Journal de bord n°5 Septembre

04/09/16
Veille du départ. Pas de pression relative au voyage. Une fête de départ magnifique avec les amis, la famille, les colibris… La famille Duclot m’a offert un couteau Suisse auquel est accroché un minuscule flacon de terre… de Neufvy, le village qui me fait vivre. Voilà de quoi me garder sur la juste voie, celle qui ne renonce pas à mais qui intègre et harmonise les éléments. L’Asie s’ouvre à moi comme un nouvel élément !
Boucler le sac, dire à bientôt et s’envoler. Je ne sais pas quand je pourrai à nouveau alimenter ce blog, au plus tard en février. Mon école de Yoga, pour où je commence, n’aime pas beaucoup les outils de communication… J’essayerai de m’arranger.
05/09/16
Départ j’attends d’embarquer. Dernières sensations françaises. Le déjeuner avec papa au golf, son temple. L’odeur de la voiture de mon père, le parfum de maman, le goût de l’eau française. La bronzet, bière locale partagée dans le hall de l’aéroport. Pas de larmes, mais de l’émotion, forcément.
Envie de m’enfuir, de tout revoir au dernier moment. Mais j’ai tellement de belles idées qui viennent, grâce à ce projet… Certains disent que j’ai pas besoin de partir pour découvrir ce que je veux découvrir. Ils se trompent. Quelle arrogance, croire que le voyage n’apporte rien. Bien sûr, si j’avais eu le choix (libre de SciencesPo) j’aurais peut être choisi un autre format, quoique… J’aime pas l’avion pour voyager. Mais ça m’a permis de faire cette fête formidable à Neufvy ! De faire finaliser mes plans de recherche au calme… Avantage du système moderne qui nous conduit pourtant à la mort.
Pris une décision : puisque je ne peux pas m’enfuir, mais que je veux aussi, je vais ouvrir ma recherche sur la fuite de l’aéroport. Comme Mr nobody. Une partie de moi reste en France. Peur de partir ? Non. Réalisme. On ne part jamais vraiment. Mieux vaut en avoir conscience des le début. On ne peut oublier son histoire. Mythe d’Ulysse. Ceux qui partent pour oublier se trompent, comme les alcooliques.
Donc dans le château de neufvy, je réfléchirai à la construction de l’État écologique, colibris de demain. Construction de la société parallèle. Voilà le deal. Système de lettres comme à poudlard ?
Fabriquer un état et une société parallèle. Avec tous ses services. Comme Harry Potter. Nous serions des sorciers. Il faut une magie. Et il y aurait un ministère des affaires moldus. Construire le modèle alternatif ainsi. Uberiser l’État. Projet de retour. Construire l’équipe.
Quand on entre dans un avion d’air India, une musique relaxante, des tableaux de fleur, un parfum d’ambiance…
Les vidéos sur le siège. De nature accélérée. Ce qu’on perçoit par le rituel.
Réveil dans l’avion. 5h. Plaisir inexplicable, bonheur de se sentir lancé dans une si belle aventure. D’avoir traversé tout le continent européen. Confiance quant au projet d’État colibris au château, dans la simplicité. Bien discuté avec mes voisins. Un allemand et une mexicaine.
06/09/16
Ma recherche ne se fera pas toute seule. Si je veux avancer, je dois bloquer des plages horaire pour y travailler comme cet été.
Arrivée à tushita. J’ai l’impression que je ne relirai jamais ces notes, comme toujours. Alors je me demande pourquoi je les écris. Pris taxi depuis daramshala. Mclod ganj est à plus de 2600 mètres d’altitude. Paysage fabuleux. Je suis pourtant mal à l’aise. J’ai l’impression de trouver exactement ce à quoi je m’attendais, et donc je suis presque déçu.
Je n’ai pas d’endroit où dormir cette nuit. Je vais essayer un hôtel pour être dans la ville. Demain je visiterai daramshala. Puisque le cours ne commence que le 10. Groupe d’écoliers tibétains qui passe devant moi, retour maison à pied. Ils chantent en marchant.
Première réaction de rejet des gens de tushita que j’ai croisé. Sentiment qu’il se prenne la tête pour rien. Qu’ils ont fondamentalement la peur de s’engager. Peur de l’autre. Puis j’ai réalisé que pour bien mesurer la valeur de la vie en groupe et des loisirs, il est important de vivre la solitude. De descendre au plus profond. C’est le moment pour moi de le faire. D’aiguiser mes sens au maximum. Pas se fermer mais au contraire s’ouvrir. Être hyper actif de l’esprit mais serein. Essayer de tout comprendre, tout lier. Être observateur. Quelle utilité ?
Être capable de voir le changement et la nouveauté dans la plus grande simplicité.
Accentuer le rituel, le mettre en place.
Retour maison ? Je dois apprendre pour être prêt à arrêter de chercher des solutions abstraites. Il nous faut de la pratique. À mon retour en France. Je plonge dans la pratique. Comment concrétiser mon projet.
L’Inde dérange à tord parce que la forte localisation de la vie créé une densité. Une richesse concentrée. Mais les gens d’ici qui connaissent leur terrain se sentent très bien ! Force du local.
07/09/16
Réveil glorieux. Montagne magnifique.
Pour la première fois depuis très longtemps, je ne sens aucune pression. Je suis absolument confiant pour ma recherche.
Perché sur les pentes de l’Himalaya, bonheur infini. Ne pas chercher à rencontrer la rareté. Simplement goûter la gentillesse et la simplicité des gens ici. Patrick, français atteint d’un cancer ici. Il écoute des mantras hindous, là sur la terrasse. Il faut que j’achète une résistance pour chauffer l’eau. Bien plus économe qu’une bouilloire qui fini toujours par casser.
Petit déjeuner avec les deux coréennes au seed café, vue sur les montagnes. Pain tibétain. Chai. Jus de pomme (spécialité locale pleine saison). Affiche chez bouquiniste pour Harry Potter 8. Affiche moine « missing ».
Demandé au proprio comment s’essuyer le cul en anglais. Drôle. À l’eau, bien sûr.
Buffles dans la rue. Avec les voitures, les vendeurs et les moines. Visite du temple du dalai lama. Moulins à prière. Grosse réflexion pour ma recherche qui a complété (et infirmé en partie) le travail de la matinée. Dejeuner avec les coréennes. Goûter un plat coréen mais ce soir j’ai mangé des momos, classique asiatique soi disant tibétain. J’ai discuté avec des moines vietnamiens. Visiblement, ils suivent un programme de prière sensiblement identique aux moines chrétiens. Tout ça se rejoint en pratique.
Le tourisme est une mine d’or, c’est de ça qui vit le gouvernement tibétain ici. Les gens sont patients par conséquent…
Il faudra que je trouve un café demain avec le wifi pour mettre à jour mon blog en prévision des dix jours de formation coupé du monde.
Ce soir, je veux essayer de trouver quelques rituels.
08/09/16
Poridge au miel.
Rituel sportif. Très difficile, parce que fatigue du voyage probablement. Mais j’ai tenu.
Le temps est très agréable, bien que brumeux. Je veux dire qu’il fait frai sans faire froid.
Rencontre de deux allemandes. Cet après-midi je vais voir si je peux donner un cours d’anglais dans l’école tibétaine. Visiter le temple et imprimer ma traduction du relevé de notes.
