trouverai mieux ailleurs. Cette idée est incroyablement puissante. Penser qu’on a rien de mieux à faire que de trouver de l’intérêt et de la motivation pour ce qu’on est entrain de faire, en s’imaginant (et c’est souvent la réalité) qu’on aura à le faire toute notre vie.
J’ai pris quelques photos pour mon blog. J’ai aussi planifié mon départ pour New Delhi. Ca sera mardi prochain en train. Nouvelle aventure !
Concernant la recherche, j’ai enfin réussi à structurer la première partie consacrée au bouddhisme, et à poser la base des suivantes. J’ai réussi à bien remplir la première partie, que j’espère terminer dimanche dans les grandes lignes, pour pouvoir fignoler après et attaquer le yoga. Voici mon plan de travail (brut, je sais que ça ne doit pas être facile pour vous de comprendre tout ce que je dis sans avoir la recherche sous les yeux, mais je pense qu’il vaut mieux attendre avec d’en publier des extraits) :
terminer partie bouddhisme samatha, ajouter dans cette partie A des informations sur le rituel, dans mon commentaire. En quoi une pratique rituelle est importante pour la méditation.
Terminer de définir la méditation
Terminer de définir le rituel, le système rituel
Numéroter les sous sous parties de la partie A.
commencer vipassana. En introduction de la partie, expliquer que la vipassana vise à coller à réalité bouddhiste, mais expliquer que cette nature de la réalité ne me convient pas. Problème des sagesses = imposer nature de la réalité. Besoin de reformuler dans mon langage. Balancer ici la raison d’être d’un système rituel individuel, unique. Dire que l’objectif de la vipassana ici est de définir la finalité éthique de tous mes rituels. Préciser que c’est bien sûr évolutif.
Ensuite, présenter les concepts bouddhistes. Pour chaque concept, faire une sous sous partie numérotée intégrant la présentation bouddhiste du concept, mon expérience, ma critique et mon interprétation personnelle (cf texte qui résume toute ma théorie de la réalité ET le document trame général). Possible de placer en annexe si trop long.
Fusionner les deux textes d’introduction.
Ajouter idées essentielles à partir des docs de travail
Ajouter des exemples dans toutes les parties à partir du doc ressource classé rituel.
Ajouter les infos du cours bouddhisme dans apports bouddhisme. Citation livre sur le silence. Citation bouddha.
Ajouter les rituels de visualisation bouddhistes + critique + PNL dans partie C.
15/10/16
Anniversaire de maman ! Je lui réserve un petit cadeau. J’ai fait mes exercices sportifs. L’enthousiasme de la veille est un peu retombé, mais je reste bien motivé pour ma recherche, toujours accroché à l’idée que je ne dois pas la voir comme un moment de sacrifice et de souffrance avant de goûter plus tard à du plaisir. Je dois penser que mon mode de vie actuel se prolongera à l’infini et que je dois l’accepter, car je n’ai pas le choix. Faire l’effort de le rendre joyeux et vivant.
Je me suis rendu compte que je ne mangeais plus du tout de protéines. Du coup j’ai cherché un endroit où ils cuisinaient de la viande, des œufs. J’ai trouvé, un super resto. J’irai plus souvent.
Un peu la flemme de travailler sur ma recherche, je suis fatigué. J’ai aussi des problèmes intestinaux qui ne veulent pas passer. Je vais devoir aller à l’école de yoga trouver le médecin qu’il me file des antibiotiques.
Je suis allé sur internet donner quelques nouvelles, mais la connexion est trop mauvaises pour que je poste des photos et des articles.
Je ne peux pas prendre le train mardi, plus de place… Je ne partirai que jeudi prochain, j’ai mon billet. Pas plus mal, j’ai plus de temps pour continuer ma recherche au calme. New Delhi ne sera pas idéal.
