2. Journal de bord n°2 Juin

10/06/16
Je me rends compte que je peine trop à avancer chez moi. Trop de sollicitations externes, de divertissements… La semaine prochaine, je vais essayer, quand j’aurai fait mon déménagement, de m’isoler quelques jours pour avancer.
Malgré tout, j’avance. Insatisfait bien sûr, mais j’avance. J’ai presque terminé l’article sur les mythes. Il faut maintenant que je fasse un travail de synthèse laborieux. Je dois boucler les articles que j’ai ouvert. Arriver à mettre un point final. Je suis fatigué de parler du discours, surtout que ça ne mène à rien. Je n’ai pas l’impression d’avoir une liste claire des limites du discours et de ce qu’il permet. Tout est flou. Trop de lignes, de mots, de symboles, tous mélangés de dorures et de citations. C’est épuisant, inutile. J’aimerai savoir plus précisément ou je vais. Bien je suis probablement entrain d’exagérer, mais il n’empêche que cette étape de ma recherche n’est pas un plaisir.
Aussi, je décide de m’en sortir le plus vite possible et le mieux possible !!!! GOOOOOOOO !!!!!
Très bien avancé malgré un début pas gagné. La clé est dans le changement de rythme. Lire quelque chose et le lier à la recherche. Nourrir sa pensée par autre chose pour retrouver de l’énergie et rebondir. Ensuite je verrai si j’arrive à être efficace pour avancer l’article 2 sur le discours scientifique.
13/06/16
Je reste fondamentalement dans une mauvaise passe. Je pense pouvoir que j’ai fait en un mois ce que j’aurais pu faire en 15 jours. Ce que je produis est par ailleurs assez peu pertinent. Fatigue face à toute cette merde. Pourquoi de la merde ? Il s’agit de lignes qui s’enchaînent, qui ne signifient rien pour personne.
Je pense que dans la vie, la seule chose qui compte c’est la dépense d’énergie dans la création de liens humains heureux et la courage de saisir les opportunités qui s’offrent à nous. C’est aussi le sentiment que les dilemmes qu’on se pose peuvent être dépassés, qu’il n’y a pas d’impasse de laquelle on ne puisse sortir. Il y a toujours un meilleur compromis.
Là il faut que je me donne l’énergie d’avancer ma recherche. Je dois m’énergiser. Je vais donc pour la première fois décider d’aller dehors, me réveiller car je dors sur ma chaise.
Echec de l’énergisation, rien à faire. Je suis prisonnier de l’emprise de Sarah, une allemande qui passait quelques jours près de chez moi. Cela m’a valu une matinée entière de déprime, où j’hésitais entre réserver un billet d’avion et partir sur le champ ou éclater mon ordinateur contre le mur avant de me jeter d’une falaise ! Je m’impressionne moi même de la force fluctuante des émotions que je peux ressentir. Mon travail en souffre cependant, voyez plutôt : « Fatigué de construire sur un tas déjà aussi énorme de connaissances. Je ne dis pas qu’elles sont absurdes, je dis qu’elles sont lourdes. Parfois envie de repartir à zéro. De s’engager sur une nouvelle voie. Pourquoi faudrait-il se farcir le passé ? Le plus important à découvrir dans ce domaine a déjà été découvert. La rigueur, l’observation, la classification… ras le bol. Tout est déjà fait ». Quel fatalisme !
Je me suis repris dans l’après-midi. Je peux enfin me lancer sur la philosophie naturelle, l’étude philosophique de la connaissance vraie.
16/06/16
Bien travaillé aujourd’hui. Je voudrais finir l’article n2 sur le discours scientifique avant la fin de la semaine. Il me restera ensuite le discours normatif (émotif et rationnel) puis un gros travail de relecture, référence, harmonisation… Il faut que je continue à tracer, mais bon ça avance. Je constate à quel point cette méthode est utile pour découvrir des nouveaux domaines. J’en apprend plus en philo que si j’avais fait une licence car je creuse par moi même, je m’approprie les idées, les organise. Bref intéressant.
Anecdote : je pense analyser le phénomène des festivals de musique géant qui sont en vogues actuellement, notamment celui de tomorrowland. C’est de la folie. On y observe la recherche de l’extrême, la fin de la pensée dans un élan d’unité, émotions positives mais problème de l’état de totale consommation. Bipolarisation de l’existence entre extrême de travail et extrême de divertissement.
20/06/16
J’ai très bien avancé ces derniers jours, enfin j’ai plutôt produit du travail de qualité, à défaut d’avoir beaucoup avancé. Je termine ce matin l’article sur le discours scientifique puis je passe au discours normatif.
28/06/16
Matinée peu productive. Cela fait longtemps que je n’ai rien écrit ici. Pour prendre vraiment du recul, je dirai que ma démarche commence à m’ennuyer. En effet, je ne fais que définir des mots les uns après les autres, sur des dizaines de pages. Mais cela n’a aucune portée concrète, ne permet d’aboutir sur aucune action, bref je trouve cette préparation stérile. C’est peut-être normal, il ne s’agit pas de la recherche à proprement parler. Ce qui est certain, c’est que je ne suis pas là pour fournir un énième mémoire chiant et abstrait. Je veux que la philosophie valorise son outil, le langage, dans le champ de l’action. Comment penser un langage de l’action et des émotions ? Méthode de prise de repères et de création d’envies d’avancer. Créer le défi par échauffement, développement et bilan. Appliquer le sport à la pensée. Comment mobiliser les réseaux de neurones nécessaires ?
J’attaque cet après-midi la relecture des articles que j’ai en stock. Je vais en profiter pour faire un fichier de définitions et une mindmap des raisonnements (pour mon échauffement.
Ce qui me saoule c’est que je n’ai pas abordé la place de l’émotion de la prise de décision ni les problèmes de l’induction…
29/06/16
J’ose à peine y croire mais je crois que je viens de terminer toute la partie consacrée à la logique et à l’épistémologie. C’était horrible. Long à mourir. Mais je suis tellement heureux du résultat… Voilà de quoi partir sur des bases solides. Il me reste à boucler la partie sur l’heuristique et à relire tous mes articles. Et ce avant le GN de mon ami Maël.
30/06/16
Dernier jour de juin. Pas des plus réjouissants. Impossible d’avancer. Absence totale de motivation et d’énergie. Une fois de plus, je n’ai pas réussi à trouver de solution pour me libérer de cet état. Je n’ai étrangement pas appliqué les techniques de PNL que je connais de loin. Une grande fatigue, voilà ce qui globalement se faisait sentir. Et une nostalgie aussi, une usure.
Lundi, semaine de préparation du GN de Maël, je vais essayer de bosser sur la recherche le matin histoire de pas trop perdre de temps. Je dois vraiment sortir ces articles avant les vacances dans le sud.