Importance de conserver l’énergie dans l’attitude, le vêtement.
J’attends mon déjeuner au peace café. Il pleut.
Rencontre avec Nicolas ! grand voyageur, toute l’Asie, l’Australie… Il a une maison ici dans la montagne. J’y vais avec lui demain 🙂
Shanti = Être en harmonie. Mantra tibétain.
Baba : Choix de dépravation absolue vie choisie par certains hindous, errants. Des sortes d’ermites. Il y en a dans les grottes, dans la montagne. Là haut on doit qu’il y a aussi des cannibales…
Chai avec Nicolas, dans un boui-boui face à la pluie épaisse. Quel bonheur savoir un guide connaisseur !
Dîner avec les allemandes qui ont visité l’Alaska.
Je me sens bien. J’ai aussi pu avancer ma recherche où plutôt l’organiser en harmonisant les découvertes récentes avec ma trame intiale. Importance d’avoir une vue d’ensemble. Je dois terminer la partie du cadre philosophique primordial.
Écoute musique seigneur des anneaux, sublime. Prise de conscience rituelle :
Frodon ne pas pas détruire l’anneau en commençant par le jeter dans la montagne. Je ne vais pas résoudre le problème climatique en arrêtant le réchauffement. Ce qui mène à la solution, c’est toutes les actions entre. Des actions qu’on tente d’orienter vers la finalité, mais chaque action compte. Cf Gandalf gollum. Ce qui compte n’est pas la nature de l’action ou du rituel, mais l’intention qu’on y met.
09/09/16
Petit déjeuner avec Patrick. Discussion sur ses voyages. Son premier au Pérou, machupichu. Pensée pour papa. Patrick m’explique à quel point la maladie fait avancer, change le regard. Il me parle de l’Inde, de l’humilité des gens. Exemple du gérant de ma chambre d’hôte, grosse structure. Il a beaucoup d’argent mais vit dans une immense simplicité. Très pieux. Pas de logique capitaliste. Différent de la Chine.
Le père de Patrick était maraîcher. Perdu sa ferme avec le remembrement. « Fucking Europe, fucking Monsanto ».
Approfondi l’idée qu’il faut être le changement. Cela signifie simplement qu’il ne suffit pas d’essayer de convaincre les gens de changer. Il faut aussi fournir des outils et les utiliser.
J’ai parlé de la violence. Exemple star wars, résistance seconde gm… La nécessité de lutter. Le capitalisme est le mal. Ne rien faire ou le servir, c’est faire le mal. Il faut trouver le bon moyen de frapper.
Comment convaincre les leader de ce monde ? C’est comme essayer de convaincre des chefs nazis de renoncer à leur projet. Sans espoir. Les résistants le savaient bien. Parce que le changement rapide DOIT créer de la violence. C’est mathématique. Il n’y a aucune autre solution envisageable. Il faudra ensuite reconstruire en interdisant certaines choses. Comme la fin de la seconde guerre mondiale a créé de nouveaux droits.
Oserai je faire le master défense et sécurité pour avoir toutes les clés de l’action violente ?
Escalade en India : hampi.
Mantra :
OM mani padme hum
Journée fatigante car plan foireux de Nicolas, je n’ai pas réussi à le retrouver devant le peace café. du coup petite rando jusqu’aux chutes d’eau seul. À me demander comment le retrouver (il devait m’emmener dormir chez des locaux). J’ai peut être échappé à une bonne chiasse ! J’ai acheté des cartes postales. Ici un timbre pour la France coûte 15 centimes…
Peu avancé sur la recherche et les rituels. Je n’arrive pas à mettre en place des rituels, sachant que je dois aussi les créer. Il faut que j’arrive à me focaliser sur un en part particulier.
Dîner agréable au peace café. Plaisir d’en avoir fait un rituel temporaire. Ce soir, j’étais en face d’une anglaise lisant un manga japonais avec un stylo et une feuille. nous avons mangé en silence. La voir lire me reposait, l’appaisait. Voyez… la pointe de son stylo effleurant les pages. Elle se concentrant pour déchirer les symboles. Un vieux manga usé, qui a voyagé. Une histoire peut-être passionnante à l’intérieur. Les pages qui se tournent, lentement, les unes après les autres. Le peace café ce soir, comme un espace-temps particulier à l’intérieur de l’espace-temps « McLod Gang ».
Réussite d’un sage travail sur le rituel !! Solution : écrire mes difficultés puis aboutir à un programme d’actions simples pour avancer un peu. Exemple ici :
Constat effort rituel : je n’arrive pas à créer le rituel et à le pratiquer, parce que je n’ai pas la motivation intrinsèque suffisante pour le faire… Quand j’ai un problème, je n’arrive pas à me lancer dans un rituel. Cet après midi, Nicolas introuvable. J’étais juste sans solution, mal. Et je ne voyais aucun rituel pouvant m’aider. Pourquoi ? Parce que je n’avais pas les rituels sous les yeux ! Or je ne les connais pas encore suffisament bien pour les enclencher automatiquement. Je dois absolument préparer ce soir le rituel de catharsis. Important pour tushita. Supports papier et audio à trouver ! Une manière de m’aider à enclencher le rituel serait de fabriquer le support, audio notamment. L’idée serait d’améliorer ce support régulièrement. D’étudier l’amélioration comme processus de création d’un rituel. Avec système d’alarmes pour lancer le fichier audio ?
Mon problème est que je veux développer tous les rituels en même temps. Je vais me concentrer sur deux. Ca sera déjà bien. Je parle de leur création. Pas de leur pratique. La création implique une focalisation. Je vais créer le fichier audio pour catharsis + endormissement. Tenter de préciser l’histoire de la catharsis (notion du mal à ne pas détruire mais à identifier, contrôler). Je vais aussi souhaiter son anniversaire à florent et écouter un peu de musique.
Problème de l’accord entre théorie et pratique. Faire les deux en même temps est difficile.
demain :
ptit dej
dans un café avec wifi :
écrire cartes
écrire newsletter et joindre photos. Envoyer.
ajouter thibault, silberstein, COLIBRIS et patrick si ce n’est pas déjà fait
poster cartes
acheter tissu
imprimer photocopies passport et visa
imprimer relevé de notes
massage
Tushita
10/09/16
Dernière matinée, avec Patrick. Quelques achats. Dont la boite noire pour le rituel abyssale…
Galette de patate farine : Alu paramta
Farine de barlet
Amritsar : Sikhs. Religion de l’action. ++
Gate gate para gate swahaa
à visiter Bihar : Benares, varanasi près de patna
Je vous dis à dans 10 jours, après ma formation au bouddhisme !
21/09/16
Je suis dans la chambre de mon hôtel délabré, transpirant sous une atmosphère humide et bouillante, les oreilles bercées par le bruit des klaxonnes, de la ventilation, et des touches de mon clavier d’ordinateur. Il est 16h et je suis au cœur de New Delhi, en Inde. Hier, j’étais sur les flancs de l’Himalaya, dans un monastère bouddhiste au dessus de McLod Gang, ville refuge du Dalaï-Lama et du gouvernement Tibétain…
Pas le temps de taper toutes les notes que j’ai prises pendant le cours de bouddhisme, vous trouverez les photos de mon journal (challenge de cryptographie) sur le drive des photos : https://drive.google.com/open?id=0B4ZGmg_CFx9La1V6SzNvZ2tPVU0
Départ pour le Bihar dans quelques heures !