16/10/16
Chasse aux moustiques matinale. Au moins 15 à mon tableau. La porte de ma chambre était restée entre ouverte…
Bonne journée ! J’avance bien, je tire mon fil. J’en suis à la présentation des concepts fondamentaux du bouddhisme. La nature de la réalité bouddhiste. Je pense que j’aurai terminé le bouddhisme à mon départ de Munger. J’essayerai de terminer le karma yoga à Delhi, puis je pourrai rendre compte de mon expérience du hatha yoga fin novembre. Tout cela s’arrange bien. Très bien.
Je suis allé visiter en fin de matinée un lieu sacré, une source d’eau chaude où un dieu se serait baigné sans se bruler, prouvant ainsi sa divinité. Les deux jeunes qui m’accompagnaient étaient super sympa, on a bien discuté. Celui de 18 ans, Raoul, veut être policier comme son grand frère. Il aide pour le moment dans le magasin de son père.
Dans la soirée, moment de grâce. Prise de conscience d’à quel point je me suis habitué à cette ville, dont j’avais entendu une très mauvaise réputation en France. Les gens sont adorables, la vie tourne, au rythme des marchés de légumes, des restaurants de rue, des vaches et des véhicules en tout genre. L’Inde est un pays qu’on apprend à aimer avec le temps. Je ressens une profonde sérénité à vivre parmi ces gens. La nuit tombée, les vaches se couchent au bord des routes, il y en a plein. J’ai téléphoné à mes parents. Toute la famille va bien. Téléphone depuis la boutique de l’horloger, un homme qui répare et vend des montres, et permet aussi de téléphoner.
Le nouveau restaurant dans lequel je mange est génial. Le vendeur a 60 ans et parle anglais. Il m’a dit que ses enfants travaillaient à Delhi, ascenseur social. Mais lui son restaurant fonctionne bien. Il a du choix et l’ambiance est top. Ca ne me coûte rien, 30 roupies par repas, soit même pas 50 centimes. Faut dire que je ne prends pas grand-chose à cause de ma chiasse. Le gars m’a appris quelques mots d’hindi, enfin j’ai tout oublié déjà… il me reste 4 jours pour m’en souvenir !
17/10/16
« J’ai cessé de croire aux grands événements qui s’accompagnent de hurlements et de fumée. Et crois moi, je te prie, cher vacarme d’enfer, les plus grand événements, ce ne sont pas nos heures les plus bruyantes, mais les heures du plus grand silence » Nietzsche.
Bonne journée de travail ! Je vois le bout concernant le bouddhisme. Dernière ligne droite avant le départ pour Delhi !
Allé à l’ashram pour voir si la lettre de mes parents était arrivée. RAS pour le moment, j’y retourne demain ou mercredi.
Je voulais aussi voir le médecin de l’ashram pour mes diarrhées mais je l’ai raté alors qu’il partait en moto. J’ai couru, demandais à un gars en vélo de le rattraper. Il m’a fait conduire et est monté sur le porte bagage. Mais je n’ai pas réussi à l’avoir. Cependant j’ai plus ou moins l’impression que ça commence à aller mieux. Je verrai demain.
18/10/16
Très bonne journée de travail. Toujours ce moment de flou ou ça n’avance pas, où les idées sont déconnectées les unes des autres, puis en laissant un peu décanter, ce moment de mise en forme, d’association des idées pour former un tout cohérent. Je travaille sur la nature de la réalité bouddhiste et sa critique. Partie difficile, sinon la plus difficile. J’espère avoir terminé avant New Delhi !
Réussi à me procurer des antibiotiques pour soigner ces problèmes d’intestin qui ne veulent pas passer.
Ecoute des musiques du Seigneur des Anneaux avant de m’endormir, magie des sentiments soulevés, mise en parallèle de cette aventure avec le défi du changement climatique. Les temps changent… l’ombre s’élève. Elle prend forme…
19/10/16
Matinée à l’aise, après-midi plus difficile, car attaque d’une nouvelle partie. Mais je vois le bout du tunnel. Je commence par ailleurs à aimer le tunnel. J’ai beaucoup moins de mal à m’y engager.