22/09/16
Départ à 7h pour Munger. Un voyage de fous. Bouchons sans arrêt, obligation de prendre des détours par des villages d’une misère terrible, même sentiment que pendant la visite en moto. Routes en piteux état. Je ne peux m’empêcher de penser aux politiques locaux. Je ne comprends pas comment on peut laisser de gens vivre dans une telle situation. Il suffirait de peu. Un minimum d’organisation politique et économique. Je me doute que c’est plus complexe que d’apparence, mais difficile d’accepter ces images sans un sentiment de révolte. Parfois, on traverse des villages plus sains. Mais étonnamment, il s’agit aussi des plu simples et paysans. Dans les coins les plus reculés, les gens semblent parvenir, avec l’agriculture et l’élevage, à survivre. Et peu semblent complètement démunis. De plus, les matériaux utilisés au quotidien sont naturels (maisons, outils, vêtements…), et on n’a pas ce mélange affreux de plastique, métal, ordures des zones mi urbaines, mi rurales. Autrement dit, ce qui produit la misère dans ces endroits (peut-être), c’est le développement. Comme disait Deeksha, la période de développement est terrible car beaucoup restent sur le carreau. Tous les repères culturels sont balayés. Cela crée énormément de détresse, temporairement au moins. Les paysages de campagne que nous traversons sont magnifiques. Petites montagnes, étendues de plaines vertes, avec palmiers, bananiers… Lacs. Nombreuses briqueteries. Troupeaux. Sur la fin du trajet, nous roulons entourés d’un grand lac, ou fleuve, dont je ne connais pas le nom. Aperçu des pêcheurs. J’ai essayé de dormi un peu dans le taxi. Finalement, arrivée vers 13h à Munger. Je descends devant un grand porche vert, en métal épais. Enceinte de la Bihar School of Yoga. Impression d’être arrivé au bout du monde…
J’entre. La première impression est particulière. Après avoir traversé des endroits où il n’y a rien de droit et de propre, le campus de l’école est immaculé. Un lieu immense, construit sur une petite colline avec au sommet le grand bâtiment principal. A nouveau, sentiment d’injustice. Le campus est fermé au monde extérieur, ce que je peux comprendre en raison de la réputation violente de Munger (fabricants d’armes et de cigarettes). Mais à quoi bon s’isoler à ce point du monde ? J’arrive à l’accueil, le Ganga Darshan Office. On s’occupe de moi très gentiment, en me disant que l’acclimatation au lieu est parfois difficile psychologiquement, que je dois « take it easy ».
Les gens de l’école, étudiants, staff et professeurs, sont habillés d’une sorte de tunique orange pâle. Passé les formalités, je vais vers le bâtiment où se trouve ma chambre. Le campus a plusieurs petits immeubles pour loger les gens. Observation de l’environnement. Difficile d’être précis et objectif sur mes sentiments. Les bâtiments sont en bétons, ou en brique mais dans tous les cas couverts d’enduit ce qui fait très immeuble classique, bloc de béton. Le sol est soit couvert de carreaux, soit de béton. Il y a de nombreuses allées et jardins. Tout est très bien entretenu, trop en fait. J’ai un peu l’impression d’être dans une prison, ou une maison de retraite. Pas de place laissée au sauvage. Rien ne dépasse. C’est sans vie. Bien sûr, ce jugement est personnel, et je pense que je vais modifier mon regard avec le temps. Je remarque que mes premières impressions sont souvent négatives, probablement à cause d’une peur de la nouveauté. Mieux vaut peut-être un lieu moderne, propre et très fonctionnel qu’une école délabrée et sale. Je regrette simplement de ne pas sentir plus le « juste milieu » qu’il y avait par exemple à Tushita.
La cuisine est juste en dessous de mon bâtiment. Une immense structure de métal couverte d’un toit de taules, longue de 200 mètres, s’allonge devant une autre structure du même style, contenant la cuisine. Dans petits fours de brique, fonctionnant au charbon, supportent des grosses marmites fumantes. Encore une fois, immensité et vide. C’est perturbant d’être dans un environnement aussi épuré. Artificiel. Surtout quand on sait ce qu’il y a juste derrière les grands murs d’enceinte. Le responsable de la cuisine, présent depuis 9 ans dans l’école, m’invite à manger quelque chose. Nourriture très bonne. Je demande s’il y a des couverts, que je ne trouve pas. Le gars me dit un peu gêné qu’il n’y en a pas, qu’il vaut mieux que je m’habitue à manger avec les mains. Il ne sait pas à qui il parle ! Ravi de pouvoir approfondir mon habitude étudiante en toute légalité, je mets les mains dans l’assiette. Je parle à quelques personnes, très gentilles. La plupart originaires de Bangalore, où il y a un ashram dépendant de l’école. Elles me disent que le cours que je vais suivre est formidable, que je vais en retirer beaucoup de positif. Je les crois.
J’espère pouvoir garder mon ordinateur avec moi, normalement ça devrait aller, mais il ne faut pas que je me le fasse voler. Tout est de toute manière très sécurisé. Même le bâtiment d’hébergement est fermé dans la matinée et l’après midi. Ca veut dire qu’on est soit hors de sa chambre soit dedans toute la matinée ou l’après midi. Hier après midi (le 22 donc), j’étais bloqué à l’extérieur. Mais ça m’a permis de tout de suite m’intégrer aux équipes de travail du lieu, plutôt que de ruminer dans ma chambre. J’ai aidé à couper les légumes pour la cuisine, à nettoyer le haut vent… Comme dans tout ashram, on a à effectuer des tâches de karma yoga. Fasciné par la machine à Nan. Une sorte de plaque ronde tournante qui écrase et cuit en même temps les boules de pâtes. Un indien dépose et déplace les pains, infiniment.
23/09/16
Ce matin, j’ai nettoyé les carreaux du bâtiment, après un petit déjeuner de pâtée de boulgour, légumes et Nan, simple et efficace. J’ai fait un peu de sport dans ma chambre. Je n’ai jamais autant transpiré ! Il faudra que je lave le sol. J’ai ensuite fait une lessive à la main (pas de machine). Et là j’écris mon journal. Je vais passer je pense à ma recherche en elle-même. Cet aprem, j’essayerai de trouver un prise de courant pour charger mes outils (il n’y en a pas dans la chambre). Je pourrai probablement sortir de temps en temps de l’école. J’en profiterai pour chercher un cyber café et pour mettre à jour mon blog, mes mails… Je ne peux pas rester coupé du monde pendant 4 mois. Je suis convaincu que la rupture absolue est très néfaste, surtout sur une telle période. Je ne suis pas pour tant de radicalité. A suivre donc !
24/09/16
Très bonne impression. Formidable d’être ici. Le lieu est hors norme. J’ai appris que l’école fut construire grâce aux nombreux dons des partisans du Yoga de Satyananda, le guru fondateur.
Bien sûr, il s’agit d’un cadre très sobre, austère. Nous sommes dans un ashram. Et il manque peut-être la chaleur bienveillante de Tushita. C’est à cause de la taille du campus. Ca rend les activités très bureaucratiques et industrielles. Mais c’est le prix du succès de cette école réputée.
Rencontre de gens super avec karma yoga, plus équilibrés que pendant le cours bouddhisme, moins paumés dans leur vie. Je pense que le Yoga a quelque chose de plus dynamique que le bouddhisme, plus actif. Comme j’en avais l’intuition, importance de l’énergie plus grande ici. On pense en termes d’énergie. Le bouddhisme m’a aidé à faire le lien.
Leçon d’un gars sur mon karma yoga pas assez méditatif. Je collais des foutues étiquettes sur des sachets en plastique. Il m’a vu en coller une de travers et m’a dit que ça devait être droit. Que je n’avais pas à me presser. Que cette activité était du yoga, que je devais apprécier, méditer, m’appliquer. Je trouve qu’il a raison sur l’attitude, mais pas sur l’étiquette pas parfaitement droite. Une logique de sur perfection des services rend le travail malsain ici. Les gens deviennent serviles d’une part et contre productifs d’autre part. Serviles parce que sous prétexte que récurer les chiottes c’est magique c’est spirituel, alors pas de problème si je passe ma journée à avoir les mains dans la merde. Contre productifs car comme les gens qui sont ici n’ont pas de cadre de formation et d’évolution précis, je veux dire pas de recherche définie, d’objectif énoncés, ils se soumettent passivement aux corvées de l’ashram, presque heureux qu’on leur donne quelque chose à faire. Comme ils ont l’impression de n’avoir rien de plus important à faire, ils en profitent, se délectent de récurer les chiottes. Jusqu’à ce que ça devienne ridicule : ils vont nettoyer quelque chose de déjà propre, juste parce qu’il reste du temps de karma yoga. J’ai dit au gars ce matin que j’arrêtais là pour les chiottes. Il voulait nettoyer les murs… Je pense qu’il y a d’autres manières d’investir notre énergie et de sentir la puissance de la vie. Des manières utiles à l’équilibre général. Nettoyer des murs déjà immaculés, c’est du gaspillage de tout. Sur utilisation de produits à récurer. Je ne dis pas qu’aller courir est plus utile que de nettoyer un endroit propre. Mais au moins quand on court, on n’a pas l’illusion de faire quelque chose d’utile au-delà de notre propre forme. Les maniaques qui nettoient les chiottes propres seront convaincus qu’elles ne l’étaient pas et qu’ils servent a communauté. Mais en faisant preuve de bon sens, on comprendra que c’est du vent. Un prétexte pour ne pas développer une faculté plus riche, pour ne pas créer.
J’ai appris que le Bihar était pauvre car le gouvernement indien le délaisse volontairement par vengeance indirecte. Au moyen-âge, c’était un des états les plus riches, pleins de rois, puissance économique et politique. Presque volonté d’indépendance. Jalousies de la part du gouv central… manque la marche de la modernité et pauvreté. Mais fierté du passé et gardien des traditions, cf Yoga.
25/09/16
Levé 5h30. Je file avant le ptit dej mettre mon ordinateur à charger au deuxième étage du bâtiment principal. C’est le créneau qui me semble le plus discret. Je le laisse là-bas pendant que tout le monde prend son petit dej et vais-je chercher après. Ca fait une heure de charge. Suffisant pour ce que j’ai à faire. Je trouve dommage d’avoir des règles aussi strictes. C’est contre nature car dans un groupe il y a toujours des exceptions qui ont une bonne raison d’être exceptionnelles. Je pense que ma recherche en est une. Ca n’est pas comme si je passais mes nuits à jouer à des jeux vidéo avec mon PC. Je suis pour la loi des 80%. C’est comme cela que la nature fonctionne. Rien n’est radical. Mais bon, cette règle me donne l’occasion de jouer au hors la loi. Phénomène qui est une conséquence logique d’un cadre trop rigide. Plaisir car engendre plein de belles dépenses d’énergie !
Explications sur l’école, les gurus principaux. Trois générations dont celui qui est encore vivant. Je l’ai vu ce matin lors d’une sorte de messe du dimanche. Bel évènement. Richesse culturelle immense. Beaucoup de gens de l’extérieur viennent pour écouter le guru, figure essentielle, qui tient l’école (archaïque cependant, cf Sieben Linden). Des enfants chantent pendant la cérémonie. Puis le nom de tous les nouveaux arrivant, dont le mien, furent énoncés avec que l’on soit salués par le guru (Najananda). Il fait un petit discours pour chaque groupes de gens, définis par programme d’étude. Personne bienveillante. Après, il répond à des questions que des gens ont écrites à l’avance. Cela est un excellent système ! On devrait faire pareil à la messe chez nous. Des questions réponses avec le curé.
La plupart des chants (que je ne comprends pas car c’est de l’hindi) sont composés de quelques phrases, énoncées une première fois par un chanteur, puis répétées par l’assemblée. Au fil des répétitions, le rythme s’accélère. L’accordéon horizontale (espèce de petit piano accordéon) qu’ils appellent harmonium, instrument qui accompagne toute musique, est soutenu par des percussions, double djambé et mini cymbales. Les percussions sont de plus en plus vivent à mesure que le rythme s’accélère. Donne un effet très entraînant. De l’ordre de la transe, grâce à la répétition. Les gens frappent dans leurs mains, se lèvent. Plein de belle énergie.
Une dame de l’ashram m’explique rapidement la particularité de la tradition sivanande ou Bihar Yoga. Il s’agit d’une approche holistique, qui évite de trop se spécialiser dans un domaine unique. Bien sûr, c’est une grande richesse d’avoir un guru vivant et actif, car ainsi la tradition se poursuit. Il faut bien comprendre l’importance de cette école dans le monde. De nombreux ashram de cette tradition se trouvent dans d’autres pays, notamment Australie et USA. Ils ont leur centre de recherche, leur maison d’édition…
Très bel après-midi. Recherche intense, du brasser pleins de documentations sur le rituel, et je n’ai pas terminé. Réussi à intégrer les concepts de hot et cold cognition, pas facile mais réussi. J’ai du écrire sur mon bras la résolution car je n’avais pas de feuilles. J’adore faire ça. Quand j’ai une belle idée en tête, je cherche désespérément un moyen de la noter avec qu’elle ne s’échappe. Ca me rappelle le spectacle d’Alexandre Astier sur Bach qu’il faudrait absolument que je revois. Il joue une scène ou Bach saisit une mélodie à table et dessine le plus vite possible les notes avec de la mie de pain, faute de mieux, car il a peur que ça lui échappe… La philosophie comme une mélodie.
Service dans la cuisine, discussion avec Véronique, une française de Lyon. Il y a aussi un autre français de Besançon. On a coupé des oignons et pelé des patates. Puis j’ai lessivé des portes, inutile mais c’était rapide.
Fou de constater qu’ils font tout maison. Pas de produits industriels. Que du frai. Belle gestion écologique (bien qu’il manque des choses comme des panneaux solaires par exemple.