En fin de journée, j’ai regardé la vie bout au bout des doigts, une énième fois. Très intéressant de mettre les propos d’Edlinger en résonnance avec la méditation samatha du bouddhisme, qui vise à développer la concentration et avec ma recherche en général, qui implique de maintenir sur attention focalisée sur un objet très précis.
A la différence des solos d’Edlinger, la méditation et ma recherche ne mettent pas ma vie en jeu. Ainsi, il n’y a pas cette peur de mourir qui motive ma concentration. Il faut réussir à développer une autre forme d’absorption. Je pense que les quêtes existentielles (sport, art, religion…), cherchant l’être plutôt que l’avoir, visent toutes le même état : une absorption dans l’être de l’instant. Un niveau de sensations positives et sensées maximal. Etre dans le flow, la zone idéale de performance et se maintenir dedans.
Dans ma théorie, il s’agit d’être dans la connexion à la puissance et de s’y maintenir…
21/10/16
Pas écrit hier, mais journée mouvementée en raison de mon départ. Mes adieux à la ville de Munger, qui m’a logé et nourri pendant deux semaines. Payé l’hôtel. J’étais inquiet (et je le suis toujours) car mes problèmes intestinaux ne s’arrangent pas vraiment. Je prends des antibiotiques qui semblent faire pire que mieux pour le moment, je ne sais pas s’il s’agit des effets secondaires ou d’autre chose. Je vais devoir en prendre d’autres je pense. J’ai de la fièvre et des fortes nausées. Je ne vais plus aux toilettes en revanche. On verra comment ça évolue.
Toujours utile qu’ailleurs j’ai donc pris la direction de la gare de Jamalpur et j’ai réussi à monter dans mon train de nuit à 12h30. L’intérieur est très bien, mieux qu’en France. Si je n’étais pas malade, ça serait un voyage formidable. On nous propose très régulièrement des boissons, des repas… Les couchettes sont confortables. J’ai sympathisé avec un jeune indien qui étudie les sciences politiques et qui est aussi l’aîné d’une fratrie de trois. Il a des idées géniales sur l’Inde, convaincu qu’il faut que les jeunes y restent, qu’il ne faut pas que le pays se développe comme l’occident. Il pratique la médecine Ayurveda et l’hindouisme. Quelqu’un qui a de la valeur et des valeurs !
Le train va bientôt arriver à New Delhi. Je trouverai ensuite mon hôtel que Deeksha, l’indienne que j’ai rencontré pendant mon cours de bouddhisme, m’a réservé. Hâte d’avoir internet pour enfin répondre à mes messages et envoyer des nouvelles ! Je constate, en rapide bilan de ces deux semaines de retraites dans la solitude, que je manque encore d’entraînement pour habiter l’instant présent sans désirer certaines personnes et certains cadres à en souffrir. Si j’ai supporté l’épreuve, je ne l’ai pas accepté. Marge de progrès. En revanche, la recherche a très bien avancé. Je n’ai presque plus de retard.
Après-midi mouvementé. Tandis que je tente de reprendre des forces après les fièvres que me donnaient les antibiotiques (que je ne peux pas prendre jusqu’au bout dans ces conditions, soit ce fut suffisant et roule soit je devrai m’en procurer d’autres), j’essaye aussi d’aller déposer mon argent dans une banque. Mais toutes fermées. Je découvre la connaught place ! Le centre de la ville. Très très particulier. Une place toute circulaire, divisée en plusieurs parts et nommées par des lettres. Que des magasins de chaînes internationales, des banques… une circulation infernale. C’est l’incarnation même du développement et de la mondialisation. J’en souris plus que je ne le déplore, c’est ainsi. Pas un problème si l’Inde parvient à maintenir sa spécificité et qu’elle ne se développe pas pour reproduire les mêmes erreurs que nous.