Un des repas où j’ai le plus réussi à être conscient de la puissance des aliments, dans ma vie entière. Importance de voir les gens préparer le repas, leur travail, l’énergie qu’ils y mettent. Je dois penser à prendre un papier et un stylo pour noter le nom des plats indiens, délicieux. Ce soir on avait un riz avec un épice qui le rend jaune et des cacahuètes, un ragout de patates bien épicé, très bien. Des petites crêpes, pas des nan, plus épais. Délicieux. Et enfin… un milkshake de banane à tomber par terre, car les bananes poussent ici, elles sont plus petites que celles qu’on trouve en supermarché, donc bien plus de goût ! J’ai réussi à percevoir pendant que je mangeais l’énergie que me donnaient les aliments. Leur valeur. Tout le chemin qu’ils ont parcourus, leur préparation, cuisson… Le fait que je sois en Inde, que je profite de ces aliments indiens, en cet instant, dans cette vie. Grâce à tant de gens… Permet d’apprécier tellement plus quand on pense à ces choses là. Savoir aussi que c’est impermanent. Qu’ensuite je vais recommencer à dépenser mon énergie. Mais que je peux en trouver autour de moi, tout le temps. Et qu’il y aurait un prochain repas. Impermanence.
Pleins d’interactions avec les gens. Un indien qui essayait de me parler français, une serveuse qui m’a demandé ce que je pensais de la nourriture, une française qui s’est présentée… Agréable. La vie en ashram, ou monastère si vous préférez, est belle car ça offre un cadre où renouer avec la puissance, recréer la superposition initiale (cf recherche…), est facile. Je recommande vraiment.
Je tenais à remercier encore tous ceux qui m’ont permis de partir. Mon seul regret serait de ne pas arriver à saisir toutes les énergies et les belles opportunités que vous m’offrez dans ce voyage.
27/09/16
Je n’ai rien écrit hier, que ça soit sur mon journal ou pour ma recherche, car j’étais et je suis toujours même si ça va mieux, malade. Ca a commencé par de la fièvre. Je pensais que j’avais attrapé froid. Le temps change très vite ici. On passe de 35 degrés et soleil à une pluie intense et 20 degrés, c’est extrême. Ce soir il y a eu un très gros orage. Le tonnerre fait physiquement mal aux oreilles et il y avait 30 centimètres d’eau au sol.
J’étais embêté avec ce début de maladie hier car c’était le jour de notre examen d’entrée pour les 4 mois de cours. J’ai pris un doliprane et j’ai pu, en prenant sur moi, assurer. Le test était facile, il s’agissait plus de savoir si on serait capable de s’adapter à la vie de l’ashram, fatigante et contraignante. Ensuite la fièvre s’est aggravée. J’avais 39 quand j’ai pris pas température. Heureusement le paracétamol arrive à contenir, donc je n’étais pas trop inquiet. Puis hier soir, et toute la nuit, c’est chiasse à volonté. J’ai passé des heures sur les toilettes. Je ne gardais même pas ce que je buvais. J’étais faible, je n’avais rien mangé de la journée. Aujourd’hui, ça s’est arrangé petit à petit. J’ai pris les médoc qu’il fallait. Je me suis reposé. Ils ont aussi de la nourriture pour les malades. Que j’adore ! Il s’agit simplement de plats normaux, c’est-à-dire pas épicés. J’ai eu l’impression de manger un plat français à base de riz et de légumes.
Cet aprem, mon partenaire de chambre m’a fait une belle surprise (à part ça il m’a bien aidé pendant que j’étais malade) : il est sorti est fermant la porte de la chambre par l’extérieur, je ne pouvais plus sortir et bien sûr j’avais besoin d’aller aux toilettes. J’ai donc fait sur mes vêtements sales, mais ça débordait de tous les côtés. J’ai du ajouter mon chèche, des caleçons, pour absorber. J’ai pu laver tout ça après… Formidable ! J’espère que tout rentrera dans l’ordre rapidement. On verra bien. Il faut que je me remette à ma recherche.
A part ça, j’ai reçu les résultats du test d’hier, je suis donc accepté, pour le meilleur et pour le pire, au cours de 4 mois. J’espère que ça sera riche et intéressant. J’ai discuté aujourd’hui avec des indiens de Mombay, ils sont habitués de cet ashram. Le lieu ici est spécialisé dans l’enseignement de la tradition, mais ils ont aussi une section, à 4 heures de route, qui aide les pauvres de la rue à se nourrir, se vêtir, apprendre des métiers de base. Belles actions. Il faut bien réaliser qu’ici, le yoga et une religion à part entière, la pratique tout comme la communauté. On retrouve donc l’idée de charité chrétienne par exemple. Impatient d’en apprendre plus sur ce bihar yoga !
28/09/16
Aujourd’hui changement de bâtiment. Nuit moyenne, toujours diarrhées. Je reprends des forces cependant. Discuté ce matin avec un australien qui est là depuis 3 ans, on a parlé des gurus de cette tradition. Il y a un rituel spécial, à vrai dire complètement fou, où le guru s’assoit chaque jour entre quatre foyers de feu et reste là. Le cendre est ensuite comme quelque chose de sacré. Le guru commence par faire ça pendant un mois, puis chaque année ce devient plus long d’un mois, jusqu’à durer 9 ans. Le guru actuel en est à 5 mois. J’espère avoir mal compris…
La discipline… plus que centrale ici. Je suis littéralement en prison. Les prisonniers de notre pays seraient même mieux soignés (j’utilise un ordinateur mais c’est normalement interdit, je dois faire le hors la loi pour le charger) ! Des barreaux à toutes les fenêtres, des barbelés au dessus d’un grand mur d’enceinte, des uniformes… J’ai l’impression d’être en URSS ou chez les nazis. Me voilà donc prisonnier volontaire. Pourquoi ? Je ne m’attendais pas à ça. Cependant, je suis heureux. Cette expérience est parfaite pour mon sujet de recherche. En effet, nous avons là l’illustration d’un cadre rituel imposé. Prédéfini. Mais fondamentalement sain. Dans le passé, les gens suivaient une routine quotidienne qu’ils acceptaient avec plaisir, et il y avait très peu de distraction. Les jeux étaient les mêmes depuis des générations, pas d’outils électroniques, peu de possibilité de voyage, les jeunes étaient sous l’autorité très rigide de leurs parents… Ici c’est la même chose. Il n’y a aucune distraction, à part les repas et les chants le soir (toujours les même). Le système de règles est très strict, sans être violent bien sûr. Mais si on veut rester dans l’ashram, il faut obéir.
L’enjeu pour moi est de profiter de ce cadre existant pour éprouver les atouts et problèmes d’un système rituel, c’est-à-dire une répétition de tâches ayant pour objectif d’approfondir notre perception et notre connaissance de ces dernières. Le défi est grand, au moins pour moi je veux dire. Pour tout jeune occidental du XXIème siècle peut-être aussi. Je me rappelle de mon stage d’un mois à Sieben Linden, l’écovillage allemand. Il y avait des règles, comme dans toute communauté, mais rien de cette rigueur là. Cette rigueur qui force à renoncer à ses distractions habituelles, à entrer dans un environnement moins stimulant, plus pauvre. Et encore, je continue ma recherche, ce que je devrais normalement arrêter. Je suis curieux de voir comment je vais m’adapter à ce cadre. Comment mon esprit va lâcher prise, petit à petit, sur certains besoins. Il ne s’agit pas d’aimer le lieu jusqu’à y rester, je ne suis là que 4 mois et je retrouve ma famille en chine en février. Mais je peux aimer le lieu et réaliser que le bonheur ne réside pas dans ce avec quoi on interagit. Je veux dire, le bonheur, et seulement le bonheur, ne dépend que d’un mode de perception, d’une interprétation de l’esprit. Et ce dernier peut s’adapter à tout, si on en a la volonté.
Impression de faire l’armée. Pas de grande différence je pense pour le moment.
Je ne veux pas laisser penser qu’une longue retraite en ashram ou monastère est nécessaire pour expérimenter les concepts sur lesquels je travaille. Je n’en sais rien. Je test des voies différentes de celles que j’ai connu jusqu’à présent, pour voir ce qu’elles m’apporteront. Rien ne garanti que ça soit les bonnes.
Certains, et je suis de ceux-là, pourraient oser se poser la question : au fond, pourquoi choisir d’être attaché à ma famille et à mon village plutôt qu’à l’école de Yoga du Bihar ? Difficile, peur de s’y confronter, car imaginez que la réponse soit le Bihar… les souffrances… beaucoup se sont posés la question de ce genre de cadre très englobant. Devenir moine, faire sa vie ailleurs, quitter sa femme ou son mari… bref tous ces choix très lourds pour la conscience. La réponse que je propose est simple : la question est baisée. Autrement dit, elle est mal posée et réfléchir à partir de cette question en en effet dangereux.
Il n’y a pas de choix à faire. Nous venons de quelque part. Nous avons une enfance, des expériences, des relations, peut-être un conjoint… Dans tout cela, il y a des joies et des souffrances. Mais le chemin de vérité ne se trouve que là où il y a valorisation de tous les éléments de notre histoire passée dans notre histoire présente. Nous nous construisons sur un château d’expériences. Si on détruit le château, nous ne sommes plus rien. Tout ce qu’on peut faire, c’est le réarranger le mieux possible, touche par touche, pour que tout soit en harmonie.
Si on refuse de la faire, alors on évolue dans une existence superficielle, car le passé est appréhendé comme un bloc figé, mort, irrémédiable. Le but d’un système rituel, c’est de déclencher une réflexion sur son passé, une acceptation puis une valorisation dans le rituel.
L’acceptation, c’est comprendre le caractère déterminé, joué du passé sur le plan factuel. Comprendre que tout le monde a sa prison du passé, son cadre de vie dans lequel il est comme enfermé. Il est inutile de fuir un cadre en espérant trouver la liberté dans un autre. Les barreaux sont en nous. Nous nous enfermons nous-mêmes par la mémoire consciente et inconsciente dans le passé.
Dangereux et absurde de tourner le dos à sa prison initiale car alors comme je le disais, superficialité. Faute de trouver de la vie dans le passé et donc dans une certaine profondeur, on est sans cesse tourné vers l’avenir, espérant que demain apportera la solution. On cherche des nouveaux cadres de vie, une nouvelle maison, un nouveau conjoint, une nouvelle prison… Mais comme rien ne peut se construire sans le passé car demain deviendra rapidement hier, on est prisonnier de l’instant superficiel, sans accroche, sans repère, dépendant de tout système, entreprise ou gouvernement désireux de nous exploiter. Nous n’avons d’autre choix que de nous soumettre. Pour éviter la mort, l’arrêt total dans le non sens, on trouve refuge dans les plaisirs de l’instant, physiques, possessif et addictif de la société malsaine, plaisirs qui permettent d’oublier plus que de soigner. Remplir un tonneau troué cf philosophie grecque.
Notre histoire passée nous a déterminé, par l’éducation, l’enfance. Ca n’est pas une fatalité. C’est une force. Je parlais de prisons, de château… dans tous les cas, il s’agit d’un lieu à développer, à améliorer de l’intérieur. Il s’agit de partir du constat de notre passé, d’en dégager ce qui est important pour nous et d’enrichir et de trouver des réponses aux zones d’ombres en explorant d’autres rivages. Il faut donc accepter sa prison fondamentale, celle dans laquelle on a grandit et qui nous a appris. Les autres prisons peuvent nous inspirer, nous aider à intégrer des éléments qui ne parvient à relier, mais elles ne sont en aucun cas un échappatoire. Concrètement, notre mode de vie actuel ne doit pas être ni en parfaite fusion ni en parfaite opposition avec notre passé. Pleine conscience du relativisme et du détachement. Cette école de yoga est une prison comme une autre, les caractéristiques sont simplement plus évidentes. Trouver de l’inspiration pour développer ma prison.
Le rituel est un moyen d’explorer le passé et d’intégrer des éléments de ce passé dans le présent, un moyen de rééquilibrer voire d’inverser la balance bonheur intrinsèque/bonheur extrinsèque.
Rituel individuel ++ mythe (cf Strauss). Nécessité aujourd’hui pour l’occidental, pour trouver le bonheur. Information verticale se gagne donc en intégrant le passé, en faisant la PAIX avec son passé, le considérant comme son ami. Permet de lever le voile, le filtre rugueux qui bloque la perception de l’énergie, de la puissance. Pour descendre, il faut commencer par repousser l’entropie = briser les liens cf YOGA.
Discussion avec un gars de l’uruguay. Il est enfermé dans la tradition. Il se permettait de me conseiller sur mon choix de quitter cours. Je l’ai bloqué en lui faisant admettre qu’il n’avait jamais essayé autre chose qu’ici. Donc rien à dire. Il est un exemple de faux rituel. Celui qui consiste à s’enfermer dans une prison unique, pensant que c’est chez moi et que j’y trouverai toutes mes réponses, plutôt que de croiser les prisons, d’arriver à tout intégrer. D’agir sans cesse par esprit critique = telle prison me dit ça… voyons voir si une autre ne dit pas le contraire, pourquoi, réponse finale ? Hegel…
Journée difficile. Le peu d’aperçu que j’ai eu du cours est décevant. On a un près emploi du temps qui intègre une heure de yoga nidra. De la relaxation basique, mal guidée, dans un anglais mauvais, précipitée, pas inspirée.
Changement de bâtiment. Conditions d’hébergement encore moins confortables. C’est propre malgré un rat qui se baladait dans le couloir ce soir, mais il n’y a rien. Je dors sur une table basse en bois avec un matelas de 2 centimètres. Chambre de trois, climat toujours très rude.
Je vais m’habituer, je pense, j’espère.
Ce qui me manque : les couleurs de la maison. Le rouge bordeaux, le vert des feuilles vivaces, le vert plus sombre d’une cape de hobbit, le marron d’une ceinture de cuir, des troncs d’arbre de chez nous, des lustres rouillés du salon, le noir du canapé, la couleur des tomettes, le blanc des pierres de la maison. On a une belle maison, vraiment. Colibris, l’esprit de discussion, de liberté, de recherche d’accord dans le groupe, de respect, de flexibilité, de recherche collective.
Ce que je déteste ici : la peinture verte, marron et jaune dégueulasse, les sols soi de carrelage d’hôpital, soi de pierre pourrie par la pluie. L’orange pâle et le jaune poussin malade des uniformes. Les arbres taillés comme des costumes de mariage, les buissons de même. Compassion pour cette nature contrainte. Le manque absolu d’humour et d’animation, la dépravation extrême. Les chants tous identiques, mélodies pauvres, instruments moches, pas de connaissance musicale. Harmonium accordéon primitif, ça ne coûte rien d’acheter une guitare bordel. L’obsession pathétique pour les règles, structures complètement rigides, aucune autonomie. Les gens ne sont pas inspirés. Même pas le Guru qui a parlé dimanche. Speech primitif. Tous sont comme des fantômes, désert des tartares. DESERT DES TARTARES !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Celui qui ose lire ce livre ici, et qui reste ensuite, je lui donne beaucoup d’argent. L’australien, la suisse, le belge. Ils parlent de leur ancienne vie occidentale comme avec regret. Ne connaissent pas la beauté, le changement. Seulement le rien. Aucune place laissée à l’individu et sa mythologie, lissage absolu. Armée.