23/10/16
Il fallait bien que ça arrive ! Aujourd’hui, l’Inde de la mondialisation s’est présentée à moi. Rdv avec Deeksha, l’amie de la formation de bouddhisme de début septembre, à la connaught place, le centre de la ville. C’est une place de construction britannique très particulière, complètement circulaire, composée de plusieurs « blocks » concentriques, distingués chacun par une lettre. On y trouve des magasins, des marques et des chaînes internationales. La folie du développement, cet espace de luxe et de faste, de gaspillage à l’occidental, avec 200 mètres plus loin des gens qui meurent de faim. En face d’une boutique Mont Blanc, on trouve un petit vendeur de Samossas. Contraste. Etrange pour moi d’être à nouveau bombardé des couleurs et des goûts de l’american way of life.
Je ne peux raconter ici tout ce que Deeksha m’a apportée, que ça soit par son regard lucide et sage sur son pays, son ambition, son histoire, ou ses valeurs de grande bonté et de générosité. J’espère pouvoir lui rendre tout ce qu’elle m’a donné. Elle a une force de vie exceptionnelle. Je la sens éloignée des enjeux écologiques, et des enjeux du développement mondialisé mais à  vrai nous n’en avons pas parlé. J’avais peur de l’ennuyer avec ces considérations intellectuelles, éthiques et politiques. Il s’agit d’un jugement à partir de son mode de vie actuel, qui n’a aucun sens puisque il est impossible de juger les choix d’une vie aussi différente. J’ai jugé pourtant, bien trop vite. Comme souvent. Il faudra qu’on en parle !
On a parlé des réincarnations, et des vies passées. Concept très asiatique. Au cœur de l’hindouisme et du bouddhisme. Ce qui est troublant avec cette théorie, c’est le nombre de témoignages, de « preuves » qu’elle soit réelle. Deeksha m’a parlé du livre très connu du docteur Brian Weiss, Many Lives, Many Masters, que notre professeur de bouddhisme avait aussi évoqué. Ce livre regroupe des études de cas très précises de personnes capables de se souvenir de vies passées, preuves à l’appui. Deeksha elle-même m’a parlé du cas de son père. D’après sa grand-mère, une femme très simple, son père disait à l’âge de 5 ans qu’il dirigeait une usine dans une ville du sud, en décrivant précisément l’endroit, qu’il devait y retourner pour s’occuper de l’usine et de sa famille. Au bout d’un moment, sa mère a fini par vérifier les informations. Et il se trouve que l’usine en question existe, correspondant à la description précise de l’enfant, et que le directeur de cette usine était mort il y a un peu plus de 5 ans. Bien, on trouve de nombreux arguments sceptiques qui contredisent l’existence de la réincarnation, la mémoire étant un terrain encore mystérieux. Cependant, cela reste un témoignage et un sujet intéressant, qu’il s’agisse d’une réalité métaphysique, ou de capacités exceptionnelles du cerveau matérialiste restant à découvrir.
Au passage, dans une semaine, c’est le festival Dewali qui signifie la fête de la lumière, la victoire de la lumière sur les ténèbres, du bien sur le mal, du savoir sur l’ignorance. La divinité Laxmi est aussi honorée. C’est la plus grande fête de l’année, célébrée avec encore plus de faste que Noël chez nous. Il faut nettoyer et rénover sa maison, préparer à manger, décorer… le jour même de la fête, de nombreux évènements dans la rue, on dessine des rangoli, le soir on fait exploser des pétards et des fusées d’artifice, des millions de bougies sont allumées et déposées sur les fenêtres et les toits des maisons. Le festival a lieu à la nouvelle lune, entre fin octobre et mi novembre, ça dépend du calendrier hindou. C’est aussi un moment de rassemblement familial, on s’offre des cadeaux… Je suis impressionné de voir à quel point la vie spirituelle est plus présente ici que chez nous, anime et rythme l’année, soude la population. D’une manière générale, la présence de cette spiritualité rend les indiens particulièrement bons, je veux dire, ça se lit sur les visages des gens dans la rue, des jeunes dans les parcs. Il y a une bonté véritable, une joie de vivre et aussi un sens du devoir, du service. Anu, mon ami du train me disait à ce propos qu’il représente son pays et qu’il m’aide aussi parce qu’il veut que je reparte avec une belle image de l’Inde, que c’est sa responsabilité.