Manque de prise en charge, de guide qui nous explique le sens de ce qu’on fait. Vais-je arriver à faire face ? 5h30 de balayage de feuilles et de récurage de chiottes par jour. Voilà ce qu’ils appellent Yogic Studies. Sous une chaleur à crever.
Je ne critique pas la dépravation. Je critique le que dépravation. Tout le temps, car alors on tombe dans la vie fantomatique, plate. Plus de capacité à explorer tout le spectre des possibilités humaines. On se ferme. On peut faire beau et riche dans la simplicité cf guitare Niel. Ici même le rien est de mauvais goût. Envie de reprendre mes arts. Magie, Saxophone, Piano. Art oratoire.
CONCLUSION : Peut-être qu’il fallait que je perde temporairement ce que je pensais être pour découvrir que c’est ce que je suis vraiment. Et maintenant ? Avancer dans ma recherche, quand je peux… Refuge. En profiter pour renforcer et approfondir mes concepts.
Il faut que je prenne une décision pour cours. Je reste ou je pars.
+
7 Tous les aspects négatifs me permettent de mieux prendre conscience du positif, de ce que je suis vraiment. De réfléchir sur pourquoi je défends ceci et pas cela. Prendre conscience de ce que j’imposais à colibris. Mesurer la vraie valeur de la démocratie. L’importance de laisser à chacun son essai, son expérience.
1 Au maximum 4h par jour pour ma recherche.
8 Maintenir engagement scpo
7 Au moins 4h de sheva par jour. Organisé comme à l’armée. Pas de respect. Pas venu pour ça. Structure rigide, règles totalitaires, dépassées, aucun enrichissement gestion communauté.
Ne pas engendrer coûts de voyage supplémentaires
Voir d’autres endroits de l’Inde. Etendre mon champ de voyage. De recherche.
3 Incertitude de mes sentiments variables. Etat malade. Juger trop vite.
7 Auroville serait source de grand enrichissement. Destination programmée.
6 Formation pourrait s’ouvrir, devenir intéressante. Réputation de l’école.
8 Pas de pratique de Yoga, vraiment pas. Très pauvre apport théorique, je ne gagne rien à balayer, je préfère le faire à colibris dans un cadre sain.
8 Toujours possible de questionner les experts d’ici, de lire, d’aller chercher la connaissance. L’occidental est devenu trop passif.
8 Yoga pur indien dépassé. Coupé de l’occident, dépassé. Ne se rend pas compte que dépassé. Sclérosé par guru. Occident a dépassé en se réappropriant. A l’image de formation bouddhisme bien adaptée. Côté fermé, folklorique, ridicule.
5 Tester puissance théorie dans l’extrême. Ses limites. Découvrir les problèmes du rituel
6 Pas de possibilité de mettre en pratique mon système rituel
6 Trouver un prof personnel ici. Cours personnel.
3 Pas écologique, souffrance pour mes valeurs.
7. 4 putains de mois. 1 semestre entier.
5 Conditions dans la chambre horribles chaleur froid ventilateur inadéquate.
La différence entre être dans la plénitude puissance, tout accepter et maintenir cape, volonté d’aider les autres le mieux possible, de stimuler puissance = implique de savoir discriminer, choisir.
8 Me respecter, pour ce que je suis, d’où je viens.
L’idéal serait un délai d’une semaine.
Me demande comment je dois gérer recherche : combiner expérience terrain/enseignements et écriture ou faire un deux temps ?
  1. What will be the final timetable ? How many seva hours ? Classe/practice hours ?
  2. Access to the library ?
  3. What are Yogic Studies exactly ? This tradition ? Difference between 4 months in an ecological farm and here ?
  4. Your personal feeling, what did it bring to you ?
  5. Not possible to reduce the duration ?
  6. If I want to leave ?
Grosse claque dans la gueule… J’ai parlé à plusieurs personnes de mes doutes et ma position a évolué. Mais tout a commencé quand j’ai décidé d’aller, un peu contre moi, car j’avais pris ma décision de partir et j’avais comme peur que quelqu’un me contredise… aller au chanting du matin où ils répètent le chapitre d’un livre en hindi très vite en musique.
Là, j’ai essayé de comprendre dans quelle mesure cet ashram que je déteste tant pouvait m’aider dans le cadre de ma recherche rituel. M’aide pas à découvrir le yoga, la richesse de la tradition. Sa philosophie. Pas les concepts. Par contre, m’aide à expérimenter la pauvreté rituel. Au début je pensais au chant comme d’habitude en me disant que c’est nul, toujours la même chose. Puis j’ai vu des gens frapper dans leurs mains, être très inspirés. Et je me suis dit qu’il y avait donc de la puissance, logique, dans ce chant qui est le même chaque jour, depuis 50 ans. Et que certains chantent ça depuis 20 ans chaque jour et aujourd’hui encore ils y trouvent de l’énergie. D’où éveille de mon intérêt : et si ce que je fuyais tant, c’est-à-dire la dépravation absolue du lieu, n’était pas ce dont j’avais le plus besoin pour vraiment comprendre le sens du rituel ?
La plus juste et éclairante à mes yeux fut Laura, une française. Elle m’a détaillé les 4 formes de yoga et le BUT du karma yoga. Personne ne l’avait fait… J’ai donc compris l’utilité de ces 4h de merde par jour.
Karma yoga = rituel de connexion = méditation en action (plus difficile) = première étape des 4 branches du yoga, porte d’entrée. La pratique arrive avant ou après présentation de ce que je viens de dire, dépend de la culture. Pas de pendant. En occident plutôt une petite introduction avant sinon pétage de cable assuré = le lâcher prise avec l’ego est plus difficile pour l’occidental. Se laisser porter. Briser l’ego. Idée intéressante de Laura, cf croisement cultures : sa grand-mère lui disait quand elle faisait des bêtises « bise la terre ». En gros, rend toi compte que tu n’es rien. Que tu dois tout à l’énergie et à la vie, l’information. Alors ne te permet pas de faire des choses pouvant aller à leur encontre. Et soumet toi, vraiment.
Prolongement du principe : images des fictions mettant en scène des disciples de maîtres asiatiques qui doivent balayer un escalier pendant des mois voire des années avant de parler au maître, ou compter des grains de riz. Même principe ici. Je dois nettoyer des trucs déjà propres (ou quasiment). Oublier l’utilité. Seulement vivre. Descendre au plus profond. Laisser partir les filtres de l’énergie pour atteindre la pureté. Il n’y a pas de danger car je sais que je sers l’énergie. Et derrière cela il y a toute la théorie génératrice qui donne un but éthique, politique. Préserver la vie, aider les autres… Donc plus je me rapprocherai de l’énergie, plus cela s’incarnera. Mais pour cela j’ai besoin d’arrêter de penser. D’arrêter d’interpréter. Je dois ressentir tout et accepter. Ne pas être dans l’action, mais dans la contemplation, même pendant le karma yoga. S’ils ont tort, je laisse passer.
Avantage : on ne se brise pas pour se soumettre à une autorité malsaine, dangereuse = Hitler, école, guru… mais à son principe générateur, pour moi l’énergie à travers la puissance. IMPORTANCE de savoir à quoi on se rattache. Sinon grand danger de manipulation. Il ne faut pas prendre ces choses là à la légère, d’où mon intense réflexion des derniers jours…
L’objectif est d’entrer dans le flux de l’énergie, pas de le manipuler. Je dois me fondre. Fusionner. Je n’oublierai pas qui je suis. Ca me donnera un recul, comme disait Yvan le français. Sachant que je suis à fond seulement pendant ma retraite du début, x1 mois. Après je reprends recherche normale. Ne pas avoir peur d’oublier. Tout est dans le pc. Je ferai une sauvegarde.
Rassuré par rapport à Sciences Po notamment. Importance d’avoir une approche très objective et studieuse, académique, sur l’étude des rituels d’ici. Poser des questions aux gens, demander des explications, prendre des échantillons. Des données. Pour montrer à Scpo que j’étudie vraiment en profondeur les rituels. Il y a une richesse rituel dans cette école, seulement elle est imperceptible directement. En fait, c’est le phénomène contraire qu’en occident : chez nous, la chose est d’abord attractive, puis il faut faire un effort pour s’y accrocher car lassitude. Ici, pas du tout attractif, on aime avec le temps. Ici, la pauvreté fondamentale est là pour briser l’ego. C’est la fonction de ce type de rituels. Je pense que les rituels qui offrent stimuli dès le début amènent au même résultat. Seulement, la difficulté arrive au fil du temps, plutôt que dès le début. Il faut entrer, à un moment ou à un autre, dans le lâcher prise de l’ego. Cela concerne uniquement les rituels qui visent à briser l’ego (percevoir l’énergie pas soustraction). Pas ceux qui permettent de percevoir l’énergie par addition (amener conscience vers la puissance, cf méditations avec visualisations).
La discussion avec Krisna fut intéressante aussi. Elle vit depuis 25 ans ici. Etrangement, elle ne m’a pas grandement inspiré, elle ne semblait pas super sûre d’elle et en manque d’argument. Mais grande bonté, on sentait qu’elle voulait que je reste et qu’elle était convaincue que je devais rester (selon ses référentiels). Elle m’a parlait, c’était riche, de la tradition de cette école. Elle a bien expliqué qu’elle se voulait très très traditionnelle, c’est-à-dire perpétrer sans se poser de question la tradition yogic telle qu’elle était il y a des siècles. Au maximum. Ils travaillent sur l’édition de parties inédites des vedas, étudies des textes retrouvés récemment. Volonté de se couper du monde pour préserver la tradition.
Pas suivre le cours (économiser l’argent) et faire une formation intensive au yoga de 2 semaines après pour avoir la théorie, dans l’ashram parallèle conseillé par Laura : Sivananda ashram à Trivandrum, Neyar Dam. Pas plus cher qu’ici et bien plus respectueux en termes de seva. Toujours envisageable. Avec tour à Auroville ensuite… Avantage sera d’avoir deux approches. Bihar pour la structure traditionnelle. Sivananda pour les autres aspects.
Bonus aussi : faire ma descente vers l’énergie ailleurs, dans quelque chose de plus profond.
Dans tous les cas, je suis rassuré. Car je comprends la valeur de cette école du Bihar, qui est honnête et ne fait pas de business. Sivananda aussi.
Soleil Symbole rituel idée
30/09/16
Dernier jour pour me décider définitivement. Après une nuit de réflexion, je pense opter pour la voie du milieu. Comme le bouddhisme l’enseigne, et Sciences Po aussi, d’une autre manière. Valoriser la diversité dans la profondeur, le système rituel. Je reste peu de temps en Inde. Je n’y retournerais peut-être jamais. Je peux étudier à fond cette tradition de Yoga, mais il serait dommage de passer à côté d’une branche qui s’est développée à partir du même guru. L’histoire est simple. Le guru Sivananda, fondateur du premier ashram, a dit à un de ses disciples d’aller en occident pour enseigner la tradition. Fondation du premier ashram au Canada. Donc approche plus ouverte sur le monde actuel, tout en maintenant la tradition. Tentative de concilier. Bien que j’ai aussi une ouverture sur celle là après la sècheresse du Bihar.
Donc le plan est : 2 mois ici, en seva. Comme ça je paye moins cher, j’économise pour le voyage jusqu’à l’autre ashram. J’ai tous les avantages de l’école ici sans le côté cours par petite touche histoire de bien nous faire taxer pendant 4 mois (j’exagère mais c’est un peu ça). Mettre une heure de cours de yoga par jour, quand tu n’étudies QUE le yoga, c’est abusé. Le premier mois sera une retraite absolue. Quasiment pas de parole. Seva 100%. Je dépose toutes mes affaires au safe deposit. Objectif de vivre cette étape rituelle initiale de karma yoga. Le balayage de l’escalier du disciple. Lâcher prise. Me fondre pour la première fois de ma vie à 100% dans l’énergie en étant CERTAIN qu’il n’y a pas de filtre de l’ego, du désir, car je ferai des choses absurdes et souvent contre nature. Les guides que je trouverai, sentirai, émaneront à 100% de l’énergie, pas de moi. J’espère. Chance de faire l’expérience de la pureté énergétique au début de l’aventure rituel car alors je sais où il faut arriver. L’idée est que l’éthique, les décisions, ne doivent pas être motivées par moi, mais par la logique et le mouvement du champ de l’énergie tel qu’il me traverse. J’écoute la Force.
Me fondre pour la première fois de ma vie à 100% dans l’énergie en étant CERTAIN qu’il n’y a pas de filtre de l’ego, du désir, car je ferai des choses absurdes et souvent contre nature. Les guides que je trouverai, sentirai, émaneront à 100% de l’énergie, pas de moi. J’espère. Chance de faire l’expérience de la pureté énergétique au début de l’aventure rituel car alors je sais où il faut arriver. L’idée est que l’éthique, les décisions, ne doivent pas être motivées par moi, mais par la logique et le mouvement du champ de l’énergie tel qu’il me traverse. J’écoute la Force.
A faire avant de partir :
Prendre photos en douce tôt le matin
Informer Sciences Po que le téléphone change car je vais poursuivre ma formation dans un ashram parallèle, autre branche de la même tradition.
Informer famille ! skype
Contacter colibris, à quel point je pense à eux. Entretiennent l’énergie, la sensation de la vie. Importance de la discussion, de la construction collective pour respecter la liberté et profiter de la richesse de chacun. Comparé à Bihar.
Informer projet, mail avec news.
Contacter Dubois hébergement Pondichery
Demander travel agent.
Terminer demain recherche en attendant d’aller mieux. Publication article impossible tant que je n’ai pas terminé présentation pro de série génératrice
Publicités

2 réflexions sur “Journal de bord n°5 Septembre

  1. Tashé Dilé Léopold. Tu me fais voyager en pensée, moi qui connait le Tibet et le Ladakh. J’ai visité Hampi mais ne savais pas que ça signifie escalade. Je te souhaite beaucoup de bonheur et de découvertes infinies dans ce pays que j’aime tant. T’embrasse. Laure OL

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s