Avec Deeksha, nous avons mangé une pizza le midi, Pizza Hut. Pas écologique, mais je voulais manger une pizza alors… voilà. Puis balade dans le parc du centre ville autour du grand drapeau indien. Direction ensuite la porte indienne, sorte d’arc de triomphe d’ici. Même symbole. Puis on est allé boire un verre dans un club très british, et très cher. Et enfin dîner dans un fast food indien. Voilà la journée de touriste et de paillettes mondialisées de mon séjour en Inde ! Incroyable de constater à quel point toutes ces choses prennent une couleur différente quand on a pris du recul, en vivant dans un cadre très simple. On réalise en étant descendu à un niveau de sensibilité inférieur que ce faste est trop. A la fin de la journée, j’avais la nausée de bruits et de couleurs. Impossible de rendre hommage à tout ce qui est dépensé dans cette vie moderne. Trop rapide, trop intense. Assassin de la sensibilité. Le juste milieu, dirait Buddha, est la clé.
Au-delà, ce fut une journée mémorable, que je dois à Deeksha, et qui m’a permis de faire une belle et intense transition entre ma retraite à Munger et la vie urbaine à Delhi.
Quelques références, directement importée de bollywood ! Mélange des cultures palpable. La musique est issue du film Baaghi que j’avais vu dans un bus, un navet d’après Deeksha, j’ai trouvé ça reagardable ! Les musiques ont du succès. Le titre de la musique est Sab tera (https://www.youtube.com/watch?v=WRQHV3kDcyo&feature=youtu.be). Ici, les films sont presque toujours des comédies musicales. Il y a aussi le film Ae Dil Hai Mushkil dont j’ai pu écouter les musiques qui passent à la radio (https://www.youtube.com/watch?v=vUCM_0evdQY). De l’eau de rose teintée d’orient.
23/10/16
Malade aujourd’hui. Beaucoup de fièvre. Obligé de me faire suer sous la couverture pour que ça retombe, le doliprane faisait pas effet. Du à l’antibiotique que j’avais repris le matin… mais bon, au moins je suis plus sûr d’être débarrassé de mes problèmes d’intestin !
J’ai appelé à la maison, maman et Titouan étaient là. Bien discuté. Nouvelles des uns et des autres, des animaux aussi ! Organisation de leur venue à Chengdu pour Noël, quel bonheur !
Appel aussi d’Ana et de Maël qui sont au Canada ! Quel bonheur d’avoir des nouvelles d’eux, quel contraste entre là-bas et ici. Souvenirs de quand on y était en famille. Désir de froid ! De trappeurs et de sirop d’érable…
24/10/16
Journée « cassage de nez » et recherche du tonnerre.
Le matin, direction le centre de visa chinois. En arrivant sur place après avoir pris le métro et un tuktuk, on me dit que c’est fermé aujourd’hui et demain. Je décide, pour valoriser le trajet, d’aller visiter le Temple Lotus qui n’est pas très loin, une magnifique œuvre d’architecture, liée à la spiritualité. J’arrive là bas après avoir pris un autre tuktuk, fermé. Décidemment, le lundi n’est pas le jour pour sortir à Delhi.
Impressionné par la qualité du métro. Bien mieux que celui de Paris. On sent que le développement commence vraiment à porter ses fruits, bons et mauvais. Mais tout change vers une occidentalisation.
Après midi de recherche, pendant 3h non stop. J’ai été efficace, et j’ai apporté des concepts essentiels à la rigueur académique de mon travail. Je suis content car je sentais le tout bien trop subjectif. Constat de l’amélioration de ma capacité de concentration.
Je viens de goûter en me régalant avec deux bananes et une clémentine. Produits locaux et de saison ! Je reprends des forces et me revigore après les jours précédents de maladie qui traînait. J’ai perdu du poids, il faut que je m’engraisse maintenant que je supporte les aliments riches. Ce midi, j’ai ajouté des frites au menu. Je mange dans un restaurant indien, rien à voir avec les copies occidentales que je pourrais trouver facilement. C’est simple et efficace, et très peu cher. Je mange pour 50 centimes d’euros.